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03.07.2011

De l’inhumain à l’humain, pour une société de l’Homme


En dépit des apparences, je n’ai pas abandonné le combat politique.

Mais je dois des excuses à mes fidèles lecteurs ainsi qu’aux nouveaux  , venus régulièrement lire mes articles précédents. Je les en remercie beaucoup car cela prouve  que lorsqu’on s’attache  au fond des choses ,dépassant l’immédiateté et la superficialité,  l’intérêt demeure .
En Février   dernier , il  y  a eu 3  ans que Conscience et Démocratie aura commencé sa petite aventure sur le net et déjà des milliers de visites se sont accumulées.

J’ai été trop longtemps silencieuse, mais parfois il est bon de laisser passer la colère et la révolte , de prendre du recul , avant de tirer des conclusions .

Durant ces longues semaines de silence apparent ,j’ai  accumulé des expériences  diffciles  en me battant pour la santé d’un proche et  celles-ci nourriront certainement des combats ultérieurs.

Il a fallu d’abord faire des  constats,  qui se sont confirmés par nombre de témoignages ,  sur les graves carences de notre système de santé.
En particulier sur la situation des personnes âgées. Il vrai que je réside  dans une région qui doit être sur ce chapitre parmi les plus mauvaises.

J’ai pu lire  la « Charte de la personne âgée dépendantes »établie en  1997 par la Fondation Nationale de Gérontologie qui dans ses 14 principes généraux pose que «  la prévention de la dépendance est une nécessité pour l’individu qui vieillit ».

Plus de 13 ans après,  les gestes élémentaires , simples, de base , ne sont même pas faits en temps et heure pour prévenir des conséquences en cascade qui peuvent détruire l’individu.
Dans certains lieux on « fabrique » tout simplement des grabataires.  Quand on sait qu’il rapporteront plus à  l’établissement , on peut s’interroger.

Il y a là un problème qui nous confrontera de plus en plus avec l’augmentation de la durée de vie.

Il ne tient,  il ne tiendrait qu’à nous que cette mutation soit un plus pour l’humain et non le développement de milliers de cas de détresse, de souffrances, de perte d’identité et de dignité. Avec toutes les répercussions  sur la famille  et un poids énorme sur la société.

Comme me le disait une infirmière , nous avons en principe toutes les cartes en main pour  aider.

Mais du potentiel à son actualisation, il y a un gouffre dans lequel s’abîment nombre de vies hier jeunes et brillantes.
Si nous prétendons être une civilisation, si nous nous  proclamons telle, il faut savoir respecter tous les âges de la vie. Il ne faudrait pas être en  dessous de certaines colonies de primates qui portent leurs anciens sur leur dos pour les protéger et bénéficier de leur expérience… Il ne faudrait pas être en dessous des sociétés  traditionnelles , à qui nous  avons voulu donner des leçons , mais pour qui l’âge était synonyme de sagesse.
Il ne faudrait pas surtout céder, à tous les niveaux de la vie, à tous les niveaux de la  société ,  aux sirènes du mercantilisme et de l’indifférence.

Pour le vieillissement comme pour tous les problèmes sociaux, c’est la conscience citoyenne debout de chaque maillon d’actifs qui est concernée.
Non , les politiques n’ont pas tous les torts, ne peuvent être responsables de tout.
Il est souvent trop facile de déléguer ses responsabilités et d’oublier ce que chacun d’entre nous doit à l’autre au quotidien.
C’est la conscience de chacun à son poste qui peut changer les choses. Cela implique bien sur d’abord un consensus, un projet de société partagé construit de jour  en jour dans chaque acte , chaque geste. C’est difficile  mais il n’y a pas d’autre voie pour une démocratie .

Non , les politiques n’ont pas tous les torts . Mais ils en ont  , c’est vrai , beaucoup aussi , car ils ont laissé prospérer une oligarchie de l’argent qui a progressivement fait main basse sur tous les postes et les biens importants  .
Et ce faisant ils ont laissé notre société se démoraliser au double sens  du terme.
Tellement qu’à chaque niveau d’activité il   semble que celle-ci ne tient que sur les épaules de quelques uns. Partout on réduit du personnel . Et sur ce personnel réduit, une bonne partie a perdu toute motivation, écrasée par le poids de cette oligarchie qui s’est taillé des places et  des fortunes à des niveaux jamais atteints dans nos démocraties .
Nous sommes ainsi inféodés à l’argent, au rendement, au profit  à l’état brut ou brutal et non au développement   économique et social.
Et cela perdure alors que les crises financières ont montré les dangers de ces abus maladifs.

Il me semble grave de voir désormais utiliser le mot «  élite »  pour désigner cette oligarchie prédatrice et calculatrice.
Une élite, dans une démocratie , est formée de phares , d’êtres qui brillent par des qualités supérieures  que ce soit dans  les sciences, les arts, la philosophie, la politique, la médecine , le commerce s’il est  équitable et utile.
Cette élite sort du terreau  d’un peuple et ne peut être liée ni à une classe ( ou caste) ni à la consistance  de son compte bancaire.
Combien de chercheurs, combien d’artistes  ont su œuvrer avec trop peu ?

Ce type de dérive est symptomatique d’une société qui  a pris les moyens pour le but au point d’oublier sa propre préservation.

Le drame du Japon devrait nous faire réfléchir . Il frappe une société développée, à la pointe de la technologie et un peuple discipliné et courageux
Nous disséminons  ce danger potentiel sur des continents qui n’ont encore pas développé leur technique et leur démocratie. Quant  à nous, à voir comment fonctionne nos différents systèmes  , les anomalies ,  lenteurs, erreurs auxquelles nous nous heurtons au quotidien , peut-on rêver  que la perfection ait été atteinte dans nos propres  centrales ?

Sans sagesse et sans raison, nous avons avancé en accumulant les risques principalement parce que c’est le profit qui dicte  systématiquement sa loi.
Or le profit ne peut être le fondement d’une  démocratie et d ‘une civilisation.

Un ami , qui n’est pas de ma génération m’a fait lire ,récemment à Paris ,les premières  pages d’un livre qu’il termine.Il raconte comment il a vécu petit à l’heure de l’humain , puis soudain avec l’ascension  d’Hitler , la deuxième guerre mondiale et la Shoah, il s’est  retrouvé  dans cette enfance,  basculé dans  l’ère de l’inhumain.

Une affaire de famille qui s’est jouée à haut niveau du pouvoir ,  sur laquelle je venais de me pencher , m’a justement donné l’occasions de plonger dans la France d’après 1945. Éprouvant voyage qui  m’a démontré que la page de l’inhumain ne fut jamais vraiment tournée  et que  nous avons  reconstruit notre nation avec des briques ensanglantées. Bien des dynasties financières ou industrielles ont plongé leurs racines dans les eaux glauques  de la collaboration avec le nazisme  qui les a fait prospérer.  Comment s’étonner dès   lors des  dysharmonies de notre société puisque notre économie  nationale est ainsi  entachée.

Dominique de Villepin invite ses concitoyens à une  indispensable refondation républicaine.
Ceci fait  profondément écho  aux prises de consciences qui m’ont déterminée à l’engagement politique .

Mais re -fonder sur quel sol ?  Nous ne pourrons relever les piliers  de la République sur des sables  mouvants ou un marécage. Les Français sont démoralisés au  double sens du terme comme je l’ai dit plus haut.
De scandales en dérives, de perte de sens en perte de bon sens, il semble qu’il n’ay ait plus de place pour une démarche, claire , ferme , cohérente ,exigeante .
Il semble que l’urgence  est à la refondation morale. Non d’une morale exiguë  dans le sens  le plus étroit du terme , mais dans de réelles exigences éthiques qui dictent les droits fondamentaux de l’humain.  Partout. En France comme ailleurs.
Sur cette base seulement, sur le consensus  d’une prise de conscience générale , sur cette remise en question lucide de nos sociétés  et de nos démarches nous pourrons  redonner un sens à chaque  fondement républicain.

Or nous dérivons dans un chaos médiatique du  sensationnel et d'immediateté qui éloigne constamment de la racine des choses.
L’affaire Strauss-Kahn en est une parfaite illustration.  Elle fait , elle fera, il faut l’espérer,  le procès de cette  dérive médiatique.
C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que nous avons en main de tels outils . Or qu’en faisons nous ? Des machines à broyer , à détruire. Ou à  vendre de l’illusion . Pouvoir dans le pouvoir , moyen de fascination sur les masses  , s’il n’est pas  tenu par une axe rigoureux , ce moyen devient   l’instrument de l’inhumain  et pourrait être celui d’une déshumanisation systématique.

Je n’ai pas de sympathie particulière pour Dominqiue Strauss-Kahn. Je ne me suis de fait pas intéressée à lui. Pour la simple raison qu’il appartient au monde de l’économie et de la finance qui m’est étranger  quand il ne m’est pas suspect , justement par ses risques de déshumanisation .
Mais dès le début de l’affaire,   j’ai craint un des plus gros attentats politiques   du siècle. L’avenir dira peut-être la réalité des mobiles qui ont précipité la chute du Directeur du FMI.
Mais ce que j’ai trouvé totalement inadmissible c’est le rôle joué par les medias pour tuer un homme alors même qu’il bénéficiait de la présomption d’innocence.
Rien ne peut, dans des sociétés  prétendument civilisées,   légitimer une telle dérive. Dérive au service du pouvoir, de pouvoirs , c’est une évidence.
Et c’est là le plus grave de cette dérive car elle impose une déshumanisation,  banalisée. Sous le fallacieux prétexte de servir  «  l’information «  l’instant , la liberté d’expression ,avec habileté , science ou prouesses technologiques  , amalgames et  montages , ces techniques  raffinées peuvent faire croire ou dire n’importe quoi à n’importe qui .

Au-delà du «  fait-divers  »  du cas précis , il y a, il y a eu viol des consciences ou des sensibilités en gorgeant à outrance les spectateurs  par une invasion d’images chocs de «  détails »   « d’expertises  »«  légistes », répandus à profusion  , au nom d’une  prétendue  morale de masse, sous l’oeil sidéré des enfants et adolescents à qui on ne laisse même plus d’espace pour le rêve , pour l’imaginaire et cette faculté propre à l’homme et qui ne le réduit , ni l’affaiblit : la Poésie.
Un déferlement, un raz de marée  négatif pour agiter dans le sensationnel et faire perdre  tout recul et tout repère .
Le premier repère étant celui des Droits de l’Homme. Qui s’appliquent à tout homme ( ou femme ) victime ou coupable.  Par ce que c’est un principe .
Et non un jouet ou un mot dont on se gargarise en tant que de besoin.
Cette dérive  là nous l’empruntons avec appétit aux moeurs d’outre Atlantique, qui fondent  nombre de  leurs actes sur le règlement de compte habillé de puritanisme.
J’ai personnellement désapprouvé totalement la façon dont  a  été gérée  la    fin de Sadam Hussein. Parce que  les crimes contre l’humanité exigennt des procès et des procédures droits et clairs, sans équivoques , où la personne en tant que telle demeure respectée dan son essence , même si elle a bafouée cette essence.
Comment sinon nous poser en «  justiciers » , au nom des droits fondamentaux, si  nos procédés sont du même style ? Si nous ne savons pas respecter la dignité fondamentale, nous n’avons pas de leçons à donner à ceux qui la bafouent.

Dans l’affaire Strauss-Kahn quels qu’aient  été les faits, il n’était  pas admissible que cet homme , ce père , ait été tendu à la vindicte planétaire – sans jugement- au mépris de tout ce qu’il avait pu être d ‘autre –  au mépris de ce qu’il avait pu faire  de bien- au mépris de ses enfants  ou proches qui n’avaient pas à subir une telle violence morale.

Cette affaire bien sûre renvoie  à la présomption  d’innocence .

Mais elle remet aussi bien des acteurs en question qui servent cette courtisanerie mondialisée et médiatiquement relayée ou fabriquée :
Aujourd’hui puissant et courtisé- demain détruit et mis en pièces- après-demain reconstruit , flatté et flagorné à nouveau .
Le monde politique en sortira encore plus ébranlé et discrédité, rétréci.

Que l’homme ait été coupable, et l’on pouvait  s’étonner  que ses pairs l’aient de si près fréquenté ou adoubé sans en voir  le danger .

Qu’il ne l’ait pas été,  combien de déclarations platement opportunistes pour profiter de l’espace laissé , dénoncent l’empoisonnement  en profondeur de cette vie politique  , de ces appétits qui font perdre toute mesure .

A –t -on bien  vu  qu’en se prêtant à ce jeu du pilori médiatique, c’est aussi la France qu’on a laissé   atteindre ?

Imaginerait t- on un seul instant   Bill ou Hillary Clinton  accusés  de pédophilie  ( c’est  une fiction) sur son enfant  par un femme de ménage maghrébine  de  Belleville , brutalement arrêtés dans leur avion, menottés , emmené entre deux gendarmes à Fleury Mérogis  sous l’œil complaisant des  caméras du monde ?

Ce scénario  est totalement invraisemblable.  Et donc la France et l’Europe , à travers ce scandale ont été éclaboussées.

Ce fut hier Dominque Strauss- Kahn. Ce peut être demain un autre ou une autre pour d’autres raisons ou accusations si nous acceptons de «  jouer ce jeu «  ou de le laisser jouer . Si nous nous ne remontons pas au niveau des principes  . Si nous n’exigeons pas de mettre au sommet de toute  pyramide les Droits de l’Homme et leur application stricte.
Je ressens dans cette dérive d’échelle planétaire un germe totalitaire particulièrement pervers puisqu’il se dissimule dans les plis  d’une soi disant morale et  substitue au droit et aux droits la manipulation  des esprits à travers les nouvelles techniques médiatiques.
Au-delà du cas personnel  elle appelle  une vigilance  et un recul  par rapport à ce potentiel et à sa   banalisation.

Je n’ai pas  abandonné le combat , on le voit. Ni l’espérance malgré tout. Mais je concède un pessimisme à court terme.
À long terme nous nous inscrivons  dans l’histoire de l’humanité et le recul marque une avancée de la  conscience même à travers les moments de crise ou grâce  à eux. Mais  il y a  il est vrai  des phases ascendantes  ou descendantes .

Nous sommes  visiblement dans une de ces dernières.
Qu’adviendra-t-il pour notre pays ?

Pour l’heure les élections de 2012 semblent se présenter dans un chaos jamais atteint.

Je ne  puis que regretter encore et encore qu’un axe Républicain authentiquement humaniste et indépendant  ne se soit constitué en temps utile . Qu’un  groupe à l’Assemblée Nationale , tel que l’avait proposé Dominique de VILLEPIN  à François BAYROU n’ait été formé.

De la montée du Front National à la politique spectacle qui met en avant sa vie privée,  appuyée sur le pouvoir médiatique, quelle alternative aurons nous ? Celle d’un PS divisé qui a déjà tenu les commandes 20 ans et collaboré avec le pouvoir en place?

Ceux qui voudront voir renaître en France autre chose, refonder une société de principes , qui transcende les clivages,  réveille les consciences  , redonne  du sens  à l’action collective ne devraient avoir qu’une urgence : le rassemblement.

Pour une réelle refondation d’une société au service de l’Homme . Pour l’épanouissement de ce principe ,de ce potentiel qu’une civilisation doit faire  fleurir en chacun d’entre  nous.

Parce qu’il faut le ferment de quelques  idéalistes  aventureux  j’ai réussi à obtenir le double encartage :

Je suis à la fois :

Membre du Mouvement Démocrate de François BAYROU
Et de
République Solidaire de Dominique de Villepin dont je m’étais  rapprochée dès la fondation de son Club.


J’espère  de la sorte être un maillon d’un rassemblement qui me paraît aussi urgent qu’indispensable.

Les changements  dépendent de chacun  d’entre nous . De ce que nous pouvons faire même  de façon minime.
Je garde l’espérance car je rencontre beaucoup de gens, qui , en dehors de toute implication politique, pratiquent cette démarche .
Tout simplement une démarche citoyenne  consciente.

07.11.2010

L’éthique condition de notre survie


Le Président Chinois en visite en France. Silence pesant de la majorité de la classe politique. Tapis rouge et pas feutrés. Il faut amadouer, séduire «  l’ homme le plus puissant de la planète » dans l’espoir de signer des contrats.
Ceux-ci feront office de Providence, de manne céleste accordée généreusement pas l’ex  «  Céleste Empire » .

Qu’il faille défendre l’intérêt de la nation, établir un partenariat avec cette grande puissance émergente, c’est une évidence face à la mondialisation, à une inéluctable évolution du  monde.
Une  juste revanche de pays autrefois écrasés par l’occident arrogant et prédateur .
Mais  cela peut-il se faire à tout prix ? En faisant l’impasse sur les droits de l’Homme, fondements de nos démocraties, en voulant oublier les souffrances de peuple Tibétain spolié de son identité, en atermoyant face au problème  du maintien d’un taux de change bas  du yuan qui a permis cette fulgurante ascension du géant  Chinois et met en péril nos économies ?

Sous la pression de la crise internationale nous tendon à renier ce qui devrait être la raison d’être de nos démocraties  , de telle sorte que notre voix ne pourra que s’affaiblir sur la scène mondiale.
Entendre dire que le Président  Chinois, Président du parti Communiste, a exigé de ne croiser personne sur son passage de telle sorte qu’on a dû  faire le vide à grand renfort de forces  de l’ordre est surréaliste et  aberrant.

Nous souvenons-nous de ce qu’est sensée   être la démocratie , «  le pouvoir du peuple » ?
Peuple qu’on doit évacuer sur le passage des «  puissants »  contrairement à toute  réelle  mise en pratique de nos valeurs …
Nous nous sommes tellement habitués à ce que la République, sous le fallacieux  prétexte de célébrer  ses principes,  reprenne tous les poncifs du pouvoir monarchique ou impérial jusqu’à  trouver normal de voir  deux représentants de leurs  peuples respectifs isolés par la force armée du peuple de France qu’on écarte de leur passage…

Accueillir et honorer la Chine dans un monde multipolaire ouvert à l’autre,  certes.
Mais ne voir en ce grand pays qu’un marché  ou une puissance d’argent à flatter pour cette unique raison est-ce lui rendre justice ?
Après  avoir fait souffrir le monde de nos méfaits coloniaux allons nous laisser se développer une forme de néocolonialisme où les peuples d’Europe , craintifs, devront renoncer  à des principes fondés dans l’épreuve au  fil du temps , de révolutions en guerres,  pour finalement  plier le genou devant la richesse financière  développée  par  les pays émergents ?

Non seulement ce serait à notre détriment mais aussi  à celui de ces peuples qui ont dans leur histoire et leurs anciennes sagesses des richesses non matérielles à apporter au monde.

L’œil rivé sur les cours de la bourse , leur reconnaîtrons nous leurs qualités intrinsèques ?
Ou les condamnerons-nous à retourner contre nous des méthodes dont ils ont  eux-mêmes  souffert ?

Pour emporter des marchés sur le court terme  ne  risquons nous pas d’avoir été d’une  part  trop laxistes sur la défense des droits humains et trop peu vigilants sur la défense de nos intérêts économiques nationaux dans le futur(vraisemblablement  pour laisser de puissants groupes privés profiter de la situation )  et finalement de perdre sur toute la ligne ?

Un intéressant article du Monde du 5 Novembre 2010 par Friedbert Pflüger, Professeur  honoraire en politique internationale au Kings College de Londres, décrit les risques de conflits  et la menace pour nos économies  dus   au monopole par la Chine des minerais rares indispensables aux nouvelles technologies.
À sa lecture, il paraît évident qu’une harmonisation de la politique Européenne et l’élaboration d’une stratégie commune est à la fois impérative et urgente.

Au-delà du simple bon sens comment pourrions-nous élaborer une telle stratégie sans asseoir celle-ci sur nos valeurs fondatrices et retrouver un sens au progrès humain autre que le profit brutal et mal réparti ?

Friedbert Pflüger ne conclut pas autrement :

« Mais à long terme, une politique fondée sur des critères éthiques non seulement permettra à l’Occident d’avoir pour lui la morale, mais s’avérera de surcroît économiquement plus profitable.
La sauvegarde des ressources  ne restera viable  que si l’Europe ne considère plus les pays du monde en développement comme de simples gisements de matières premières, mais comme des partenaires   »

En d’autres termes, d’un point de vue simplement stratégique,  si nous voulons à la fois sauver nos économies et nos identités , et avec elles les fondements  de nos démocraties , il nous est imposé d’être à la hauteur de ceux-ci. Et de sortir de  la dialectique du profit à l’état brut et de la vision à court terme pour redonner  un sens à notre démarche.
Celui qui fera de l’épanouissement de l’humain la priorité. Et ce à   l’échelle planétaire et dans le respect de  notre environnement naturel.
C’est ainsi que nous pourrons  établir un réel partenariat enrichissant à tous les niveaux  avec les  autres peuples.

26.09.2010

Les brûlures de l’été


Plaie saignante de pétrole aux larges des USA, incendies monstrueux en Russie sur fond  de canicule, inondations au Pakistan, dérèglements climatiques   et inondations  en France et ailleurs  autant de sentiments d’avertissements pressants pour nous rappeler à la raison.
Lors d’une conférence en 2009 le philosophe Michel Serres  envisageait les futurs réfugiés climatiques qui rechercheront des contrées plus vivables si les déséquilibres environnementaux   ne sont pas enrayés à temps.  C’est-à-dire si nous ne  nous décidons pas à unir nos forces et nos raisons  , solidairement à l’échelle du globe.
On n’ose imaginer un tel scénario  dans le climat moral actuel. Notre gouvernement au long de ce  lourd été 2010 nous a démontré à quel point nous sommes loin d’être préparés à faire face aux conséquences de nos propres actions. Tout a été et dit  et souvent brillamment sur cette dérive sécuritaire et cette insupportable stigmatisation de certaines communautés . Je ne veux même pas les nommer   , ajouter encore un écho… Car  Bernard Henri Lévy l’a  bien analysé cet emploi du LES  précédant le nom d’une communauté  est intolérable et profondément  malsain , créant l’enfermement, incitant à la différence,  au rejet .  « Les  » « ils »,  les autres , les différents, les dangereux, les inquiétants…  les   responsables   .

Dans un monde aussi difficile où l’imbrication  des facteurs  pose sans cesse de nouveaux défis comment prendre le risque d’ouvrir une telle boîte de Pandore ? Comment  prendre le risque d’éveiller ne serait-ce que des échos  dans la conscience collective  d’un mal dont nous  ne sommes pas encore vraiment remis ?
Crise financière, peurs, replis des égoïsmes nationaux et  individuels , climat politique en décomposition dans notre nation engendrant écoeurement ,découragement et désespérance créent un terreau des plus alarmants.
Non , nous ne sommes pas en 29 ou en 39 . Non ,  l’histoire ne se reproduit pas plis selon plis. Mais elle est là pour nous apprendre , nous donner des leçons pour notre présent. Pour voir quelles causes engendrent quels phénomènes.
En France et en Europe c’est la montée apparemment inexorable  de l’extrême droite  . D’autant plus pernicieuse qu’elle s’est « relookée’ .
Nous l’avons vu chez nous aux dernières régionales parallèlement à ce repli découragé ou révolté que signe  l’abstention. La Suède pays libre  qu’on  nous prônait souvent  comme modèle  est en train de nous monter comment souffle le vent sur l’Europe.
Alors  l’heure est à l’inquiétude, à la vigilance.

Et ce n’est pas en rejetant les problèmes vers « l’ailleurs  » que nous pourrons les résoudre. Car nous sommes en 2010 avec de nouveaux défis que notre humanité n’avait pas encore confrontés. À commencer par ceux couplés d’une surpopulation mondiale et d’une dégradation de notre environnement.

Face à de tels enjeux,   la « sécurité  » ne pourra jamais venir du repli aveugle  sur soi  mais au contraire d’une volonté de solidarité, d’un changement de paradigme à l’échelle planétaire remettant l’homme et son environnement au  centre , soucieux de faire reculer les déséquilibres là où ils se trouvent.

Un milliards de ventres affamés crient en silence sur notre planète .

Comment pourrons-nous les empêcher de déferler vers nos contrées  encore prospères  si nous ne savons pas les aider à retrouver leur  dignité là où ils sont ?

Comment imaginer  , même si beaucoup de citoyens Français connaissent  de plus en plus de difficultés,  que l’étalage de  notre prospérité  et de notre trop dans nos magasins et nos vitrines n’attirera pas par milliers et à tous risques  vers notre pays ?

Si le cœur ne sait pas nous dicter notre conduite, la raison  même devrait y présider.

Au lieu de cela on manipule la peur et les peurs au risque d’allumer des  feux que  l’on ne pourra  plus éteindre.

Il est accablant de vivre une telle période où la France , berceau de la démocratie et des droits de l’homme  s’est  retrouvée montrée du doigt  par l’ONU, le parlement Européen , le Vatican, la presse internationale.
Jusqu’à la  Chine  qui  s’est mise de la partie ce qui est un cruel paradoxe lorsqu’on sait le sort  du peuple Tibétain.

De quel poids pèserons-nous désormais sur la direction du monde et de l’Europe après  avoir été ainsi discrédités dans les valeurs mêmes qui fondent notre nation ?

J’attends depuis des mois un grand rassemblement républicain  .
J’avais eu l’occasion de l’évoquer avec Nicolas Dupont-Aignan rencontré l’an dernier  dans une soirée parisienne et je sais qu’il l’espère également. Même si  je  diverge sur son  approche Européenne  nombre de ses positions  sur des valeurs fondamentales et l’indépendance de la France sont sans équivoque. Peu  de temps après François BAYROU appelait à un arc républicain lors du congrès d’Arras en Décembre 2009.
Mais le temps a passé pour arriver à  cet été 2010 sans que rien ne se fasse.

Dans mon article  de  Février 2010 «  Grandeur de la démocratie »  http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archiv... j’espérais un rapprochement entre François BAYROU et Dominique de VILLEPIN . Bien que de tempéraments très différents,  leur culture, leur vision de la France et de l’Europe fondée sur une  démocratie humaniste aurait dû les rapprocher . Mais je craignais les freins de leurs entourages.

Dominique de VILLEPIN ne cesse d’appeler sans conditions à un rassemblement pour créer un grand axe central  qui regroupe des sensibilités  républicaines différentes  et puisse  peser  à travers un groupe commun à l’Assemblée nationale  sans que  la seule alternative pour échapper  à une droite durcie soit de remettre la France à  nouveau entre les mains du PS et de ses satellites.


J’ai beaucoup espéré que  ce groupe allait  maintenant se former rapidement en réaction à ce que nous venions de vivre et qui demande de réagir vite pour ne pas assister   à une accélération d’un processus inquiétant.

François BAYROU a  d’abord semblé favorable à ce projet, parlait même   d’une fédération de partis.  Depuis lors il  semble avoir infléchi son  discours .

Et Jean-Luc BENNAHMIAS  dans une  récente interview  donnée en tant que membre du Shadow Cabinet du Mouvement Démocrate  creuse la division et l’esprit de concurrence, usant de critiques envers l’ancien  Premier ministre dignes de…. ses adversaires  sarkozystes.

Cela est non seulement  très décevant  mais  grave à l’heure où un sursaut républicain  est de toute urgence  et où  les énergies doivent se rassembler pour la défense de valeurs communes.

Comme l ‘a dit Dominique de Villepin   le défi actuel  est « de  se hisser au-delà des arrières  pensés  électorales et des clivages partisans  » car il y a « Un devoir de courage politique pour préparer l’alternative  républicaine qui s’impose. »

En Mars  dernier après les élections régionales j’écrivais :  « Je continue de penser que ce vaste chantier qui va s’imposer ne pourra pas être celui d’un homme seulement ou d’un parti mais d’un rassemblement des consciences.  »


Si nous ne nous ressemblons pas au plus vite nous prendrons  un risque et donc une responsabilité.

Celui   notamment ,que des analystes politiques ont admis possible,  de voir  le Front National aux  second tour  des élections présidentielles de 2012 face à Nicolas SARKOZY.
N’est-ce pas du reste l’arrière-pensée du chef de l’Etat en  semant la peur et la division dans une  nation inquiète pour son avenir ?

Et l’on verrait alors ceux qui n’auraient pas su se rassembler  à temps se retrouver pour porter pieusement  dans l’urne les bulletins au nom de l’actuel Président . Et lui renouveler ainsi  son mandat…

Fiction invraisemblable ?
Le cas ne s’est-il pas déjà produit dans une période moins difficile et moins inquiétante que celle que nous  vivons ?

Non, nous ne sommes pas en 29 ni en 39 . Mais en 2010 .
C’est à nous  qu’échoit la responsabilité d’un sursaut des consciences  pour que la page d’histoire qui est devant nous  s’écrive  dignement pour le bien de tous. C’est à nous de prendre la leçon du passé mais aussi du présent qui nous appelle à changer totalement des anciennes approches politiciennes pour nous  rassembler sur l’essentiel.

 

11.07.2010

De la transparence en politique à … l’eau vecteur de solidarité


Je demande pardon à mes fidèles lecteurs pour ce long silence.
Il n’a pas été inactif ni dénué de réflexion . Si une surcharge en activités en est partiellement la cause , il y a eu aussi un besoin de recul , des interrogations.Non sur les valeurs à défendre mais sur le moyen de vivre son engagement efficacement et sur le bouleversement de l’échiquier politique français.
On ressent un enlisement des partis  face à une crise générale dont la profondeur et l’ampleur dépassent plus d’un intervenant.
Celui-ci ne peut que s’accroître avec le développement des affaires qui tombe justement au moment où le discrédit ou le rejet de la classe politique par le citoyen –électeur semblait à son maximum.
Qu’il soit justifié ou non c’est un impondérable dont nul ne peut faire fi.
Profonde crise de société donc, qui s’enracine dans une perte de repères, de sens et de confiance.
Face à ces maux  , les clivages partisans deviennent de plus en plus secondaires puisque le besoin véritable est la réelle défense de valeurs qui n’appartiennent à personne en particulier mais à l’homme lui-même. Période douloureuse mais utile et qui sera  peut-être  fructueuse si elle arrive à poser les vraies  questions :
Économie au service de l’humanisme et donc argent au service de l’homme, éthique et justice comme axe et non plus opportunisme, cupidité et vision à court terme . Voir la plaie de sang noir qui se répand aux larges des côtes Américaines  au nom du profit prioritaire, aveugle et sourd aux impératifs écologiques.


Au moment où le citoyen français avait atteint des records d’abandon de son droit de vote, expression fondamentale de la démocratie, la France est secouée par les incessants   rebondissements de l’affaire Bettencourt.

Quelle qu’en soit la réelle substance, quel qu’en sera le développement, une chose n’est pas à mettre en doute : la suspicion est au cœur de la République car les citoyens sont convaincus que la sphère politique est dépendante de la sphère financière.C’est, au-delà de tout jugement moral ou d’éventuelles implications de telle ou telle personnalité , ce qui m’apparaît comme   le plus profondément dommageable car touchant le fond d’un principe  et non pas un régime, un gouvernement ou un parti donné. Il est admis qu’une élection,  et surtout celle qui concerne  les plus hautes fonctions, ne peut se faire sans de très importants moyens financiers.Il y a dans ce fait lui-même un déni partiel de démocratie.  Quel que soit le mérite , les compétences d’un candidat, s’il n’est pas «  promu » aux électeurs comme une lessive ou une vedette du « show bizz » ses chances de gagner leurs voix sont diminuées.
Peut-on imputer cette situation à la seule sphère politique ? Ou cette dérive progressive qui donne à l’argent une place prépondérante n’est-elle pas plus ou moins le fait de tous, d’un consensus, d’un état d’esprit collectif ?
Si la politique se «  peoplelise » et se transforme  en «  show bizz », c’est que ce moyen agit sur l’électeur-citoyen  qui y donne ainsi un consentement tacite.
L’argent s’est donc infiltré dans les consciences à travers les moyens médiatiques prisés parce que l’argent est devenu , pratiquement pour tous l’enjeu majeur, le but et non plus l’instrument et le moyen comme je l’ai évoqué  dans  mon article  «  l’odeur de l’argent » : http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archiv...
L’argent dans le sport, dans l’art, dans la politique, dévie et dévoie , éloigne du but réel . Il ne peut être le pivot, l’axe de la démocratie. La crise de valeur qui nous confronte ne peut remettre en question que  les seuls politiques  mais aussi les citoyens trop passifs qui ont accepté un jeu contraire à nos fondements et trop souvent abandonné leur  responsabilité d’acteurs lucides et critiques, de maillions  actifs de la démocratie.
Or l’heure est plus que jamais à la responsabilité citoyenne  individuelle, à la lucidité et à la solidarité pour peser sur la direction générale que ce soit au niveau national, international  , planétaire.

Parmi les activités qui ont eu quelques  responsabilités  dans mon silence ,   il y à celles liées à ma facette artistique  puisque j’ai exposé pour la deuxième fois des photos d’art au Symposium International de l’eau de Cannes .
Ce n’est pas le fruit du hasard car ce thème me tient très à cœur.
Source de toute Vie , l’eau menace d’être demain source de grands conflits puisqu’une si important part de l’humanité  en manque. Elle nous  appelle à une prise de conscience  rapide . Elément symbolique, fluide et transparent  qui peut être aussi dévastateur que  salvateur, elle nous impose la solidarité pour notre survie à tous les niveaux. Elle nous rappelle que les enjeux du moment sont d’une nature si grave qu’ils vont exiger une démarche politique à leur hauteur  , dépassant les conflits traditionnels,  basée sur la rigueur ,  la vision à long terme , la transparence. Une vision où chaque citoyen devra avoir  sa place et prendre sa part de responsabilité.

09.05.2010

60 ans de Paix

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Jounée de l'Europe - 60ème anniversaire de la déclaration de Robert SCHUMAN

" La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent.
° La contribution qu'une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques. En se faisant depuis plus de vingt ans le champion d'une Europe unie, la France a toujours eu pour objet essentiel de servir la paix. "

 

Extrait de la déclaration du 9 mai 1950 de Robert Schuman

Il est trop facile d’oublier ce que fut le destin des peuples  de notre continent avant qu’un homme ne pose la pierre fondatrice du 9 Mai 1950 . La paix c’est bon et cela semble normal . Mais ça ne  peut l’être que par  la ferme volonté de tous et  la vision de quelques esprits éclairés qui savent prendre les justes décisions. C’est ce qu’a fait Robert Schuman  il y a exactement 60 ans et grâce à sa  vision à la fois pragmatique et idéaliste nous avons joui pendant tout ce  temps de la Paix.C’est près de trois génération qui n’auront pas été envoyées au combat contre une nation voisine, qui n’auront pas été fauchées dans la fleur de l’âge. Cela semble aller de soi, mais cela  demande pour continuer plus encore de volonté et de clairvoyance.
Il est attristant d’aborder un tel anniversaire avec une Europe en crise et désunie tandis que la nation Grecque  se débat en plein marasme.

Cette Grèce à qui notre continent doit son nom. Ce berceau de nos  civilisations. Présage alarmant pour nous rappeler que l’ Union Européenne doit retrouver ses sources premières, ses buts réels   pour pourvoir survivre et se fortifier, devenir force de paix et de solidarité.
Il est inquiétant de voir ses pays frères ne lui apporter leur aide que contre des taux fructueux pour eux  . C’est là un germe malsain  qui va  à l’inverse  de la vision des pères fondateurs et jette une ombre sur ce grand  anniversaire.

Devant le trop grand désintérêt des population pour l’Union Européenne manifesté par un record d’abstention aux dernières élections un député Anglais imagine de faire appel à des vedettes du sport , de la chanson ou du  «  show-bizz » à qui donner des rôles de députés paneuropéens   . C’est à dire « peopleliser «   l’Europe pour conquérir l’intérêt des peuples .  Au moment où la politique souffre dans son ensemble justement d’une telle dérive. Il fut un temps où l’on disait » panem et circences », du pain et des jeux . Ce n’est pas  en amusant  sans retrouver un sens que l’on forgera un but, un idéal commun. Alors qu’une approche démocratique impose l’adhésion par une prise de conscience générale .

Pourtant l’histoire devrait nous  éveiller à la raison. La crise de 1929 a engendré le repli, l’individualisme, le protectionnisme. Loin d’être la solution ce fut le germe de la catastrophe  mondiale.
En tirer les leçons, convaincre, travailler à faire réaliser l’importance du dialogue et de la solidarité , prendre des mesures pour les enjeux prioritaires : la Paix ,la force d’un destin commun serait bien plus fructueux que l’élégante présence de quelques top modèles  au
Parlement  Européen qui ferait perdre de vue la gravité  et l’urgence de la vraie mission de l’Europe.

Un mission non seulement pour ses peuples mais aussi pour le monde où elle doit jouer le rôle d’un piller de Paix et de démocratie.

Dominique de Villepin  vient de faire à Tunis le 29 Avril dernier un discours magistral  marqué par sa vision audacieuse et clairvoyante.

Face aux bouleversements du  monde et des pôles de puissance , à l’émergence de nouveaux empires  qui peuvent préfigurer de grands déséquilibres  il appelle l’Europe qui,  dit-il ,  a négligé le monde extérieur , à un réengagement politique dans ce sens.

Il voit un vastepartenariat entre les peuples, une coopération entre notre continent élargi  ,  et le Maghreb et l’Afrique. Comme Robert Schuman, sa vision  de ce pôle paneuropéen  face aux enjeux de la mondialisation et aux défis de l’environnement  s’appuierait  naturellement sur l ‘économie mais  aussi sur la culture et toutes les ressources humaines et servirait  la démocratie et la Paix   tout  en contribuant au développement d’un formidable potentiel actuellement entravé par la souffrance et  les manques.

Cette vision fait exactement écho à celle  de Robert SCHUMAN qui disait :
« L'Europe pourra, avec des moyens accrus, poursuivre la réalisation de l'une de ses tâches essentielles: le développement du continent africain. »

60 ans après cette  déclaration fondatrice d’un des pères de l’Europe
le chemin continue ,tracé par des esprits éclairés  , qui savent voir  dans les enjeux du moment une incitation à trouver des solutions pratiques   qui sont les moyens de marcher vers le but véritable : la Paix et le développement  du réel potentiel humain.

Il n’y a pas  de fatalités pour les sociétés humaines. Il ne peut y avoir d’avenir que dans la volonté ferme  de construire un destin commun pour tous les hommes qui redonne sa place véritable à l‘Homme dans la plus noble acception du terme. La volonté créera le moyen .

L’avenir de l’Europe est devant nous et dans  notre volonté commune.

14.04.2010

Le point de non retour ?


Entre les deux tours des élections régionales j’ai dû aller en Italie voisine.
Je me suis retrouvée face à des panneaux électoraux : ils étaient eux aussi en pleine campagne pour les régionales .
Passer l’invisible ligne de frontière pour me retrouver devant la même débauche d’affiches, avec les mêmes postures appuyées de slogans dans une langue sœur donnait une curieuse sensation de jeux de miroirs.Là-bas c’est la « liberta » qui est à la mode. « avec Berlusconi « per la liberta »… On peut imaginer que cela ne convainc pas tout le monde…
L’écologie, comme chez nous est plutôt « a sinistra, » a gauche, rouge-vert.
Regarder tous ces politiciens trônant sur leurs somptueuses affiches entre les palmiers après les nôtres, justes de l’autre côté, m’a fait soudain mieux comprendre la lassitude des citoyens. Qui ont l’impression d’avoir à faire à un monde qui tourne en circuit fermé, coupé de leur quotidien, dans une sorte de jeu théâtral. Si bien qu’ils ont décidé que cela ne les concernait pas vraiment . À ceux-là les postes, les élections, les affiches, les rémunérations, les trains de vies et privilèges ; à nous la vie et ses combats quotidiens.
J’ai retrouvé ensuite une charmante jeune pharmacienne avec laquelle j’ai eu une riche conversation en Français , gracieusement émaillée de la langue de Dante.
Comme les Français les Italiens n’y croient plus. L’abstention monte. Elle monte parce que ces personnages sur les affiches ont perdu leur crédibilité.
D’abord on pense qu’ils sont surtout occupés d’eux –mêmes et de leurs appétits et très peu, trop peu de ceux et de ce pourquoi il seraient sensés se faire élire ou réélire.
Mon interlocutrice a une solution radicale : que les politiciens de tous bords tentent de vivre un mois avec miles euros. J’ai pensé que l’expérience serait trop courte pour être instructive, elle est convaincue qu’ils ne tiendraient pas trois jours…
Pour ma pharmacienne tout cela lui semble dépassé. D’un autre âge.
Le monde a changé, évolue à une rapidité fulgurante. Ce qui se passe d’un bout à l’autre de la planète nous concerne tous , membres d’une même communauté humaine.
Alors cette approche de la politique est périmée . C’est « un point de non retour ». Elle le sent profondément. Il faut inventer autre chose. Frayer de nouvelles pistes en phase avec notre époque et ses enjeux inédits.
Je lui ai dit qu’il me semblait que le problème des partis politiques actuels c’est qu’ils étaient désormais en retard sur la conscience citoyenne.
Elle en était absolument d’accord. Tout comme cette communauté de vision renforçait, pour elle et moi notre appartenance à l’Europe qui nous enrichit des ces échanges entre peuples et cultures proches.

Cette petite plongée chez nos voisins transalpins a encore renforcé mon impression.
Ma pharmacienne a raison . Nous avons atteint un point de bascule. De « non retour ».
Les électeurs le sentent et le montrent en boudant les urnes.
Les partis politiques en France sont en pleine effervescence, ou en désarroi, sentant que les choses leur échappent.
Ils sont en pleine décomposition et pas encore en recomposition.
On sent comme un vent de panique.
L’échéance de 2012 est certes l’enjeu principal avoué.
Mais derrière il y a bien d’autres angoisses ou interrogations auxquelles chacun essaye d’apporter remède. Et  on retrouve petit à petit les mêmes discours chez les uns et les autres qui se surveillent et rivalisent pour la reconquête de ce cher électorat.
Nous allons finalement devoir réaliser qu’il nous faut vraiment reconstruire la démocratie si nous voulons pouvoir relever les défis nationaux qui sont immanquablement dépendants des défis mondiaux.
C’est-à-dire retrouver la réalité de nos fondements républicains….
Jusque dans la classe politique. Sortir des dérives néo-féodales qui se sont lentement mais sûrement installées.
Cela demandera la remise en question de toute la classe politique.
Et donc beaucoup de temps. Sauf si les évènements nationaux ou internationaux précipitent les choses en, nous mettant au pied du mur.
Ce que l’Histoire sait faire.

Le Mouvement Démocrate a espéré œuvrer à ce nécessaire renouveau politique.
Depuis sa fondation il est évident qu’il a été entravé ou déstabilisé . Pour cette raison même.
Mais puisque François BAYROU n’ a pas hésité à le dire , oui les divisons internes lui ont coûté très cher.
Peut-on croire qu’elles ne seraient que le jeu d’agents extérieurs.
Malheureusement non. Elles ont surtout révélé la difficulté à changer , sortir des ornières , sortir du jeu habituel d’appétits et de rivalités, de dominations et de frictions pour se concentrer solidairement et efficacement sur les vrais enjeux.

Après les Européennes j’avais déjà dit mon malaise aux intentions de « rénovation » d’un parti à peine structuré .(  http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archiv...l) La suite a prouvé qu’il s’agissait d’un cautère sur une jambe de bois.
Il serait vain de limiter son échec à une difficulté de positionnement face au bi-partisme gauche/droite.
Certes les électeurs eux-mêmes ont du mal à appréhender ce discours et à transcender ces clivages auxquels on les a conditionnés.
Mais ils y arrivent d’autant moins que ce parti n’a pas réussi à faire entendre cette « voix singulière » que François BAYROU souhaitait.

Il n’y arrive pas tout simplement parce qu‘il n’a pas lui-même été capable de parler d’une seule voix.Il n’a pas su , comme je l’écrivais en juin dernier, s’armer d’une vigilance constante pour se rassembler autour de ses valeurs fondatrices
Il n’ a pas su construire en interne ce qu’il voulait proposer à la nation.
Il ne l’a pas su vraisemblablement parce que tous ne marchaient pas en son sein dans une même direction et qu’il y avait encore pas mal d’immaturité.
C’est très regrettable.
Car il y a urgence pour la France à trouver une nouvelle voie et une voix renouvelée.
C’est dommage aussi pour les énergies engagées et les enthousiasmes déçus.
Mais n’est-ce pas ainsi par tâtonnements que les choses avancent ?
Nous sommes devant des situations inédites, nous devons trouver de nouvelles réponses à de nouveaux problèmes qui ne s’étaient jamais posés.
Leur trouver des réponses adéquates en politique.
Il est peu probable qu’un seul parti y parvienne.
La démocratie c’est, ce serait, le dialogue et le respect mutuel, la priorité donnée aux urgences qui taraudent notre société.
Cela dépasserait de très loin les frictions, les conflits, les divisions.
À l’intérieur comme à l’extérieur des partis politiques.
Il va falloir ré-invenr une politique du dialogue et de l’écoute et non plus de la course à l’élection à grand renfort de communication.
Un politique où le citoyen se retrouve concerné.
Car lui aussi doit se remettre en question. Si l’on peut comprendre sa lassitude ou son écoeurement de certaines pratiques, il porte sa part de responsabilité dans son désinvestissement de la vie démocratique.
Il faut parvenir à rompre ces cercles vicieux qui tournent sur eux-mêmes et en parallèle.
Il faudra beaucoup de volonté, de courage et de ténacité.

Mais aurons-nous le choix ?

Si nous voulons conserver nos droits, nos libertés, la paix et la démocratie ,nous n’aurons pas d’autre chemin .

18.03.2010

Pour un renouveau en politique


«une vérité ne cesse pas d'être vraie parce qu'elle est minoritaire.

Les temps viennent où les Français vont découvrir la véritable situation de notre pays, et se demanderont comment reconstruire. À ce degré de gravité, j'en ai la certitude, on ne pourra pas reconstruire dans l'affrontement sourd d'un camp contre l'autre. Au contraire, les Français auront besoin de responsables politiques qui leur disent la vérité, qui proposent un projet de société différent et équilibré, et qui aient la volonté de rassembler. De vérité, de vision, d'équilibre, de rassemblement, la France un jour aura besoin autant que d'air pour respirer.

Et c'est pour cela qu'il n'y a ce soir qu'une seule chose à dire : facile ou difficile, peu importe, il faut continuer le combat pour un autre projet de société, pour d'autres valeurs. Les Français, tous les jours, dans leur santé, dans leur famille, dans leur vie professionnelle, surmontent des difficultés, endurent des chocs, et repartent : eh bien, nous ferons comme eux, et, j'espère, avec eux. »
François BAYROU

Telle a été la déclaration juste et digne du Président du Mouvement Démocrate au soir du premier tour des législatives,  face à un revers électoral pressenti.
Il y a très peu j’écrivais : Il est grand de se lancer dans une expérience neuve, d’autant plus si elle est périlleuse, difficile ou entravée.

Nul doute que cette expérience neuve n’a cessé d’être entravée dès sa fondation de l’extérieur comme à l’intérieur. Les dissensions internes,  qu’elles résultent réellement de frictions d’égos ou soient téléguidées ou exploitées  dans un  but précis de déstabilisation,  ne pouvaient que disperser les énergies  et affaiblir la dynamique du Mouvement. Complaisamment étalées sur la place publique et dans  les médias ,surtout avant et pendant la campagne , elles ne pouvaient que discréditer le message  de renouveau de la politique que voulait offrir  le MoDem aux électeurs.
Il est difficile de penser que ceux et celles qui y ont participé à tous les échelons et jusqu’au plus haut n’en aient pas eu conscience.
Car ce serait faire bien peu de cas du regard des électeurs et spectateurs qui assistent avec écœurement non pas  à un nécessaire  repentir de la classe politique mais à une inflation des techniques manœuvrières qui en ont terni l’image et le but.
Pourtant leur message est clair : un record d’abstention.
Il faut ne pas avoir de contact avec les gens au quotidien pour s’imaginer qu’ils sont dupes de ces procédés, intrigues et querelles qui tendraient à les prendre en otage . Ils en sont totalement excédés, fatigués, indignés et scandalisés.
C’est pourquoi lorsqu’on veut leur proposer une voie nouvelle , ils ne sont pas en mesure d’y croire, ils ne veulent pas risquer leur confiance car elle a déjà été trop malmenée et qu’il est dur de gérer des déceptions en plus des luttes et épreuves de la vie .
Alors le Mouvement Démocrate n’a pas su  ou pu  , les deux à la fois  certainement , faire entendre cette « voix singulière  » dans le paysage politique français . Mais ce sont TOUS les partis politiques et donc tous les acteurs de la vie politique française qui ont à se remettre en question. Car cette voix du silence record leur dit que leurs messages et leur pratiques ne passent plus car elles ne sont plus supportables dans un  monde en mutation accélérée qui demande sagesse, vigilance,  pondération , sang froid , action  solidarité  et…  désintéressement pour faire face aux crises les plus grandes et les plus complexes de l’histoire humaine qui se déclinent différemment selon les nations mais les atteignent toutes ou les menacent toutes.
Nous n’avons jamais été aussi surpeuplés sur terre et nous devons affronter , dans le même  temps que des milliards de voix crient famine, des problèmes cruciaux de ressources énergétiques et en eau potable, des déséquilibres environnementaux  qui préparent de nouveaux types de réfugiés et des épidémies, un basculement des pôles de puissances du mondes avec une concurrence économique  redoutable, un creusement des inégalités sociales immense et explosif, une crise économique  mondiale grave…
Et cela nous concerne tous, où que nous soyons dans la région ou la campagne la plus reculée .
De cela , au travers des medias et  des  nouvelles technologies,
les citoyens électeurs sont de plus en plus conscients jusqu’à l’angoisse .
La France va mal au milieu d’un monde en déséquilibre.
La « gauche » et la «  droite »  ont eu les commandes en main chacune à leur tour. Mais nombre d’électeurs, au premier tour  des régionales , celui du choix, leur ont clairement fait savoir qu’ils avaient perdu confiance en eux et qu’ils ne pensaient même plus utile  d’utiliser leur droit de vote.
Ou d’autres, écoutant les discours simplificateurs et rigides se sont retournés vers la voie du repli identitaire et sécuritaire qui a su capter leurs peurs.
Pour Xavier BERTRAND, il n’y a pas de montée de  l’extrême droite.
Je lui laisse la responsabilité de son analyse.
Mais , Déléguée aux élections pour mon parti dans ma commune , j’ai assisté au dépouillement. Et j’avoue que ce ne sont pas les bulletins du Mouvement Démocrate que je surveillais le plus mais ceux du FN et de la  Ligue du Sud.
Et de les voir monter matériellement, je ressentais un malaise que je n’étais pas seule à éprouver  et qui nous rapprochait entre membres  lucides de différentes formations. Parce que l’histoire est censée nous avoir donné des leçons. Et qu’elle nous a montré que quand la peur s’installe elle peut ouvrir la porte à des régimes d’autorité et d’exclusion et en tout cas au renforcement des extrêmes d’un côté comme de l’autre .
A peu près 23 %*pour l’extrême droite  en PACA . Et plus de  25%* pour la cinquième ville de France, Nice, ce n’est pas  à  ignorer .
Ce n’est  d’autant plus pas à ignorer que c’est la réserve de voix de l’UMP , qu’elle ne peut exister sans  ces partis qui lui dicteront des conditions et qu’elle se doit de flatter. Jeu particulièrement dangereux quand ça va mal.
Et qui prend en otage une bonne partie d’un électorat de droite,  gaulliste ou centre doit.
De l’autre côté ,l’écologie s’allie à la gauche socialiste,  comme si celle-ci pouvait avoir «  le monopole du vert » alors qu’il s’agit de gérer des problèmes qui concernent  tous les humains quelle que soit la couleur politique dont ils se revendiquent.

Alors plus que  jamais une nouvelle voie d’indépendance est souhaitable et nécessaire.
Ceux qui  reprochent constamment à François BAYROU ses ambitions présidentielles  et travaillent à saper celles-ci et   le parti qu’il a fondé pour  faire vivre une  voie centrale et indépendante ont donc  dû faire le choix d’élire à nouveau en 2012 un président  de l’un ou l’autre des deux camps  UMP ou PS  dont  «  l’affrontement sourd » domine la France depuis  des décennies et a  abouti à la perte de confiance des français  dans la politique.
Car pour l’heure,  à  l’exception d’une autre personnalité qui ne s’est pas encore réellement  déclarée , il  paraît un des seuls à pouvoir rassembler largement et surtout œuvrer en indépendance vis-à-vis de l’un et l’autre camp.
L’avenir et l’histoire diront  ce qu’il en sera exactement.
Mais  indéniablement il  faudra à la France   «  des responsables politiques qui leur disent la vérité, qui proposent un projet de société différent et équilibré, et qui aient la volonté de rassembler  ».
Et surtout de nouvelles mœurs politiques  réellement attachées aux principes fondateurs de la République . Que les politiques   appliquent même et y compris dans leurs formations. Et qui permettent de voir la fin de cette oligarchie coupée des bases et  des réalités , privilégiée par un train de vie   seigneurial dû au  cumul de mandats obtenus ici ou là , toujours au nom du peuple et grâce à la confiance des électeurs. Qui observent avec lucidité et exaspération ces dérives issuent… de 1789.
Je continue de penser que ce vaste chantier qui va s’imposer ne pourra pas être celui d’un homme seulement ou d’un parti mais d’un rassemblement des consciences.
Pour l’heure il faut vivre les crises jusqu’au bout puisqu’elles finissent par accoucher des solutions.
Celle qui va secouer le Mouvement Démocrate sera dure car elle est voulue par beaucoup qui espèrent entraver de nouvelles voies .
Il en sera certainement de même pour tous ceux qui s’y essayeront ou s’y emploieront, tant les habitudes sont ancrées et  parce qu’il est difficile de faire admettre que les changements à l’œuvre dans  le monde et nos nations sonnent la fin de certaines pratiques et obligent à sortir des ornières.

Mais les problèmes qui nous confrontent nous obligeront à leur trouver réponse. Et appellent à l’avènement  d’une démocratie humaniste qui transcende les clivages simplificateurs. En France comme dans le monde.



*22,98 % FN et Ligue du Sud confondus
*25, 44 % FN et Ligue du Sud confondus

09.03.2010

Régionales : la 3ème voie du Mouvement Démocrate


Il est affligeant en retournant sur le terrain,au contact de la population,
d’entendre à nouveau cette même rengaine de désespérance et de perte de confiance  dans les politiques de tous bords renvoyés dos à dos.
Il est affligeant que les politiques et la politique aient pu conduire à cela.
Il est affligeant qu’enfle ainsi les taux d’abstention.
Il est affligeant de retrouver cette atmosphère de conflits et de crainte à l’approche des élections.
Car nous devrions au contraire nous réjouir de pouvoir user de ce droit  de vote si chèrement gagné et de faire vivre ainsi le suffrage universel.
Ce sont là des acquis bien précieux que d’autres peuples,  sous d’autres latitudes  ,n’ont pas le bonheur de partager.
En sommes nous conscients ?
Ou bien oublions nous que la démocratie comme la paix est un combat de tous les jours.

François BAYROU qui , lui, en est pleinement conscient tout comme il est conscient de la gravité de la situation ,s’est lancé à  la tête du Mouvement Démocrate dans un  combat  difficile pour ouvrir une nouvelle voie,
faire entendre «  une voix différente et singulière dans le paysage politique Français » .
Pour en finir avec ce  vieil affrontement  bloc contre bloc, cette vieille  division de la France   entre ces deux camps qui finissent par se partager le territoire et le pouvoir tandis que se délite la confiance du peuple qu’ils doivent servir.

Le 14 et le 21 Mars cette 3ème voie s’ouvre à vous. Celle de la Démocratie Humaniste .

Pour mieux connaître le projet  de  société du Mouvement  Démocrate
lisez « Le Projet Humaniste  »  :

http://www.mouvementdemocrate.fr/vie-du-modem/projet-humaniste-le-livre-orange.html/


Pour connaître les propositions du Mouvement Démocrate pour vos régions :


Appelez la ligne orange : 01 53 59 26 15


Ou consultez le site :
http://www.regionsdemocrates.fr/


Pour les  lecteurs et électeurs de la région Paca où la liste du Mouvement Démocrate est conduite par le Docteur Catherine LEVRAUD consultez  son site de campagne :

http://provencealpescotedazurdemocrate.fr/


Pour suivre les prises de position de François BAYROU Président du Mouvement Démocrate :
www.mouvementdemocrate.fr/

Enfin si vous voulez être sur que ce projet sera fidèle à lui-même et à ce que vous en espérez  adhérez pour y travailler en militant  :

https://guepar.mouvementdemocrate.fr/adhesion



Et le 14 et 21 M
ars votez , en votre âme et conscience  !

19.02.2010

Grandeur de la démocratie- Démocratie de la grandeur


Il y a quelque temps François BAYROU  réagissait vigoureusement  au sujet du double salaire prolifique d’Henri PROGLIO au regard des principes de la République  et des dérives  d’un système de plus en plus voué à l’argent  et à ses réseaux.  En appelant  à un retour à nos principes fondateurs  respectueux des valeurs   humaines ,  il  a lancé une phrase  forte qui  disait   à  peu près  que  ce qui est  grand ne s’achète pas   .

Cette  phrase et cette notion  de grandeur résume en elle-même la véritable direction d’une société démocratique, d’une société humaniste qui mette l’homme et tout son potentiel en son centre.
Car il faut oser la grandeur. Celle des plus hautes facultés humaines.
Les phares de l’humanité que ce soit dans les arts, les sciences, la philosophie ou la vie politique sont souvent sortis d’origines obscures et ont parfois ,hélas , dû oeuvrer dans la difficulté voire le manque ou la persécution.
C’est pourtant eux qui, poussant  au plus haut leurs facultés, ont donné ses lettres  de noblesse à notre humanité.
La démocratie ne peut être le nivellement par le bas, brimant  les individualités, confondant égalitarisme avec égalité pour aboutir à une standardisation, à une «  médiocratie » asphyxiante.
Elle ne peut être une exaltation de la réussite financière au mépris de toutes les autres, avec l’argent comme seule aune de la valeur individuelle car alors elle basculerait dans la ploutocratie, la négation de  nos vraies richesses humaines immatérielles.
La démocratie est grande parce que, enjambant, transcendant, castes  et classes , situation de fortune ou d’infortune elle doit permettre de faire fleurir le plus grand potentiel humain où qu’il se trouve, sans préjugés ni dans un sens ni dans l’autre. Et donc  doit «  investir » dans ce qui est grand en l‘homme, ce qui  éclaire notre humanité , l’aide à progresser .
Cela demanderait aussi de privilégier  les principes intrinsèques au-delà de tout esprit partisan. La paix, la justice, l’équité, l’éthique, l’écologie  n’appartiennent pas plus à un groupement  humain qu’à un autre, à une couleur politique qu’à une autre. Ils sont simplement plus ou moins bien défendus par les uns ou les autres et la démocratie voudrait que les uns et les autres se rassemblent pour les servir. Pour servir des causes grandes, celles pour lesquelles les peuples peuvent vibrer, celles qui créent un consensus, une solidarité,  celles  qui rassemblent.
C’est à regret qu’on a vu le sport souvent dégénérer en des luttes parfois sanglantes entre partisans d’équipes différentes, s’éloignant de son esprit ludique et pacifique.
Il est bien  plus regrettable de voir la politique encore tellement entachée de ces exaltations et heurts partisans qui exacerbent les concurrences au lieu de se concentrer sur les principes.
Je suis heureuse que le Mouvement Démocrate ait choisi d’assumer son indépendance aux  élections régionales.Qu’il en ait pris le risque. Même s’il doit le payer du prix d’un faible score.
Car il a ainsi choisi d’être lui-même, d’offrir une troisième voie, un programme humaniste qui tente de sortir de cet éternel clivage gauche droite, bloc contre bloc qui divise la France et les français depuis des décennies.
Il est grand de se tenir à ses principes.

On nous annonce une probable victoire de la gauche pour ces élections, non par véritable choix idéologique mais surtout pour manifester un mécontentement au gouvernement. Un vote d’humeur et non de cœur.
C’est là retomber dans un vieux conditionnement Français.
J’écrivais au moment des municipales de  2008 que l’on ne peut gouverner la France comme un char d’assaut  un coup à gauche, un coup à droite.
Il y a une forme d’immaturité citoyenne à changer de bord d’une élection à l’autre par déception et saute d’humeur. Presque à titre de «  représailles ».
Au lieu de s’impliquer au jour le jour dans le débat démocratique, de s’attacher à exiger le respect des engagements des élus, à rechercher avec vigilance les vrais fondements républicains dans tous les niveaux de la vie sociale.

Il y a aussi une énorme lassitude, une perte de confiance dans la politique et le politique, une incrédulité à voir s’ouvrir un autre chemin .

Dans un tel contexte le MoDem aura du mal à frayer sa piste qui lui impose de se remettre constamment en question pour échapper aux vieilles habitudes, aux vielles ornières .
Il aura d’autant plus de mal qu’on peut imaginer que les dissensions qui le secouent ne sont pas toutes « naturelles » puisque dès sa fondation tous les moyens ont été recherchés pour le disloquer ou l’entraver et qu’il peut aussi bien être travaillé de l’intérieur.
Mais quels que soient les résultats futurs, le  grain semé lèvera d ‘une manière ou de l’autre.L’Histoire s’écrit au jour le jour, la conscience nouvelle de progrès ,comme l’eau , fraye son chemin au milieu des obstacles et des blocs d’obstructions.
Il est grand de se lancer dans une expérience neuve, d’autant plus si elle est périlleuse, difficile ou entravée.
Le monde actuel, les impasses de  nos sociétés demandent de tracer de nouvelles pistes, de rechercher de nouvelles  voies, de trouver un équilibre.
C’est servir la grandeur de la démocratie que de s’y essayer même si c’est au prix de tâtonnements ou de revers.
Car c’est ainsi que nos sociétés avancent.
Le vrai clivage actuel dépasse les idéologies au premier degré. Il oppose le monde des grands appétits matériels prédateurs au monde  des valeurs humaines.
Le monde de l’argent au monde de l’Homme.
Le monde de l’homme asservi pour l’argent au monde de l’argent au service de l’homme.

Pour y faire pièce    il faut rassembler les énergies, aller à l’essentiel, se recentrer sur les principes.
C’est ce à quoi a appelé François BAYROU en souhaitant le réveil de tous les vrais Républicains.Au Congrès d’Arras en décembre 2009 il appelait  de ses vœux un arc républicain.
Il est évident qu’un tel combat ne  pourra pas être celui d’un seul parti ni d’un seul homme, mais  qu’il mobilisera toutes les consciences.

Dominique de Villepin tutoie la grandeur à chaque page de ses ouvrages.
Il l’appelle pour la France mais aussi pour le monde qu’il voit en marche vers une nouvelle Renaissance .
Mais au lieu d’utiliser ses compétences éminentes on tente de l’enfermer dans un combat sordide, ce qui au-delà de l’acharnement politique, représente un déni de l’esprit.

François BAYROU et Dominique de VILLEPIN, en dépit de personnalités et de tempéraments  très différents, partagent une vision et des aspirations communes sur bien des points. Notamment sur la position de la France dans le monde, sur une société humaniste, sur la politique étrangère et aussi sur l’Europe sans parler de leur amour des livres et de la culture.
Malheureusement certains des supporters ou partisans  de l’un et de l’autre développent un esprit de compétitivité  et de passions parfois infantiles qui ne sert pas ces deux hommes de qualité et ne correspond pas à l’élévation du débat politique qu’ils appellent.

En période de grandes crises on ne peut que souhaiter le rapprochement d’esprits d’élites épris de grandeur  et de justice.
Le monde en ébullition, les périls qui nous menacent, les crises imbriquées ( sociales, économiques, écologiques) sont autant de tempêtes que nousdevons affronter et qui demandent le rassemblement de ceux qui souhaitent aller vers une même direction générale, qui ont de grandes compétences à partager, de grandes visions à projeter, de grandes valeurs à sauver .

Face à l’accélération de la mondialisation et à ses fractures et secousses  qui se répercutent dans nos nations qu’elles risquent  de fissurer ,   la grandeur de la démocratie nous imposera certainement ,dans les temps à venir , un vaste rassemblement, pour la défense des ses principes qui ne pourra que transcender les passions partisanes et  les différences .
Un rassemblement de forces démocratiques qui œuvrera pour une démocratie de la grandeur au niveau de la nation comme du monde.

07.01.2010

Vers une conscience citoyenne planétaire

Copenhague est venu comme un point d’orgue à l’orée de 2010 pour creuser le fossé entre les citoyens et leurs dirigeants. L’échec de ce sommet n’aura pas que des retombées sur l’avenir de notre environnement mais il en aura aussi , on peut le craindre, de fort dévastatrices dans l’esprit des citoyens des différentes nations et altèrera encore la possibilité d’accorder pleine  confiance aux gouvernants.
Alors que les enjeux mobilisateurs ne sont rien moins que la survie de notre espèce, l’avenir de notre descendance, quelle déception et quelle grave préoccupation de voir que cela n’a pas suscité un réel sursaut, un réveil, une mise en marche vers une grande solidarité planétaire chez les «  grands » de ce monde.
Si l’avenir de notre terre et de notre humanité ne parvient pas à faire se lever une nouvelle attitude politique quelle cause le fera ?
A contrario la conscience citoyenne se développe et se mobilise de plus en plus, notamment à travers les  ONG. Inquiets, les citoyens qui se tournent  de plus en plus vers l’écologie  sont prêts quant à eux à consentir des efforts, à se responsabiliser pourvu qu’ils soient convaincus de leurs bien fondés.
Derrière le masque de l’économie se profile le non-dit des appétits spéculatifs et leurs pressions qui ne pourront éternellement s’imposer.
Les eaux montent ici ou s’assèchent là. Michel SERRES  nous disait l’été dernier que les prochaines guerres se livreraient pour ce bien si précieux qu’est l’eau. Ce bien si simple et si indispensable dont sont privés tant de nos concitoyens planétaires.
Injustices de plus en plus insupportables et qui enflent aux quatre coins du monde. Comme enfle la souffrance de ceux que la faim tenaille.
Étonnamment notre planète terre, fatiguée de la mauvaise gestion de ses ressources, va nous dicter les conditions d’un nouvel art de vivre.
Un nouvel art de vivre, de gérer, de partager qui  imposera une gouvernance mondiale que nombre d’esprits jugent désormais indispensable pour gérer les principaux problèmes  comme ceux liés à l’environnement ou aux ressources énergétiques  si nous ne voulons pas dériver vers les catastrophes.
Celle-ci ne peut naître que d’une véritable démocratie mondiale et c’est sur toute la terre qu’il faudrait écrire «  Liberté  - Egalité - Fraternité  » .
Nous en sommes loin, hélas. Mais comme à une croisée de chemin , il semble que nous y serons contraints par les faits mêmes.
Il serait donc grand temps que la politique renonce à ses anciennes ornières et que les «  responsables » et non les «  grands », car ce temps doit être dépassé, sachent répondre à la mission de  confiance dont ils ont été investis pour prendre les bonnes décisions dans l’intérêt collectif .
Dans un intérêt collectif qui ne peut plus être que planétaire puisqu’il n’est plus possible d’ignorer les conséquences de nos actes réciproquement les uns sur le sur les autres ,  d’un bout de la terre à l’autre.
Sur ce chemin de renouveau ce sont les citoyens qui chacun ou individuellement semblent les vrais moteurs par leurs changements de consciences, leurs implications, leurs exigences.
On a l’impression décalée que cette conscience  qui inter échange par les nouveaux modes de communication marche devant les gouvernants ou les formations politiques qui tentent de s’adapter au coup par coup  parfois par le biais  de la récupération.
En dépit d’une tentative  de canalisation et de «  formatage »  des esprits à travers les medias cette conscience fraye son chemin obtenant par une pression sourde ou parfois vigoureuse des changements de comportements.
C’est en cela qu’on peut puiser de l’espoir face à une situation mondiale aussi difficile qu’explosive.
Il y a quelques décennies l’écologie était considérée comme une aberration d’esprits réfractaires  à un progrès vu sous son aspect le plus prométhéen.
Le Ministère de l’écologie et du développement durable à maintenant pignon sur rue  à Paris et quel parti ne se revendique pas  comme garant de la véritable écologie ?
La notion de développement durable s’est imposée en théorie si ce n’est en application systématique.
Il y a donc indéniablement un progrès dans le noble sens du terme, c’est-à-dire  réellement  bénéfique à l’humain et son environnement.
C’est  là  ce qui nous donne de l’espérance puisque les crises suscitent finalement les sursauts vers  des solutions ou des améliorations. 
Souvent hélas après bien des souffrances et des tragédies. Tel fut le cas pour la naissance de l’Europe, force de paix, après la nuit de la deuxième guerre mondiale.
Mais il faut que nous, citoyens  responsables, partions à la reconquête des fondements démocratiques. Que nous n’acceptions plus les jeux des oligarchies et du pouvoir  pompeusement décuplé par les miroirs médiatiques.  D’un  pouvoir que nous avons conféré à des responsables pour nous représenter.

Que les enjeux  et les défis que  2010 nous demande de confronter et de relever soient l’emmarchement vers une conscience citoyenne planétaire et l’avènement d’une démocratie mondiale.  Pas à pas et … au plus vite.

Très bonne année 2010 à mes fidèles lecteurs que je remercie ainsi qu’à tous les nouveaux, venus spontanément  vers mon  blog  pourtant  encore  peu relayé .

18.12.2009

L’odeur de l’argent



L’argent , on le sait, « n’a pas d’odeur » . cette expression banalisée, éculée , peut se décrypter à plusieurs niveaux qui concentrent la problématique de la crise sociétale qui nous confronte.

L’argent devrait être effectivement sans odeur et sans saveur. Intelligente invention pour remplacer le troc il ne devait , ne devrait être qu’un moyen, un outil neutre permettant de faciliter les échanges commerciaux entre les hommes.
Par ses différentes devises ,il s’est bien sur coloré de nationalismes ce qui déjà, lui a donné une lourde charge. Mais bien plus il est devenu dans notre époque le pivot central, la pierre de touche de toute notre organisation sociale, s’est graduellement érigé comme valeur principale, comme référence, comme but et comme moyen confondus, comme science , comme fondement même de notre société. Pour ne pas dire comme religion avec ses dérives intégristes et ses fièvres…
La crise financière qui le frappe nous le confirme, notre mode actuel en est totalement dépendant.

Et dans tous les esprits, que cela soit chez les classes les plus défavorisées ou les plus fortunées, il s’est imposé subrepticement et règne central,dépassant le simple moyen nécessaire, l’outil , pour devenir un but, une référence, une valeur intrinsèque qui définirait l’individu.
Le développement médiatique a participé de son emprise sur nos consciences.
A travers les medias et notamment une certaine presse dite « people » ,qui s’est développée relativement récemment , la mise en valeur des individus et donc l’admiration qui leur est portée, est principalement corollaire de leur niveau de fortune qui s’imbrique si étroitement à leur célébrité qu’il devient difficile d’en faire le départ.
Si bien que graduellement la qualité d’un être tend à s’imposer comme dépendant de sa « surface » financière au détriment de valeurs humaines qui non seulement n’y sont pas liées mais peuvent lui être étrangères .

Constamment la valeur pécuniaire des choses ou des êtres crée un filtre qui influence le jugement sur leur appréciation.
Par les lois du marché , la reconnaissance du talent, notamment dans le domaine artistique, est actuellement le plus souvent liée à la valeur marchande qui a pu être imposée par des techniques de marketing et qui peuvent ne pas refléter la réelle qualité artistique d’une œuvre.

Certes la richesse et le pouvoir ont toujours été liés mais le talent et sa reconnaissance , même par les grands et les princes , n’était pas systématiquement précédé par sa valeur marchande.

De nombreuses familles voient leur nom s’imposer en rapport avec leur degré de fortune qui est censé être lié à l’honorabilité et en tout cas à un poids social qui n’est pas forcément en rapport avec les qualités des individus qui les composent et qui paradoxalement, sur le plan humain , peuvent être dépourvus de qualités qui enrichissent moralement des individus peu fortunés sur le plan financier ( courage , loyauté, générosité, intelligence, talent, capacité d’action etc)
A contrario le manque ou la perte d’argent signe l’exclusion parfois jusque sur le trottoir et cela quelle que puisse être la valeur intérieure de l’individu qu’elle frappe.
Cette sorte de déférence qui s’est graduellement voire subrepticement imposée dans les esprits au regard de la richesse et de l’argent est un symptôme d’une dérive de nos sociétés axées sur « l’argent roi » comme le stigmatise François Bayrou.
Il s’agit d’un renversement de valeur en contradiction avec une aspiration humaniste et démocratique qui devrait au contraire reconnaître la plénitude des qualités humaines indépendamment des critères purement financiers ou marchands.

La crise financière qui bouleverse nos sociétés actuellement s’enracine psychologiquement dans les critères de valeurs de celles-ci qui conditionnent les individus .
Or le développement de la spéculation à outrance, en s’éloignant de la réalité de notre nature et en érigeant l’argent comme but et non plus comme moyen , réussit à provoquer de graves déstabilisations matérielles qui démontrent, tant sur le plan moral que pratique, que cela ne peut être une direction d’équilibre et de justice pour nos sociétés. Mais qu’il s’agit d’une fièvre, d’une dérive, qui entraîne des individus dans une quête virtuelle d’un égoïsme aveugle et qui finit par être dangereuse pour la survie de nos sociétés, de l’homme et enfin de la planète elle-même.
Je tiens d’une source fiable qui a accès à des sphères de pouvoir au Luxembourg que des analyses ont révélé que les eaux du Rhin en aval de la place financière de Frankfurt et après traitement, contenaient encore des taux importants de cocaïne.
Plus récemment la presse a révélé que des acteurs des milieux bancaires ou boursiers étaient soignés pour intoxication à la cocaïne dans les hôpitaux Genevois .
Un professeur d’économie Uruguayen qui connaît bien les milieux financiers aux USA m’a dit que la crise financière avait déclenché des suicides en série dans ses élites qui ne pouvaient faire face à l’effondrement de leur monde et de leur fortune.
Ce qui démontre que l’homme s’est enfermé dans une quête pratiquement pathologique pour un élément à la fois matériel et immatériel qu’il a lui-même chargé d’une énorme force symbolique ( réussite, puissance, bonheur etc) et que les acteurs de ce jeu dangereux vivent dans une telle pression qu’ils doivent avoir recours à des substances hypnotiques pour assumer les manipulations des flux financiers.
Cet emballement de nos sociétés à travers la fièvre de quelques esprits qui contaminent tous les autres et qui s’imposent à notre quotidien prend d’autant plus de poids que nous sommes confrontés à une situation humaine et écologique sans précédent.
A l’heure de la mobilisation contre le réchauffement climatique il faut entendre que tout retard dans la mise en œuvre de mesures réduisant le cO2 va coûter 500 milliards de $ par année perdue.
C’est certes alarmant pour l’économie.
Mais combien de vies humaines, d’espèces en voie de disparition, d’êtres vivants non évaluables « financièrement » risquent-ils d’en être atteints ?
Et comment parviendrons-nous à résoudre une crise qui concerne le vivant sous toutes ses formes, qui dépend de lois subtiles qui ne proviennent pas de cet instrument de notre invention qu’est l’argent ,pour redresser à temps les choses ?
Avec des valeurs humaines immatérielles et universelles que sont : la sagesse, le bon sens, la solidarité, la justice, l’équité, l’écoute.
Des valeurs qui s’imposent préalablement à tout système humains, sociale et donc économique. Des valeurs qui s’imposent à nous par la raison même .
Et qui doivent redonner à l’argent son rôle d’outil sans que son « odeur » enivre jusqu’à la fièvre de la démesure.

Enfin il y a une odeur plus lourde encore à l’argent, celle de « l’argent sale ».
J’ai récemment entendu parler dans un milieu autorisé à Paris de l’argent de la maffia sicilienne qui représente une part non négligeable du PIB d’un des principaux pays d’Europe et qu’on retrouve un peu partout dans nos sociétés où il pèse d’un poids toxique .
Il est évident qu’avec les systèmes d’écrans actuels il doit inévitablement y avoir collusion entre les flux d’argent dits « propres » et ceux provenant de la drogue, du crime ou de tout autre trafic et qui s’infiltrent dans notre tissu social . Et donc que nos économies sont vulnérables à ces flux qui participent du système .

Par ailleurs une bonne part de l’argent qui circule matérialise également l’écart gigantesque qui s’est creusé entre les classes laborieuses et patronales qui étaient de 1 à 10 du temps d’ Henry FORD pour être passé de 1 à 6 à 700 plus récemment . Une véritable régression au profit d’une déification de l’argent concentré de plus en plus dans les mêmes mains et qui
semble une véritable bombe à retardement sociale prête à exploser si la situation continue d’aller dans ce sens.
Avec l’exploitation des pays pauvres par des multinationales tentaculaires, des courses au profit de plus en plus dures où tous les coups semblent permis, le développement de techniques prédatrices et de mainmises qui n’ont rien à voir avec l’idée d’une libre concurrence, l’exploitation brutale des ressources naturelles , l’argent a pris de plus en plus « d’odeur » : celle de la souffrance, de la pauvreté , de l’injustice mais aussi de la faim et de la souillure ou du pillage de notre planète.
Cruel paradoxe alors que les avancées techniques, technologiques, scientifiques pourraient apporter de plus en plus de bien être aux humains , celles-ci ne cessent d’être entravées par une soif de profit déséquilibrée .
Et qui engendre des situations explosives et malsaines car l’injustice ne pourra éternellement s’imposer tout comme l’environnement ne pourra attendre encore pour être enfin géré avec respect et sagesse.

Contre cette odeur de l’argent qui altère toutes nos avancées humaines jusqu’à hypothéquer notre avenir il ne pourra être opposé qu’un retour à des fondements éthiques qui redonnent un équilibre que notre survie même nous impose.

Mais cela implique un changement de paradigme complet pour rétablir cet équilibre que notre planète elle-même nous dicte tant nos sociétés sont orientées et infiltrées par cette suprématie de l’argent comme référence première , tant les esprits à tous niveaux en sont imprégnés.

Il est trouvé normal par exemple dans les couches populaires qu’un footballeur vedette du Real Madrid touche à l’heure l’équivalent du salaire mensuel d’un travailleur qui peut faire un métier physiquement très éprouvant. Le « talent » ainsi rémunéré d’un sportif professionnel pratiquant un sport populaire le propulse dans les réseaux de l’argent, et les sphères dites « people » , bien au-delà de certains chercheurs scientifiques dont les travaux peuvent aboutir à sauver des milliers de vies.
Paradoxe qui ne remet pas le sport en question mais son assujettissement à l’argent .

Dans le même temps la politique elle-même est devenue plus que jamais dépendante de l’argent et l’élection du Président OBAMA , premier Président noir dans l’histoire de l’Amérique s’est faite au prix de la campagne la plus coûteuse des USA .
Il est antinomique qu’une élection démocratique dépende d’importants investissements financiers. Et cela pose obligatoirement des questions quant à la réelle indépendance de tout pouvoir démocratique face au pouvoir qui domine le monde sur le plan matériel mais également psychique : celui de l’argent.

Seul un changement profond dans les consciences permettra de remettre les pendules à l’heure, de remettre l’argent au service de l’homme et non plus l’inverse pour parvenir à cet équilibre social , à cette démocratie mondiale véritable qui s’impose à nous pour trouver de réelles solutions à l’imbrication de crises qui nous confronte.

La planète en nous dictant de nouveaux modes de vies ,qui sont aussi conditions de survie , nous appelle à travers la grave crise environnementale , à nos interroger sur la vraie nature des choses puisqu’elle exige le respect de lois d’équilibres naturels dont nous provenons .
Nous sommes au pied de nous -même.
Notre espèce ,douée de raison, va-t-elle hypothéquer complètement son avenir au non d’un système dans lequel elle s’est elle-même enfermée ou va-t-elle frayer de nouvelles pistes pour construire un monde à l’image de la plénitude des facultés humaines ?

05.11.2009

Media-politique et démocratie


Au fil de l’actualité un problème me préoccupe constamment qui à première vue lui semble secondaire mais qui néanmoins participe de celle-ci.
Il s’agit de la surexploitation de l’image en général et  de celle des politiques en particulier.
Celle-ci s’est graduellement imposée au fur et à mesure du développement des techniques qui a fait un bond en avant prodigieux depuis  quelques décennies et littéralement explosé plus récemment. Abondamment exploitée pour la publicité, pilier principal de l’incitation à la consommation et donc d’une direction de nos sociétés, la surenchère de l’image a aussi pris  une part prépondérante dans le jeu politique. Entraînant l’utilisation de ce terme qui ne devrait pas lui être approprié si la politique retrouvait ses vraies lettres de noblesse.
D’une enfance proche des Indiens pueblos d’Amérique je dois  garder une certaine vigilance   : époque  pourtant pas si lointaine où l’électricité était refusée  par les Chefs  pour éviter la propagation de la Télévision dans le pueblo et l’envahissement de la culture Anglo-américaine au détriment  de celle  des Amériendiens qui refusaient alors  également que leurs cérémonies soient photographiées et répugnaient à l’être eux-mêmes. Pour eux l’image leur prenait quelque chose. Ce quelque  chose là,  leur authenticité, s’est depuis quelque peu perdu.
Digression qui ne m’écarte pas de la politique d’image ou politique  spectacle.
L’ utilisation  ou la surexploitation de l’image individuelle  des hommes  ou femmes politiques ,  à l’égal des  stars du show bizz tend incontestablement à  leur faire perdre quelque chose également. Utilisée en quantité énorme , la photographie qui  démultiplie l’image des personnalités à l’infini est également  extrêmement  subjective et peut donner une impression défavorable ou favorable selon le choix qui en est fait.De là à craindre des dérives  propagandistes  il n’y a qu’un pas à franchir.   Ce qui est en tout cas indéniable c’est qu’elle pèse  d’un poids  certain dans l’impression qui est donné au public qui est aussi un électorat. Ce  qui entraîne une surenchère de son exploitation à visée électoraliste  et un investissement personnel allant jusque-là la chirurgie esthétique pour conquérir  des postes parfois suprêmes et qui demande des capacités et des qualités  qui n’ont rien à voir  avec celle d’un instantané bidimensionnel auquel  risque d’être limitée la personnalité de l’homme ou la femme qui se présente pour ces hautes  fonctions républicaines. Sans parler naturellement de l’image cinématographique ou video  qui pousse également à transformer les  politiques en acteurs de cinéma , là encore les éloignant de leur véritable mission.
Il ne s’agit pas ici de l’image liée à la dignité d’une fonction et qui   compte dans celle-ci notamment pour la représentation de la nation, mais à  celle liée à des critères esthétiques relevant plus du septième art ou de la mode.
La lassitude  d’une part et la fascination  d’autre part des citoyens électeurs ne sont-elles pas liées directement à cet incessant envahissement de l’image de leurs politiques qui les éloigne de la vérité de ceux-ci en  leur jetant une poudre aux yeux  qui ne peut  leur permettre  de capter réellement la réalité d’un homme ou d’une femme. Ce d’autant plus dans une accélération des évènements et de l’actualité qui étourdit constamment et empêche d’approfondir. Ceci vaut dans le positif comme le négatif : ne plus voir les dangers ou les qualités d’une personne réelle mais être envahis de l’image qu’elle même ou que les médias  veulent bien donner.
Si déjà ce simple reflet, cette impression visuelle ne peut en aucun cas circonscrire un être  humain , la diffusion à outrance d’images instantanées qui fouillent les visages et en arrête les  expressions au centième de seconde
peut distordre totalement une personnalité ou lui donner  un aspect contraire à sa réalité.
Un exemple récent illustre ce propos :   Il est admis que le Président jacques CHIRAC est une personnalité majoritairement  appréciée des français qui considèrent qu’il donnait une bonne image de la France.
Or depuis son renvoi en correctionnelle, on rencontre de plus en plus une photo  assez ridicule du Président  faisant une étrange grimace,  pour illustrer les articles portant sur cet évènement . Il s’agit d’une mimique qui lui a été volée grâce à la rapidité d’action des appareils photographiques  qui immobilisent , figent ce que l’oeil  lui même n’arrêterait pas  et qui est utilisée dans un contexte tout à fait différent de celui qui a pu engendrer cette très fugitive expression  qui prend  ainsi une importance qui n’existait  pas dans la réalité  . Associée au premier renvoi en correctionnel d’un Président de la République Française, cette mimique tragi-doloureuse donne l’impression  d’un homme affecté par une situation qu’il craint , voire d’un homme qui s’est fait prendre  et s’en rend compte trop tard. Elle ne peut manquer d’influencer ne serait-ce que subconsciemment  le lecteur et ressort d’une intention puisque Jacques CHIRAC a au contraire la réputation d’une grande maîtrise de soi.
Il y aurait mille exemples de ce type .
Le propos n’est pas de faire le procès de l’image. Ni de remettre en question l’évolution des techniques.
Mais une société humaniste devra finalement se poser des questions de fond sur l’impact  réel et insidieux  de l’utilisation de l’image sur les consciences et des possibles dérives  pour nos démocraties par sa surexploitation .
Elle devra trouver les moyens de résoudre un dilemme afin qu’une politique de l’image ne puisse l’emporter sur une politique des idées .
De  l’image au financement de campagne une  démocratie humaniste peut-elle  espérer réellement  s’instaurer en privilégiant les moyens financiers ou le « look » des candidats qui doivent représenter le peuple et confronter des défis premiers pour l’humanité ?
Les temps nous appellent à la sobriété et à la sagesse et non au grand spectacle qui  s’écarte autant de la vérité des hommes qui représentent
que de ceux qui sont représentés.
Encore faut-il  que les consciences cessent d’être subjuguées par la  « peopolisation » et ses miroirs aux alouettes qui écartent des vraies valeurs  dans des buts purement financiers.

21.10.2009

Urgence Démocrate

 

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Parlement Européenn Strasbourg. 16 Octobre 2009

Journées de l'Université d'Automne du Mouvement Européen France "l'Europe état d'urgence ?"


Être cadre politique n’autorise pas seulement à se poser des questions mais en donne le devoir.
Parce que nous sommes amenés à être la courroie de transmission du parti à l’électeur jusqu’au pied des urnes. À être au contact direct de ceux à qui le parti s’adresse, à qui il doit donner réponses et espérances.
Il n’est pas facile d’être nouveau en politique d’en découvrir rapidement les contraintes, les limitations, les voies détournées à emprunter pour arriver au but.
Mais peut-être est-ce une richesse. Car avoir franchi le pas permet de se sentir  plus proche et de mieux comprendre ceux qui éprouvent méfiance voire  rejet de la politique . Il faut avoir fait ce chemin jusqu’à la prise de conscience que cette voie est indispensable, incontournable, pour construire
le tissu d’une société, d’une civilisation et que plutôt  que de s’en détourner il faut travailler chacun, individuellement  ou en groupe à la faire revenir à ce qu’ellen’aurait jamais dû cesser d’être ou plutôt à la faire revenir à ce qu’elle a mission d’être. Afin de ne plus en être déçus, d’y voir une espérance.
Il est précieux de conserver la critique aiguisée par des années de réticence car les hommes politiques, à force de vivre dans leurs cercles, voire leurs oligarchies, sont tellement imprégnés d’un système qu’ils ne le voient même plus, en usent , en abusent , en jouent souvent comme s’il  était inéluctable et non produit d’un consensus .Pendant ce temps  , le citoyen électeur se replie, s’écarte et perd son sens et sa mission de maillon démocratique.

Curieusement les circonstances de la vie vous obligent parfois au recul comme pour  décanter, pondérer, admettre qu’il faut donner priorité à l’efficacité face aux crises de toutes nature.
Le recul forcé que je viens de vivre n’a pas émoussé ma vigilance pour le Mouvement Démocrate, pour la France, pour le monde.
À l’heure des alarmes à tout niveau, social , économique,  environnemental, l’inertie et le découragement citoyen constituent une alarme supplémentaire d’autant que c’est un symptôme qui ne se limite pas à notre pays.

François BAYROU pour notre parti, a dû longuement méditer au pied des Pyrénées après les élections Européennes.
Sa main tendue à la gauche pose questions et n’a pas manqué d’être   abondamment exploitée.
Elle suscite des réactions vives chez certains de ses électeurs ,ce qui est plus inquiétant.

Il n’en reste pas moins que la démocratie, par essence, exige une force d’opposition.
Or jamais  le paysage politique n’a semblé aussi brouillé dans notre pays   .
L’électeur déjà méfiant, désabusé , ou désespéré  n’y trouvant plus  ses repères traditionnels risque de s’en désintéresser encore plus.
Trois «  centres «  ou à peu près, une gauche en conflit, une droite qui semble à la fois se radicaliser et  se diviser, l’écologie qui sert de valeur-refuge, mais devient une force politique avec les mêmes méthodes que les autres partis.
Nous devions, nous devons fonder un grand parti de démocrates humanistes et Européens, faisant du développement durable une priorité, ouvert aux uns comme aux autres.
Qu’en sera-t-il pour les gaullistes, les déçus de l’UMP confrontés  à l’évolution  de leur parti  au service d’un pouvoir  qui se resserre et se découvre de jour en jour ?

De jour en jour des événements sont autant de signaux d’alerte pour notre vigilance démocrate.
Un procès qui prend des allures de procès politique et qui a été pris en otage par les medias.
La présomption d’innocence bafouée, d’abord par un procureur puis, pour la deuxième fois par le Président de la République.
Des principes fondamentaux conquis dans la souffrance en 1789. Mais pas de vraie réaction en profondeur de la classe politique qui semble trop souvent  ne s’intéresser aux principes que de manière ponctuelle et utilitaire.
Or un principe transcende tout contexte , concerne  tout  le monde, et se doit, par définition de s’appliquer à tout parce que nous sommes en république et que notre devise est  :
la Liberté, l’Egalité , la Fraternité

Et que c’est cette devise que doit servir la Justice .

Durant l’Université de Rentrée   2008 du Mouvement Démocrate Corinne LEPAGE, avocate et Vice-présidente  du MoDem proclamait que la justice  était «  en loques »  .
Ceux qui en France ont été amenés à y faire appel ont dû découvrir avec amertume qu’elle  semble parfois servir des réseaux de puissance ou d’argent et non l’homme dans son intégrité, égal devant la loi. Ceux qui ont été contraints de le découvrir  à leur détriment, n’en ayant pas eu satisfaction, se sont sentis lésés bien au-delà du plan matériel , dépossédés d’un bien moral.
Des Egyptien  aux Grecs , de Maat à Themis les peuples antiques avaient divinisé cette haute fonction de l’esprit, ce besoin fondamental de l’homme qu’il éprouve dès la tendre enfance et qui est indispensable à la vie sociale. En la matière chaque entaille individuelle ou générale sape le fondement démocratique. Ce piller central fragilisé, c’est le pilier de la République qui vacille.


Cumul des mandats , accumulation  de pouvoir, collusion de pouvoir politique et financier, rassemblement de la puissance dans  les mains de quelques « élites » d’un réseau,  voire d’une famille.
Déferlement médiatique et pouvoir de l’image sur les consciences.
Bombardés, martelés, entournés ,  comment les citoyens  saturés peuvent-ils s’y retrouver ?
Démêler le vrai du faux, l’objectif du subjectif,l’orienté du loyal est une tâche en soi alors que le quotidien se fait de plus en plus pressant.

Doute sur la justice, doute sur l’information, doute sur les politiques et le pouvoir, autant de facteurs de démobilisation, de désorientation .
Alors que pourtant jamais la mobilisation n’a été aussi nécessaire puisque c’est le monde entier qui est en crise à tous les niveaux.

En attendant des solutions nationales, le renforcement de l’Europe semble plus que jamais vital.
C’est dans cet esprit que je viens de participer à Strasbourg à l’Université d’Automne du Mouvement Européen France dont je suis membre du Conseil National.
Pourtant là aussi bien des inquiétudes pointent, la crise renforce les nationalismes au nom des intérêts économiques fragilisant cet indispensable pôle de solidarité et de stabilité dans un monde  explosif en mutations accélérées.
J’ai eu le plaisir de remercier  le Sénateur Denis BADRÉ  Vice-président du Mouvement Européen –mais aussi  membre du bureau exécutif du MoDem- qui a  comblé mon attente en appellant à une Europe de paix qui retrouve son idéal et son souffle et s’oriente vers l’aide au développement des pays pauvres, meilleur moyen de freiner les flux migratoires.
Malheureusement en   me promenant autour de la cathédrale de Strasbourg j’ai vite été rappelée à la réalité brutale. Des corps inertes roulés dans des duvets , en pleine journée, sous le faible abri de porches ou d’arcades. Des vies humaines stérilisées, verrouillées par le dénuement total qui dans nos sociétés signe l’exclusion. Les gouvernements  passent , l’ Europe du XXI ème siècle se bâtit mais dans toutes nos villes et y compris celle qui symbolise cette grande édification pacifique cette détresse demeure , laissée à elle-même . À la suite de quelle injustice ? De quelle défaillance de la société qui peut précipiter  un individu du jour au lendemain  dans cette inacceptable indigence parfois seulement parce qu’il est victime d’instincts prédateurs  qui l’ont dépouillé et que la justice n’a pas  rempli sa mission.
Une société humaniste  qui mette l’homme et son épanouissement au Centre ne peut par essence tolérer cette dérive. Car l’autre c’est l’homme, avec tout son potentiel et  en admettant de voir cet autre dégradé c’est nous même, dans notre essence que nous laissons dégrader.
Cruel  paradoxe de confronter encore cet état de fait si banalisé après avoir visité le Parlement Européen, sous la bannière aux douze  étoiles, symbole de la perfection.
En dépit de grandes avancées , de progrès remarquables ces corps recroquevillés  sous des duvets dans nos rues  en contradiction des convention des droits de l’homme  , nous montrent les graves lacunes de nos démocraties.
Ici ou  plus loin de nous cette masse de souffrance grandissante avec un milliard  d’humains taraudés par la faim dans le monde est une clameur silencieuse géante qui défie nos sociétés confrontées à une crise économique par abus de spéculation.
Nous ne pourrons pas échapper aux impératifs matériels et moraux car aucun équilibre ne se trouvera sans leur donner priorité dans un monde aux interrelations d’autant plus explosives qu’elles se répercutent immédiatement sur notre environnement terrestre.
Dans un monde où les phénomènes et les mutations sont en  accélération croissante au point que nombres d ‘entre eux nous échappent ou nous dépassent.

Ayant exposé au Symposium International de l’Eau à  Cannes  en juillet dernier, j’ai assisté à une conférence de Michel Serres autour de son livre « le Mal propre, polluer pour s’approprier ? » *qu’il dédicaçait.
J’ai pu lui demander s’il était optimiste ou pessimiste ce à) quoi il m’a répondu que cela fluctuait selon les  jours.
Au cours de sa conférence, le philosophe a mis en lumière quelques-unes des mutations spectaculaires de notre temps.
La régression de l’activité paysanne, avec en France un abaissement depuis les années 1960-70 à 2% . C’est pour Michel Serres une grande rupture d’un activité humaine à l’oeuvre depuis 10000 ans, depuis le néolithique.
En parallèle nombre de fleuves ne parviennent plus à se jeter dans la mer car ils sont détournés en amont par les activités humaines d’où des bouleversements  écologiques.
Des mutations positives pour nos vies aussi en ce qui concerne la régression de la souffrance et l’allongement de la durée de vie( mais qui posent aussi des problèmes) .
Des faits impensables encore au 19ème siècle ou au début du XXème et qui sont dus aux progrès humains.
Mais là encore il faut relativiser car ces constats du philosophe ne valent que pour les pays développés puisque la majorité des humains du globe n’atteignent pas à cette qualité de vie.

Dominique de Villepin  a sorti récemment  un essai magistral «  la Cité des Hommes »* sur la crise planétaire et les défis qui menacent l’humanité.
Scrutant et analysant dans  ses moindres  détails ce grand tournant de l’histoire humaine, il en ausculte les causes et les potentiels  positifs ou négatifs .Partout cherchant des solutions pour le bien commun, dans un esprit de partage,  de solidarité éclairé par la  tolérance, le dialogue des culture «  la polyphonie du monde » , et la raison autour du  pilier central d’une Justice planétaire.
Idéaliste réaliste, il propose une approche révolutionnaire constructive pour l’avènement d’une nouvelle  Renaissance , d’une nouvelle ère .

Autant de constats et de voix éminentes pour nous confirmer que la politique ne peut plus vivre en microcosme. Elle doit être le relais d’une politique générale à l’échelle du globe, des besoins de la terre  et de ses habitants en raison même  de la réciprocité  des interactions que l’étude de l’environnement nous apprend.
La survie de nos sociétés mais aussi de la planète et donc de notre espèces nous l’impose.
C’est ce qu’ont compris les citoyens  et la raison pour laquelle il se retournent vers les partis écologiques .
C’est sans doute aussi ce qui explique l’essoufflement des partis politiques qui patinent dans les ornières  anciennes et n’ont pas encore réussi à se mettre en phase avec l’accélération de ces mutations.
Il y a donc beaucoup à construire ou reconstruire à travers une démarche politique renouant avec sa vraie vocation  pour relever les défis nationaux et internationaux qui nous imposent  pour y réussir d’être à la hauteur de nous-même.
Et de fonder la société humaniste du XXIème siècle, la «  Cité des hommes «  de notre planète.

* Michel SERRES : Le Mal propre - Editions Le Pommier
* Dominique de Villepin : La Cité des Hommes - Plon

24.09.2009

A bientôt

Chers lecteurs,

Des problèmes personnels et de santé ont immobilisé ma « plume » depuis quelque temps.
Ma vigilance républicaine n’en est pas moins active.
Je reviens bientôt.
Merci de votre fidélité !

11.07.2009

Exigence démocrate et fondements éthiques


Ce n’est pas sans malaise que j’entends parler de « rénovation » du Mouvement Démocrate et des intentions de « changer » de son leader en réponse à l’agitation interne qui a suivi les élections Européennes.

En premier lieu ,plutôt que de nécessiter des changements , j’ai l‘impression , de par mes expériences , que le MoDem aurait surtout besoin d’être fidèle à lui-même.
Il a posé des textes fondateurs qui exigent un niveau de vigilance constante. C’est autour de ces valeurs que se sont fédérés nombre de nouveaux venus en politique.
Ce parti s’est à peine structuré dans les difficultés et n‘a même pas réussi à se roder dans une véritable cohésion.
Comme je l’ai dit précédemment le vrai dommage dans les élections Européennes est ce record d’abstention historique.
Le but n’est pas de faire du nombre, du chiffre, du pourcentage mais d’ouvrir un espace d’espoir face au désespoir larvé, à la profonde déception qui mine l’électorat.
Or cette attitude ne concerne pas que le Mouvement Démocrate, elle vise l’ensemble de la classe politique. Elle est grave en soi car comme je l’ai écrit  dans  l'article " Crise de confiance, crise de conscience " : (http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archiv... ) la confiance est extrêmement fragile. Lorsqu’elle s’est fissurée il est très difficile de la restaurer car il s’agit d’un élément immatériel subtil inhérent à la profondeur, à la conscience de la personne humaine et qu’on ne peut acheter ou réparer avec des moyens matériels.

Les élections Européennes ont été pour moi l’occasion de l’expérience du « terrain ».
Je croyais à priori que ce serait un des aspects les plus difficiles de l’action politique. Bien au contraire , je me suis aperçu que cette expérience très enrichissante est fondamentale pour avoir une vision claire des besoins du citoyen.
Or je dirais que celui-ci a d’abord besoin de confiance.
Il n’était nécessaire ni d’être voyant ni d’être suspendu aux sondages pour pressentir que l’élection allait mal et que l’abstention serait la grande gagnante.
J’ai participé à des opérations de « tractage » autant pour le Mouvement Démocrate que pour le mouvement Européen, association pluraliste issue de la Résistance dont le seul but était d’informer et d’inciter à voter.
Cela a permis une expérience complémentaire .
Et partout j’ai entendu le même complainte : « pour qui voter » « je ne vote plus depuis longtemps » « ils sont tous les mêmes , ça ne change rien » etc…
Tout cela dit avec des nuances allant de la révolte au désespoir en passant par le désenchantement mais signant un repli, un refus de participer à toute action publique avec certitude qu’il n’y aurait aucun moyen par là de peser sur le devenir.
Cela s’appelle en premier lieu l’échec du suffrage universel. Et cela concerne tous les partis, tous les politiciens, même si certains ont pu se réjouir d’être majoritaires d ‘une minorité.C’est regarder l’arbre qui cache la forêt. Car les Français, les citoyens, les électeurs, sont découragés.
Découragés, et inquiets de la marche du monde et de celle de la France. Parce qu’aussi ils ont pris l’habitude de déléguer totalement leurs pouvoirs au point de ne plus se sentir concernés, de ne plus se vivre en maillons actifs d’une démocratie.
Mais leur silence n’est pas une approbation tacite, ils sont souvent très lucides, conscients des impératifs et des dérives mais dans l’impossibilité de croire que telle ou telle formation saura y remédier. Les partis politiques ne peuvent être en deçà des exigences et des espérances citoyennes sous peine de perdre leurs raisons d’être .

Et puis l’Europe. C’est pour elle qu’étaient ces élections et non pour les scores des uns et des autres.
Et c’est elle qui a perdu.Ou plutôt c’est l’idéal qui la sous-tend qui a été oblitéré, asphyxié d’abord par un brouillard bureaucratique, puis par les rivalités politiques.
Mes actions pour le Mouvement Européen ont été les plus révélatrices et les plus décevantes car là il n’y avait aucune ambiguïté possible. Il ne s’agissait pas de proposer une couleur mais de «développer dans le peuple français la prise de conscience de l’Europe et de la communauté de destin des peuples qui la composent ».
Or j’avais pu envisager une certaine indifférence mais pas un désintérêt voulu et parfois un rejet virulent.
J’ai organisé à Menton un stand du Mouvement Européen que j’ai tenu avec ma Présidente départementale pour distribuer des brochures de la commission Européenne.
J’ai pu constater que la majorité des personnes ne souhaitaient même pas être informées alors qu’à l’évidence elles ne connaissaient pas le réel fonctionnement de l’Union.
C’est se retrouver devant un cercle vicieux. Comment des citoyens appelés au suffrage universel peuvent-ils agir pour le développement d’une structure qu’ils connaissent très mal et ne veulent même pas apprendre ?

J’ai eu l’occasion de transmettre ces inquiétudes avant les élections à Pat Cox , ancien Président du parlement Européen et actuel Président International du Mouvement Européen . Faisant partie de la délégation du Mouvement Européen des Alpes Maritimes j’ai eu le plaisir de converser durant tout un déjeuner avec lui. Pat Cox m’a donné une réponse très belle : « toutes les brochures les plus parfaites n’y changeront rien . Les gens ont maintenant besoins de plus d’émotion » Ce qui fait écho à ce que m’ a dit un membre du Bureau National du ME : ‘ « l’Europe à besoin de beaucoup, beaucoup d’amour. »
Amour et émotion sont des antidotes humanistes à une société que la bureaucratie et le mercantilisme déshumanisent de jour en jour jusqu’au rejet et au désespoir des peuples.C’est une société en panne d’idéal, en panne d’espoir qui s’essouffle et a besoin de retrouver du sens.

Le réalisme et le pragmatisme indispensables ne peuvent être la fin mais le moyen sans quoi ils mènent à la stérilité.

En période de crise où l’angoisse du quotidien se fait plus forte, où la pression matérielle s’exacerbe, c’est pourtant le moment de réinsuffler de l’espoir en des valeurs portantes qui méritent efforts et combats faute  de quoi le désespoir ou l’inertie risquent d’ouvrir la porte à un effritement de la démocratie ou à des dérives violentes.

Ce qui est grave dans ce rendez-vous manqué de l’historie, c’est que les peuples d’Europe dans leur ensemble n’aient pas pu voir en cette structure une raison d’espérer, un idéal à préserver et à renforcer , une voie pour leur avenir et celui du monde et qu’on assiste au contraire à ces replis nationalistes et individualistes . Comme ci ceux-là seuls pouvaient préserver des épreuves.
Alors que cette imbrication de crises qui nous confronte appelle à la solidarité, à l’éthique, à retrouver des mesures humaines pour répondre à la complexités des défis qui ne peuvent plus êtres négligés.

Tandis que je tenais un des bureaux de vote de ma commune où j’étais Déléguée de mon parti, j’observais les douze étoiles de l’étendard de l’Europe ondulant au vent. Et je me faisais la réflexion que c’était sans doute un des seuls drapeaux qui ne soit pas éclaboussé de sang, un des rares si ce n’est le seul au nom duquel le sang n’ait jamais coulé.
Les besoins économiques ne peuvent faire oublier ce besoin fondamental qu’est la Paix. Et l’économie elle-même ne peut se passer de Paix.
Et lorsque dans la Mairie de ma commune j’ai entendu les premiers résultats et l’importance de l’abstention ma première pensée a été pour Robert SCHUMAN .
Parce que la crise économique avait engendré le plus monstrueux des nationalismes, la barbarie et un conflit mondial des hommes de paix avaient juré « plus jamais cela » . Le génie de Robert SCHUMAN fut d’utiliser le pragmatisme pour servir l’idéal. Le charbon et l’acier furent le moyen mais le Paix était le but.

Il en est de même en politique, le parti est le moyen et non le but. Le but est la défense des valeurs fondatrices d’une société permettant le réel épanouissement de ses membres .
La structure organisationnelle est fondamentale. Mais la vigilance constante au jour le jour l’est tout autant sinon plus.
Je pense personnellement que si le MoDem n’a pas réalisé un bon score ,(tout comme la politique en général est discréditée) c’est qu’il n’a pas su prouver au jour le jour qu’il incarnait ce qu’il prône. La remise en question de ce parti, comme de toute la classe politique, doit aller bien au-delà du structurel si la politique elle-même veut retrouver sa mission fondamentale . Si elle veut redonner espoir et entraîner les citoyens vers une vigilance constante, vers un développement des consciences.

Le Paix et la démocratie ne sont pas des acquis définitifs.Ils se cultivent au jour le jour, ils sont un combat de tous les instants pour ne pas les voir rogner ou se rompre.
Le bien être humain ne peut s’en passer et si les solutions pratiques immédiates doivent être mises en œuvres pour palier aux urgences sociales, financières, environnementales, dans le même temps le fondement éthique qui seul pourra répondre réellement , durablement et en profondeur à ces problèmes doit être constamment retrouvé.
Telle devrait être la priorité et la constante vigilance Démocrate.

28.06.2009

Patience Démocrate


C’est une fatalité qu’une manifestation de prestige que je prépare draine actuellement tout mon temps et mon énergie.
L’heure il est vrai est au recul.
Et c’est bien le meilleur moyen pour tirer le bilan des expériences.
Pourtant ma réflexion politique demeure active et vigilante.
On assiste pour François BAYROU à une tentative de mise à mort apparemment  minutieusement programmée .
Ces lignes du  site  du Figaro- politique du 11 Juin 2009 dont je laisse toute la responsabilité à leur auteur, Samuel POTIER , semblent assez éclairantes au regard de l’actualité :

« le coup de grâce à Bayrou
Nicolas Sarkozy s'active en coulisses pour lui porter le coup de grâce.  Sa méthode : l'isoler de ses derniers soutiens importants, »
« Nicolas Sarkozy a un plan de rechange pour essayer de tordre le coup à François Bayrou »
« Entre les mauvais sondages et la détermination de Nicolas Sarkozy à l'éliminer, la route s'annonce longue pour François Bayrou (…)  »

Un programme  inquiétant pour la santé d’une démocratie.
Pourquoi un tel acharnement,contre un homme qui incarnerait tous les défauts dont ,avec constance,  on tente de l’affubler depuis 2007 ? Pourquoi pareille stratégie et   pilonnage  médiatique  organisé contre un adversaire de si peu d’envergure ?
Cet acharnement lui-même lui donne un poids, une reconnaissance de ce qu’il incarne quelque chose qui peut déranger.
Le faible score du MoDem aux Européennes même si il fut décevant n’est pas un drame en soi.
La gravité est dans le record  historique de l’abstention, dans ce rendez-vous manqué pour l’Europe.
En refusant de s’impliquer les électeurs, démissionnaires auront aidé à laisser  l’Union Européenne sur les rails d’une voie  qu’ils n’approuvent sans doute pas.
Ce qui démontre que dans les circonstances du monde actuel l’abstention, l’inertie ne peuvent s’identifier à la neutralité. Qu’elles ont un poids et servent in fine des desseins.
Le sursaut écologique serait  en lui-même un  symptôme positif . Mais quel poids réel ont les chiffres avec une si faible participation et face à une majorité si désabusée et découragée qu’elle s’est refusée à participer ?
Peut-on croire en l’avenir de ce rassemblement des Verts constitué d’éléments susceptibles de  s’opposer  autour du célèbre soixante-huitard ?
La poudre aux yeux médiatiques et la politique spectacle voudraient nous faire croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes  alors qu’en France  comme sur toute la planète il se délite.

Si demain les choses vont plus mal en France qui pourra rassembler les déçus du parti socialiste , les gaullistes désemparés , les UMP « d’avant » qui  se sentent déroutés et  tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans les clivages ?

Il faudra bien qu’existe cet espace qui correspond à la vision de François BAYROU d’un grand parti humaniste.

Il est urgent de se garder de conclure.
Et il est urgent de se rappeler que les enjeux de la France sont ceux de l’Europe et  que ceux de l’Europe  s’inscrivent dans un monde  qui ne peut plus être cloisonné.
En fractionnant la vision on crée des myopies et un désinvestissement des citoyens dangereux pour tous.
Plus que jamais l’heure est à la mobilisation des consciences.



12.06.2009

REPRISE PROCHAINE

Chers lecteurs,

Mon silence sur ce blog n’et pas dû aux résultats des élections Européennes mais à mon investissement  personnel, sur le terrain , en politique et pour le Mouvement Européen avant ces échéances  et qui m’oblige  maintenant à rattraper du temps pour mes  propres activités .
Je reviens très prochainement avec mon témoignage.
Merci de votre fidélité.

 

 

26.04.2009

Le terrain pour les Européennes

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Photo et article Nice Matin du 26 Avril 2009 :

Des responsables et militants MoDem  de  la 4ème circonscription des Alpes Maritimes en campagne  à Menton  pour les élections Européennes.
Votre auteur  au foulard orange.


S’engager et militer c’est aller sur le terrain. Afficher la couleur, amorcer  le dialogue.
Pour le Mouvement Démocrate des Alpes- Maritimes les opérations de tractage  ont commencé avec dynamisme.
Expérience encore  neuve et   donc enrichissante pour moi qui me retrouve désormais dans le camp des « politiques  ». Après des années de méfiance…
Il s‘agit de proposer et non d’imposer et de comprendre ceux qui , saturés de publicités et autres appels plus ou moins fiables  peuvent se montrer réticents . J’ai souvent ce réflexe…
Mais le message à transmettre est d’importance : ne pas manquer cette échéance électorale  d’autant plus capitale dans la période que nous vivons.

Les tracts envoyés par le national nous le martèlent :


«  Face à la crise , l’Europe est notre avenir  »
« Construisons une Europe plus humaine . L’Europe ce n’est pas seulement un marché, ce sont  des valeurs humanistes, un projet de société. »

Message plutôt bien perçu dans l’ensemble mais il y a encore tant  de désintérêt  pour ces élections et pour l’Europe qu’on sent qu’un long  combat est devant nous pour réveiller, inciter ces français à se sentir à nouveau des citoyens actifs, responsables, capables de peser sur leur avenir et celui du monde.
Quel grave échec en effet de la politique, tous partis confondus, que d’entendre à maintes reprises des propos désabusés, manifestant déceptions et sentiment d’impuissance. Incrédulité   face à une possibilité de changement réel ou de faire écouter sa voix. Manque de confiance dans les hommes politiques de tous bords renvoyés dos-à-dos.
Problème que j’avais traité dans mon article "De l'abstention citoyenne à la démission des politiques " http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archive/2008/03/22/de-l-abstention-citoyenne-a-la-demission-des-politiques.html


« Bon appétit Messieurs… » vous aurez fait bien du mal .
Et maintenant qu’il faut pouvoir rassembler, mobiliser  dans l’urgence,  cette inertie douloureuse ou cette révolte bouillonnante vont   vous faire face , risquant de fausser le jeu démocratique.
Qu’avez-vous fait de notre démocratie, de nos principes républicains , de nos institutions pour qu’après une  révolution tragique qui a ensanglanté notre histoire des citoyens se sentent exclus de tous pouvoirs décisionnels ?
Vous n’êtes pas tous  à blâmer, certes.
Mais vous avez  presque tous laissé s’établir un consensus malsain, et vous n’avez pas assez veillé à l’éducation citoyenne dès les jeunes années .
Et surtout trop d’entre vous ont usé et abusé des privilèges que la République  a empilés pour les représentants du peuple, vivant en vase clos dans une oligarchie coupée des réalités.

Pourtant l’histoire nous rabâche qu’un jour les peuples assoupis ou souffrants, se réveillent et  que leur inertie  apparente peut se muer en colère aveugle.

N’attendons pas ce jour pour remettre  à plat nos principes, retourner à leur source, et redonner aux hommes et aux femmes de la rue  et des marchés le sentiment qu’ils comptent en tant qu’humains , qu’ils  ne seront pas broyés par l’indifférence ou l’oppression et qu’ils ont un rôle à jouer  dans nos sociétés.

Construire une Europe humaniste c’est d’abord redonner confiance en la démocratie et au pouvoir politique.
C’est d’abord balayer chez nous pour que les français reprennent courage et confiance et aillent aux urnes .

 

le 7 Juin 2009 VOTEZ !

13.03.2009

La marche de l'Europe

 

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La Conférence Nationale du Mouvement Démocrate  du 8 Février 2008 à laquelle j’ai  assisté a été un temps fort puisqu’elle était consacrée à la présentation des têtes de liste pour les élections Européennes.
Etant membre du Conseil National  du Mouvement Européen , j’ai été naturellement heureuse de l’entrée en lice  de sa Présidente , Sylvie GOULARD,  que j’ai eu le plaisir de saluer , et qui a déjà démontré son dynamisme  au service de la cause Européenne à la tête  de cette association pluraliste issue de la Résistance.
Face à la crise cet enjeu électoral a pris tout son poids et tout son sens pour ceux qui sont conscients que l’Histoire nous appelle.
Comme l’a dit François BAYROU «  Nous voulons un nouveau monde et l’Europe est la seule porte disponible pour ce nouveau monde »
A la suite des différents  intervenants dont Jean-François Kahn qui appelait de ses vœux une Europe des Lumières, une Europe  de l’Humanisme, et Corinne Lepage qui insistait sur l’aspect protecteur  de l’Europe pour la  Démocratie, le leader du Mouvement Démocrate  a souhaité voir se développer une nouvelle  économie humaniste  à la place du capitalisme.

La balle est désormais dans le camp des citoyens –électeurs qui devront sentir l’enjeu et garder une espérance forte.
L’heure n’est plus à la frilosité ou à l’indifférence.
Si l’Europe n’a pas été vécue jusqu’alors de façon suffisamment satisfaisante, il faut d’une part admettre une méconnaissance , d’autre par vouloir projeter un modèle plus proche de nos aspirations réelles .
Que des peuples si longtemps en conflits, passés par tant de siècles d’horreurs et de souffrances , aient  tellement aspiré à la Paix qu’ils aient déjà pu réaliser en quelques décennies une telle construction est le gage qu’elle est fondée sur le roc d’une volonté, d’une vision, d’une aspiration commune .
Et même si celle-ci, se pliant au pragmatisme,  a dû passer par les arcanes de la technocratie ou des lois de marchés qui ont pu estomper  le but et l’image première , il n’en reste pas moins  que cette entité provient d’abord  de la vision d’esprits  éclairés.
Il nous incombe donc de renouer avec l’esprit qui y a présidé pour y retrouver les valeurs salvatrices pour notre futur.


L’Amérique entame une phase très difficile de son histoire . Son peuple sait relever des défis mais néanmoins elle rentre dans une période de souffrances  à laquelle elle n’était pas préparée avec des milliers de personnes mises à la porte de leur logement ( 10.OOO par jour selon les informations radiophoniques) et des millions qui vont se trouver privées de sécurité sociale.
Avec son avidité, ses abus et gaspillages et l’impérialisme des années Bush  elle récolte pour une bonne part ce qu’elle a semé, responsable , pour François BAYROU , d’avoir commis un véritable crime en  tuant l’agriculture du tiers monde. ( Rappelons nous notamment les drames des fermiers Indiens   face à la multinationale Monsanto)

Et paradoxalement son affaiblissement risque d’ébranler  une sorte  d’équilibre précaire, tenu jusque-là par la loi du plus fort, du  «  gendarme du monde  »  pour ce qui concerne les risques de conflits.

Il faut donc souhaiter que l’Europe devienne rapidement un pôle fort ,  rassemblée autour des valeurs démocratiques  pour soutenir et répandre  celles-ci sur la planète .
La mutation du monde est si rapide, si énorme, que nous devons réaliser que l’heure n’est plus aux tergiversations.

Nous devons réellement prendre conscience de la situation privilégiée des peuples d’Europe par rapport à ceux d’une grande partie du reste du globe.

Même  si nos sociétés sont  encore imparfaites , même s’il reste tant à faire en beaucoup de points , alors même  que  nous  n’avons pas encore  établi une véritable justice sociale,  nous jouissons d’une  liberté et d’un confort considérables par rapports à des millions d’humains qui  n’ont  même pas accès à l’essentiel.

Il y a urgence  à les préserver pour nous mais aussi à aider les autres à  les atteindre par d’autres voies que la violence et la conquête.

Il faut aussi réaliser ce que l’Europe fait déjà actuellement pour nous et pour le monde. Or à part des spécialistes ou des passionnés, la majorité des citoyens Français est  sous informée , voire désinformée.
J’ai eu l’occasion récemment d’évoquer ce problème avec Gérard LOMBARD représentant en France de la Commission Européenne.
Pourtant la Commission Européenne édite dans toutes les langues de l’Union un nombre impressionnant de brochures décrivant ses actions ou engagements .

Parmi les principales rappelons très brièvement :

- Aide humanitaire
-  Combat contre la discrimination et garantir l’égalité des chances pour tous en Europe
- Aide au développement
- Combat contre la traite  des êtres humains et l’exploitation sexuelle des enfants
- Lutte contre les mines dans le monde
- Partenariat avec l’Afrique pour l’Energie
- Abolition de la peine de mort dans l’Union
- Droit des consommateurs
- Egalité entre hommes et femmes
- A la pointe des actions contre le réchauffement climatique
- Développement durable
- Gestion de l’eau

L’union Européenne et ses états membres fournissaient en 2006 plus de 56 % de toute l’aide au développement officiellement distribuée par les pays industrialisés.
Ce qui représentait  presque le double de ce que donnait l’Amérique.

Pour continuer sa tâche  et développer ses actions , l’Europe doit pouvoir préserver son identité, celle qui a fédéré ses peuples autour de valeurs communes, d’un socle culturel et philosophique intrinsèque .
Et donc garder son indépendance y compris envers les Etats -Unis  d’Amérique avec lesquels nous partageons une partie de ces valeurs , par nos fondements démocratiques, mais qui doivent assumer eux-mêmes la part de responsabilité qu’ils ont engagée pour la terre durant ces dernières décennies .

Il nous incombe de savoir trouver un modèle de société Occidental qui ne soit pas platement plaqué sur le modèle Américain et qui puisse entrer en dialogue avec les autres cultures .

Or actuellement en France l’inquiétude est grande pour les démocrates et les républicains conscients de la nécessité de la force de  l’indépendance pour œuvrer à la stabilité du monde, de ce monde en perpétuelle tension, toujours prêt à la rupture ou à l’explosion .
Pour François BAYROU la réintégration de  la France  dans le commandement intégré de l’OTAN signerait une défaite à la fois pour la France et pour l’Europe. « La France » a –t-il  dit «  était  le piton d’indépendance de l’Europe et je ne veux pas qu’on arrache ce piton  »    . Il souhaite  une France alliée des Etats Unis mais pas alignée .
Dominique de Villepin , qui avait porté au plus haut devant l’ONU en 2003 le refus de la France de s’engager dans le conflit Irakien,est  également opposé à la réintégration  dans l’OTAN et craint qu’on creuse ainsi un fossé entre les pays d’Occident et ceux  du tiers monde.

Ceux qui n’ont pas su ou voulu anticiper la crise financière qui secoue le monde peuvent-ils nous assurer qu’aucun basculement, qu’aucun évènement brutal  même inattendu ne puissent un jour nous mettre  face à une situation difficile ou dramatique découlant de ce choix.
L’Histoire ne cesse de nous montrer que c’est trop souvent parce que nous ne savons pas  , ne voulons pas anticiper,  parce que nous ne regardons que  le court terme  , que nous  nous retrouvons confrontés à des catastrophes.

Cette question est  donc grave tant sur le plan immédiat et pratique par les risques que pourraient  faire courir cet engagement que sur le plan symbolique.
Symbolique de l’image que nous saurons donner au monde de nous-même.

Même si Barack  OBAMA  a entrepris de faire amorcer un grand tournant à sa nation, il  ne pourra annihiler du jour au lendemain les tensions passées, la  rupture  entre une partie  du monde qui a eu trop ( même si elle n’a pas su le répartir chez elle) et une partie qui s’est vue lésée du minimum.
Et ce d’autant plus qu’il n’a pas miraculeusement rallié toute l’Amérique derrière lui et qu’il lui reste des opposants qui pourront  utiliser des circonstances que personne à l’heure actuelle  ne semble pouvoir maîtriser pleinement.

L’Europe, par ses peuples et par leur histoire, a  aussi bien des responsabilités.
Mais elle a su plus tôt se mettre en route vers une voie d’équilibre.
C’est cette voie qu’elle doit savoir défendre par son indépendance.
Et devenir de la sorte un modèle qui puisse rayonner sur le monde.
C’est ainsi peut-être qu’elle sera mieux à même d’aider ses alliés Américains qui vont se trouver confrontés à une remise en question de leur société à laquelle nombre de ses  citoyens n’ont pas été préparés car pour eux cet aboutissement  était du domaine de l’impensable.

Nous avons une chance et une responsabilité pour apporter les richesses de notre expérience au monde, pour être un trait d’union entre le Nord et le Sud, l’Occident et les pays en voie de développement, entre les riches et les pauvres, les heureux et les malheureux . Pour être un laboratoire vivant d’une société humaniste.
Et cette responsabilité dépend de chacun d’entre nous, maillons responsables d’une conscience collective.



Des liens pour l’Europe :

L’Union Européenne : europa.eu

Le Parlement Européen : www.europarl.europa.eu


La Commission Européenne à Paris : http://ec.europa.eu/france/


Le Mouvement Européen France : www.mouvement-europen.eu

Le site du Rassemblement Civique Pour l’Europe http://rce-europe.hautetfort.com présidé par Gérard David DESRAMEAUX politologue et haut fonctionnaire, rencontré dans une commission du Mouvement Démocrate à Paris .

23.01.2009

Le grand tournant

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Sous les nuées sachons mener nos petites barques à bon port.Au loin luit un horizon plus lumineux.

Que 2009 nous aide à l'atteindre - photo Rachel Sun

 

Au seuil de l’An neuf alors que nous souhaitons formuler vœux et espoirs pour des individus et le monde, nous voici confrontés aux plus grandes interrogations.
Entraînées dans une accélération apparemment inéluctable nos sociétés soudain manquent des pas, trébuchent. Les actions humaines tels des boomerangs envoyés sans  discernements nous rattrapent pour nous mettre en demeure  de re-penser , de remettre en question, de repartir sur d’autres bases après avoir réparé les dégâts.
Nous voici au pied du mur , devant ce qui se présente comme un grand tournant de l’histoire humaine qui nous défie pour  que nous sachions y faire face du mieux de nos facultés.
Notre avenir et celui de la planète sont en jeu.
Nous ne pouvons plus «  pactiser », nous satisfaire « d’à peu près », fermer les yeux.
Face à la crise financière et économique mondiale qui engendre des catastrophes en série , avec déjà l’augmentation du chômage chez nous, nous risquons d’être confrontés à de sérieux problèmes sociaux.
Car cernés par le besoin, acculés, bien des acteurs  auparavant sans problèmes risquent d’êtres tentés de rejoindre des organisations mafieuses ou para mafieuses, ne serait-ce que pour survivre ou faire survire leur famille.
Ceci à l’échelle du monde avec plus ou moins de risques selon les pays .
Mais avec un impact qui nous concernera tous car les réseaux  organisés du crime et du vol sauront profiter et prospérer du désarroi de nos sociétés. Avec  en sus le danger d’ une inflation des actions terroristes.
Sur fond de graves déséquilibres écologiques, avec la majorité des humains du globe déjà privés de l’essentiel , tout déséquilibre supplémentaire  pèse d’autant plus lourd, comme une maladie sur un organisme déjà affaibli.
Si nous ne décidons  pas à faire primer l’éthique d’urgence pour l’avènement d’une société juste, démocratique et équilibrée au niveau planétaire nous risquons d’êtres confrontés à un gigantesque chaos mondial.

Ce choix s’impose à nous par la raison même , au-delà de toute considération morale ,comme je l’écrivais en Mars2008

(http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archive/2008/03/22/de-l-abstention-citoyenne-a-la-demission-des-politiques.html)

L’heure est donc venue des bilans et des choix, des remises en questions.
Cela ne peut se faire qu’avec probité et gravité, dans un esprit de  solidarité, avec une vision large et enfin prévoyante.

Or à peine François BAYROU a –t-il émis des vœux pleins de sagesse et de pondération , invitant à prendre un nouveau chemin, que s’alignent sur Internet des sarcasmes anonymes visant à édulcorer ou ridiculiser son message . Réactions visiblement téléguidées par un jeu politique en porte- à -faux. Celui-là  même qu’il faut apprendre à changer car il ne peut déboucher que sur la stérilité.

Ce qui semble irriter particulièrement  ses détracteurs,   c’est  la mise en cause d’un « modèle mondial selon lequel on voulait nous faire vivre » et qui s’est écroulé .
C’est pourtant précisément une analyse critique de ce modèle ,qui vient de démontrer sa caducité,qui s’impose à nous car c’est la direction que nous donnerons à nos sociétés qui est tout l’enjeu des années à venir.
Il est objecté que ce modèle ne nous a pas été imposé par la force puisque nous sommes des sociétés démocratiques.
Outre que nos démocraties ont encore fort à faire pour atteindre leur véritable objectif, il y a bien des moyens d’infléchir leurs directions qui vont du conditionnement des consciences par le biais des médias et de la publicité jusqu’aux méthodes de mainmises économiques par les réseaux tentaculaires des multinationales.
Face à ces arsenaux  de plus en plus puissants le libre-arbitre des citoyens et des politiques est devenu de plus en plus  vulnérable. 
Il est vrai cependant que par une fascination générale pour la primauté de l’argent , de la réussite matérielle par n’importe quel moyen, du luxe  et de l’ostentation , nous nous sommes laissés imposer ce modèle  comme idéal avec plus ou moins de degrés de complicité.
Le développement des magazines dits «  people » en est une démonstration puisque ce type de médias suscite la fascination dans tous les niveaux de la société et prospère de cette admiration  tacite pour la réussite matérielle la plus ostentatoire.
Quarante ans avant le crise financière qui ébranle le monde, des jeunes étudiants éruptifs, impulsif, dépavaient  les rues de Paris ,  en révolte contre «  la société de consommation » qui s’installait et qu’ils pensaient  vouloir refuser.
C’était Mai 68. Irruption historique, poussée de fièvre, premiers sursauts maladroits d’un organisme social en proie au malaise.
Puis les « soixante-huitards » se sont dispersés, partant élever des chèvres en France profonde ou faire la route des Indes en quête de paradis artificiels ou tombant dans les rets d’affairiste de la spiritualité à la carte.
Une grande majorité d’entre eux se sont lancés dans les affaires avec des méthodes beaucoup plus dures et conquérantes que celles des pères qu’ils avaient critiqués et ont activement travaillé, relayés par leurs fils, à construire ce modèle qui s’effondre aujourd’hui.
Effondrement qui vient après celui  d’autres modèles  , qui avaient d’abord séduit  une partie de cette génération, et qui ont également montré leurs impasses, de l’ex-empire soviétique à la Chine .

De nombreuses personnalités intellectuelles qui font figure de précurseurs, avaient depuis longtemps jeté l’alarme sur l’emballement de sociétés mécanisées, déshumanisées, vouées uniquement à  l’argent et la spéculation, sans orientation.

Un nouveau tournant de l’histoire nous confronte donc à la démonstration tangible de la caducité de ce modèle qui  s’est auto asphyxié.

Après l’échec d’autres voies, une nouvelle orientation d’équilibre et de sagesse est à réinventer.
Elle s’impose à nous alors que  nous ne voulions pas apporter à la crise  environnementale toute l’attention que sa gravité appelle déjà depuis des décennies .
Notre vaisseau terre fait eau par de nombreuses voies .
L’humanité doit se relayer aux pompes, colmater au plus vite pour ne pas sombrer dans le désastre.
Un équipage en conflit ou arraisonné par des pirates ,ne pourra agir efficacement dans l’ordre et la solidarité.

Au moment où le monde n’a jamais été aussi complexe, l’enjeu  d’une société humaniste, durable, qui sache concilier le développement de tout le potentiel humain, tout en respectant l’équilibre de son environnement naturel semble vertigineux .
Pourtant, outre que nous n’avons pas le choix,  nous avons aussi développé des techniques ,qui, si elles sont orientées vers ces buts, peuvent nous  donner des moyens d’action considérables.

Ce tournant impressionnant qui s’amorce  peut devenir celui d ‘un sursaut planétaire salutaire.

Cela demande que nous nous impliquions tous .
Seules des sociétés  justes, démocratiques, équilibrées et pacifiques seront en mesure de prendre les bonnes décisions pour le bien commun planétaire .
Cela exige de ne pas, de ne plus rester dans l’attentisme. Mais au contraire d’éveiller   notre vigilance, notre lucidité, notre solidarité.
Chacun d’entre nous, comme agent d’une conscience générale, a son rôle à jouer, dans chaque geste du quotidien pour pousser à la roue dans la direction favorable.
N’oublions pas que le moindre petit grain de sable peut casser le plus grand des rouages.   
Lors de la Conférence Nationale du Mouvement Démocrate d’Octobre 2008, François BAYROU rappelait l’action d’une modeste femme de ménage noire Américaine qui avait soudain refusé de subir la discrimination.Quelques décennies plus tard , le premier Président noir des USA accède à la Maison Blanche. Nous prouvant qu’aucun geste n’est vain, que toute action même symbolique  participe d’un changement.

Il est impératif de retrouver les fondements , la réalité d’une  société démocratique,  à l’échelle de la nation d’abord  et finalement du monde en partant du moindre petit village, microcosme qui doit refléter la macrocosme.
Car, encore une fois, seule une société démocratique, humaniste, à l’échelle de la planète nous permettra de relever les défis qui nous confrontent.
L’exigence et la vigilance citoyenne de France, d’Europe, du monde, sont le dynamisme qui doit permettre de réels changements dans la direction de nos sociétés.

Cette crise  qui survient  comme une remise en question  se présente juste au moment où doit s’ouvrir la campagne pour les élections Européennes.

Comment ne pas y voir une invitation de l'Histoire ?

Alors que l’Amérique affaiblie sombre dans d’inextricables difficultés, de nouvelles puissances avides , parce que  trop longtemps frustrées , sont prêtes à employer sans freins les méthodes mêmes qui conduisent aux catastrophes écologiques et économiques en oubliant les impératifs humains et démocratiques.

Il y a donc une réelle urgence à un grand sursaut des consciences Européennes, qui sachent puiser en elle les ressources que leurs donnent leurs vieilles expériences. Et qui puissent ainsi offrir au monde un pôle de stabilité, d’équilibre , de sagesse d’où s’élabore le modèle de société humaniste  de demain. Celui qui pourra se répandre sur le globe, non en s’imposant mais en rayonnant et en s’adaptant, afin de redonner espoir à l‘humanité.

C’est le voeu qu’il faut former pour que 2009  sache répondre au défi lancé par 2008.

 
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