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25/02/2008

Vigilance, conscience et responsabilité Républicaine.



L’Appel du 14 Février à une Vigilance Républicaine  signé de 17 personnalités  de sensibilités politiques différentes dont François BAYROU,Dominique de VILLEPIN, et Ségolène ROYAL  et soutenue par des pétitions de  citoyens  sur le site de l’hebdomadaire  Marianne  et  de mesopinions.com  a déchaîné une vive polémique.
L’outrance verbale qui  empoisonne le débat démocratique semble s’être  encore emballée.
Selon le Robert la vigilance est une « surveillance attentive sans défaillance ».
Par conséquent ces personnalités ont invité  à une surveillance  attentive du mode de fonctionnement de nos institutions  Républicaines.
La vigilance  n’est pas insurrectionnelle.
La vigilance n’est pas anti-démocratique.
Elle s’adresse aux consciences et aux responsabilités.
Conscience et responsabilité des politiques, des élus, des citoyens.
Comment comprendre  que des membres ou des  proches du gouvernement puissent désigner  cette vigilance  de «  méthodes staliniennes » ou « fascisme rampant »  et évoquer la « presse des années 30  » ? Sans parler de qualificatifs méprisants ou insultants  envers les signataires.
En tête des personnalités  signataires  de cet appel se trouve Pierre LEFRANC, ancien Chef du Cabinet du Général de Gaulle. Ce Résistant qui à  l’âge  en principe respectable de 86 ans est Grand Officier de  la Légion d’Honneur ,Croix de  Guerre,médaillé de la Résistance et des évadés de la France Libre.Il est également créateur de la Fondation Charles de Gaulle.
Ces abus verbaux dans les sphères du pouvoir semblent  donc dénoter une dérive préoccupante .
Il semble que la boussole s’affole et ne pointe plus vers le Nord.
Ce n’est pas là le moyen de rassurer les citoyens mais au contraire d’éveiller leur vigilance.
À tout le moins, pour le  devoir de mémoire, il faudrait éviter l’amalgame avec les heures les plus  sombres de notre histoire.
Cela aussi procède de la conscience et de la responsabilité.


24/02/2008

Devoir de mémoire ou éveil des consciences ?

Le projet de confier à de jeunes enfants la mémoire d’autres enfants morts victimes de la Shoah a suscité  beaucoup d’inquiétude et  une importante polémique. Nombre de personnalités de premier plan ont trouvé les mots justes pour dénoncer les dangers d’un tel dessein.Il paraît non seulement contre-nature de charger des sensibilités enfantines d’un tel poids mais de plus comment admettre de donner à de jeunes enfants, encore inconscients , de  tels devoirs que l’on n’imposerait pas à des adultes ?
Pourquoi les crimes commis par des adultes devraient-ils en quelque sorte être  lavés ou exorcisés par des enfants ?
Il semblerait beaucoup plus important de dépasser l’émotionnel et le fait historique pour aller à la racine du mal. Savoir comment de telles atrocités peuvent être perpétrées  par des hommes,et  organisées méticuleusement par des sociétés humaines.
Cela impose une immense et constante vigilance pour éveiller graduellement  les consciences. Pour les élever au-delà des poisons qui peuvent mener l’homme à de telles aberrations. Car il n’est jamais trop tôt ,par contre ,pour combattre avec tact et fermeté  tous les réflexes  d’exclusion, de haine ou de rejet de la différence qui  quotidiennement se déchaînent dans les cours d’écoles  souvent avec une rare violence. Rejet de la différence, non seulement ethnique , linguistique ou culturelle mais aussi du plus petit à lunette, du trop grand, du plus faible, du plus rêveur,   de l’autre tout simplement.
Plus largement ,les délires «  d’épuration ethnique » du Reich se seraient- ils développés aussi facilement et rapidement sans la situation de crise financière de l’Allemagne pré-hitlérienne ? Derrière la « solution finale » il y avait aussi l’appât de richesses à s’approprier. On se souvient du scandale qui avait éclaboussé les banques Suisses dépositaires de l’or  récupéré par les Nazis, et plus récemment Israël  expose des toiles de maîtres provenant du pillage  des  victime de l’holocauste.
Par conséquent non seulement la haine de la différence  fut à la racine  de ce mal mais aussi l’avidité, la cupidité. D’où l’importance ,comme le répète François BAYROU ,de ne pas axer nos sociétés sur les critères de la seule  réussite matérielle et sur la glorification de l’argent-roi et de ses réseaux.
Quant à la violence elle-même ne faudrait-il pas user de plus de vigilance quand on  constate comment elle déferle sur les esprits à travers la puissance quasi-hypnotique des  moyens multi-medias de plus en plus sophistiqués et qui , en émoussant les sensibilités ,banalisent les pires crimes dès l’âge le plus tendre.
J’ai observé dans une FNAC un homme dont le physique n’aurait pas déparé un film d’épouvante ,profondément concentré devant un écran,où se déroulait une scène de poursuite dans la lumière glauque du labyrinthe  d’un parking souterrain. Dans la peau du tueur, du « snipper » il faisait lui-même évoluer la traque de sa «  victime virtuelle  » jusqu’à sa suppression « virtuelle » aussi. Il s’agissait d’un simple jeu en démonstration que toute mamie bienveillante peut offrir à l’anniversaire de son petit-fils. Je ne dérive pas du sujet. Admettre comme activité ludique un apprentissage virtuel du crime  dès l’enfance n’est-il pas un emmarchement dangereux ? Comment à la fois exiger  d’un enfant la compassion et la mémoire et admettre comme naturel et plaisant l’apprentissage de la création de « victimes virtuelles » ?
Si  le devoir de mémoire  nous est imposé par l’histoire , qui ne peut s’appréhender fructueusement qu’à  l’âge  des grandes questions, n’est il pas de première urgence d’éveiller les consciences le plus tôt possible à toutes les formes de cruautés ?

Pour une démocratie des consciences

A l’âge de 15 ans j’ai été frappée par les deux citations d’Edgar Quinet que j’ai mises en exergue.Elles avaient été gravées dans le granit  du monument sculpté par mon père à la mémoire de ce grand Républicain .Elles sont restées gravées en moi aussi fermement  que dans  la pierre, d’autant plus peut-être que je venais de rencontrer peu de temps auparavant la sœur de Jean MOULIN, martyr de la Liberté.C’est ainsi que se sont enracinées des valeurs fondamentales  dans ma propre conscience.
Lorsque  François BAYROU a crée le Mouvement Démocrate pour y développer, selon ses vœux,  les plus haut niveaux de conscience et de responsabilité  du citoyen , sa vision a résonné comme en écho à ces  mots demeurés en moi. Elle m’a  réconciliée avec la politique.
Les  inquiétudes ( ou déceptions  pour ses électeurs) que suscite le gouvernement actuel me semblent particulièrement de nature à nous inciter à développer  nos consciences et à monter constamment le niveau du débat pour le ramener à celui des principes.
C’est paradoxalement en réaction à ce qui s’en éloigne que nous serons amenés à nous recentrer vers une démocratie des consciences.
En ce sens, ce que nous ressentons à juste titre comme autant de dérives  pourrait, par réaction, permettre aux citoyens d’affermir leurs visions et leurs valeurs intimement liées aux notions de conscience et de  responsabilité.
C’est pour réfléchir constructivement  dans ce sens que j’ai décidé de créer ce blog .
Je vous invite à vous joindre à cette réflexion.
Mais en réaction contre les excès et outrances verbales que l’on rencontre trop, tant en politique que sur de nombreux blogs et dans la presse, et qui m’apparaissent comme autant de violences contraires au débat démocratique, je souhaite que tous s’efforcent d’y conserver un ton de modération et de courtoisie propre à notre sujet.

 
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