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07/11/2010

L’éthique condition de notre survie


Le Président Chinois en visite en France. Silence pesant de la majorité de la classe politique. Tapis rouge et pas feutrés. Il faut amadouer, séduire «  l’ homme le plus puissant de la planète » dans l’espoir de signer des contrats.
Ceux-ci feront office de Providence, de manne céleste accordée généreusement pas l’ex  «  Céleste Empire » .

Qu’il faille défendre l’intérêt de la nation, établir un partenariat avec cette grande puissance émergente, c’est une évidence face à la mondialisation, à une inéluctable évolution du  monde.
Une  juste revanche de pays autrefois écrasés par l’occident arrogant et prédateur .
Mais  cela peut-il se faire à tout prix ? En faisant l’impasse sur les droits de l’Homme, fondements de nos démocraties, en voulant oublier les souffrances de peuple Tibétain spolié de son identité, en atermoyant face au problème  du maintien d’un taux de change bas  du yuan qui a permis cette fulgurante ascension du géant  Chinois et met en péril nos économies ?

Sous la pression de la crise internationale nous tendon à renier ce qui devrait être la raison d’être de nos démocraties  , de telle sorte que notre voix ne pourra que s’affaiblir sur la scène mondiale.
Entendre dire que le Président  Chinois, Président du parti Communiste, a exigé de ne croiser personne sur son passage de telle sorte qu’on a dû  faire le vide à grand renfort de forces  de l’ordre est surréaliste et  aberrant.

Nous souvenons-nous de ce qu’est sensée   être la démocratie , «  le pouvoir du peuple » ?
Peuple qu’on doit évacuer sur le passage des «  puissants »  contrairement à toute  réelle  mise en pratique de nos valeurs …
Nous nous sommes tellement habitués à ce que la République, sous le fallacieux  prétexte de célébrer  ses principes,  reprenne tous les poncifs du pouvoir monarchique ou impérial jusqu’à  trouver normal de voir  deux représentants de leurs  peuples respectifs isolés par la force armée du peuple de France qu’on écarte de leur passage…

Accueillir et honorer la Chine dans un monde multipolaire ouvert à l’autre,  certes.
Mais ne voir en ce grand pays qu’un marché  ou une puissance d’argent à flatter pour cette unique raison est-ce lui rendre justice ?
Après  avoir fait souffrir le monde de nos méfaits coloniaux allons nous laisser se développer une forme de néocolonialisme où les peuples d’Europe , craintifs, devront renoncer  à des principes fondés dans l’épreuve au  fil du temps , de révolutions en guerres,  pour finalement  plier le genou devant la richesse financière  développée  par  les pays émergents ?

Non seulement ce serait à notre détriment mais aussi  à celui de ces peuples qui ont dans leur histoire et leurs anciennes sagesses des richesses non matérielles à apporter au monde.

L’œil rivé sur les cours de la bourse , leur reconnaîtrons nous leurs qualités intrinsèques ?
Ou les condamnerons-nous à retourner contre nous des méthodes dont ils ont  eux-mêmes  souffert ?

Pour emporter des marchés sur le court terme  ne  risquons nous pas d’avoir été d’une  part  trop laxistes sur la défense des droits humains et trop peu vigilants sur la défense de nos intérêts économiques nationaux dans le futur(vraisemblablement  pour laisser de puissants groupes privés profiter de la situation )  et finalement de perdre sur toute la ligne ?

Un intéressant article du Monde du 5 Novembre 2010 par Friedbert Pflüger, Professeur  honoraire en politique internationale au Kings College de Londres, décrit les risques de conflits  et la menace pour nos économies  dus   au monopole par la Chine des minerais rares indispensables aux nouvelles technologies.
À sa lecture, il paraît évident qu’une harmonisation de la politique Européenne et l’élaboration d’une stratégie commune est à la fois impérative et urgente.

Au-delà du simple bon sens comment pourrions-nous élaborer une telle stratégie sans asseoir celle-ci sur nos valeurs fondatrices et retrouver un sens au progrès humain autre que le profit brutal et mal réparti ?

Friedbert Pflüger ne conclut pas autrement :

« Mais à long terme, une politique fondée sur des critères éthiques non seulement permettra à l’Occident d’avoir pour lui la morale, mais s’avérera de surcroît économiquement plus profitable.
La sauvegarde des ressources  ne restera viable  que si l’Europe ne considère plus les pays du monde en développement comme de simples gisements de matières premières, mais comme des partenaires   »

En d’autres termes, d’un point de vue simplement stratégique,  si nous voulons à la fois sauver nos économies et nos identités , et avec elles les fondements  de nos démocraties , il nous est imposé d’être à la hauteur de ceux-ci. Et de sortir de  la dialectique du profit à l’état brut et de la vision à court terme pour redonner  un sens à notre démarche.
Celui qui fera de l’épanouissement de l’humain la priorité. Et ce à   l’échelle planétaire et dans le respect de  notre environnement naturel.
C’est ainsi que nous pourrons  établir un réel partenariat enrichissant à tous les niveaux  avec les  autres peuples.

15/08/2008

Une pensée pour le peuple Tibétain

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Photo : Moines et Abbé d'un monastère Tibétain de Darjeeling( Inde) recueillis chez moi lors d'une tournée de danses sacrées en France afin de  collecter des fonds pour la création d'un dispensaire.



« un grand pays n’a  pas  de plus grand plaisir que de rassembler et faire vivre les peuples ; » Lao Tseu – Tao Te King –60


Quelle tristesse que ces premiers Jeux Oympiques Chinois se déroulent avec en toile de fond les souffrances du peuple Tibétain.
C’était pourtant un important événement pour le monde que ce grand pays à la culture millénaire prenne sa place parmi les nations  d’accueil des jeux.
Mercredi 13 août le Dalaï  Lama ,reçu au Sénat  ,a affirmé aux élus qu’il a rencontrés, que , pendant les jeux la répression Chinoise continue  avec férocité au Tibet  et a demandé le plus grand soutien de l’Europe alors qu’un million de colons doivent être envoyés par la Chine pour diluer la culture Tibétaine.
Le fait que le Président Sarkozy se soit rendu à Pekin  pour la cérémonie  d’ouverture des jeux alors que ses homologues Allemands et Anglais s’y sont refusés, prend d’autant plus de poids qu’il préside actuellement  l’Europe.
Il a marqué de la sorte un peu plus son alignement derrière le Président Bush et il tend à entraîner l’Europe dans cette démarche.
Elle en ressortira affaiblie dans son image  car si elle avait su parler d’une seule voix sur des principes  fondamentaux , elle se serait imposée comme un pilier stable  pour le monde.
Au nom de la « réalpolitique »c’est un rendez-vous de l’Histoire qui aura été manqué et  qui  aura des conséquences au-delà du peuple Tibétain.
Le Prix Nobel de la Paix  Tibétain a bien insisté sur le fait qu’il ne fallait pas isoler la Chine, pays le plus peuplé du monde et qu’il était essentiel
qu’elle soit amenée à faire partie de la communauté mondiale mais que  pour autant il y avait  des principes à ne pas sacrifier, ceux de la démocratie, des droits de l’Homme , de la liberté religieuse.Il a estimé que la communauté internationale avait la "responsabilité d'entraîner la Chine sur le chemin de la démocratie".

Il y a malheureusement longtemps que le Dalaï Lama en appelle  ainsi  à notre vigilance .
Dans «  Au-delà des dogmes  » Albin Michel 1994, il lançait déjà cet appel :
« Tant que, dans un pays comme la Chine , aussi peuplé et doté de la puissance nucléaire, subsistera le régime totalitaire que nous connaissons et qui va jusqu’à donner la primauté aux armes, un grave sujet de préoccupation demeurera. C’est pourquoi il y va de la responsabilité du monde entier d’aider les forces démocratiques , en Chine et en dehors de la Chine »
Quels mobiles réels nous poussent  à nous écarter d’une telle démarche de sagesse  et d’humanité ?
Les réalités économiques ou diplomatiques ?
Ces réalités seraient-elles moindre pour l’Angleterre et l’Allemagne que pour la France ?
En sacrifiant  des principes essentiels pour le monde nous ne rendons pas non plus service à la Chine  à qui nous n’accordons pas l’intérêt qu’elle mérite.
Celle d’une nation millénaire au passé de sagesse et de culture que nous tendrions à réduire à un simple «  marché  » à capter.  Au besoin à n’importe quel prix.
Nous, peuples d’Europe, ne sommes placés pour donner des leçons de démocratie au monde que si nous acceptons d’en faire une priorité  et de reconnaître que c’est par l’histoire ,  par des siècles d’erreurs ,de fautes, de tragédies, de larmes et de sang que nous en avons réalisé le besoin vital.
Parce que l’histoire nous a appris que l’oppression et la tyranie ne pouvaient
engendrer que  la révolte et le malheur.
Et pour partager cette conviction avec d’autres peuples, il faut d’abord respecter en eux ce qu’ils ont de plus précieux et leur faire comprendre notre réel intérêt pour leurs identités.
Rappelons à la Chine qu’elle peut puiser en elle les ressources d’une grande nation démocratique ,  capable d’apporter sa voix dans le concert  des nations du monde libre.
Les Démocrates de France apprécieront  cette analyse philosophico-politique de Lao Tseu toujours d’actualité :
« Lorsque le gouvernement est simple et indulgent , le peuple est riche et généreux ; lorsque le gouvernement est formaliste et tracassier, le peuple est besogneux et mesquin .

Le bonheur repose sur le malheur ; le malheur couve sous le bonheur. Qui connaît  leur apogée respective ?

`Si le gouvernement est sans droiture, la droiture devient erreur, et le bien devient perversité. Les hommes sont égarés et cela dure depuis longtemps.


C’est pourquoi le Saint Homme prescrit sans blesser, exhorte sans vexer, rectifie sans contraindre, éclaire sans éblouir
. »
Lao Tseu- extrait du Tao Te King – 58- env 570 ans avant Jésus Christ *

*Lao Tseu – Tao Te King –Editions Dervy Livres




18/07/2008

Droits de l’Homme sans ambiguïtés


« … considérant que l’ignorance,l’oubli ou le mépris des droits de l’homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements (…)
Extrait du préambule à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août  1789.

Les cérémonies du 14 Juillet 2008 se sont voulues un hymne pacifique et pacificateur pour le monde depuis la nation des Droits de l’Homme .
Tout a semblé aller à la perfection pour ce grand spectacle politique minutieusement réglé :
-pose de la première pierre de l’UPM la veille,  réunissant à Paris  de nombreux  Chefs d’Etats Arabes et le Premier Ministre Israélien
-défilé de Casques bleus devant des tribunes chargées de ces mêmes dirigeants et en la présence du Secrétaire Général des Nations  Unies
 Ban Ki-moon , invité d’honneur
-lecture d’extraits de la Convention Universelle des Droits de l’Homme
-mise à l’honneur de l’ex -otage des FARC enfin libérée après un calvaire de six ans de souffrances et d’angoisses

Des symboles à profusion pour cette Fête nationale de la patrie qui a engendré la Déclaration des Droits de l’homme.

Pourquoi alors ce sentiment de malaise ou de doute ?
Ou plus exactement d’ambiguïté ?

C’est qu’en contrepoint de ce bel hymne Républicain résonnent des notes discordantes :

- la présence dans la tribune Présidentielle du Président Syrien Bachar-al-Assad traité avec les honneurs dus  au chef d’une Démocratie respectueuse des Droits de l’Homme
- l’ancien Président de la République Jaques CHIRAC laissant dire par son entourage qu’il boycottait ces festivités en raison de la  présence du Président Syrien  au défilé alors que la Syrie  a été mise en cause dans l’assassinat  de l’ex-Premier Ministre Libanais Rafic Harari victime d’un attentat en 2005.
- Un autre ancien Président de la République , Valery GISCARD d’ESTAING qui, dans une interview au Nouvel Observateur  confirme la positon de  Jaques CHIRAC en indiquant qu’il l’approuve et que s’il fallait inviter le premier Syrien à Paris au sommet de l’UPM, il n’avait pas sa place dans la tribune d’honneur  du défilé du 14 Juillet.
- Opinion clamée  par les organisations de défense des Droits de l’Homme
- Et lorsque  , au nom de ces droits , des  représentants de certaines organisations ont tenté de  manifester contre cette présence, ils ont été réprimés ou appréhendés.
Réprimés ou appréhendés le jour où l’on célèbre la démolition d’une  citadelle de la tyrannie, commémoration symbolique qui invite à détruire tous les bastions des tyrannies du monde, toutes les formes d’atteintes à la personne humaine, qui l’enferme matériellement ou moralement, la privant de sa dignité ou de son intégrité.
Pour ne pas troubler cette célébration ? Paradoxe et ambiguïté.

- Avant que ne défilent les corps de l’Armée Française,  celle–ci était  en proie à une crise importante vis-à-vis de son chef suprême , inquiétée ou indignée  de ses dires ou de ses actes, notamment en  matière de politique étrangère .
-  Peu de temps avant que ne soient  rappelés, Place de la Concorde, les termes de la Convention Universelle des Droits de l’Homme, le Président Sarkozy venait de confirmer sa présence à l’ouverture des Jeux Olympiques de Pekin. Pour  «  ne pas humilier un quart de l’humanité » . Un quart de l’humanité à qui maints articles de cette convention ne sont pas appliqués .
Décision qui vient après   des excuses à répétitions  de la France et l’envoi d’émissaires en Chine qui selon Marielle de SARNEZ ont troublé et affaibli notre image : « Nous avons en quelque sorte cédé aux intimidations chinoises et au chantage chinois. Tout ceci n'a pas grandi l'image de la France. » estime-t-elle

Certes le jeu de la diplomatie dans un monde aussi complexe et explosif est d’une  rare difficulté et en l’espèce la fin justifie souvent les moyens.

Il  nous faudrait donc  admettre qu’il ne s’agirait que de réalisme , de «  Realpolitique » .
Ou d’ambiguïté ?

Il y a quelque six mois le Chef Lybien  Mouammar KADHAFI était reçu en grande pompe à Paris,  plantant sa tente dans les jardins de l’Hôtel Marigny et hôte d’une  réception  à l'Hôtel de Lassay, résidence officielle du président de l'Assemblée Nationale,  que même des députés UMP avaient boycottée.
C’était  , nous disait-t-on , pour le bien de la Paix du monde et surtout de l’économie Française.
Une fois la tente repliée et le tapis rouge roulé, l’hôte de marque s’est empressé de rompre ses contrats et de s’opposer au projet de l’UPM initié par le Président Français qui l’avait tant choyé.
Qui dira ce que demain sera ?
Et si les concessions  au Gouvernement Chinois et au Président Syrien n’engendreront pas des résultats similaires ?
C’est qu’en matière de Droits de l’Homme il ne  paraît pas possible de cultiver l’ambiguïté.
Pour être fidèle  à son héritage, celle de la première nation du monde à avoir circonscrit aussi clairement  les droits de la personne humaine, la France doit établir une société prioritairement humaniste.
Tel n’est pas son choix.
Le Président Sarkozy privilégie d’abord l’argent, selon le modèle de l’ultra libéralisme à l’Américaine  qui enserre le monde de manière tentaculaire.
Si l’argent ne fait pourtant pas le bonheur,  on s’aperçoit aussi  qu’il est volatile. Et que la spéculation à outrance entraîne des appauvrissements et le malheur.
Il est donc urgent de redéfinir  une société qui se préoccupe d ‘abord des vrais besoins de l’humanité.
C’est cette société-là qui saura poser les Droits de l’Homme comme pierre d’angle. Sans ambiguïtés.
C’est à  ce nouveau modèle de société, à cet « humanisme du XXIème siècle » que François BAYROU et les Démocrates veulent travailler alors que nous  sommes confrontés chaque jour aux impasses des sociétés qui n’ont pas su se donner cette priorité et qui partout engendrent  la souffrance de l’homme et des autres êtres vivants ainsi que de l’environnement planétaire lui-même.

06/06/2008

Les Droits de l’Homme sont les Droits de la Femme


A la suite de la polémique qui enfle en raison du jugement de Lille qui a annulé un mariage à la demande d’un époux de confession Musulmane pour non virginité de sa conjointe , il n’est pas inutile de revoir les principes fondateurs de notre Démocratie qui en sont ébranlés :

Déclaration des droits de l’homme et du Citoyen du 26 Août 1789 :

Art. Premier : Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits(…)

Art 5 – la loi n‘a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société (…)

Art 6 – La loi est l’expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs représentants à sa formation.Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse(…)

Déclaration Universelle des droits de l’Homme
adoptée le 10 Décembre 1948 à Paris par 58 états membres des Nations Unies dont la France :

Article 7
Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.

Article 16
1. A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
(…)

L’application de l’article 180 du Code Civil pour erreur sur « des qualités essentielles de la personne » appliqué à la non virginité de l’épouse permet de facto une validation par la Justice de la République Française de la Charia Islamique , comme l'a souligné Corinne LEPAGE, et aboutirait  à officialiser et légaliser la répudiation traditionnelle liée aux préjugés religieux.

Il est évident que les critères du demandeur sont fondés sur des traditions ou dogmes religieux et qu’en y faisant droit , la Justice Républicaine, tend à les valider et à s’opposer aux principes de laïcité.

Accepter ce jugement ouvre la porte au fondement d’une Jurisprudence où pourront s’engouffrer des exigences similaires fondées sur d’autres dogmatismes religieux ou sectaires.

Il est bien évident qu’aucune femme ne pourrait obtenir un jugement semblable contre son conjoint et que cette décision met de la sorte à mal le principe d’égalité devant la Loi.
`
Ce sont donc deux principes fondateurs et essentiels de nos institutions Républicaines, égalité et laïcité, qui sont atteints par cette décision de Justice qui introduit une direction susceptible de les saper gravement.

Il parait invraisemblable que l’application stricto sensu de notre Code Civil puisse s’opposer aux principes constitutionnels des droits humains Républicains.

Ce jugement agit donc comme un catalyseur d’un problème de fond qui nous confronte .
Il n’est pas étonnant qu’il suscite autant d’émotion et que nombre d’avis éminents soient émis pour remettre en question la pertinence de nos lois face a des situations qui n’étaient pas prévisibles lors de leurs adoptions.


Il pose aussi les problèmes du délicat principe de tolérance vis à vis de toutes croyances et cultures qui ne peut entraîner un reniement de nos valeurs Républicaines.

Si dans un esprit de bienveillance vis à vis des coutumes communautaires nous bafouons la Démocratie, c’est un dommage dont tous auront à pâtir, de ceux qui sont accueillis sur notre sol à ceux qui s’y réfugient pour fuir des régimes ou coutumes contraires à la liberté ou à la dignité jusqu’à ceux qui ,dans toutes parties du globe, plient sous la tyrannie et la barbarie et tournent leurs espoirs vers nos nations sensées défendre les Droits de l’Homme.

La France , en raison de son héritage, doit trouver les moyens de répondre à tous les problèmes posés par la mondialisation, le brassage des cultures et croyances et les déplacements de populations.

Elle doit rappeler ou démontrer que les Droits de l’Homme sont les droits de la femme, être humain à part entière , qui doit être respecté dans toute son intégrité .

La jeune femme qui est à l’origine de ce tumulte doit en souffrir à tous les niveaux de sa personne : vraisemblablement contrainte à un mariage non souhaité, rejetée, accusée et répudiée, puis par le fait même de cette répudiation, brandie au feu médiatique et enfin ramenée à ce mariage indésirable par l’Appel de circonstance initié par la Garde des Sceaux.

En l’espèce elle se trouve victime à la foi des coutumes communautaires et de nos lacunes Républicaines.

Doublement victime, on ne peut qu’espérer que sa souffrance morale puisse au moins servir à un éveil des consciences qui fasse évoluer la société vers une véritable protection des femmes de toutes communautés.

Tous les problèmes sociaux et humains , au niveau national comme au niveau mondial, ne pourront se résoudre que dans la Démocratie.
Il est donc de notre devoir et de notre responsabilité de protéger ses principes avec la plus grande vigilance.













24/05/2008

Faim , conscience, responsabilités et Démocratie.

Il est toujours délicat de parler de la faim le ventre plein.
Il y a longtemps que le monde  accepte que certains aient de quoi se nourrir et d’autres pas , avec plus ou moins de mauvaise conscience avec plus ou moins d’actions pour y palier.
Mais nous avons franchi un cap avec les « émeutes de la faim », où ceux  qui n’en peuvent plus de dépérir utilisent leurs dernières forces pour crier leur révolte.
Les causes sont d’une grande complexité , de la surpopulation aux dérèglements climatiques  en passant par les changements de méthodes de culture, la spéculations, les monopoles, l’exploitation de l’homme par son semblable sous toutes les latitudes.
Les responsabilités  toutes aussi complexes.
Mais nous sommes désormais au pied du mur pour trouver des solutions à l’échelle planétaire.
Du côté des pays développés le développement à outrance avec le profit comme  but ultime ,  l’éthique et les droits de l’homme complaisamment contournés pour privilégier la spéculation ,   les monopoles  et la main basse  sur les richesses de notre planète par des  multinationales tentaculaires  va se heurter au mur  de la conséquence  des actes , ainsi imbriqués jusqu’au retournement. Jusqu’à ce que ces conséquences obligent des facto à changer de paramètres et donc de méthodes. Ce qui implique un changement de projet de société.
Si les responsabilités sont indéniables   du côté des  pays riches, elles ne sont néanmoins pas les seules.
Le modèle de développement occidental  plaqué sur des sociétés traditionnelles a été autant plus ou moins imposé  qu’avidement  suivi par les pays  pauvres ou émergents. Il a pu souvent accélérer un déséquilibre là où il était sensé apporter le progrès. Et  partout il a développé une fascination pour  un nouveau type de société axée sur la course aux biens de consommation et au profit  , adoptée sans ambages par les futurs grandes puissances qui émergent et qui dans leur hâte à rattraper  l’Occident sont encore plus pressées de contourner les Droits de l’Homme et  les impératifs écologiques.
Un souvenir d’adolescence ne quittera jamais ma mémoire : j’accompagnais ma famille en Inde où nous devions séjourner. Nous avons du aller au port de Madras pour dédouaner une caisse maritime.   L’entrée du port était gardée par des vigiles armés. Les grilles franchies, nous venions de laisser derrière nous les rues grouillantes de cette ville d’Inde du Sud exposant sa révoltante misère  à ciel ouvert sur ses trottoirs. Le taxi s’est alors mis à rouler confortablement sur une épaisse couche de blé qui recouvrait toutes les voies et les docks du port. Arrivés  à un  hangar, nous avons découvert l’origine  de ce phénomène. Il y restait encore un nombre imposant  de sacs  empilés  contenant un blé magnifique  et portant l’inscription : «  Don du peuple des Etats Unis d’Amérique  » .  C’était une aide humanitaire qui attendait en vain  d’être distribuée.
Comment cette céréale avait pu se répandre en une couche de 30 a 40 cm sur les voies de circulation du port demeure un mystère.
Mais plus encore comment les autorités d’un pays qui a  dû son indépendance au combat de Gandhi ont  pu  laisser se développer une telle situation sans cas de conscience alors qu’une énorme partie de la population dépérissait de faim.
Nombres d’aides humanitaires subissent le même type de sort ou  sont détournées pour alimenter des trafics locaux.
Le récent  typhon en Birmanie et le tremblement de terre en Chine  ont  encore rendus criants le problème d’acheminement des aides et des secours face à  l’obstruction des régimes non démocratiques.
Il y a peu Nicolas SARKOZY affirmait qu’il croyait  au capitalisme et à la mondialisation.
Ce à quoi  François BAYROU a répondu qu’il croyait lui à l’humanisme et à la justice.
Ce sont deux concepts  différents.
L’un , fasciné par le modèle Américain qui est pourtant remis en cause de l’intérieur par les élites de ce pays, s’accroche aux anciens paradigmes qui privilégient le profit  à outrance , le développement  subordonné aux  puissances d’argents  en dépit des avertissements qui pointent les excès de ce système et ses dangers.
 L’autre qui privilégie le développement harmonieux de l’homme dans son  environnement et qui  de ce fait n’aura de cesse de  chercher des solutions justes aux gigantesques problèmes  qui défient l’humanité et qui sont arrivés à des stades d’urgence.
Que nous le voulions ou pas nous ne pourrons échapper à ces urgences sous peine d’arriver à  plus ou moins brève échéance à une totale impasse.
Et seule une démocratie humaniste à l’échelle de la planète permettra la mise en place de mesures permettant de résoudre des problèmes qui ne pourront se gérer qu’en commun, par des instances supra nationales.
Du microcosme au macrocosme, les  Démocrates de France et d’ailleurs travaillent chacun à leur échelle et à leur niveau à l’émergence de ce nouveau type de société  qui implique  un développement  des consciences, un développement des responsabilités des  citoyens, de tous les citoyens du globe, pour faire face aux défis de la mondialisation.
Le monde à faim de nourriture physique , le monde à faim  aussi de nourritures morales que sont  la liberté et la justice  , fondements de la Démocratie.










09/05/2008

Pour une Conscience Européenne

De villes en villages, jusqu’au plus reculé des hameaux,notre histoire est écrite dans la pierre sur des édifices grandioses ou les modestes plaques des monuments aux morts ou dans un recoin de montagne où furent abattus des résistants  de la dernière guerre.
Des siècles et des siècles de guerres, de rapines, de conquêtes, de sang et de souffrance, de frontières mouvantes.
Mais aussi des siècles et des siècles d’échanges, de partages de cultures,
d’alliances, de mariages royaux, d’interrelations qui ont crée notre identité.
Celle d’une vieille Europe des cultures et des pouvoirs, de civilisation et de barbarie,  qui  a derrière elle beaucoup de crimes et d’exactions, guerre des religions, inquisition, trafic d’esclaves  ,guerres de conquêtes  et  exploitations coloniales, atrocités des deux dernières guerres mondiales . Bien des « péchés » à notre actif mais qui ont fini par accoucher du miracle : un désir de paix et d’équité  puissamment  partagé  qui a fait de nous aujourd’hui des Européens à part entière partageant leur monnaie, un drapeau, un avenir. Des Européens qui ont  su développer  et transmettre  aux nouvelles générations l’horreur  des  conflits, des souffrances et des dominations. Une horreur telle que lors  de la crise Irakienne de 2003  les populations des pays dont les gouvernements avaient choisi de suivre les Etats Unis dans la voie du conflit étaient opposées à leur dirigeants. On se souvient des banderoles indiquant «  pace » relayées de balcons en balcons en Italie.  Parce que ces populations adhéraient plus à cette nouvelle Conscience Européenne  qui a émergé et dont  ils se sentaient solidaires, qu’aux stratégies  de pouvoir de leurs dirigeants.
C’est cette communauté de peuples  expérimentés, farouchement  attachés à  la Paix qui donne au projet Européen  une dimension prépondérante pour l’équilibre du monde.
Cette dimension brillamment portée devant l’ONU le 14 Février 2003  par le discours historique  de Dominique de Villepin qu’il est bon de rappeler en cette journée de l’Europe :

« Dans ce temple des Nations Unies, nous sommes les gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix.

Et c'est un vieux pays, la France, d'un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'occupation, la barbarie. Un pays qui n'oublie pas et qui sait tout ce qu'il doit aux combattants de la liberté venus d'Amérique et d'ailleurs. Et qui pourtant n'a cessé de se tenir debout face à l'Histoire et devant les hommes. Fidèle à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur. »

Ce vieux continent et ce vieux pays , la France, d’où est parti l’idéal démocratique ,indissociable corollaire de celui de paix.Idéal qui est notre héritage et qu’il nous appartient  d’aider à répandre sous toutes les latitudes pour qu’enfin les droits de l’homme ne soient plus un vain mot.
Ce vieux continent dont les consciences ont pu évoluer au rythme des progrès techniques  a une énorme expérience à faire partager aux peuples émergeants, qui  se laissent  enivrer par les développements technologiques brutalement plaqués sur des sociétés parfois encore archaïques et non démocratiques.
Si nous ne voulons pas que cette course au progrès  et au profit écrase sur son passage les droits humains et  les impératifs de notre environnement, c’est à nous Européens d’être les «  gardiens de cette conscience », les gardiens de l’équilibre du monde.
Nous Européens qui  sommes attachés  à d’autres valeurs que le profit comme but ultime, et qui nous devons de les défendre face aux grandes puissances qui tentent d’imposer leur loi au monde.
Entre une Amérique   conquérante, voire prédatrice, qui commence à s’affaiblir  mais qui refuse de s’engager pour la protection de notre environnement planétaire   et une Chine  bientôt surpuissante qui ne s’embarrasse ni d’écologie ni des Droits de l’Homme, seule la voix de l’Europe , si elle sonne fort, pourra , dans l’équilibre actuel  instable du monde, protéger l’homme et la terre.
Ces peuples d’Europe , forgés par l’Histoire et la souffrance peuvent
avoir une mission capitale pour le monde si ils savent  développer et faire rayonner leur Conscience Européenne .

Il faut construire une Europe forte et pleinement indépendante pour que la Conscience Européenne maintienne l’équilibre du monde et y répande l’humanisme et la Démocratie .
Fêter l’ Europe c’est fêter l’espoir en l’avenir du monde.
 



01/03/2008

De l’outrance verbale à l’outrage à la République

Les récents dérapages verbaux du Chef de l’Etat ont créé une turbulence émotionnelle et médiatique dans l’hexagone et , plus grave, ont fait écho dans les nations étrangères.
Au-delà de l’anecdote, il semblerait que le nouveau Président agisse comme un catalyseur ou un miroir grossissant des tensions de notre société.
Nombre de ses opposants focalisent sur sa personnalité, mais c’est trop oublier qu’il procède d’un consensus.
S’il est seul au sommet de l’Etat, il y a été porté pas ses électeurs et par les élites de son parti qui adhèrent à sa démarche.
C’est peut-être plus encore la façon dont ce dérapage a été légitimé par son environnement qui pose les vrais problèmes :
Ceux d’une banalisation des outrances ou abus verbaux et de ce qu’elle implique. Puisqu’il faudrait les considérer comme « modernes » ou « virils ». À ce stade ne sommes nous pas tous « coupables «  et tous « responsables » ?
Sur la route, dans la rue, à l’école , à la maison , dans le stade de foot et plus grave dans l’arène politique, l’injure est devenue monnaie courante. Ne pas y céder fait  paraître  « ringard ». Ce qui rejoint la conception des proches du Président qui estiment qu’un écart de langage est un gage de modernité.
Il est évident que les insultes qui volent dans notre quotidien étaient impensables  du temps de nos grands-parents. Depuis une quarantaine  d’années il a été admis qu’il fallait se débarrasser de la «  morale bourgeoise de Papa » au nom de la lutte contre l’hypocrisie et la porte a été progressivement ouverte à toute les permissivités.
N’est-ce pas une nouvelle forme d’hypocrisie  d’admettre cette valse d’insultes ou de grossièreté tant qu’elle  se contente de «  voler » et qu’elle  ne devienne scandale que lorsqu’elle est  enregistrée, filmée ou couchée sur le papier ?
À ce qui a été étiqueté de «  morale bourgeoise » , ne serait-il pas temps de substituer le respect des règles démocratiques  qui fondent notre société ?
L’insulte est une forme de violence qui est faite à l’autre, frappé de mépris, de vindicte et de haine.C’est une atteinte  de principe à la dignité de la personne humaine qui peut être plus ou moins grave.
L’art 4 de la déclaration des Droits de l’homme et du Citoyen pose que la liberté consiste à faire ce qui ne  nuit pas à autrui.
La violence, sous toutes ses formes, y compris verbale, nuit à autrui.
Or la violence est devenue le quotidien de nos sociétés modernes. Elle crève les écrans de cinéma ou de télévision et s’actualise dans nos villes et banlieues. Les medias s’y adonnent de manière plus  raffinée, par l’outrance, remplaçant souvent l’information par le sensationnel qui fait violence aux sensibilités. La présomption d’innocence est pratiquement bafouée par les «  traques médiatiques » qui, dans la forme , si ce n’est au fond, finissent par marquer le plus innocent du fer rouge de la suspicion .
L’opposition se manifeste  trop souvent par la violence verbale. Nombre de blogs  se couvrent ainsi d’injures envers le Chef de l’Etat. Si c’est un signe de santé  pour la liberté d’expression, ce n’en est pas un pour notre démocratie car ces excès dégradent l’éventuelle pertinence des critiques formulées.
S’il est bon d’user de la liberté d’expression , il est risqué d’en abuser  au risque de la voir se réduire.
Cela provient de ce que depuis des décennies s’est instauré en France un climat de guerre virtuelle opposant, bloc contre bloc, les deux camps politiques adverses .  Il est normal de considérer « ennemi » tout ce qui n’est pas de son camp . À  l’image de ces tensions  et violences banalisées nos politiques multiplient  les «  dérapages » .
C’est  maintenant au tour du Maire d’une des principales villes de France ,qui a aussi de hautes fonctions dans nos institutions,  de s’être fait piéger par une vidéo  où il égrène  complaisamment des injures envers des citoyennes qui l’ont elle-même insulté. Il y a quelque mois  le Secrétaire Général de l’UMP devait s’excuser de propos insultants  envers une femme  , élue du peuple.
Cette accumulation prouve  qu’ à tous les niveaux  du pouvoir politique il est d’usage de manier l’insulte, tout comme pour le citoyen il est devenu normal d’injurier ses politiques.
En bafouant régulièrement ces principes  de base , c’est la République que nous outrageons.
Ces dérives ne peuvent servir l’idéal démocratique. Or la Démocratie est d’autant plus fragile qu’elle est rare dans le monde .
Ne serait-il pas temps de  retrouver un réel humanisme social qui poserait prioritairement le respect de la personne  et permettrait  d’établir un réel débat démocratique responsable ?
C’est un des enjeux des Démocrates qui, derrière François BAYROU, aspirent à voir porter « à son maximum la conscience et la responsabilité des citoyens » selon les mots de Marc SANGNIER .
Conscience et responsabilité de tous les citoyens jusqu’aux plus hauts responsables.

 
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