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24/02/2008

Devoir de mémoire ou éveil des consciences ?

Le projet de confier à de jeunes enfants la mémoire d’autres enfants morts victimes de la Shoah a suscité  beaucoup d’inquiétude et  une importante polémique. Nombre de personnalités de premier plan ont trouvé les mots justes pour dénoncer les dangers d’un tel dessein.Il paraît non seulement contre-nature de charger des sensibilités enfantines d’un tel poids mais de plus comment admettre de donner à de jeunes enfants, encore inconscients , de  tels devoirs que l’on n’imposerait pas à des adultes ?
Pourquoi les crimes commis par des adultes devraient-ils en quelque sorte être  lavés ou exorcisés par des enfants ?
Il semblerait beaucoup plus important de dépasser l’émotionnel et le fait historique pour aller à la racine du mal. Savoir comment de telles atrocités peuvent être perpétrées  par des hommes,et  organisées méticuleusement par des sociétés humaines.
Cela impose une immense et constante vigilance pour éveiller graduellement  les consciences. Pour les élever au-delà des poisons qui peuvent mener l’homme à de telles aberrations. Car il n’est jamais trop tôt ,par contre ,pour combattre avec tact et fermeté  tous les réflexes  d’exclusion, de haine ou de rejet de la différence qui  quotidiennement se déchaînent dans les cours d’écoles  souvent avec une rare violence. Rejet de la différence, non seulement ethnique , linguistique ou culturelle mais aussi du plus petit à lunette, du trop grand, du plus faible, du plus rêveur,   de l’autre tout simplement.
Plus largement ,les délires «  d’épuration ethnique » du Reich se seraient- ils développés aussi facilement et rapidement sans la situation de crise financière de l’Allemagne pré-hitlérienne ? Derrière la « solution finale » il y avait aussi l’appât de richesses à s’approprier. On se souvient du scandale qui avait éclaboussé les banques Suisses dépositaires de l’or  récupéré par les Nazis, et plus récemment Israël  expose des toiles de maîtres provenant du pillage  des  victime de l’holocauste.
Par conséquent non seulement la haine de la différence  fut à la racine  de ce mal mais aussi l’avidité, la cupidité. D’où l’importance ,comme le répète François BAYROU ,de ne pas axer nos sociétés sur les critères de la seule  réussite matérielle et sur la glorification de l’argent-roi et de ses réseaux.
Quant à la violence elle-même ne faudrait-il pas user de plus de vigilance quand on  constate comment elle déferle sur les esprits à travers la puissance quasi-hypnotique des  moyens multi-medias de plus en plus sophistiqués et qui , en émoussant les sensibilités ,banalisent les pires crimes dès l’âge le plus tendre.
J’ai observé dans une FNAC un homme dont le physique n’aurait pas déparé un film d’épouvante ,profondément concentré devant un écran,où se déroulait une scène de poursuite dans la lumière glauque du labyrinthe  d’un parking souterrain. Dans la peau du tueur, du « snipper » il faisait lui-même évoluer la traque de sa «  victime virtuelle  » jusqu’à sa suppression « virtuelle » aussi. Il s’agissait d’un simple jeu en démonstration que toute mamie bienveillante peut offrir à l’anniversaire de son petit-fils. Je ne dérive pas du sujet. Admettre comme activité ludique un apprentissage virtuel du crime  dès l’enfance n’est-il pas un emmarchement dangereux ? Comment à la fois exiger  d’un enfant la compassion et la mémoire et admettre comme naturel et plaisant l’apprentissage de la création de « victimes virtuelles » ?
Si  le devoir de mémoire  nous est imposé par l’histoire , qui ne peut s’appréhender fructueusement qu’à  l’âge  des grandes questions, n’est il pas de première urgence d’éveiller les consciences le plus tôt possible à toutes les formes de cruautés ?

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