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22/06/2008

Pour une Démocratie Européenne


Le «  non » Irlandais a donné lieu  à de nombreux commentaires.  Sur  les raisons profondes de ce «  non » d’une part et sur l’opportunité de soumettre au référendum un texte hyper spécialisé  d’autre part.
Les dirigeants de l’UE ont espéré sortir rapidement de la crise , mais l’échéance est repoussée au mois d’Octobre. Si un nouveau référendum  permettait, en, raison de pressions sur l’Irlande, de retourner la situation, c’est la Démocratie qui en ressortirait atteinte. Et si c’est à nouveau une impasse, les conséquences seront pour l’Europe elle-même.
C’est une situation grave et il est accablant de voir titrer : « l’Europe en panne »
En 2005 c’étaient la France et  la Hollande qui s’opposaient  au projet de Constitution. Trois ans après le peuple d’Irlande  a été catégorique, les Tchèques et les Polonais soulèvent des problèmes tandis que le Royaume Uni n’a pas encore ratifié.

Ce refus et ces atermoiements cristallisent nettement une méfiance et une crainte des peuples d’Europe envers l’institution sensée les rassembler.
J’écrivais dans un récent article (http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archi... combien ces peuples, forgés par l’Histoire et la souffrance, pouvaient avoir une mission capitale pour l’équilibre du monde , s’ils savent développer et faire rayonner une Conscience Européenne.
Or cette conscience est  latente.
Nous avons en partage notre histoire, notre culture, pratiquement un même rythme de développement par rapport aux progrès technologiques, une même aspiration profonde à la Paix, une conscience environnementale vraisemblablement parmi les plus développées du monde, des habitudes de vies proches.Et nous jouissons  également d’un des climat  les plus démocratique du monde ,dans chacun de nos pays.
Ce sont là des bases essentielles qui devraient  nous permettre de porter au plus haut un idéal de société, un «  modèle humaniste pour le XXI ème siècle » comme le décrit François BAYROU.
Une Irlandaise  me disait récemment que ses compatriotes  se sentaient Européens mais refusaient d’être entravés par les «  diktats » administratifs de Bruxelles.
C’est ce dont beaucoup d’Européens se plaignent, tout comme ils craignent un modèle de développement  qui irait dans le sens d’un ultralibéralisme à l’Américaine.
Il y a donc un divorce latent entre l’aspiration  des peuples Européens et le modèle qui leur est proposé .
Et si ce n’est divorce, il y a une méfiance certaine envers la direction de  l’Europe puisque, à priori, ils repoussent des textes dont ils n’ont pas pris connaissance ou qu’ils n’ont pu appréhender en raison de leur complexité.
Cette attitude est à rapprocher de  l’abstention aux élections nationales et du vote sanction en alternance gauche/droite, non par adhésion aux valeurs proposées, mais par mécontentement d’un état de fait.
Il y a donc une tâche énorme  ,dans laquelle devront  s’engager prioritairement les Démocrates.
Pour que les institutions Européennes réfléchissent  les aspirations et les besoins des peuples d’Europe.
Pour que ces peuples sentent plus intensément le besoin et l’urgence  de bâtir cette Europe forte, indépendante, humaniste et équilibrée.

Ce modèle de Démocratie Européenne qui aura un rôle prépondérant pour l’équilibre d’un monde dont les enjeux  ne permettent plus d’atermoiements.

Commentaires

Bonjour Marie.

Je pense que c'est aux peuples d'Europe de décider quelle forme et quel contenu cette dernière doit prendre et non aux institutions actuelles qui pour moi sont une machine complexe, de prime abord illisible, au service du capitalisme financier.
Je dis oui à une Europe sociale tirant tous les peuples vers le haut et le mieux être.
Je dis oui à une Europe des peuples et pas des Etats, comprenant UN Pays Basque, UNE Irlande, Une Catalogne...
Une Europe fédérale où tout le monde se retrouve, où toutes les cultures se retrouvent, riches de leur diversité et animée par une volonté commune de liberté.

Il y a beaucoup à construire et aussi des bureaucraties à abattre, mais ce combat peut posséder une certaine esthétique.

Amitiés

JP

Écrit par : JP FRAY | 22/06/2008

Bonjour.

Votre article et la réaction de Jean-Pierre m'amènent à réfléchir sur le sens du mot démocratie. J'ai l'impression que vous y voyez plus une exigence morale, alors que Jean-Pierre l'évoque comme mode de gouvernement direct des peuples européens pour s'affranchir de ses représentants et de l'échelon national.

De cette différence d'approche je perçois deux visions antagonistes de l'Europe : d'une part une Europe démocratique rassemblant des Etats-nations partageant une histoire, une culture, des valeurs, des intérêts stratégiques communs, au service d'une solidarité européenne.

A l'inverse, ceux comme Jean-Pierre qui ont un compte à régler avec leur pays instrumentalisent l'Europe pour tuer l'échelon national. Ils rêvent à une démocratie directe européenne comme instrument d'éradication des nations. Ils pensent qu’une Europe morcellée en 150 ou 200 régions est préférable à une Europe composée de 27 pays !

Au contraire, je pense que la nation est l'instrument indispensable de réalisation du projet européen, et je ne crois pas que le représentant du peuple à l'Assemblée Nationale François Bayrou me contredirait... Qu'en pensez-vous ?

Arnaud Saint-Antonin

Écrit par : Arnaud | 28/06/2008

A Arnaud Saint-Antonin :

Bonjour,
Merci de participer à la reflexion sur un sujet capital.
Je ne me prétends pas spécialiste, mais j’abonde tout à fait dans votre définition.
C’est notre diversité qui fait notre richesse et notre complémentarité et il serait désolant de la perdre.Et je doute qu’on puisse gouverner une telle entité dans l’état actuel des consciences et mentalités.Notre histoire est commune mais chaque pays s’est forgé la sienne. Nous avons tous à nous apporter si nous savons aller à l’essentiel, c’est-à-dire
à des valeurs humaines et si nous nous respectons.
Nous ne pouvons pas être assimilés aux Etats Unis d’Amérique, faits d’immigrants qui se sont fondus ( non sans difficultés) dans le « rêve Américain » pour se faire une histoire commune.
Par contre il faut que les peuples des nations d’Europe aient le sentiment de partager un idéal commun , de forger un destin et un avenir communs où ils puissent retrouver leurs espoirs, besoins, aspirations.Or actuellement tel n’est pas le cas , ils se sentent dominés par un Super Etat qui leur impose sa loi. Loi trop enracinée effectivement dans celle du marché , selon le courant dominant de la mondialisation. Je ne vois pas une simple exigence morale , bien qu’elle soit la base, mais également un réalisme : depuis nos nations,
voir au-delà de celles-ci et au-delà de l’Europe elle-même pour établir un socle
permettant de conserver l’équilibre du monde. Face aux enjeux de l’environnement, de la faim , de la violence sous toutes ses formes il vient un moment où les choix ou les urgences n’en appellent plus seulement à l’éthique mais au réalisme et au bon sens. Je crois que c’est une prise de conscience qui commence à se faire jour chez nos politiques également mais je pense que cela sera plus rapide chez les Européens que chez les autres.
D’où l’importance vitale de ce projet pour le monde.

Écrit par : Marie MAYER | 28/06/2008

Mon Cher Arnaud, ne saurais-je plus écrire?
Je suis pour une Europe des nations, mais je ne confond pas Nation et Etat. Il n'existe qu'un seul état que l'on pourrait qualifier d'Etat nation, c'est l'Allemagne! Je ne vois pas d'état Basque!, d'état Catalan, d'état Corse!... alors que pour moi le Pays Basque, la Catalogne, la Corse... sont des nations! les états sont les résultantes d'expansions et de domination et ont créer un aspect "national" uniquement pour leur cohésion politique. Je suis Occitan, je n'ai aucun compte à régler avec mes amis basques, catalans, irlandais... Mais avec l'Etat français surement, qui laisse la nation basque coupée en deux, idem pour la Catalogne, refuse le statut de langue nationale au breton, à l'occitan... Peut être que ce que vous appelez "régions" soient en fait ce que j'entends par nation!
En tout cas je ne suis pas partisan de multiples états nationaux (à mon sens) ou non je pense qu'une Europe fédérale ou confédérale soit la solution pour que toutes les diversités européennes existent et se comprennent;je conseille vivement de reprendre les écrits de François Fontan bien que je ne partage pas sa vision étatiste.

Écrit par : JP FRAY | 28/06/2008

Mon Cher Jean-Pierre,

Tu sais parfaitement écrire, je te rassure !

Simplement, si les mots ont encore un sens, alors le concept d’Etat-nation signifie la coïncidence territoriale entre une organisation étatique et une nation. S’il existe un pays au monde où cette coïncidence est la plus ancienne (XVIIème siècle au moins), c’est bien la France ! Et s’il y a un pays où il me semble que cette notion s’applique mal, c’est l’Allemagne fédérale (première unité allemande à la fin du XIXème siècle sous domination prussienne). Si déjà nous ne nous entendons pas sur le sens des mots que nous employons, le dialogue risque d’être difficile !

Quant à ta conception de la nation, il n’y rien d’autre à t’opposer que le sens commun. "Une nation est une âme, un principe spirituel" disait Ernest Renan. Par conséquent, la posture de victime d’un échelon territorial dominateur peut toujours se défendre : oppression française pour les défenseur de l’Occitanie, oppression occitane pour les partisans du Conté de Nice, oppression niçoise pour les indépendantistes de Magnan ! A chacun sa petite nation fantasmée, et vive l’esprit de clocher, vive l’anarchie !

Sérieusement, la voie qui t’apparaît comme un idéal serait pour moi un véritable cauchemar. Au lieu de penser à des nations imaginaires, regarde un peu en direction de la Belgique ou de l’ex-Yougoslavie, et demande-toi si c’est bien l’idéal à poursuivre pour la Bretagne, la Catalogne, ou pour une improbable Occitanie…

Écrit par : Arnaud Saint-Antonin | 03/07/2008

Mon cher Arnaud,

effectivement nous suivons deux voies divergentes! Mais comme je l'ai déjà dit, il ne s'agit pas de créer encore plus d'états, autarciques de surcroit. C'est pour cela que sur un plan politique je soutiens une Europe fédérale ou confédérale des nations ou ethnies (au sens de peuple) et pas une fédération d'états. L'Europe a déjà connu des moments d'unité, Charlemagne, Othon,Frédéric II... Que veux tu, je me sens coté " Empire" plus que "Royaume", gibelin, face aux guelfes. La politique séculière de l'Eglise regardant ses intérêts de pouvoir d'état dans l'état (ou les états) a été un désastre et même la création de l'église gallicane n'a fait que déplacer le problème.
Là, il ne s'agissait pas de spiritualité, de valeurs mais du simple et sordide pouvoir.

Renan? Heu non merci pour ma part, je lui préfère le grand midi de Nietzsche ou l'espoir en l'individu et la valeur humaine de Kropotkine.

Mais ce qui est déjà positif, c'est que nous puissions en débattre, un grand merci à Marie, et pourquoi ne pas organiser une rencontre ouverte pour le faire de vive voix?

Au fait, l'anarchie, an archè, sans commandement, un rêve magnifique, "l'ordre moins le pouvoir"....

Écrit par : JP FRAY | 06/07/2008

Merci à tous d’enrichir ce débat. C’était l’esprit initial de ce blog et l’idée de se réunir pour mener plus à fond cette discussion sur l’Europe me paraît excellente.
Je vais tenter de rassembler Arnaud et Jean-Pierre :
Il me semble qu’il faut de toute manière progresser par ordre d’urgences. Par rapport d’une part aux enjeux planétaires. D’autre part à l’évolution des consciences qui ne se fait pas au même rythme .
Je respecte les identités locales et leurs richesses. Mais les dangers planétaires suspendus
au-dessus de nos têtes sont tels que, sans enlever de valeur aux combats pour le maintien ou le respect de ces identités au niveau culturel, la priorité paraît d’agir pour tenter de maintenir un équilibre qui puisse servir au monde.
Si on parlait en termes de santé , il faudrait donner priorité à l’affection principale .
Comme cela implique des changements de mentalités, de consciences et de gouvernances ceux-ci se répercuteraient vraisemblablement sur ces problèmes ou tensions.
À bientôt de vive voix,
Amitiés, Marie

Écrit par : Marie MAYER | 06/07/2008

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