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21/12/2008

La vision de l'Europe de Gilles ARTIGUES


Gilles Artigues Europe.jpg

Gilles ARTIGUES

Médiateur National  du Mouvement Démocrate, Conseiller Général de la Loire, proche et fidèle de François BAYROU, annonce sa candidature aux  élections Européennes.
On peut le retrouver  sur son site :www.gillesartigues.com

Pour «  Conscience et  Démocratie » il  a eu la gentillesse de développer la belle et forte vision de l’Europe qu’il souhaite défendre et promouvoir  .

Questions de Marie MAYER - Réponses de Gilles ARTIGUES :


Cher Gilles ARTIGUES j’ai eu l’occasion de partager le gîte  quelques jours avec Delphine JUSSELME votre suppléante au Conseil Général de la Loire  et vos co-listiers lors de l’Université de Rentrée 2008 du Mouvement Démocrate.
Tous ont loué votre calme, votre pondération, votre écoute. C’est certainement  une des raisons pour laquelle François BAYROU vous a confié la mission de Médiateur National du Mouvement, rôle difficile où il faut désamorcer les tensions pour fédérer.
Mises à part toutes options politique, ne pensez-vous pas que dans le monde en constante mutation dans lequel nous vivons , où l’imbrication des problèmes et des phénomènes peuvent induire des conséquences en séries et parfois conduire à des explosions, ces qualités humaines  qui permettent d’agir avec recul et clairvoyance sont fondamentales pour un Député Européen ?

La mission actuelle du Député européen est absolument fondamentale.

D’une part, il est le seul rouage de la mécanique communautaire à être élu directement par les peuples pour les représenter au sommet du pouvoir européen. Aussi doit-il être à l’écoute de ses concitoyens pour assurer une transmission correcte de leurs doléances aux instances dirigeantes, et à l’inverse, incarner l’Europe sur le terrain pour consolider son assise populaire.

D’autre part, les pouvoirs du Parlement européen sont désormais conséquents dans la mesure où il adopte ou rejette les textes de loi communautaires à égalité avec le Conseil des ministres sur une immense majorité des sujets abordés par l’organisation. A l’heure où les compétences de l’Union européenne ne cessent de s’accroître au regard d’une ampleur inédite des défis de notre monde, le Député européen porte ainsi la lourde charge de permettre au citoyen européen d’exercer une réelle influence sur son quotidien comme sur la destinée de tout un continent, voire au delà…

Le sens des responsabilités, l’ouverture d’esprit, l’aptitude au dialogue, la prise de recul, l’esprit d’analyse, l’indépendance de vue, l’aptitude à la Raison et le courage politique sont dès lors les qualités indispensables à tout Eurodéputé pour mener son action en faveur de l’intérêt général.


Le monde traverse une grave crise économique qui met en lumière les excès d’une société fondée sur la seule valeur de l’argent et de l’enrichissement à outrance.
Quelle mission voyez-vous à l’Europe pour répondre pratiquement aux déséquilibres  et dérives que cette crise révèle ?



Au fil de la campagne pour les élections présidentielles de 2007, François Bayrou n’a  cessé de mettre en garde les Français sur les dangers du modèle de société prôné par Nicolas Sarkozy. La suite des évènements lui a malheureusement donné raison. 

Emporté dans son « tout à l’ego », le Parti socialiste n’est pas plus capable de proposer une alternative innovante et viable qu’il ne l’a été par le passé pour dénoncer les dérives latentes du capitalisme débridé. Dans le camps adverse, les corrections apportées à une désastreuse politique socioéconomique sont inversement proportionnelles à la médiatisation du chef de l’Etat. Force est de reconnaître toutefois que ce dernier a pleinement exploité sa fonction éphémère de Président de l’Union européenne pour mobiliser et unir les Etats membres face à une crise inédite depuis les années 1930. Il a effectivement réussi à les accorder sur le sauvetage du système financier européen suivant l’exemple anglais de Gordon Brown. Son activisme désordonné et autoritaire a néanmoins fini par irriter ses partenaires, principalement allemands, ce qui a sans doute empêché les Européens de s’entendre sur un véritable plan de relance socioéconomique commun. Ainsi se sont-ils contentés du minimum syndical, à savoir une coordination de leurs politiques respectives dans le cadre d’un projet global de 200 milliards d’euros.

Naturellement, la somme n’est pas négligeable dans la mesure où elle représente 1,5% de la richesse globale de l’Union européenne. L’effort consenti par les 27 pays sous l’impulsion communautaire est donc à saluer. Il est aussi à relativiser. Tout d’abord, il représente seulement les deux tiers de son homologue chinois et la moitié de son semblable américain. Ensuite, le montant européen est surtout un affichage promotionnel de la Présidence française :il est le fruit de l’amalgame audacieux des actions nationales auxquelles a été ajouté un apport de la Banque Européenne d’Investissement à hauteur de 30 milliards d’euros sur 3 ans, soit à peine 300 millions d’euros par Etat et par an... Par ailleurs, la concertation européenne soit disant voulue et obtenue par Nicolas Sarkozy peut être sérieusement mise en doute en l’absence d’un véritable gouvernement socioéconomique de l’Union européenne, bien au delà de l’Eurogroupe !

Or, les attentes du citoyen européen croissent vis-à-vis de l’Europe. Conscient des limites des Etats nationaux comme des opportunités de l’Union européenne, il commence à se tourner vers la seconde au détriment des premiers, qui plus est au cœur d’une période troublée et difficile. La crise est dès lors une menace comme une chance pour la construction communautaire : une menace de paralysie, voire de délitement, si elle ne parvient pas à satisfaire les aspirations de ses peuples ; une chance de l’étayer dans le cas inverse. En d’autres termes, l’Union européenne se trouve à un tournant de son histoire. En France, le MoDem est le mieux placé pour l’aider à le négocier. Le pari est de construire une société fondée non sur l’égoïsme mais sur la solidarité, non sur le profit mais sur le progrès, non sur l’excès mais sur la Raison, non sur la vilité mais sur l’éthique, non sur l’adulation de l’argent mais sur le respect de la vie… Telle est la principale mission de l’Europe pour les années à venir ! Les bases existent puisque l’Union européenne s’est récemment engagée sur la voie d’un développement durable au service de l’Homme, cas unique au monde. L’ambition lui fait toutefois défaut pour accentuer le mouvement. Le MoDem doit lui en insuffler aux côtés de ses partenaires et amis étrangers pour parvenir à une Europe volontaire, dynamique, innovante et humaine…


Le Mouvement Démocrate  veut , selon  le souhait de François BAYROU, s’atteler à bâtir un modèle de société humaniste pour le XXIème siècle.
Quelle sera la voix d’un Député Européen MoDem, et en particulier la votre, pour œuvrer dans cette direction au sein de l’Union Européenne ?



La force du Parlement européen réside dans sa double nature démocratique et supranationale. Démocratique dans la mesure où il est la manifestation de la volonté populaire, ce qui le différencie de la Commission européenne. Supranationale puisque les Eurodéputés ne se regroupent pas en délégations nationales mais au sein de formations idéologiques, ce qui le distingue cette fois du Conseil des ministres. Il est dès lors le principal défenseur de l’intérêt général de la population de l’Union européenne, citoyens et résidents. Un député européen doit absolument se concentrer sur cet aspect : son objectif n’est pas de défendre une entité politique ou économique mais les individus dispersés sur le territoire communautaire. Il lui faut installer l’Homme au centre de sa réflexion comme de son action. Un parlementaire MoDem aura en tous cas à cœur de tendre vers cet idéal.


Une société humaniste implique de donner priorité au développement  et à l’épanouissement de la personne selon ses droits et besoins tels que la Convention Universelle  des Droits de l’Homme les a définis depuis 60 ans .
Sur le plan social, économique, culturel, environnemental quelles sont pour vous les priorités que vous aurez à défendre ?


À mon sens, la crise actuelle nécessite un accroissement des efforts comme une concentration des moyens.

L’accroissement des efforts est nécessairement financier à l’heure où les Européens doivent se montrer plus que jamais solidaires et novateurs pour progresser vers un modèle humaniste de société plus moral, plus juste, plus raisonnable et plus durable. Cet idéal est condamné à demeurer utopie si l’Union européenne se contente du budget ridicule de ces dernières années (il représente seulement 1% de la richesse européenne tandis que son homologue américain correspond à 20% du Produit Intérieur Brut des Etats-Unis, pays réputé pour son ultra-libéralisme…). L’augmentation budgétaire peut être obtenue grâce à des obligations européennes émises sur les marchés financiers (si les investisseurs se détournent des entreprises diverses et variées comme des Etats les moins vertueux en cette période de doutes et de craintes, ils auront à coup sûr intérêt à prêter à la plus saine et plus puissante économie du monde !) et/ou par le biais de nouvelles taxes, qui plus est sur les activités polluantes et spéculatrices. Dans les deux cas, non seulement le contribuable sera peu touché mais l’Union européenne s’investira aussi pour réguler le capitalisme mondial en même temps d’injecter une masse considérable d’argent dans son économie pour la dynamiser, créer des emplois et réduire la pauvreté…

Pour obtenir les effets escomptés dans un minimum de temps, il lui faudra impérativement concentrer ses nouveaux moyens sur une gamme réduite de priorités sociales (prêts aux démunis, construction de logements bon marché, formation des moins qualifiés, suivi des personnes marginalisées sur le marché du travail, etc.), économiques (soutien financier et technique des petites et moyennes entreprises, développement des infrastructures, innovations technologiques et méthodologiques, incitation à la recherche, etc.) et culturelles (institution d’une fête des cultures européennes annuelle, encouragement à la création, rénovation du patrimoine architectural, etc.). Rassurez-vous : je n’ai pas oublié l’Environnement, loin s’en faut ! En fait, l’importance majeure de la question m’amène à la traiter au sein de toutes les actions à mener dans l’avenir. En d’autres termes, je pense qu’il serait plus efficace de généraliser l’écoconditionnalité de la Politique Agricole Commune à toutes les politiques comme tous les programmes de l’Union européenne dans le cadre d’un profond et solide développement durable. De la même manière, je suis partisan d’imposer une éthiconditionnalité des aides européennes, ce qui consisterait, par exemple, à demander à une entreprise en bonne santé le remboursement avec intérêt des subventions perçues en cas de licenciements injustifiés…  


En réponse à cette crise financière d’ampleur séculaire comme l’a qualifiée François BAYROU, nous devons inventer une société où le développement durable, la défense de l’Environnement , la justice sociale  et une conscience planétaire ne seront plus passés au second plan.
L’Europe peut-elle devenir un modèle, une sorte de laboratoire de cette nouvelle société ?


L’Union européenne est d’ores et déjà un modèle pour le monde aux plans de l’Environnement comme de la Justice sociale. Sur le premier sujet, ses Etats membres sont les premiers et les seuls sur la planète à s’être obligés à de conséquents efforts à diminuer leur consommation énergétique et à développer les énergies renouvelables pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Le Sommet de Bruxelles des 11 et 12 décembre 2008 a confirmé cette extraordinaire politique avec des objectifs de 20% pour l’année 2020 dans les trois domaines cités précédemment. Bien sûr, certaines puissances comme l’Allemagne, l’Italie ou la Pologne ont obtenu des exemptions de manière à préserver leurs industries en période de crise. J’ai été désolé de l’apprendre car je crois cette reculade de la Présidence française particulièrement regrettable, et ce, pour deux raisons : premièrement, elle risque de rendre difficile la réalisation desdits objectifs dans les délais impartis ; deuxièmement, elle freinera sans nul doute les efforts de recherche, d’invention et d’équipement non seulement nécessaires à la préservation de l’environnement mais aussi susceptibles d’ouvrir la voie à une économie nouvelle dans le cadre d’une société régénérée…


Pour l’homme de la rue en France, mon boulanger ou mon garagiste, l’Europe est plus souvent une entité administrative  étouffante qu’un idéal ou un pôle de stabilité du monde.
Comment les Eurodéputés du Mouvement Démocrate pourront- ils œuvrer à leur redonner confiance en cet avenir, à leur faire sentir que l’Europe c’est eux ?


Tout d’abord, il est vital d’informer la population sur l’Union européenne, ses origines, ses objectifs, ses mécanismes et ses implications sur le terrain. En effet, la communication en la matière est inexistante. Or, l’homme de la rue a naturellement tendance à se méfier de ce qu’il ne connaît pas ou mal. Le MoDem doit dès lors consacrer une partie de son énergie à aller à la rencontre des boulangers, des garagistes, des infirmières ou des éboueurs pour leur expliquer l’Europe dans ses dimensions les plus concrètes et positives (certains politiques et médias se chargent déjà des aspects négatifs, et ce, avec une hypocrisie et une mauvaise foi absolument scandaleuse !). En effet, si l’Union européenne est imparfaite (les eurodéputés démocrates auront à cœur d’en corriger les erreurs, les manques et les faiblesses), elle agit quotidiennement au profit de tous ses habitants selon des mécanismes parfaitement démocratiques, ce dont ne sont malheureusement pas conscients les citoyens (j’essaie de donner des exemples concrets sur mon site). Ensuite, le MoDem doit naturellement proposer un projet européen particulièrement ambitieux pour l’avenir. Je tiens à souligner ici que nous ne souffrons certainement pas d’un excès d’Europe mais de son contraire ! Les défis présents et futurs dépassent désormais le seul cadre de nos frontières nationales. Un Etat à l’image de la France n’est ainsi plus en mesure d’y répondre convenablement pour le bien de sa population. Il a toutefois à sa disposition un extraordinaire instrument pour surmonter toutes ses épreuves avec succès : l’Europe ! Encore faut-il que cet outil soit opérationnel… Il le sera à la seule condition de passer outre une bonne fois pour toute les suspicions et égoïsmes nationaux dans la perspective d’une coopération toujours plus étroite, efficace et durable des intelligences européennes.



Quelle doit être pour vous l’apport principal de la France dans l’Union Européenne ?


Je ne pense pas être chauvin à prétendre que la France est vitale pour l’Union européenne : tout d’abord, elle en est à l’origine (la journée de l’Europe célèbre le discours prononcé le 9 mai 1950 par Robert Schuman, Ministre français des Affaires étrangères, en faveur d’une Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, première étape de la construction européenne) ; ensuite, aux côtés de l’Allemagne, elle en est le moteur (les deux associés sont la source de ses progrès successifs) ; enfin, elle en est une des principales inspiratrices (la législation européenne, notamment sociale, est très souvent son œuvre). Aussi ai-je été particulièrement triste du résultat négatif du référendum sur le Traité constitutionnel en 2005. Quelles que soient les explications de ce vote (elles sont multiples et variées), les conséquences ont été catastrophiques pour notre pays ! En effet, ses partenaires européens n’ont pas compris le rejet par les Français d’un texte imaginé par eux-mêmes… Aussi s’est-il gravement discrédité pour finalement perdre une partie de son influence sur la scène communautaire. Je reconnais que l’action volontaire et énergique de Nicolas Sarkozy pour sortir l’Europe de la léthargie dans laquelle cet échec l’avait plongé a eu le mérite de rendre son rang légitime à la France. Malheureusement, sa désinvolture associée à son indélicatesse a gravement plombé le couple franco-allemand, ce qui hypothèque les chances de progrès futurs de la construction européenne. Le MoDem a ainsi l’impérieuse obligation de renouer le dialogue avec nos amis Outre-Rhin, notamment au Parlement européen, dans la perspective d’orienter l’Europe sur la bonne voie…


Pensez-vous qu’une conscience Européenne se développe et puisse  aider nos pays à reprendre espoir et à sentir  qu’ils ont un rôle  à jouer dans le monde ?


Hélas, le citoyen européen est aujourd’hui très loin de se considérer comme tel, qui plus est au sein des villes et campagnes distantes des frontières ! En effet, la citoyenneté est intimement liée à l’identité, c’est à dire la conscience et la volonté d’appartenance à une communauté. Or, mis à part l’euro (très souvent décrié pour son défaut inflationniste supposé), rien ne permet vraiment à une immense majorité de Français casaniers (ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à demeurer dans le cadre de leurs frontières nationales) de se sentir Européens. Les implications concrètes et quotidiennes sur le terrain sont précisément peu perceptibles et valorisées. L’Europe demeure ainsi abstraite. Mobiliser l’homme de la rue au profit de cette cause, aussi noble soit-elle, est dès lors difficile, voire impossible. Comme l’Union européenne ne pourra se développer, voire survivre, sans l’adhésion de ses peuples, il est primordial de remédier au problème. Je propose notamment une information permanente, pertinente et percutante du grand public ; un véritable brassage des populations (service civil européen, jumelages, etc.) ; et l’usage régulier des symboles (obligation de dresser le drapeau européen sur les bâtiments officiels, application d’une étoile surmontée du sigle UE sur les timbres, marquage communautaire visible sur tous les documents administratifs, mise en exergue de la Charte européenne des droits fondamentaux, remise de la citoyenneté européenne en même temps que son homologue, etc.).


Quelle place voyez vous pour l’Europe dans le monde notamment face aux pays émergeants  qu’elle devrait pouvoir  aider à trouver leur équilibre si elle maintient et développe le sien ?


La réussite de la construction européenne est vitale pour l’ensemble de la planète. L’Europe participe en effet de l’équilibre du monde depuis des millénaires. L’Histoire a tout particulièrement démontré que sa désunion était capable de jeter l’humanité entière dans l’horreur de la guerre, de ses souffrances, de ses destructions et autres abominations. Les Européens doivent désormais prouver que leur union est susceptible de la conduire vers un monde meilleur, c’est à dire plus équitable, plus stable, plus harmonieux et plus durable. Pour y parvenir, l’Union européenne dispose de deux atouts majeurs, uniques en leur genre, à savoir son modèle de société moderne et son aide aux tiers les plus pauvres. Le MoDem est sans doute le mieux à même de l’encourager à découvrir et exploiter son extraordinaire potentiel pour entraîner le reste du globe sur la voie du progrès collectif, juste et viable.


Merci beaucoup, Gilles ARTIGUES,  pour cette belle vision de l’Europe que nous devons tous, chacun avec nos moyens, aider à faire développer.
Très bonne chance à vous pour porter cet idéal fort, démocratique et humaniste, enraciné dans les principes fondamentaux  et  adapté aux besoins et urgences d’un monde en pleine mutation .

19/04/2008

Forger le Mouvement Démocrate pour un Espace Démocratique Indépendant

La note qu’une main invisible a laissé sortir de l’Elysée concernant la stratégie de déstabilisation du MoDem a fait grand bruit.
Pour un certain nombre d’entre nous ce n’est pas une surprise, seulement une confirmation. Nous savions que le Mouvement était partiellement «  termité ».
Bien que nouveaux en politique, si nous n’avions pas adhéré à un parti c’est que nous étions trop lucides pour ignorer les manœuvres, machinations et intrigues qui entachent immanquablement ces groupements humains .
Et si nous avons adhéré en masse au Mouvement Démocrate, c’était justement dans l’espoir d’y faire naître une politique, si ce n’est indemne, du moins orientée vers un réel renouvellement.
Que François BAYROU entre en lice pour fustiger ces dérives et on l’accuse de jouer les victimes.
Il n’y  a pas très longtemps pourtant, après l’Appel à la Vigilance Républicaine, c’était notre Président de la République que son entourage nous présentait comme une victime absolue, persécuté comme aucun ne l’avait été…
Quelques  mois après cet appel,  la démocratie est mise à mal, on tente de saborder un mouvement né d’un élan citoyen, les promesses électorales sont asséchées et la politique étrangère de la France a été , pour la première fois, retournée, au mépris de nombre d’avis ou oppositions éminents.
Si certains cadres UDF sont si attachés aux valeurs de leur ancienne structure, que ne s’investissent-ils à les transmettre au sein du MoDem au lieu de vouloir  le détruire ?
Vouloir détruire le MoDem c’est faire bon marché des quelque 60.000  citoyens qui, d’un seul élan, ont adhéré spontanément en quelques mois  pour fonder ce mouvement, leur mouvement.
Quand des citoyens, sans se donner le mot, se rassemblent de la sorte porteurs d’un idéal commun, c’est d’un courant qu’il s’agit, d’un courant qui s’inscrira dans l’histoire.
C’est donc face à l’histoire qu’auront à répondre ceux qui auront tenté de déstabiliser ou de détruire ce mouvement citoyen.
Certes, François BAYROU l’a vu et pensé, mais il fallait qu’il rencontre l’espoir et la pensée de milliers d’autres pour qu’il naisse.
C’est parce que des hommes ont pensé, voulu, rêvé, que le monde a pu avancer.
Martin Luther KING a fait un rêve.
Quarante ans plus tard son rêve est incarné en la personne d’un homme qui unit le sang blanc et le sang noir dans ses veines et qui demain pourrait être le premier Président  de couleur de la nation Américaine.
On n’a pas le droit d’essayer de détruire des rêves par sectarisme ou opportunisme.
Ces épisodes à rebondissements multiples où l’on voit , les uns après les autres , les notables Centristes céder aux sirènes Elyséennes pour tenter de faire avorter ce parti indépendant ne peuvent qu’en démontrer le besoin.
Pour qu’il soit un Espace de Démocratie libre , d’où l’on puisse saluer les hommes et les femmes, de quelque bord qu’ils soient , lorsqu’ils font primer leur conscience, le meilleur d’eux-mêmes , sur leur carriérisme .
Pour  notamment :
Saluer Jean-François LEGRAND pour avoir courageusement résisté aux pressions de l’énorme multinationale MONSANTO et de son parti pour refuser les OGM ,     
au nom de sa conscience
Saluer Lionnel LUCA, marchant avec son écharpe tricolore  au milieu des forces de l’ordre, pour porter un drapeau Tibétain jusqu’à l’Assemblée Nationale ,
au nom de sa conscience
Saluer Bertrand DELANOË apposant sur les murs de sa Mairie,  lors du passage de la flamme Olympique, une pancarte proclamant que Paris soutenait les Droits  de l’Homme dans le monde entier et faisant citoyen d’honneur le Dalaï Lama
au nom de sa conscience
Saluer Jacques CHIRAC et Dominique de VILLEPIN, s’opposant à la guerre d’Irak, en dépit d’énormes pressions et au prix d’insultes internationales,
épargnant le sang de millier d’hommes et les larmes de milliers de femmes,
au nom de leur conscience

Tandis que tout est mis en œuvre pour freiner la construction de cet espace indépendant, l’UMP se fracture.
Il faut plaindre ses militants sincères qui ont vu leur mouvement se transformer en parti d’un seul homme, parti du Sarkozysme sans conteste, et qui après avoir hier approuvé la politique d’indépendance de la France se doivent  de trouver normal d’y renoncer maintenant.
Et l’on voudrait qu’il n’y ait pas d’autre alternative que le Parti du Pouvoir Présidentiel ou le Parti Socialiste.La subordination au Pouvoir ou à l’Idéologie.

Le monde a faim.
Demain ceux qui ont faim marcheront sur nous pour nous demander des comptes.
Il sera trop tard pour leur dire que nous ne sommes pas responsables de tout.
Il vient un temps où la conscience rejoint le simple bon sens .
Dans ce gigantesque déséquilibre planétaire quelle est la part de responsabilités des géants de l’agro-alimentaire ?
Seule une politique faisant primer les Droits de l’Homme pourra répondre justement aux besoins de la terre et de ses habitants .Pour cela il faut conserver son indépendance à l’égard  des réseaux de l’argent qui de plus en plus absorbent des flux monétaires aux origines  douteuses.
Que nous le voulions ( par conviction et conscience) ou non,  nous y serons tôt ou tard contraints car nous ne pourrons échapper à nos responsabilités .
Et pour préparer cette politique du futur à la fois idéaliste et réaliste à l’échelle planétaire il faut construire, forger dans notre nation un espace démocratique, un refuge, qui fasse primer humanisme, conscience et indépendance.
S’y opposer c’est divorcer des principes démocratiques qui fondent notre République .
L’enjeu est déjà suffisamment  difficile en soi et demande la mobilisation de toutes les bonnes volontés.

08/04/2008

De la flamme des Droits de l'Homme à la lumière de la Démocratie

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Quel triste paradoxe que cette flamme Olympique «  protégée »des militants des Droits de  l’Homme par des remparts d’hommes en armes.
C’est une situation qui en elle-même annule toute la portée  du message symbolique  contenu dans ce cérémonial. Enracinée dans les fondements Grecs de nos civilisations, cette lumière porteuse de paix, éclairant chaque nation pour les réunir dans ces échanges sportifs et fédérateurs ne peut briller derrière un rempart d’armes.C’est un signe grave qui  doit marquer nos sociétés pour nous rappeler que nous devons donner  la priorité aux Droits de l’Homme si nous voulons rester fidèles à nous-mêmes,  si nous voulons voir la démocratie s’établir sous toutes les latitudes.
Face à ce retournement de situation, on ne peut qu’espérer que  flamme des Droits de l’Homme  transférée de nation en nation puisse y  rappeler  la primauté de ces principes fondateurs .


DÉMOCRATIE- DÉMOCRATIE- DÉMOCRATIE- DÉMOCRATIE- DÉMOCRATIE-DEMOCRATIE-DEMOCRATIE -DEMOCRATIE-

Ce sont ces priorités, ces principes humanistes, qui doivent guider le Mouvement Démocrate Français afin qu’il trouve son identité en ne se centrant pas seulement sur la France et de telle sorte qu’il puisse être partie prenante d’un courant démocratique universel que tous les enjeux planétaires demandent.
Le MoDem est ébranlé par une crise interne.
Les dernières élections locales  n’en sont que le prétexte.
Il était évident que  ce parti dont le fondement officiel ne datait que de Décembre 2007 et qui devait fédérer des militants venant de divers horizons n’aurait pas encore assez d’implantation et d’impacte dans le paysage politique Français pour y faire des scores marquants.
François BAYROU a fait le choix de se présenter à PAU. On peut regretter qu’il ne se soit pas concentré uniquement sur ce jeune Mouvement mais son échec , lié aux incessantes entraves de l’UMP,  ne peut non plus légitimer toutes les tensions internes . Il est clair que le Mouvement Démocrate subit des assauts de l’extérieur et de l’intérieur pour freiner son essor. Il est aussi évident que le travail à faire est devant lui pour trouver les moyens de générer un courant politique neuf qui corresponde à l’attente de ses militants et au besoin des Français. C’est une tâche pionnière qui ne peut se faire dans la facilité et qui impose au Mouvement dans son ensemble et à chacun de ceux qui le constituent , une exigence croissante pour tirer ce parti vers le haut. Pour y donner la priorité aux valeurs qui le fonde et renouer avec l’esprit réel de nos institutions.
Monsieur le Sénateur Jean ARTHUIS en quittant le Mouvement semble fidèle à lui-même puisqu’il était dès le début très réticent à la construction du MoDem. Il avait ensuite indiqué  qu’il restait pour veiller sur l’UDF.
Quels que soient ses griefs, même si des critiques sont justifiées ou justifiables, même si l’organisation de ce parti est à clarifier ou améliorer, quelles que soient  ses inimitiés personnelles envers François BAYROU, les éventuelles luttes de pouvoir, Monsieur ARTHUIS, en sa qualité de Sénateur et d’ancien Ministre, ne pouvait franchir la limite de certains excès .
En assénant publiquement «  on ne gouverne pas un parti comme une secte. Le MoDem n’est pas le Temple Solaire »,  il s’est aventuré de façon surprenante dans des analogies extrêmement graves.
Il est plus qu’hasardeux de comparer le leader du MoDem au sinistre di Mangro, fondateur du Temple Solaire. On ne peut oublier que cette organisation des plus sulfureuses, dont les ramifications les plus sombres sembleraient   dépasser largement  la nébuleuses sectaire , a conduit 48 personnes à la mort dans le Vercors en 1994 dans une mise en scène abominable et que ce sacrifice collectif n’a  jamais vraiment été élucidé par la Justice pour des raisons là encore  très obscures .
C’est faire entrer dans le débat politique  des spectres qui n’ont rien à y faire.
C’est faire outrage en premier lieu à François BAYROU lui-même dont on peut saluer la constante élévation des propos, même lorsqu’ils sont polémiques.
À travers lui c’est faire outrage aux milliers d’adhérents qui l’ont rejoint , non pour un culte de la personnalité, mais en réponse à la qualité d’une vision politique, d’une politique d’idées, qui répondait  à celle qu’ils recherchaient et donc partageaient.
C’est faire outrage aux milliers de militants UDF et MoDem confondus qui l’ont élu , démocratiquement, Président du Mouvement à une  très vaste  majorité.
C’est faire outrage aux millions d’électeurs qui lui ont accordé leur vote lors de l’élection Présidentielle de 2007  sur un projet et un programme qui n’avait rien d’un mouvement sectaire véhiculant les pires dérives.
C’est faire de la sorte outrage à la Démocratie elle-même.
C’est justement ce type d’excès, trop habituels, qui dénaturent graduellement les combats politiques et c’est justement ces mauvaises habitudes que le Mouvement Démocrate devra apprendre à combattre.
Les philosophes des Lumières, vivant dans une époque où tout était loin d’être lumineux , ont su penser ou inspirer des textes fondateurs pour des siècles à venir.
À partir de la Déclaration des Droits de l’Homme qu’ils nous ont laissée est née la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
C’est un grand héritage et si nous voulons réellement œuvrer pour la lumière de la Démocratie nous nous devrons de retourner à l’essence de celle-ci  et de nous dégager de tout ce qui peut abaisser, éloigner des vrais débats, de nous défaire des habitudes, réflexes  ou dérives  qui ont fini par  en éloigner le citoyen et de ce fait de lui faire perdre son sens réel.

C’est seulement par une constante vigilance que nous amorcerons une Démocratie des consciences, celle d’un humanisme appliqué au jour le jour. Celle qui prendra les Droits de l’Homme comme pierre angulaire.







15/03/2008

Elections, passions et responsabilités

Le citoyen électeur conscient  de ses responsabilités à de quoi se poser bien des questions.
Quel étrange spectacle que ces élections locales à l’échelle de notre nation.
Elles qui ne devaient pas avoir d’enjeu national… À peine les résultats sortis des urnes que s’enflamment les passions et valsent les chiffres et pourcentages. À se demander s’il s’agit de matchs de foot ou de fièvres boursières.
Le Président de la République, le Premier Ministre, un ancien Premier Ministre ,quatre ministres, le Chef du Parti Socialiste ont défilé en la bonne et belle ville de Périgueux qui n’avait jamais tant vu de…  «  hauts et puissants seigneurs » ( ?)… depuis  des lustres.
Mais ne s’agissait-il pas d’élire un bon maire en son âme et conscience ?
À quoi riment donc ces ballets de hauts supporters ?
À influencer les électeurs, à «  diriger » leurs mains au-dessus de l’urne ?
Ou à vider de son sens le suffrage universel ?
J’écrivais récemment que les Français ont un rapport ambigu au pouvoir.
Cette agitation de «  puissants » en est une illustration.
Ce n’est pas là le but de nos institutions républicaines.
Ce n’est pas là la politique dont notre nation a besoin pour faire face aux enjeux locaux qui ,de plus en plus, doivent  aussi répondre aux enjeux supranationaux, mondiaux, planétaires.
Au lieu de cela c’est la compétition des deux camps antagonistes qui est repartie, chacun tirant  de toutes ses forces sur  le manteau de la France,
au risque de le déchirer .
Dans une démocratie où le citoyen ne  semble avoir d’autre moyen d’exprimer son inquiétude qu’en actionnant le levier électoral pour renverser la vapeur, une fois à droite, une fois à gauche.
Et l’on parle de valeurs, de sensibilités, qui doivent  être tranchées, stables.
Tellement que le même électeur vote, à quelques mois d’intervalles, pour une droite mâtinée de Font National (  puisqu’il est  admis que Nicolas Sarkozy avait «  siphonné » l’électorat FN) puis pour un Parti Socialiste qui semblait il y a peu s’étioler. 
Vote sanction - Vote d’humeur.
Mais cette humeur aura des conséquences qui dureront 6 ans.

En décevant son électorat le Président de la République n’aura pas seulement engendré des désillusions, il aura remis en action le vieux bras de fer « droite-gauche » qui paralyse ou stérilise la France depuis des décennies.
Et  ainsi compliqué la gouvernance d’un pays qui ira dans un sens à l’Assemblée et dans un autre dans les  collectivités locales .
On peut douter que ce résultat soit celui espéré par les électeurs traditionalistes  UMP qui l’avaient porté au pouvoir…
Telle a été la responsabilité engagée et le bilan des conséquences se fera sur le long terme.
Tout a été mis en œuvre par Nicolas Sarkozy pour écraser le mouvement Démocrate naissant et son leader à coup de désinformation programmée et de manœuvres.
Sans quoi c’est ce parti qui aurait pu servir de « sur verse » ou tampon, pour recueillir les déçus ou les républicains inquiets des dérives amorcées.
Plutôt que d’avoir comme interlocuteur un Mouvement qui mettait l’esprit de dialogue et la lutte contre le dogmatisme dans ses priorités, il a préféré prendre le risque de voir renaître  ce que François BAYROU qualifie d’ « union de la gauche version années 80 ».
Passions et responsabilités.
Contre le leader  du MoDem à Pau ,l’UMP à donné l’investiture à un  ex -socialiste.
« Qui sème le vent récolte la tempête ».
Le résultat de ce piège orchestré par le Président et son  parti sera que si François BAYROU perd dans cette triangulaire, cela portera une ville de plus au compte des socialistes puisque la candidat  soutenu par l’UMP est en dernière position.
Ce faisant Nicolas Sarkozy aura lui-même encore renforcé le front de son opposition.
Passions et responsabilités.
Si François BAYOU perd Pau ,il ne manquera pas d’ouvrage.
Car il restera un immense travail pédagogique pour redonner un souffle réellement démocratique à notre pays, pour arriver à décloisonner, déconditionner les esprits intoxiqués de bipartisme.
Pour qu’un jour le suffrage universel permette aux citoyens d’élire leur représentant et non de voir comme l’écrit le Figaro «  deux candidats (qui) se livrent un combat féroce » .
« Combat féroce »… pour être délégué par le peuple à diriger le bien commun d’une cité, l’enjeu véritable.
Passions et responsabilités.
À quoi nous ne pouvons que répondre :
Conscience et responsabilité pour une  nouvelle forme de politique qui réfléchisse  réellement l’esprit de nos institutions.

 
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