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03/07/2011

De l’inhumain à l’humain, pour une société de l’Homme


En dépit des apparences, je n’ai pas abandonné le combat politique.

Mais je dois des excuses à mes fidèles lecteurs ainsi qu’aux nouveaux  , venus régulièrement lire mes articles précédents. Je les en remercie beaucoup car cela prouve  que lorsqu’on s’attache  au fond des choses ,dépassant l’immédiateté et la superficialité,  l’intérêt demeure .
En Février   dernier , il  y  a eu 3  ans que Conscience et Démocratie aura commencé sa petite aventure sur le net et déjà des milliers de visites se sont accumulées.

J’ai été trop longtemps silencieuse, mais parfois il est bon de laisser passer la colère et la révolte , de prendre du recul , avant de tirer des conclusions .

Durant ces longues semaines de silence apparent ,j’ai  accumulé des expériences  diffciles  en me battant pour la santé d’un proche et  celles-ci nourriront certainement des combats ultérieurs.

Il a fallu d’abord faire des  constats,  qui se sont confirmés par nombre de témoignages ,  sur les graves carences de notre système de santé.
En particulier sur la situation des personnes âgées. Il vrai que je réside  dans une région qui doit être sur ce chapitre parmi les plus mauvaises.

J’ai pu lire  la « Charte de la personne âgée dépendantes »établie en  1997 par la Fondation Nationale de Gérontologie qui dans ses 14 principes généraux pose que «  la prévention de la dépendance est une nécessité pour l’individu qui vieillit ».

Plus de 13 ans après,  les gestes élémentaires , simples, de base , ne sont même pas faits en temps et heure pour prévenir des conséquences en cascade qui peuvent détruire l’individu.
Dans certains lieux on « fabrique » tout simplement des grabataires.  Quand on sait qu’il rapporteront plus à  l’établissement , on peut s’interroger.

Il y a là un problème qui nous confrontera de plus en plus avec l’augmentation de la durée de vie.

Il ne tient,  il ne tiendrait qu’à nous que cette mutation soit un plus pour l’humain et non le développement de milliers de cas de détresse, de souffrances, de perte d’identité et de dignité. Avec toutes les répercussions  sur la famille  et un poids énorme sur la société.

Comme me le disait une infirmière , nous avons en principe toutes les cartes en main pour  aider.

Mais du potentiel à son actualisation, il y a un gouffre dans lequel s’abîment nombre de vies hier jeunes et brillantes.
Si nous prétendons être une civilisation, si nous nous  proclamons telle, il faut savoir respecter tous les âges de la vie. Il ne faudrait pas être en  dessous de certaines colonies de primates qui portent leurs anciens sur leur dos pour les protéger et bénéficier de leur expérience… Il ne faudrait pas être en dessous des sociétés  traditionnelles , à qui nous  avons voulu donner des leçons , mais pour qui l’âge était synonyme de sagesse.
Il ne faudrait pas surtout céder, à tous les niveaux de la vie, à tous les niveaux de la  société ,  aux sirènes du mercantilisme et de l’indifférence.

Pour le vieillissement comme pour tous les problèmes sociaux, c’est la conscience citoyenne debout de chaque maillon d’actifs qui est concernée.
Non , les politiques n’ont pas tous les torts, ne peuvent être responsables de tout.
Il est souvent trop facile de déléguer ses responsabilités et d’oublier ce que chacun d’entre nous doit à l’autre au quotidien.
C’est la conscience de chacun à son poste qui peut changer les choses. Cela implique bien sur d’abord un consensus, un projet de société partagé construit de jour  en jour dans chaque acte , chaque geste. C’est difficile  mais il n’y a pas d’autre voie pour une démocratie .

Non , les politiques n’ont pas tous les torts . Mais ils en ont  , c’est vrai , beaucoup aussi , car ils ont laissé prospérer une oligarchie de l’argent qui a progressivement fait main basse sur tous les postes et les biens importants  .
Et ce faisant ils ont laissé notre société se démoraliser au double sens  du terme.
Tellement qu’à chaque niveau d’activité il   semble que celle-ci ne tient que sur les épaules de quelques uns. Partout on réduit du personnel . Et sur ce personnel réduit, une bonne partie a perdu toute motivation, écrasée par le poids de cette oligarchie qui s’est taillé des places et  des fortunes à des niveaux jamais atteints dans nos démocraties .
Nous sommes ainsi inféodés à l’argent, au rendement, au profit  à l’état brut ou brutal et non au développement   économique et social.
Et cela perdure alors que les crises financières ont montré les dangers de ces abus maladifs.

Il me semble grave de voir désormais utiliser le mot «  élite »  pour désigner cette oligarchie prédatrice et calculatrice.
Une élite, dans une démocratie , est formée de phares , d’êtres qui brillent par des qualités supérieures  que ce soit dans  les sciences, les arts, la philosophie, la politique, la médecine , le commerce s’il est  équitable et utile.
Cette élite sort du terreau  d’un peuple et ne peut être liée ni à une classe ( ou caste) ni à la consistance  de son compte bancaire.
Combien de chercheurs, combien d’artistes  ont su œuvrer avec trop peu ?

Ce type de dérive est symptomatique d’une société qui  a pris les moyens pour le but au point d’oublier sa propre préservation.

Le drame du Japon devrait nous faire réfléchir . Il frappe une société développée, à la pointe de la technologie et un peuple discipliné et courageux
Nous disséminons  ce danger potentiel sur des continents qui n’ont encore pas développé leur technique et leur démocratie. Quant  à nous, à voir comment fonctionne nos différents systèmes  , les anomalies ,  lenteurs, erreurs auxquelles nous nous heurtons au quotidien , peut-on rêver  que la perfection ait été atteinte dans nos propres  centrales ?

Sans sagesse et sans raison, nous avons avancé en accumulant les risques principalement parce que c’est le profit qui dicte  systématiquement sa loi.
Or le profit ne peut être le fondement d’une  démocratie et d ‘une civilisation.

Un ami , qui n’est pas de ma génération m’a fait lire ,récemment à Paris ,les premières  pages d’un livre qu’il termine.Il raconte comment il a vécu petit à l’heure de l’humain , puis soudain avec l’ascension  d’Hitler , la deuxième guerre mondiale et la Shoah, il s’est  retrouvé  dans cette enfance,  basculé dans  l’ère de l’inhumain.

Une affaire de famille qui s’est jouée à haut niveau du pouvoir ,  sur laquelle je venais de me pencher , m’a justement donné l’occasions de plonger dans la France d’après 1945. Éprouvant voyage qui  m’a démontré que la page de l’inhumain ne fut jamais vraiment tournée  et que  nous avons  reconstruit notre nation avec des briques ensanglantées. Bien des dynasties financières ou industrielles ont plongé leurs racines dans les eaux glauques  de la collaboration avec le nazisme  qui les a fait prospérer.  Comment s’étonner dès   lors des  dysharmonies de notre société puisque notre économie  nationale est ainsi  entachée.

Dominique de Villepin invite ses concitoyens à une  indispensable refondation républicaine.
Ceci fait  profondément écho  aux prises de consciences qui m’ont déterminée à l’engagement politique .

Mais re -fonder sur quel sol ?  Nous ne pourrons relever les piliers  de la République sur des sables  mouvants ou un marécage. Les Français sont démoralisés au  double sens du terme comme je l’ai dit plus haut.
De scandales en dérives, de perte de sens en perte de bon sens, il semble qu’il n’ay ait plus de place pour une démarche, claire , ferme , cohérente ,exigeante .
Il semble que l’urgence  est à la refondation morale. Non d’une morale exiguë  dans le sens  le plus étroit du terme , mais dans de réelles exigences éthiques qui dictent les droits fondamentaux de l’humain.  Partout. En France comme ailleurs.
Sur cette base seulement, sur le consensus  d’une prise de conscience générale , sur cette remise en question lucide de nos sociétés  et de nos démarches nous pourrons  redonner un sens à chaque  fondement républicain.

Or nous dérivons dans un chaos médiatique du  sensationnel et d'immediateté qui éloigne constamment de la racine des choses.
L’affaire Strauss-Kahn en est une parfaite illustration.  Elle fait , elle fera, il faut l’espérer,  le procès de cette  dérive médiatique.
C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que nous avons en main de tels outils . Or qu’en faisons nous ? Des machines à broyer , à détruire. Ou à  vendre de l’illusion . Pouvoir dans le pouvoir , moyen de fascination sur les masses  , s’il n’est pas  tenu par une axe rigoureux , ce moyen devient   l’instrument de l’inhumain  et pourrait être celui d’une déshumanisation systématique.

Je n’ai pas de sympathie particulière pour Dominqiue Strauss-Kahn. Je ne me suis de fait pas intéressée à lui. Pour la simple raison qu’il appartient au monde de l’économie et de la finance qui m’est étranger  quand il ne m’est pas suspect , justement par ses risques de déshumanisation .
Mais dès le début de l’affaire,   j’ai craint un des plus gros attentats politiques   du siècle. L’avenir dira peut-être la réalité des mobiles qui ont précipité la chute du Directeur du FMI.
Mais ce que j’ai trouvé totalement inadmissible c’est le rôle joué par les medias pour tuer un homme alors même qu’il bénéficiait de la présomption d’innocence.
Rien ne peut, dans des sociétés  prétendument civilisées,   légitimer une telle dérive. Dérive au service du pouvoir, de pouvoirs , c’est une évidence.
Et c’est là le plus grave de cette dérive car elle impose une déshumanisation,  banalisée. Sous le fallacieux prétexte de servir  «  l’information «  l’instant , la liberté d’expression ,avec habileté , science ou prouesses technologiques  , amalgames et  montages , ces techniques  raffinées peuvent faire croire ou dire n’importe quoi à n’importe qui .

Au-delà du «  fait-divers  »  du cas précis , il y a, il y a eu viol des consciences ou des sensibilités en gorgeant à outrance les spectateurs  par une invasion d’images chocs de «  détails »   « d’expertises  »«  légistes », répandus à profusion  , au nom d’une  prétendue  morale de masse, sous l’oeil sidéré des enfants et adolescents à qui on ne laisse même plus d’espace pour le rêve , pour l’imaginaire et cette faculté propre à l’homme et qui ne le réduit , ni l’affaiblit : la Poésie.
Un déferlement, un raz de marée  négatif pour agiter dans le sensationnel et faire perdre  tout recul et tout repère .
Le premier repère étant celui des Droits de l’Homme. Qui s’appliquent à tout homme ( ou femme ) victime ou coupable.  Par ce que c’est un principe .
Et non un jouet ou un mot dont on se gargarise en tant que de besoin.
Cette dérive  là nous l’empruntons avec appétit aux moeurs d’outre Atlantique, qui fondent  nombre de  leurs actes sur le règlement de compte habillé de puritanisme.
J’ai personnellement désapprouvé totalement la façon dont  a  été gérée  la    fin de Sadam Hussein. Parce que  les crimes contre l’humanité exigennt des procès et des procédures droits et clairs, sans équivoques , où la personne en tant que telle demeure respectée dan son essence , même si elle a bafouée cette essence.
Comment sinon nous poser en «  justiciers » , au nom des droits fondamentaux, si  nos procédés sont du même style ? Si nous ne savons pas respecter la dignité fondamentale, nous n’avons pas de leçons à donner à ceux qui la bafouent.

Dans l’affaire Strauss-Kahn quels qu’aient  été les faits, il n’était  pas admissible que cet homme , ce père , ait été tendu à la vindicte planétaire – sans jugement- au mépris de tout ce qu’il avait pu être d ‘autre –  au mépris de ce qu’il avait pu faire  de bien- au mépris de ses enfants  ou proches qui n’avaient pas à subir une telle violence morale.

Cette affaire bien sûre renvoie  à la présomption  d’innocence .

Mais elle remet aussi bien des acteurs en question qui servent cette courtisanerie mondialisée et médiatiquement relayée ou fabriquée :
Aujourd’hui puissant et courtisé- demain détruit et mis en pièces- après-demain reconstruit , flatté et flagorné à nouveau .
Le monde politique en sortira encore plus ébranlé et discrédité, rétréci.

Que l’homme ait été coupable, et l’on pouvait  s’étonner  que ses pairs l’aient de si près fréquenté ou adoubé sans en voir  le danger .

Qu’il ne l’ait pas été,  combien de déclarations platement opportunistes pour profiter de l’espace laissé , dénoncent l’empoisonnement  en profondeur de cette vie politique  , de ces appétits qui font perdre toute mesure .

A –t -on bien  vu  qu’en se prêtant à ce jeu du pilori médiatique, c’est aussi la France qu’on a laissé   atteindre ?

Imaginerait t- on un seul instant   Bill ou Hillary Clinton  accusés  de pédophilie  ( c’est  une fiction) sur son enfant  par un femme de ménage maghrébine  de  Belleville , brutalement arrêtés dans leur avion, menottés , emmené entre deux gendarmes à Fleury Mérogis  sous l’œil complaisant des  caméras du monde ?

Ce scénario  est totalement invraisemblable.  Et donc la France et l’Europe , à travers ce scandale ont été éclaboussées.

Ce fut hier Dominque Strauss- Kahn. Ce peut être demain un autre ou une autre pour d’autres raisons ou accusations si nous acceptons de «  jouer ce jeu «  ou de le laisser jouer . Si nous nous ne remontons pas au niveau des principes  . Si nous n’exigeons pas de mettre au sommet de toute  pyramide les Droits de l’Homme et leur application stricte.
Je ressens dans cette dérive d’échelle planétaire un germe totalitaire particulièrement pervers puisqu’il se dissimule dans les plis  d’une soi disant morale et  substitue au droit et aux droits la manipulation  des esprits à travers les nouvelles techniques médiatiques.
Au-delà du cas personnel  elle appelle  une vigilance  et un recul  par rapport à ce potentiel et à sa   banalisation.

Je n’ai pas  abandonné le combat , on le voit. Ni l’espérance malgré tout. Mais je concède un pessimisme à court terme.
À long terme nous nous inscrivons  dans l’histoire de l’humanité et le recul marque une avancée de la  conscience même à travers les moments de crise ou grâce  à eux. Mais  il y a  il est vrai  des phases ascendantes  ou descendantes .

Nous sommes  visiblement dans une de ces dernières.
Qu’adviendra-t-il pour notre pays ?

Pour l’heure les élections de 2012 semblent se présenter dans un chaos jamais atteint.

Je ne  puis que regretter encore et encore qu’un axe Républicain authentiquement humaniste et indépendant  ne se soit constitué en temps utile . Qu’un  groupe à l’Assemblée Nationale , tel que l’avait proposé Dominique de VILLEPIN  à François BAYROU n’ait été formé.

De la montée du Front National à la politique spectacle qui met en avant sa vie privée,  appuyée sur le pouvoir médiatique, quelle alternative aurons nous ? Celle d’un PS divisé qui a déjà tenu les commandes 20 ans et collaboré avec le pouvoir en place?

Ceux qui voudront voir renaître en France autre chose, refonder une société de principes , qui transcende les clivages,  réveille les consciences  , redonne  du sens  à l’action collective ne devraient avoir qu’une urgence : le rassemblement.

Pour une réelle refondation d’une société au service de l’Homme . Pour l’épanouissement de ce principe ,de ce potentiel qu’une civilisation doit faire  fleurir en chacun d’entre  nous.

Parce qu’il faut le ferment de quelques  idéalistes  aventureux  j’ai réussi à obtenir le double encartage :

Je suis à la fois :

Membre du Mouvement Démocrate de François BAYROU
Et de
République Solidaire de Dominique de Villepin dont je m’étais  rapprochée dès la fondation de son Club.


J’espère  de la sorte être un maillon d’un rassemblement qui me paraît aussi urgent qu’indispensable.

Les changements  dépendent de chacun  d’entre nous . De ce que nous pouvons faire même  de façon minime.
Je garde l’espérance car je rencontre beaucoup de gens, qui , en dehors de toute implication politique, pratiquent cette démarche .
Tout simplement une démarche citoyenne  consciente.

Commentaires

Cet article est brillant de réalité. tous les sujets y sont traités. personne ne passe au travers de ce filet impitoyable qu'est votre article. Il y a des gens qui se disent être des élites, qui devraient lire vôtre article.

Écrit par : Mireille | 03/07/2011

Merci de votre appréciation. N’hésitez pas à le leur envoyer ! Il ont beaucoup trop de chèvres et de choux à ménager et il est grand temps que les pouvoirs se remettent en question . Nous sommes tous actifs ou passifs , acteurs de notre époque et il est important de se réveiller à temps , avant que de dérives en dérives nous sombrions dans des heures sombres qui maculeront l’histoire.

Écrit par : Marie Mayer | 04/07/2011

bravo pour l'article je trouve qu'il est super intéressant.

Écrit par : jouet pas cher | 04/07/2011

Silence forcé.
Des raisons techniques m’ont privée de la possibilité de poster sur ce blog depuis de bien nombreux mois …
Des problèmes et d ‘intenses combats personnels m’ont trop accaparée pour que je puisse trouver remède à cet empêchement technique…
Un retour est prévu avec encore plus de recul sur l’état des lieux de notre société grâce aux expériences accumulées…
« Conscience et Démocratie » même « bâillonné » enregistre 55 à 69 visites et 80 à 141 pages lues par jour en Mars 2013. L’aventure doit pouvoir continuer.
Merci à la fidélité de mes lecteurs .
En amitié des consciences
Marie Mayer

Écrit par : Marie Mayer | 10/03/2013

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