Avertir le modérateur

11/07/2009

Exigence démocrate et fondements éthiques


Ce n’est pas sans malaise que j’entends parler de « rénovation » du Mouvement Démocrate et des intentions de « changer » de son leader en réponse à l’agitation interne qui a suivi les élections Européennes.

En premier lieu ,plutôt que de nécessiter des changements , j’ai l‘impression , de par mes expériences , que le MoDem aurait surtout besoin d’être fidèle à lui-même.
Il a posé des textes fondateurs qui exigent un niveau de vigilance constante. C’est autour de ces valeurs que se sont fédérés nombre de nouveaux venus en politique.
Ce parti s’est à peine structuré dans les difficultés et n‘a même pas réussi à se roder dans une véritable cohésion.
Comme je l’ai dit précédemment le vrai dommage dans les élections Européennes est ce record d’abstention historique.
Le but n’est pas de faire du nombre, du chiffre, du pourcentage mais d’ouvrir un espace d’espoir face au désespoir larvé, à la profonde déception qui mine l’électorat.
Or cette attitude ne concerne pas que le Mouvement Démocrate, elle vise l’ensemble de la classe politique. Elle est grave en soi car comme je l’ai écrit  dans  l'article " Crise de confiance, crise de conscience " : (http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archiv... ) la confiance est extrêmement fragile. Lorsqu’elle s’est fissurée il est très difficile de la restaurer car il s’agit d’un élément immatériel subtil inhérent à la profondeur, à la conscience de la personne humaine et qu’on ne peut acheter ou réparer avec des moyens matériels.

Les élections Européennes ont été pour moi l’occasion de l’expérience du « terrain ».
Je croyais à priori que ce serait un des aspects les plus difficiles de l’action politique. Bien au contraire , je me suis aperçu que cette expérience très enrichissante est fondamentale pour avoir une vision claire des besoins du citoyen.
Or je dirais que celui-ci a d’abord besoin de confiance.
Il n’était nécessaire ni d’être voyant ni d’être suspendu aux sondages pour pressentir que l’élection allait mal et que l’abstention serait la grande gagnante.
J’ai participé à des opérations de « tractage » autant pour le Mouvement Démocrate que pour le mouvement Européen, association pluraliste issue de la Résistance dont le seul but était d’informer et d’inciter à voter.
Cela a permis une expérience complémentaire .
Et partout j’ai entendu le même complainte : « pour qui voter » « je ne vote plus depuis longtemps » « ils sont tous les mêmes , ça ne change rien » etc…
Tout cela dit avec des nuances allant de la révolte au désespoir en passant par le désenchantement mais signant un repli, un refus de participer à toute action publique avec certitude qu’il n’y aurait aucun moyen par là de peser sur le devenir.
Cela s’appelle en premier lieu l’échec du suffrage universel. Et cela concerne tous les partis, tous les politiciens, même si certains ont pu se réjouir d’être majoritaires d ‘une minorité.C’est regarder l’arbre qui cache la forêt. Car les Français, les citoyens, les électeurs, sont découragés.
Découragés, et inquiets de la marche du monde et de celle de la France. Parce qu’aussi ils ont pris l’habitude de déléguer totalement leurs pouvoirs au point de ne plus se sentir concernés, de ne plus se vivre en maillons actifs d’une démocratie.
Mais leur silence n’est pas une approbation tacite, ils sont souvent très lucides, conscients des impératifs et des dérives mais dans l’impossibilité de croire que telle ou telle formation saura y remédier. Les partis politiques ne peuvent être en deçà des exigences et des espérances citoyennes sous peine de perdre leurs raisons d’être .

Et puis l’Europe. C’est pour elle qu’étaient ces élections et non pour les scores des uns et des autres.
Et c’est elle qui a perdu.Ou plutôt c’est l’idéal qui la sous-tend qui a été oblitéré, asphyxié d’abord par un brouillard bureaucratique, puis par les rivalités politiques.
Mes actions pour le Mouvement Européen ont été les plus révélatrices et les plus décevantes car là il n’y avait aucune ambiguïté possible. Il ne s’agissait pas de proposer une couleur mais de «développer dans le peuple français la prise de conscience de l’Europe et de la communauté de destin des peuples qui la composent ».
Or j’avais pu envisager une certaine indifférence mais pas un désintérêt voulu et parfois un rejet virulent.
J’ai organisé à Menton un stand du Mouvement Européen que j’ai tenu avec ma Présidente départementale pour distribuer des brochures de la commission Européenne.
J’ai pu constater que la majorité des personnes ne souhaitaient même pas être informées alors qu’à l’évidence elles ne connaissaient pas le réel fonctionnement de l’Union.
C’est se retrouver devant un cercle vicieux. Comment des citoyens appelés au suffrage universel peuvent-ils agir pour le développement d’une structure qu’ils connaissent très mal et ne veulent même pas apprendre ?

J’ai eu l’occasion de transmettre ces inquiétudes avant les élections à Pat Cox , ancien Président du parlement Européen et actuel Président International du Mouvement Européen . Faisant partie de la délégation du Mouvement Européen des Alpes Maritimes j’ai eu le plaisir de converser durant tout un déjeuner avec lui. Pat Cox m’a donné une réponse très belle : « toutes les brochures les plus parfaites n’y changeront rien . Les gens ont maintenant besoins de plus d’émotion » Ce qui fait écho à ce que m’ a dit un membre du Bureau National du ME : ‘ « l’Europe à besoin de beaucoup, beaucoup d’amour. »
Amour et émotion sont des antidotes humanistes à une société que la bureaucratie et le mercantilisme déshumanisent de jour en jour jusqu’au rejet et au désespoir des peuples.C’est une société en panne d’idéal, en panne d’espoir qui s’essouffle et a besoin de retrouver du sens.

Le réalisme et le pragmatisme indispensables ne peuvent être la fin mais le moyen sans quoi ils mènent à la stérilité.

En période de crise où l’angoisse du quotidien se fait plus forte, où la pression matérielle s’exacerbe, c’est pourtant le moment de réinsuffler de l’espoir en des valeurs portantes qui méritent efforts et combats faute  de quoi le désespoir ou l’inertie risquent d’ouvrir la porte à un effritement de la démocratie ou à des dérives violentes.

Ce qui est grave dans ce rendez-vous manqué de l’historie, c’est que les peuples d’Europe dans leur ensemble n’aient pas pu voir en cette structure une raison d’espérer, un idéal à préserver et à renforcer , une voie pour leur avenir et celui du monde et qu’on assiste au contraire à ces replis nationalistes et individualistes . Comme ci ceux-là seuls pouvaient préserver des épreuves.
Alors que cette imbrication de crises qui nous confronte appelle à la solidarité, à l’éthique, à retrouver des mesures humaines pour répondre à la complexités des défis qui ne peuvent plus êtres négligés.

Tandis que je tenais un des bureaux de vote de ma commune où j’étais Déléguée de mon parti, j’observais les douze étoiles de l’étendard de l’Europe ondulant au vent. Et je me faisais la réflexion que c’était sans doute un des seuls drapeaux qui ne soit pas éclaboussé de sang, un des rares si ce n’est le seul au nom duquel le sang n’ait jamais coulé.
Les besoins économiques ne peuvent faire oublier ce besoin fondamental qu’est la Paix. Et l’économie elle-même ne peut se passer de Paix.
Et lorsque dans la Mairie de ma commune j’ai entendu les premiers résultats et l’importance de l’abstention ma première pensée a été pour Robert SCHUMAN .
Parce que la crise économique avait engendré le plus monstrueux des nationalismes, la barbarie et un conflit mondial des hommes de paix avaient juré « plus jamais cela » . Le génie de Robert SCHUMAN fut d’utiliser le pragmatisme pour servir l’idéal. Le charbon et l’acier furent le moyen mais le Paix était le but.

Il en est de même en politique, le parti est le moyen et non le but. Le but est la défense des valeurs fondatrices d’une société permettant le réel épanouissement de ses membres .
La structure organisationnelle est fondamentale. Mais la vigilance constante au jour le jour l’est tout autant sinon plus.
Je pense personnellement que si le MoDem n’a pas réalisé un bon score ,(tout comme la politique en général est discréditée) c’est qu’il n’a pas su prouver au jour le jour qu’il incarnait ce qu’il prône. La remise en question de ce parti, comme de toute la classe politique, doit aller bien au-delà du structurel si la politique elle-même veut retrouver sa mission fondamentale . Si elle veut redonner espoir et entraîner les citoyens vers une vigilance constante, vers un développement des consciences.

Le Paix et la démocratie ne sont pas des acquis définitifs.Ils se cultivent au jour le jour, ils sont un combat de tous les instants pour ne pas les voir rogner ou se rompre.
Le bien être humain ne peut s’en passer et si les solutions pratiques immédiates doivent être mises en œuvres pour palier aux urgences sociales, financières, environnementales, dans le même temps le fondement éthique qui seul pourra répondre réellement , durablement et en profondeur à ces problèmes doit être constamment retrouvé.
Telle devrait être la priorité et la constante vigilance Démocrate.

28/06/2009

Patience Démocrate


C’est une fatalité qu’une manifestation de prestige que je prépare draine actuellement tout mon temps et mon énergie.
L’heure il est vrai est au recul.
Et c’est bien le meilleur moyen pour tirer le bilan des expériences.
Pourtant ma réflexion politique demeure active et vigilante.
On assiste pour François BAYROU à une tentative de mise à mort apparemment  minutieusement programmée .
Ces lignes du  site  du Figaro- politique du 11 Juin 2009 dont je laisse toute la responsabilité à leur auteur, Samuel POTIER , semblent assez éclairantes au regard de l’actualité :

« le coup de grâce à Bayrou
Nicolas Sarkozy s'active en coulisses pour lui porter le coup de grâce.  Sa méthode : l'isoler de ses derniers soutiens importants, »
« Nicolas Sarkozy a un plan de rechange pour essayer de tordre le coup à François Bayrou »
« Entre les mauvais sondages et la détermination de Nicolas Sarkozy à l'éliminer, la route s'annonce longue pour François Bayrou (…)  »

Un programme  inquiétant pour la santé d’une démocratie.
Pourquoi un tel acharnement,contre un homme qui incarnerait tous les défauts dont ,avec constance,  on tente de l’affubler depuis 2007 ? Pourquoi pareille stratégie et   pilonnage  médiatique  organisé contre un adversaire de si peu d’envergure ?
Cet acharnement lui-même lui donne un poids, une reconnaissance de ce qu’il incarne quelque chose qui peut déranger.
Le faible score du MoDem aux Européennes même si il fut décevant n’est pas un drame en soi.
La gravité est dans le record  historique de l’abstention, dans ce rendez-vous manqué pour l’Europe.
En refusant de s’impliquer les électeurs, démissionnaires auront aidé à laisser  l’Union Européenne sur les rails d’une voie  qu’ils n’approuvent sans doute pas.
Ce qui démontre que dans les circonstances du monde actuel l’abstention, l’inertie ne peuvent s’identifier à la neutralité. Qu’elles ont un poids et servent in fine des desseins.
Le sursaut écologique serait  en lui-même un  symptôme positif . Mais quel poids réel ont les chiffres avec une si faible participation et face à une majorité si désabusée et découragée qu’elle s’est refusée à participer ?
Peut-on croire en l’avenir de ce rassemblement des Verts constitué d’éléments susceptibles de  s’opposer  autour du célèbre soixante-huitard ?
La poudre aux yeux médiatiques et la politique spectacle voudraient nous faire croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes  alors qu’en France  comme sur toute la planète il se délite.

Si demain les choses vont plus mal en France qui pourra rassembler les déçus du parti socialiste , les gaullistes désemparés , les UMP « d’avant » qui  se sentent déroutés et  tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans les clivages ?

Il faudra bien qu’existe cet espace qui correspond à la vision de François BAYROU d’un grand parti humaniste.

Il est urgent de se garder de conclure.
Et il est urgent de se rappeler que les enjeux de la France sont ceux de l’Europe et  que ceux de l’Europe  s’inscrivent dans un monde  qui ne peut plus être cloisonné.
En fractionnant la vision on crée des myopies et un désinvestissement des citoyens dangereux pour tous.
Plus que jamais l’heure est à la mobilisation des consciences.



12/06/2009

REPRISE PROCHAINE

Chers lecteurs,

Mon silence sur ce blog n’et pas dû aux résultats des élections Européennes mais à mon investissement  personnel, sur le terrain , en politique et pour le Mouvement Européen avant ces échéances  et qui m’oblige  maintenant à rattraper du temps pour mes  propres activités .
Je reviens très prochainement avec mon témoignage.
Merci de votre fidélité.

 

 

26/04/2009

Le terrain pour les Européennes

tractage_menton_25_._04_._09[1].jpg

Photo et article Nice Matin du 26 Avril 2009 :

Des responsables et militants MoDem  de  la 4ème circonscription des Alpes Maritimes en campagne  à Menton  pour les élections Européennes.
Votre auteur  au foulard orange.


S’engager et militer c’est aller sur le terrain. Afficher la couleur, amorcer  le dialogue.
Pour le Mouvement Démocrate des Alpes- Maritimes les opérations de tractage  ont commencé avec dynamisme.
Expérience encore  neuve et   donc enrichissante pour moi qui me retrouve désormais dans le camp des « politiques  ». Après des années de méfiance…
Il s‘agit de proposer et non d’imposer et de comprendre ceux qui , saturés de publicités et autres appels plus ou moins fiables  peuvent se montrer réticents . J’ai souvent ce réflexe…
Mais le message à transmettre est d’importance : ne pas manquer cette échéance électorale  d’autant plus capitale dans la période que nous vivons.

Les tracts envoyés par le national nous le martèlent :


«  Face à la crise , l’Europe est notre avenir  »
« Construisons une Europe plus humaine . L’Europe ce n’est pas seulement un marché, ce sont  des valeurs humanistes, un projet de société. »

Message plutôt bien perçu dans l’ensemble mais il y a encore tant  de désintérêt  pour ces élections et pour l’Europe qu’on sent qu’un long  combat est devant nous pour réveiller, inciter ces français à se sentir à nouveau des citoyens actifs, responsables, capables de peser sur leur avenir et celui du monde.
Quel grave échec en effet de la politique, tous partis confondus, que d’entendre à maintes reprises des propos désabusés, manifestant déceptions et sentiment d’impuissance. Incrédulité   face à une possibilité de changement réel ou de faire écouter sa voix. Manque de confiance dans les hommes politiques de tous bords renvoyés dos-à-dos.
Problème que j’avais traité dans mon article "De l'abstention citoyenne à la démission des politiques " http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archive/2008/03/22/de-l-abstention-citoyenne-a-la-demission-des-politiques.html


« Bon appétit Messieurs… » vous aurez fait bien du mal .
Et maintenant qu’il faut pouvoir rassembler, mobiliser  dans l’urgence,  cette inertie douloureuse ou cette révolte bouillonnante vont   vous faire face , risquant de fausser le jeu démocratique.
Qu’avez-vous fait de notre démocratie, de nos principes républicains , de nos institutions pour qu’après une  révolution tragique qui a ensanglanté notre histoire des citoyens se sentent exclus de tous pouvoirs décisionnels ?
Vous n’êtes pas tous  à blâmer, certes.
Mais vous avez  presque tous laissé s’établir un consensus malsain, et vous n’avez pas assez veillé à l’éducation citoyenne dès les jeunes années .
Et surtout trop d’entre vous ont usé et abusé des privilèges que la République  a empilés pour les représentants du peuple, vivant en vase clos dans une oligarchie coupée des réalités.

Pourtant l’histoire nous rabâche qu’un jour les peuples assoupis ou souffrants, se réveillent et  que leur inertie  apparente peut se muer en colère aveugle.

N’attendons pas ce jour pour remettre  à plat nos principes, retourner à leur source, et redonner aux hommes et aux femmes de la rue  et des marchés le sentiment qu’ils comptent en tant qu’humains , qu’ils  ne seront pas broyés par l’indifférence ou l’oppression et qu’ils ont un rôle à jouer  dans nos sociétés.

Construire une Europe humaniste c’est d’abord redonner confiance en la démocratie et au pouvoir politique.
C’est d’abord balayer chez nous pour que les français reprennent courage et confiance et aillent aux urnes .

 

le 7 Juin 2009 VOTEZ !

21/12/2008

La vision de l'Europe de Gilles ARTIGUES


Gilles Artigues Europe.jpg

Gilles ARTIGUES

Médiateur National  du Mouvement Démocrate, Conseiller Général de la Loire, proche et fidèle de François BAYROU, annonce sa candidature aux  élections Européennes.
On peut le retrouver  sur son site :www.gillesartigues.com

Pour «  Conscience et  Démocratie » il  a eu la gentillesse de développer la belle et forte vision de l’Europe qu’il souhaite défendre et promouvoir  .

Questions de Marie MAYER - Réponses de Gilles ARTIGUES :


Cher Gilles ARTIGUES j’ai eu l’occasion de partager le gîte  quelques jours avec Delphine JUSSELME votre suppléante au Conseil Général de la Loire  et vos co-listiers lors de l’Université de Rentrée 2008 du Mouvement Démocrate.
Tous ont loué votre calme, votre pondération, votre écoute. C’est certainement  une des raisons pour laquelle François BAYROU vous a confié la mission de Médiateur National du Mouvement, rôle difficile où il faut désamorcer les tensions pour fédérer.
Mises à part toutes options politique, ne pensez-vous pas que dans le monde en constante mutation dans lequel nous vivons , où l’imbrication des problèmes et des phénomènes peuvent induire des conséquences en séries et parfois conduire à des explosions, ces qualités humaines  qui permettent d’agir avec recul et clairvoyance sont fondamentales pour un Député Européen ?

La mission actuelle du Député européen est absolument fondamentale.

D’une part, il est le seul rouage de la mécanique communautaire à être élu directement par les peuples pour les représenter au sommet du pouvoir européen. Aussi doit-il être à l’écoute de ses concitoyens pour assurer une transmission correcte de leurs doléances aux instances dirigeantes, et à l’inverse, incarner l’Europe sur le terrain pour consolider son assise populaire.

D’autre part, les pouvoirs du Parlement européen sont désormais conséquents dans la mesure où il adopte ou rejette les textes de loi communautaires à égalité avec le Conseil des ministres sur une immense majorité des sujets abordés par l’organisation. A l’heure où les compétences de l’Union européenne ne cessent de s’accroître au regard d’une ampleur inédite des défis de notre monde, le Député européen porte ainsi la lourde charge de permettre au citoyen européen d’exercer une réelle influence sur son quotidien comme sur la destinée de tout un continent, voire au delà…

Le sens des responsabilités, l’ouverture d’esprit, l’aptitude au dialogue, la prise de recul, l’esprit d’analyse, l’indépendance de vue, l’aptitude à la Raison et le courage politique sont dès lors les qualités indispensables à tout Eurodéputé pour mener son action en faveur de l’intérêt général.


Le monde traverse une grave crise économique qui met en lumière les excès d’une société fondée sur la seule valeur de l’argent et de l’enrichissement à outrance.
Quelle mission voyez-vous à l’Europe pour répondre pratiquement aux déséquilibres  et dérives que cette crise révèle ?



Au fil de la campagne pour les élections présidentielles de 2007, François Bayrou n’a  cessé de mettre en garde les Français sur les dangers du modèle de société prôné par Nicolas Sarkozy. La suite des évènements lui a malheureusement donné raison. 

Emporté dans son « tout à l’ego », le Parti socialiste n’est pas plus capable de proposer une alternative innovante et viable qu’il ne l’a été par le passé pour dénoncer les dérives latentes du capitalisme débridé. Dans le camps adverse, les corrections apportées à une désastreuse politique socioéconomique sont inversement proportionnelles à la médiatisation du chef de l’Etat. Force est de reconnaître toutefois que ce dernier a pleinement exploité sa fonction éphémère de Président de l’Union européenne pour mobiliser et unir les Etats membres face à une crise inédite depuis les années 1930. Il a effectivement réussi à les accorder sur le sauvetage du système financier européen suivant l’exemple anglais de Gordon Brown. Son activisme désordonné et autoritaire a néanmoins fini par irriter ses partenaires, principalement allemands, ce qui a sans doute empêché les Européens de s’entendre sur un véritable plan de relance socioéconomique commun. Ainsi se sont-ils contentés du minimum syndical, à savoir une coordination de leurs politiques respectives dans le cadre d’un projet global de 200 milliards d’euros.

Naturellement, la somme n’est pas négligeable dans la mesure où elle représente 1,5% de la richesse globale de l’Union européenne. L’effort consenti par les 27 pays sous l’impulsion communautaire est donc à saluer. Il est aussi à relativiser. Tout d’abord, il représente seulement les deux tiers de son homologue chinois et la moitié de son semblable américain. Ensuite, le montant européen est surtout un affichage promotionnel de la Présidence française :il est le fruit de l’amalgame audacieux des actions nationales auxquelles a été ajouté un apport de la Banque Européenne d’Investissement à hauteur de 30 milliards d’euros sur 3 ans, soit à peine 300 millions d’euros par Etat et par an... Par ailleurs, la concertation européenne soit disant voulue et obtenue par Nicolas Sarkozy peut être sérieusement mise en doute en l’absence d’un véritable gouvernement socioéconomique de l’Union européenne, bien au delà de l’Eurogroupe !

Or, les attentes du citoyen européen croissent vis-à-vis de l’Europe. Conscient des limites des Etats nationaux comme des opportunités de l’Union européenne, il commence à se tourner vers la seconde au détriment des premiers, qui plus est au cœur d’une période troublée et difficile. La crise est dès lors une menace comme une chance pour la construction communautaire : une menace de paralysie, voire de délitement, si elle ne parvient pas à satisfaire les aspirations de ses peuples ; une chance de l’étayer dans le cas inverse. En d’autres termes, l’Union européenne se trouve à un tournant de son histoire. En France, le MoDem est le mieux placé pour l’aider à le négocier. Le pari est de construire une société fondée non sur l’égoïsme mais sur la solidarité, non sur le profit mais sur le progrès, non sur l’excès mais sur la Raison, non sur la vilité mais sur l’éthique, non sur l’adulation de l’argent mais sur le respect de la vie… Telle est la principale mission de l’Europe pour les années à venir ! Les bases existent puisque l’Union européenne s’est récemment engagée sur la voie d’un développement durable au service de l’Homme, cas unique au monde. L’ambition lui fait toutefois défaut pour accentuer le mouvement. Le MoDem doit lui en insuffler aux côtés de ses partenaires et amis étrangers pour parvenir à une Europe volontaire, dynamique, innovante et humaine…


Le Mouvement Démocrate  veut , selon  le souhait de François BAYROU, s’atteler à bâtir un modèle de société humaniste pour le XXIème siècle.
Quelle sera la voix d’un Député Européen MoDem, et en particulier la votre, pour œuvrer dans cette direction au sein de l’Union Européenne ?



La force du Parlement européen réside dans sa double nature démocratique et supranationale. Démocratique dans la mesure où il est la manifestation de la volonté populaire, ce qui le différencie de la Commission européenne. Supranationale puisque les Eurodéputés ne se regroupent pas en délégations nationales mais au sein de formations idéologiques, ce qui le distingue cette fois du Conseil des ministres. Il est dès lors le principal défenseur de l’intérêt général de la population de l’Union européenne, citoyens et résidents. Un député européen doit absolument se concentrer sur cet aspect : son objectif n’est pas de défendre une entité politique ou économique mais les individus dispersés sur le territoire communautaire. Il lui faut installer l’Homme au centre de sa réflexion comme de son action. Un parlementaire MoDem aura en tous cas à cœur de tendre vers cet idéal.


Une société humaniste implique de donner priorité au développement  et à l’épanouissement de la personne selon ses droits et besoins tels que la Convention Universelle  des Droits de l’Homme les a définis depuis 60 ans .
Sur le plan social, économique, culturel, environnemental quelles sont pour vous les priorités que vous aurez à défendre ?


À mon sens, la crise actuelle nécessite un accroissement des efforts comme une concentration des moyens.

L’accroissement des efforts est nécessairement financier à l’heure où les Européens doivent se montrer plus que jamais solidaires et novateurs pour progresser vers un modèle humaniste de société plus moral, plus juste, plus raisonnable et plus durable. Cet idéal est condamné à demeurer utopie si l’Union européenne se contente du budget ridicule de ces dernières années (il représente seulement 1% de la richesse européenne tandis que son homologue américain correspond à 20% du Produit Intérieur Brut des Etats-Unis, pays réputé pour son ultra-libéralisme…). L’augmentation budgétaire peut être obtenue grâce à des obligations européennes émises sur les marchés financiers (si les investisseurs se détournent des entreprises diverses et variées comme des Etats les moins vertueux en cette période de doutes et de craintes, ils auront à coup sûr intérêt à prêter à la plus saine et plus puissante économie du monde !) et/ou par le biais de nouvelles taxes, qui plus est sur les activités polluantes et spéculatrices. Dans les deux cas, non seulement le contribuable sera peu touché mais l’Union européenne s’investira aussi pour réguler le capitalisme mondial en même temps d’injecter une masse considérable d’argent dans son économie pour la dynamiser, créer des emplois et réduire la pauvreté…

Pour obtenir les effets escomptés dans un minimum de temps, il lui faudra impérativement concentrer ses nouveaux moyens sur une gamme réduite de priorités sociales (prêts aux démunis, construction de logements bon marché, formation des moins qualifiés, suivi des personnes marginalisées sur le marché du travail, etc.), économiques (soutien financier et technique des petites et moyennes entreprises, développement des infrastructures, innovations technologiques et méthodologiques, incitation à la recherche, etc.) et culturelles (institution d’une fête des cultures européennes annuelle, encouragement à la création, rénovation du patrimoine architectural, etc.). Rassurez-vous : je n’ai pas oublié l’Environnement, loin s’en faut ! En fait, l’importance majeure de la question m’amène à la traiter au sein de toutes les actions à mener dans l’avenir. En d’autres termes, je pense qu’il serait plus efficace de généraliser l’écoconditionnalité de la Politique Agricole Commune à toutes les politiques comme tous les programmes de l’Union européenne dans le cadre d’un profond et solide développement durable. De la même manière, je suis partisan d’imposer une éthiconditionnalité des aides européennes, ce qui consisterait, par exemple, à demander à une entreprise en bonne santé le remboursement avec intérêt des subventions perçues en cas de licenciements injustifiés…  


En réponse à cette crise financière d’ampleur séculaire comme l’a qualifiée François BAYROU, nous devons inventer une société où le développement durable, la défense de l’Environnement , la justice sociale  et une conscience planétaire ne seront plus passés au second plan.
L’Europe peut-elle devenir un modèle, une sorte de laboratoire de cette nouvelle société ?


L’Union européenne est d’ores et déjà un modèle pour le monde aux plans de l’Environnement comme de la Justice sociale. Sur le premier sujet, ses Etats membres sont les premiers et les seuls sur la planète à s’être obligés à de conséquents efforts à diminuer leur consommation énergétique et à développer les énergies renouvelables pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Le Sommet de Bruxelles des 11 et 12 décembre 2008 a confirmé cette extraordinaire politique avec des objectifs de 20% pour l’année 2020 dans les trois domaines cités précédemment. Bien sûr, certaines puissances comme l’Allemagne, l’Italie ou la Pologne ont obtenu des exemptions de manière à préserver leurs industries en période de crise. J’ai été désolé de l’apprendre car je crois cette reculade de la Présidence française particulièrement regrettable, et ce, pour deux raisons : premièrement, elle risque de rendre difficile la réalisation desdits objectifs dans les délais impartis ; deuxièmement, elle freinera sans nul doute les efforts de recherche, d’invention et d’équipement non seulement nécessaires à la préservation de l’environnement mais aussi susceptibles d’ouvrir la voie à une économie nouvelle dans le cadre d’une société régénérée…


Pour l’homme de la rue en France, mon boulanger ou mon garagiste, l’Europe est plus souvent une entité administrative  étouffante qu’un idéal ou un pôle de stabilité du monde.
Comment les Eurodéputés du Mouvement Démocrate pourront- ils œuvrer à leur redonner confiance en cet avenir, à leur faire sentir que l’Europe c’est eux ?


Tout d’abord, il est vital d’informer la population sur l’Union européenne, ses origines, ses objectifs, ses mécanismes et ses implications sur le terrain. En effet, la communication en la matière est inexistante. Or, l’homme de la rue a naturellement tendance à se méfier de ce qu’il ne connaît pas ou mal. Le MoDem doit dès lors consacrer une partie de son énergie à aller à la rencontre des boulangers, des garagistes, des infirmières ou des éboueurs pour leur expliquer l’Europe dans ses dimensions les plus concrètes et positives (certains politiques et médias se chargent déjà des aspects négatifs, et ce, avec une hypocrisie et une mauvaise foi absolument scandaleuse !). En effet, si l’Union européenne est imparfaite (les eurodéputés démocrates auront à cœur d’en corriger les erreurs, les manques et les faiblesses), elle agit quotidiennement au profit de tous ses habitants selon des mécanismes parfaitement démocratiques, ce dont ne sont malheureusement pas conscients les citoyens (j’essaie de donner des exemples concrets sur mon site). Ensuite, le MoDem doit naturellement proposer un projet européen particulièrement ambitieux pour l’avenir. Je tiens à souligner ici que nous ne souffrons certainement pas d’un excès d’Europe mais de son contraire ! Les défis présents et futurs dépassent désormais le seul cadre de nos frontières nationales. Un Etat à l’image de la France n’est ainsi plus en mesure d’y répondre convenablement pour le bien de sa population. Il a toutefois à sa disposition un extraordinaire instrument pour surmonter toutes ses épreuves avec succès : l’Europe ! Encore faut-il que cet outil soit opérationnel… Il le sera à la seule condition de passer outre une bonne fois pour toute les suspicions et égoïsmes nationaux dans la perspective d’une coopération toujours plus étroite, efficace et durable des intelligences européennes.



Quelle doit être pour vous l’apport principal de la France dans l’Union Européenne ?


Je ne pense pas être chauvin à prétendre que la France est vitale pour l’Union européenne : tout d’abord, elle en est à l’origine (la journée de l’Europe célèbre le discours prononcé le 9 mai 1950 par Robert Schuman, Ministre français des Affaires étrangères, en faveur d’une Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, première étape de la construction européenne) ; ensuite, aux côtés de l’Allemagne, elle en est le moteur (les deux associés sont la source de ses progrès successifs) ; enfin, elle en est une des principales inspiratrices (la législation européenne, notamment sociale, est très souvent son œuvre). Aussi ai-je été particulièrement triste du résultat négatif du référendum sur le Traité constitutionnel en 2005. Quelles que soient les explications de ce vote (elles sont multiples et variées), les conséquences ont été catastrophiques pour notre pays ! En effet, ses partenaires européens n’ont pas compris le rejet par les Français d’un texte imaginé par eux-mêmes… Aussi s’est-il gravement discrédité pour finalement perdre une partie de son influence sur la scène communautaire. Je reconnais que l’action volontaire et énergique de Nicolas Sarkozy pour sortir l’Europe de la léthargie dans laquelle cet échec l’avait plongé a eu le mérite de rendre son rang légitime à la France. Malheureusement, sa désinvolture associée à son indélicatesse a gravement plombé le couple franco-allemand, ce qui hypothèque les chances de progrès futurs de la construction européenne. Le MoDem a ainsi l’impérieuse obligation de renouer le dialogue avec nos amis Outre-Rhin, notamment au Parlement européen, dans la perspective d’orienter l’Europe sur la bonne voie…


Pensez-vous qu’une conscience Européenne se développe et puisse  aider nos pays à reprendre espoir et à sentir  qu’ils ont un rôle  à jouer dans le monde ?


Hélas, le citoyen européen est aujourd’hui très loin de se considérer comme tel, qui plus est au sein des villes et campagnes distantes des frontières ! En effet, la citoyenneté est intimement liée à l’identité, c’est à dire la conscience et la volonté d’appartenance à une communauté. Or, mis à part l’euro (très souvent décrié pour son défaut inflationniste supposé), rien ne permet vraiment à une immense majorité de Français casaniers (ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à demeurer dans le cadre de leurs frontières nationales) de se sentir Européens. Les implications concrètes et quotidiennes sur le terrain sont précisément peu perceptibles et valorisées. L’Europe demeure ainsi abstraite. Mobiliser l’homme de la rue au profit de cette cause, aussi noble soit-elle, est dès lors difficile, voire impossible. Comme l’Union européenne ne pourra se développer, voire survivre, sans l’adhésion de ses peuples, il est primordial de remédier au problème. Je propose notamment une information permanente, pertinente et percutante du grand public ; un véritable brassage des populations (service civil européen, jumelages, etc.) ; et l’usage régulier des symboles (obligation de dresser le drapeau européen sur les bâtiments officiels, application d’une étoile surmontée du sigle UE sur les timbres, marquage communautaire visible sur tous les documents administratifs, mise en exergue de la Charte européenne des droits fondamentaux, remise de la citoyenneté européenne en même temps que son homologue, etc.).


Quelle place voyez vous pour l’Europe dans le monde notamment face aux pays émergeants  qu’elle devrait pouvoir  aider à trouver leur équilibre si elle maintient et développe le sien ?


La réussite de la construction européenne est vitale pour l’ensemble de la planète. L’Europe participe en effet de l’équilibre du monde depuis des millénaires. L’Histoire a tout particulièrement démontré que sa désunion était capable de jeter l’humanité entière dans l’horreur de la guerre, de ses souffrances, de ses destructions et autres abominations. Les Européens doivent désormais prouver que leur union est susceptible de la conduire vers un monde meilleur, c’est à dire plus équitable, plus stable, plus harmonieux et plus durable. Pour y parvenir, l’Union européenne dispose de deux atouts majeurs, uniques en leur genre, à savoir son modèle de société moderne et son aide aux tiers les plus pauvres. Le MoDem est sans doute le mieux à même de l’encourager à découvrir et exploiter son extraordinaire potentiel pour entraîner le reste du globe sur la voie du progrès collectif, juste et viable.


Merci beaucoup, Gilles ARTIGUES,  pour cette belle vision de l’Europe que nous devons tous, chacun avec nos moyens, aider à faire développer.
Très bonne chance à vous pour porter cet idéal fort, démocratique et humaniste, enraciné dans les principes fondamentaux  et  adapté aux besoins et urgences d’un monde en pleine mutation .

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu