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22/03/2008

De l’abstention citoyenne à la démission des politiques


Lors des dernières élections municipales les taux d’abstentions importants ont été interprétés de manière à minimiser la notion de «  vote sanction ».
S’il est  hasardeux de donner une couleur à des votes qui n’ont pas été émis, ne serait-il pas opportun de s’interroger sur les symptômes qu’ils peuvent représenter ?
Du désintérêt à la défiance de la chose politique , il y a là un échec qui vaut pour tous les partis en présence et qui fait perdre à l’élection son sens véritable, voulu par les fondateurs de notre système républicain.
Au lieu de se les approprier, il vaudrait mieux se remettre en question et admettre que nombre de citoyens ont perdu confiance  en nos politiques ,  dans leur ensemble.
C’est peut-être aussi en raison de cette défiance qu’ils acceptent d’actionner les leviers du bipartisme en alternance. Non pour « voter pour », en leur âme et conscience, mais seulement pour contrer ce qui les inquiète. On peut donc aussi bien interpréter cette abstention comme une forme de découragement  de fatalisme qui va à l’encontre du but censé être recherché par le suffrage universel.
Il serait peut-être préférable que le vote soit obligatoire comme en Suisse et que les  votes blancs soient comptabilisés pour donner une voix, un poids  à ce silence .
Il serait surtout préférable de voir réinsuffler à la politique un élan qui permette au citoyen de penser qu’elle le concerne vraiment directement et que sa délégation  n’est pas un jeu de dupe.
Cela implique de pouvoir s’assurer que la conscience peut réellement primer sur l’opportunisme. Or nous en somme souvent loin à tous les niveaux, qu’ils soient locaux, nationaux, internationaux.
Nous nous sommes   récemment focalisés sur les élections locales . Il est certes important de gérer  au mieux nos cités et la vie de leurs habitants.
Mais cela peut-il se faire sans préoccupations globales ?
Les problèmes d’environnement nous apprennent durement l’interrelation des causalités. Nous savons que le sort de la forêt d’Amazonie ou des glace des pôles concernent   notre environnement le plus proche.
Face à la mondialisation croissante, il ne peut  non plus en être autrement au niveau politique, économique, social.
Nous serons obligés d’apprendre à nos dépens que l’éthique doit devenir incontournable, non seulement  sur le plan moral, mais même par stricte réalisme. Car on récolte ce que l’on sème.
On entend très peu s’élever les voix de nos politiques sur les souffrances du peuple Tibétain .
Parce que la Chine est un gros marché qu’il faudrait ménager à tout prix.
Les U.S.A ont privilégié la loi du marché la plus drastique  au mépris de bien des principes. Ils sont aujourd’hui au bord de  la récession.
Ce n’est pas une démonstration très probante sur le plan le plus strictement  matériel.
Si nous devons graduellement accepter de voir fouler au pied les droits de l’homme au nom du développement et du profit, nous en ferons tôt ou tard les frais. De concessions en concessions, que pourrons-nous dire lorsque nous serons  face à de nouvelles  super puissances qui ne s’encombreront pas de freins moraux ?
La France se revendique le pays des Droits de l’Homme.
Elle n’a pas atteint elle-même la perfection dans ce sens ,  mais elle pourrait néanmoins jouer un rôle primordial  dans le monde  si elle s’axait prioritairement sur les valeurs qui la fonde.
Non par plat nationalisme, mais par attachement à des principes humanistes fondamentaux, il nous faut une France forte et indépendante dans une Europe forte et indépendante.
Sans quoi le «  rouleau compresseur de la mondialisation » , comme le dit François BAYROU , broiera impitoyablement l’homme sous toutes les  latitudes  et détruira son environnent naturel dans sa course implacable au profit comme unique valeur.
Seule une démocratie des consciences à l’échelle mondiale peut nous permettre d’infléchir l’angoissante course des évènements.

01/03/2008

De l’outrance verbale à l’outrage à la République

Les récents dérapages verbaux du Chef de l’Etat ont créé une turbulence émotionnelle et médiatique dans l’hexagone et , plus grave, ont fait écho dans les nations étrangères.
Au-delà de l’anecdote, il semblerait que le nouveau Président agisse comme un catalyseur ou un miroir grossissant des tensions de notre société.
Nombre de ses opposants focalisent sur sa personnalité, mais c’est trop oublier qu’il procède d’un consensus.
S’il est seul au sommet de l’Etat, il y a été porté pas ses électeurs et par les élites de son parti qui adhèrent à sa démarche.
C’est peut-être plus encore la façon dont ce dérapage a été légitimé par son environnement qui pose les vrais problèmes :
Ceux d’une banalisation des outrances ou abus verbaux et de ce qu’elle implique. Puisqu’il faudrait les considérer comme « modernes » ou « virils ». À ce stade ne sommes nous pas tous « coupables «  et tous « responsables » ?
Sur la route, dans la rue, à l’école , à la maison , dans le stade de foot et plus grave dans l’arène politique, l’injure est devenue monnaie courante. Ne pas y céder fait  paraître  « ringard ». Ce qui rejoint la conception des proches du Président qui estiment qu’un écart de langage est un gage de modernité.
Il est évident que les insultes qui volent dans notre quotidien étaient impensables  du temps de nos grands-parents. Depuis une quarantaine  d’années il a été admis qu’il fallait se débarrasser de la «  morale bourgeoise de Papa » au nom de la lutte contre l’hypocrisie et la porte a été progressivement ouverte à toute les permissivités.
N’est-ce pas une nouvelle forme d’hypocrisie  d’admettre cette valse d’insultes ou de grossièreté tant qu’elle  se contente de «  voler » et qu’elle  ne devienne scandale que lorsqu’elle est  enregistrée, filmée ou couchée sur le papier ?
À ce qui a été étiqueté de «  morale bourgeoise » , ne serait-il pas temps de substituer le respect des règles démocratiques  qui fondent notre société ?
L’insulte est une forme de violence qui est faite à l’autre, frappé de mépris, de vindicte et de haine.C’est une atteinte  de principe à la dignité de la personne humaine qui peut être plus ou moins grave.
L’art 4 de la déclaration des Droits de l’homme et du Citoyen pose que la liberté consiste à faire ce qui ne  nuit pas à autrui.
La violence, sous toutes ses formes, y compris verbale, nuit à autrui.
Or la violence est devenue le quotidien de nos sociétés modernes. Elle crève les écrans de cinéma ou de télévision et s’actualise dans nos villes et banlieues. Les medias s’y adonnent de manière plus  raffinée, par l’outrance, remplaçant souvent l’information par le sensationnel qui fait violence aux sensibilités. La présomption d’innocence est pratiquement bafouée par les «  traques médiatiques » qui, dans la forme , si ce n’est au fond, finissent par marquer le plus innocent du fer rouge de la suspicion .
L’opposition se manifeste  trop souvent par la violence verbale. Nombre de blogs  se couvrent ainsi d’injures envers le Chef de l’Etat. Si c’est un signe de santé  pour la liberté d’expression, ce n’en est pas un pour notre démocratie car ces excès dégradent l’éventuelle pertinence des critiques formulées.
S’il est bon d’user de la liberté d’expression , il est risqué d’en abuser  au risque de la voir se réduire.
Cela provient de ce que depuis des décennies s’est instauré en France un climat de guerre virtuelle opposant, bloc contre bloc, les deux camps politiques adverses .  Il est normal de considérer « ennemi » tout ce qui n’est pas de son camp . À  l’image de ces tensions  et violences banalisées nos politiques multiplient  les «  dérapages » .
C’est  maintenant au tour du Maire d’une des principales villes de France ,qui a aussi de hautes fonctions dans nos institutions,  de s’être fait piéger par une vidéo  où il égrène  complaisamment des injures envers des citoyennes qui l’ont elle-même insulté. Il y a quelque mois  le Secrétaire Général de l’UMP devait s’excuser de propos insultants  envers une femme  , élue du peuple.
Cette accumulation prouve  qu’ à tous les niveaux  du pouvoir politique il est d’usage de manier l’insulte, tout comme pour le citoyen il est devenu normal d’injurier ses politiques.
En bafouant régulièrement ces principes  de base , c’est la République que nous outrageons.
Ces dérives ne peuvent servir l’idéal démocratique. Or la Démocratie est d’autant plus fragile qu’elle est rare dans le monde .
Ne serait-il pas temps de  retrouver un réel humanisme social qui poserait prioritairement le respect de la personne  et permettrait  d’établir un réel débat démocratique responsable ?
C’est un des enjeux des Démocrates qui, derrière François BAYROU, aspirent à voir porter « à son maximum la conscience et la responsabilité des citoyens » selon les mots de Marc SANGNIER .
Conscience et responsabilité de tous les citoyens jusqu’aux plus hauts responsables.

 
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