Avertir le modérateur

14/04/2010

Le point de non retour ?


Entre les deux tours des élections régionales j’ai dû aller en Italie voisine.
Je me suis retrouvée face à des panneaux électoraux : ils étaient eux aussi en pleine campagne pour les régionales .
Passer l’invisible ligne de frontière pour me retrouver devant la même débauche d’affiches, avec les mêmes postures appuyées de slogans dans une langue sœur donnait une curieuse sensation de jeux de miroirs.Là-bas c’est la « liberta » qui est à la mode. « avec Berlusconi « per la liberta »… On peut imaginer que cela ne convainc pas tout le monde…
L’écologie, comme chez nous est plutôt « a sinistra, » a gauche, rouge-vert.
Regarder tous ces politiciens trônant sur leurs somptueuses affiches entre les palmiers après les nôtres, justes de l’autre côté, m’a fait soudain mieux comprendre la lassitude des citoyens. Qui ont l’impression d’avoir à faire à un monde qui tourne en circuit fermé, coupé de leur quotidien, dans une sorte de jeu théâtral. Si bien qu’ils ont décidé que cela ne les concernait pas vraiment . À ceux-là les postes, les élections, les affiches, les rémunérations, les trains de vies et privilèges ; à nous la vie et ses combats quotidiens.
J’ai retrouvé ensuite une charmante jeune pharmacienne avec laquelle j’ai eu une riche conversation en Français , gracieusement émaillée de la langue de Dante.
Comme les Français les Italiens n’y croient plus. L’abstention monte. Elle monte parce que ces personnages sur les affiches ont perdu leur crédibilité.
D’abord on pense qu’ils sont surtout occupés d’eux –mêmes et de leurs appétits et très peu, trop peu de ceux et de ce pourquoi il seraient sensés se faire élire ou réélire.
Mon interlocutrice a une solution radicale : que les politiciens de tous bords tentent de vivre un mois avec miles euros. J’ai pensé que l’expérience serait trop courte pour être instructive, elle est convaincue qu’ils ne tiendraient pas trois jours…
Pour ma pharmacienne tout cela lui semble dépassé. D’un autre âge.
Le monde a changé, évolue à une rapidité fulgurante. Ce qui se passe d’un bout à l’autre de la planète nous concerne tous , membres d’une même communauté humaine.
Alors cette approche de la politique est périmée . C’est « un point de non retour ». Elle le sent profondément. Il faut inventer autre chose. Frayer de nouvelles pistes en phase avec notre époque et ses enjeux inédits.
Je lui ai dit qu’il me semblait que le problème des partis politiques actuels c’est qu’ils étaient désormais en retard sur la conscience citoyenne.
Elle en était absolument d’accord. Tout comme cette communauté de vision renforçait, pour elle et moi notre appartenance à l’Europe qui nous enrichit des ces échanges entre peuples et cultures proches.

Cette petite plongée chez nos voisins transalpins a encore renforcé mon impression.
Ma pharmacienne a raison . Nous avons atteint un point de bascule. De « non retour ».
Les électeurs le sentent et le montrent en boudant les urnes.
Les partis politiques en France sont en pleine effervescence, ou en désarroi, sentant que les choses leur échappent.
Ils sont en pleine décomposition et pas encore en recomposition.
On sent comme un vent de panique.
L’échéance de 2012 est certes l’enjeu principal avoué.
Mais derrière il y a bien d’autres angoisses ou interrogations auxquelles chacun essaye d’apporter remède. Et  on retrouve petit à petit les mêmes discours chez les uns et les autres qui se surveillent et rivalisent pour la reconquête de ce cher électorat.
Nous allons finalement devoir réaliser qu’il nous faut vraiment reconstruire la démocratie si nous voulons pouvoir relever les défis nationaux qui sont immanquablement dépendants des défis mondiaux.
C’est-à-dire retrouver la réalité de nos fondements républicains….
Jusque dans la classe politique. Sortir des dérives néo-féodales qui se sont lentement mais sûrement installées.
Cela demandera la remise en question de toute la classe politique.
Et donc beaucoup de temps. Sauf si les évènements nationaux ou internationaux précipitent les choses en, nous mettant au pied du mur.
Ce que l’Histoire sait faire.

Le Mouvement Démocrate a espéré œuvrer à ce nécessaire renouveau politique.
Depuis sa fondation il est évident qu’il a été entravé ou déstabilisé . Pour cette raison même.
Mais puisque François BAYROU n’ a pas hésité à le dire , oui les divisons internes lui ont coûté très cher.
Peut-on croire qu’elles ne seraient que le jeu d’agents extérieurs.
Malheureusement non. Elles ont surtout révélé la difficulté à changer , sortir des ornières , sortir du jeu habituel d’appétits et de rivalités, de dominations et de frictions pour se concentrer solidairement et efficacement sur les vrais enjeux.

Après les Européennes j’avais déjà dit mon malaise aux intentions de « rénovation » d’un parti à peine structuré .(  http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archiv...l) La suite a prouvé qu’il s’agissait d’un cautère sur une jambe de bois.
Il serait vain de limiter son échec à une difficulté de positionnement face au bi-partisme gauche/droite.
Certes les électeurs eux-mêmes ont du mal à appréhender ce discours et à transcender ces clivages auxquels on les a conditionnés.
Mais ils y arrivent d’autant moins que ce parti n’a pas réussi à faire entendre cette « voix singulière » que François BAYROU souhaitait.

Il n’y arrive pas tout simplement parce qu‘il n’a pas lui-même été capable de parler d’une seule voix.Il n’a pas su , comme je l’écrivais en juin dernier, s’armer d’une vigilance constante pour se rassembler autour de ses valeurs fondatrices
Il n’ a pas su construire en interne ce qu’il voulait proposer à la nation.
Il ne l’a pas su vraisemblablement parce que tous ne marchaient pas en son sein dans une même direction et qu’il y avait encore pas mal d’immaturité.
C’est très regrettable.
Car il y a urgence pour la France à trouver une nouvelle voie et une voix renouvelée.
C’est dommage aussi pour les énergies engagées et les enthousiasmes déçus.
Mais n’est-ce pas ainsi par tâtonnements que les choses avancent ?
Nous sommes devant des situations inédites, nous devons trouver de nouvelles réponses à de nouveaux problèmes qui ne s’étaient jamais posés.
Leur trouver des réponses adéquates en politique.
Il est peu probable qu’un seul parti y parvienne.
La démocratie c’est, ce serait, le dialogue et le respect mutuel, la priorité donnée aux urgences qui taraudent notre société.
Cela dépasserait de très loin les frictions, les conflits, les divisions.
À l’intérieur comme à l’extérieur des partis politiques.
Il va falloir ré-invenr une politique du dialogue et de l’écoute et non plus de la course à l’élection à grand renfort de communication.
Un politique où le citoyen se retrouve concerné.
Car lui aussi doit se remettre en question. Si l’on peut comprendre sa lassitude ou son écoeurement de certaines pratiques, il porte sa part de responsabilité dans son désinvestissement de la vie démocratique.
Il faut parvenir à rompre ces cercles vicieux qui tournent sur eux-mêmes et en parallèle.
Il faudra beaucoup de volonté, de courage et de ténacité.

Mais aurons-nous le choix ?

Si nous voulons conserver nos droits, nos libertés, la paix et la démocratie ,nous n’aurons pas d’autre chemin .

21/10/2009

Urgence Démocrate

 

DSCN0057.jpg
DSCN0060.jpg

Parlement Européenn Strasbourg. 16 Octobre 2009

Journées de l'Université d'Automne du Mouvement Européen France "l'Europe état d'urgence ?"


Être cadre politique n’autorise pas seulement à se poser des questions mais en donne le devoir.
Parce que nous sommes amenés à être la courroie de transmission du parti à l’électeur jusqu’au pied des urnes. À être au contact direct de ceux à qui le parti s’adresse, à qui il doit donner réponses et espérances.
Il n’est pas facile d’être nouveau en politique d’en découvrir rapidement les contraintes, les limitations, les voies détournées à emprunter pour arriver au but.
Mais peut-être est-ce une richesse. Car avoir franchi le pas permet de se sentir  plus proche et de mieux comprendre ceux qui éprouvent méfiance voire  rejet de la politique . Il faut avoir fait ce chemin jusqu’à la prise de conscience que cette voie est indispensable, incontournable, pour construire
le tissu d’une société, d’une civilisation et que plutôt  que de s’en détourner il faut travailler chacun, individuellement  ou en groupe à la faire revenir à ce qu’ellen’aurait jamais dû cesser d’être ou plutôt à la faire revenir à ce qu’elle a mission d’être. Afin de ne plus en être déçus, d’y voir une espérance.
Il est précieux de conserver la critique aiguisée par des années de réticence car les hommes politiques, à force de vivre dans leurs cercles, voire leurs oligarchies, sont tellement imprégnés d’un système qu’ils ne le voient même plus, en usent , en abusent , en jouent souvent comme s’il  était inéluctable et non produit d’un consensus .Pendant ce temps  , le citoyen électeur se replie, s’écarte et perd son sens et sa mission de maillon démocratique.

Curieusement les circonstances de la vie vous obligent parfois au recul comme pour  décanter, pondérer, admettre qu’il faut donner priorité à l’efficacité face aux crises de toutes nature.
Le recul forcé que je viens de vivre n’a pas émoussé ma vigilance pour le Mouvement Démocrate, pour la France, pour le monde.
À l’heure des alarmes à tout niveau, social , économique,  environnemental, l’inertie et le découragement citoyen constituent une alarme supplémentaire d’autant que c’est un symptôme qui ne se limite pas à notre pays.

François BAYROU pour notre parti, a dû longuement méditer au pied des Pyrénées après les élections Européennes.
Sa main tendue à la gauche pose questions et n’a pas manqué d’être   abondamment exploitée.
Elle suscite des réactions vives chez certains de ses électeurs ,ce qui est plus inquiétant.

Il n’en reste pas moins que la démocratie, par essence, exige une force d’opposition.
Or jamais  le paysage politique n’a semblé aussi brouillé dans notre pays   .
L’électeur déjà méfiant, désabusé , ou désespéré  n’y trouvant plus  ses repères traditionnels risque de s’en désintéresser encore plus.
Trois «  centres «  ou à peu près, une gauche en conflit, une droite qui semble à la fois se radicaliser et  se diviser, l’écologie qui sert de valeur-refuge, mais devient une force politique avec les mêmes méthodes que les autres partis.
Nous devions, nous devons fonder un grand parti de démocrates humanistes et Européens, faisant du développement durable une priorité, ouvert aux uns comme aux autres.
Qu’en sera-t-il pour les gaullistes, les déçus de l’UMP confrontés  à l’évolution  de leur parti  au service d’un pouvoir  qui se resserre et se découvre de jour en jour ?

De jour en jour des événements sont autant de signaux d’alerte pour notre vigilance démocrate.
Un procès qui prend des allures de procès politique et qui a été pris en otage par les medias.
La présomption d’innocence bafouée, d’abord par un procureur puis, pour la deuxième fois par le Président de la République.
Des principes fondamentaux conquis dans la souffrance en 1789. Mais pas de vraie réaction en profondeur de la classe politique qui semble trop souvent  ne s’intéresser aux principes que de manière ponctuelle et utilitaire.
Or un principe transcende tout contexte , concerne  tout  le monde, et se doit, par définition de s’appliquer à tout parce que nous sommes en république et que notre devise est  :
la Liberté, l’Egalité , la Fraternité

Et que c’est cette devise que doit servir la Justice .

Durant l’Université de Rentrée   2008 du Mouvement Démocrate Corinne LEPAGE, avocate et Vice-présidente  du MoDem proclamait que la justice  était «  en loques »  .
Ceux qui en France ont été amenés à y faire appel ont dû découvrir avec amertume qu’elle  semble parfois servir des réseaux de puissance ou d’argent et non l’homme dans son intégrité, égal devant la loi. Ceux qui ont été contraints de le découvrir  à leur détriment, n’en ayant pas eu satisfaction, se sont sentis lésés bien au-delà du plan matériel , dépossédés d’un bien moral.
Des Egyptien  aux Grecs , de Maat à Themis les peuples antiques avaient divinisé cette haute fonction de l’esprit, ce besoin fondamental de l’homme qu’il éprouve dès la tendre enfance et qui est indispensable à la vie sociale. En la matière chaque entaille individuelle ou générale sape le fondement démocratique. Ce piller central fragilisé, c’est le pilier de la République qui vacille.


Cumul des mandats , accumulation  de pouvoir, collusion de pouvoir politique et financier, rassemblement de la puissance dans  les mains de quelques « élites » d’un réseau,  voire d’une famille.
Déferlement médiatique et pouvoir de l’image sur les consciences.
Bombardés, martelés, entournés ,  comment les citoyens  saturés peuvent-ils s’y retrouver ?
Démêler le vrai du faux, l’objectif du subjectif,l’orienté du loyal est une tâche en soi alors que le quotidien se fait de plus en plus pressant.

Doute sur la justice, doute sur l’information, doute sur les politiques et le pouvoir, autant de facteurs de démobilisation, de désorientation .
Alors que pourtant jamais la mobilisation n’a été aussi nécessaire puisque c’est le monde entier qui est en crise à tous les niveaux.

En attendant des solutions nationales, le renforcement de l’Europe semble plus que jamais vital.
C’est dans cet esprit que je viens de participer à Strasbourg à l’Université d’Automne du Mouvement Européen France dont je suis membre du Conseil National.
Pourtant là aussi bien des inquiétudes pointent, la crise renforce les nationalismes au nom des intérêts économiques fragilisant cet indispensable pôle de solidarité et de stabilité dans un monde  explosif en mutations accélérées.
J’ai eu le plaisir de remercier  le Sénateur Denis BADRÉ  Vice-président du Mouvement Européen –mais aussi  membre du bureau exécutif du MoDem- qui a  comblé mon attente en appellant à une Europe de paix qui retrouve son idéal et son souffle et s’oriente vers l’aide au développement des pays pauvres, meilleur moyen de freiner les flux migratoires.
Malheureusement en   me promenant autour de la cathédrale de Strasbourg j’ai vite été rappelée à la réalité brutale. Des corps inertes roulés dans des duvets , en pleine journée, sous le faible abri de porches ou d’arcades. Des vies humaines stérilisées, verrouillées par le dénuement total qui dans nos sociétés signe l’exclusion. Les gouvernements  passent , l’ Europe du XXI ème siècle se bâtit mais dans toutes nos villes et y compris celle qui symbolise cette grande édification pacifique cette détresse demeure , laissée à elle-même . À la suite de quelle injustice ? De quelle défaillance de la société qui peut précipiter  un individu du jour au lendemain  dans cette inacceptable indigence parfois seulement parce qu’il est victime d’instincts prédateurs  qui l’ont dépouillé et que la justice n’a pas  rempli sa mission.
Une société humaniste  qui mette l’homme et son épanouissement au Centre ne peut par essence tolérer cette dérive. Car l’autre c’est l’homme, avec tout son potentiel et  en admettant de voir cet autre dégradé c’est nous même, dans notre essence que nous laissons dégrader.
Cruel  paradoxe de confronter encore cet état de fait si banalisé après avoir visité le Parlement Européen, sous la bannière aux douze  étoiles, symbole de la perfection.
En dépit de grandes avancées , de progrès remarquables ces corps recroquevillés  sous des duvets dans nos rues  en contradiction des convention des droits de l’homme  , nous montrent les graves lacunes de nos démocraties.
Ici ou  plus loin de nous cette masse de souffrance grandissante avec un milliard  d’humains taraudés par la faim dans le monde est une clameur silencieuse géante qui défie nos sociétés confrontées à une crise économique par abus de spéculation.
Nous ne pourrons pas échapper aux impératifs matériels et moraux car aucun équilibre ne se trouvera sans leur donner priorité dans un monde aux interrelations d’autant plus explosives qu’elles se répercutent immédiatement sur notre environnement terrestre.
Dans un monde où les phénomènes et les mutations sont en  accélération croissante au point que nombres d ‘entre eux nous échappent ou nous dépassent.

Ayant exposé au Symposium International de l’Eau à  Cannes  en juillet dernier, j’ai assisté à une conférence de Michel Serres autour de son livre « le Mal propre, polluer pour s’approprier ? » *qu’il dédicaçait.
J’ai pu lui demander s’il était optimiste ou pessimiste ce à) quoi il m’a répondu que cela fluctuait selon les  jours.
Au cours de sa conférence, le philosophe a mis en lumière quelques-unes des mutations spectaculaires de notre temps.
La régression de l’activité paysanne, avec en France un abaissement depuis les années 1960-70 à 2% . C’est pour Michel Serres une grande rupture d’un activité humaine à l’oeuvre depuis 10000 ans, depuis le néolithique.
En parallèle nombre de fleuves ne parviennent plus à se jeter dans la mer car ils sont détournés en amont par les activités humaines d’où des bouleversements  écologiques.
Des mutations positives pour nos vies aussi en ce qui concerne la régression de la souffrance et l’allongement de la durée de vie( mais qui posent aussi des problèmes) .
Des faits impensables encore au 19ème siècle ou au début du XXème et qui sont dus aux progrès humains.
Mais là encore il faut relativiser car ces constats du philosophe ne valent que pour les pays développés puisque la majorité des humains du globe n’atteignent pas à cette qualité de vie.

Dominique de Villepin  a sorti récemment  un essai magistral «  la Cité des Hommes »* sur la crise planétaire et les défis qui menacent l’humanité.
Scrutant et analysant dans  ses moindres  détails ce grand tournant de l’histoire humaine, il en ausculte les causes et les potentiels  positifs ou négatifs .Partout cherchant des solutions pour le bien commun, dans un esprit de partage,  de solidarité éclairé par la  tolérance, le dialogue des culture «  la polyphonie du monde » , et la raison autour du  pilier central d’une Justice planétaire.
Idéaliste réaliste, il propose une approche révolutionnaire constructive pour l’avènement d’une nouvelle  Renaissance , d’une nouvelle ère .

Autant de constats et de voix éminentes pour nous confirmer que la politique ne peut plus vivre en microcosme. Elle doit être le relais d’une politique générale à l’échelle du globe, des besoins de la terre  et de ses habitants en raison même  de la réciprocité  des interactions que l’étude de l’environnement nous apprend.
La survie de nos sociétés mais aussi de la planète et donc de notre espèces nous l’impose.
C’est ce qu’ont compris les citoyens  et la raison pour laquelle il se retournent vers les partis écologiques .
C’est sans doute aussi ce qui explique l’essoufflement des partis politiques qui patinent dans les ornières  anciennes et n’ont pas encore réussi à se mettre en phase avec l’accélération de ces mutations.
Il y a donc beaucoup à construire ou reconstruire à travers une démarche politique renouant avec sa vraie vocation  pour relever les défis nationaux et internationaux qui nous imposent  pour y réussir d’être à la hauteur de nous-même.
Et de fonder la société humaniste du XXIème siècle, la «  Cité des hommes «  de notre planète.

* Michel SERRES : Le Mal propre - Editions Le Pommier
* Dominique de Villepin : La Cité des Hommes - Plon

11/07/2009

Exigence démocrate et fondements éthiques


Ce n’est pas sans malaise que j’entends parler de « rénovation » du Mouvement Démocrate et des intentions de « changer » de son leader en réponse à l’agitation interne qui a suivi les élections Européennes.

En premier lieu ,plutôt que de nécessiter des changements , j’ai l‘impression , de par mes expériences , que le MoDem aurait surtout besoin d’être fidèle à lui-même.
Il a posé des textes fondateurs qui exigent un niveau de vigilance constante. C’est autour de ces valeurs que se sont fédérés nombre de nouveaux venus en politique.
Ce parti s’est à peine structuré dans les difficultés et n‘a même pas réussi à se roder dans une véritable cohésion.
Comme je l’ai dit précédemment le vrai dommage dans les élections Européennes est ce record d’abstention historique.
Le but n’est pas de faire du nombre, du chiffre, du pourcentage mais d’ouvrir un espace d’espoir face au désespoir larvé, à la profonde déception qui mine l’électorat.
Or cette attitude ne concerne pas que le Mouvement Démocrate, elle vise l’ensemble de la classe politique. Elle est grave en soi car comme je l’ai écrit  dans  l'article " Crise de confiance, crise de conscience " : (http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archiv... ) la confiance est extrêmement fragile. Lorsqu’elle s’est fissurée il est très difficile de la restaurer car il s’agit d’un élément immatériel subtil inhérent à la profondeur, à la conscience de la personne humaine et qu’on ne peut acheter ou réparer avec des moyens matériels.

Les élections Européennes ont été pour moi l’occasion de l’expérience du « terrain ».
Je croyais à priori que ce serait un des aspects les plus difficiles de l’action politique. Bien au contraire , je me suis aperçu que cette expérience très enrichissante est fondamentale pour avoir une vision claire des besoins du citoyen.
Or je dirais que celui-ci a d’abord besoin de confiance.
Il n’était nécessaire ni d’être voyant ni d’être suspendu aux sondages pour pressentir que l’élection allait mal et que l’abstention serait la grande gagnante.
J’ai participé à des opérations de « tractage » autant pour le Mouvement Démocrate que pour le mouvement Européen, association pluraliste issue de la Résistance dont le seul but était d’informer et d’inciter à voter.
Cela a permis une expérience complémentaire .
Et partout j’ai entendu le même complainte : « pour qui voter » « je ne vote plus depuis longtemps » « ils sont tous les mêmes , ça ne change rien » etc…
Tout cela dit avec des nuances allant de la révolte au désespoir en passant par le désenchantement mais signant un repli, un refus de participer à toute action publique avec certitude qu’il n’y aurait aucun moyen par là de peser sur le devenir.
Cela s’appelle en premier lieu l’échec du suffrage universel. Et cela concerne tous les partis, tous les politiciens, même si certains ont pu se réjouir d’être majoritaires d ‘une minorité.C’est regarder l’arbre qui cache la forêt. Car les Français, les citoyens, les électeurs, sont découragés.
Découragés, et inquiets de la marche du monde et de celle de la France. Parce qu’aussi ils ont pris l’habitude de déléguer totalement leurs pouvoirs au point de ne plus se sentir concernés, de ne plus se vivre en maillons actifs d’une démocratie.
Mais leur silence n’est pas une approbation tacite, ils sont souvent très lucides, conscients des impératifs et des dérives mais dans l’impossibilité de croire que telle ou telle formation saura y remédier. Les partis politiques ne peuvent être en deçà des exigences et des espérances citoyennes sous peine de perdre leurs raisons d’être .

Et puis l’Europe. C’est pour elle qu’étaient ces élections et non pour les scores des uns et des autres.
Et c’est elle qui a perdu.Ou plutôt c’est l’idéal qui la sous-tend qui a été oblitéré, asphyxié d’abord par un brouillard bureaucratique, puis par les rivalités politiques.
Mes actions pour le Mouvement Européen ont été les plus révélatrices et les plus décevantes car là il n’y avait aucune ambiguïté possible. Il ne s’agissait pas de proposer une couleur mais de «développer dans le peuple français la prise de conscience de l’Europe et de la communauté de destin des peuples qui la composent ».
Or j’avais pu envisager une certaine indifférence mais pas un désintérêt voulu et parfois un rejet virulent.
J’ai organisé à Menton un stand du Mouvement Européen que j’ai tenu avec ma Présidente départementale pour distribuer des brochures de la commission Européenne.
J’ai pu constater que la majorité des personnes ne souhaitaient même pas être informées alors qu’à l’évidence elles ne connaissaient pas le réel fonctionnement de l’Union.
C’est se retrouver devant un cercle vicieux. Comment des citoyens appelés au suffrage universel peuvent-ils agir pour le développement d’une structure qu’ils connaissent très mal et ne veulent même pas apprendre ?

J’ai eu l’occasion de transmettre ces inquiétudes avant les élections à Pat Cox , ancien Président du parlement Européen et actuel Président International du Mouvement Européen . Faisant partie de la délégation du Mouvement Européen des Alpes Maritimes j’ai eu le plaisir de converser durant tout un déjeuner avec lui. Pat Cox m’a donné une réponse très belle : « toutes les brochures les plus parfaites n’y changeront rien . Les gens ont maintenant besoins de plus d’émotion » Ce qui fait écho à ce que m’ a dit un membre du Bureau National du ME : ‘ « l’Europe à besoin de beaucoup, beaucoup d’amour. »
Amour et émotion sont des antidotes humanistes à une société que la bureaucratie et le mercantilisme déshumanisent de jour en jour jusqu’au rejet et au désespoir des peuples.C’est une société en panne d’idéal, en panne d’espoir qui s’essouffle et a besoin de retrouver du sens.

Le réalisme et le pragmatisme indispensables ne peuvent être la fin mais le moyen sans quoi ils mènent à la stérilité.

En période de crise où l’angoisse du quotidien se fait plus forte, où la pression matérielle s’exacerbe, c’est pourtant le moment de réinsuffler de l’espoir en des valeurs portantes qui méritent efforts et combats faute  de quoi le désespoir ou l’inertie risquent d’ouvrir la porte à un effritement de la démocratie ou à des dérives violentes.

Ce qui est grave dans ce rendez-vous manqué de l’historie, c’est que les peuples d’Europe dans leur ensemble n’aient pas pu voir en cette structure une raison d’espérer, un idéal à préserver et à renforcer , une voie pour leur avenir et celui du monde et qu’on assiste au contraire à ces replis nationalistes et individualistes . Comme ci ceux-là seuls pouvaient préserver des épreuves.
Alors que cette imbrication de crises qui nous confronte appelle à la solidarité, à l’éthique, à retrouver des mesures humaines pour répondre à la complexités des défis qui ne peuvent plus êtres négligés.

Tandis que je tenais un des bureaux de vote de ma commune où j’étais Déléguée de mon parti, j’observais les douze étoiles de l’étendard de l’Europe ondulant au vent. Et je me faisais la réflexion que c’était sans doute un des seuls drapeaux qui ne soit pas éclaboussé de sang, un des rares si ce n’est le seul au nom duquel le sang n’ait jamais coulé.
Les besoins économiques ne peuvent faire oublier ce besoin fondamental qu’est la Paix. Et l’économie elle-même ne peut se passer de Paix.
Et lorsque dans la Mairie de ma commune j’ai entendu les premiers résultats et l’importance de l’abstention ma première pensée a été pour Robert SCHUMAN .
Parce que la crise économique avait engendré le plus monstrueux des nationalismes, la barbarie et un conflit mondial des hommes de paix avaient juré « plus jamais cela » . Le génie de Robert SCHUMAN fut d’utiliser le pragmatisme pour servir l’idéal. Le charbon et l’acier furent le moyen mais le Paix était le but.

Il en est de même en politique, le parti est le moyen et non le but. Le but est la défense des valeurs fondatrices d’une société permettant le réel épanouissement de ses membres .
La structure organisationnelle est fondamentale. Mais la vigilance constante au jour le jour l’est tout autant sinon plus.
Je pense personnellement que si le MoDem n’a pas réalisé un bon score ,(tout comme la politique en général est discréditée) c’est qu’il n’a pas su prouver au jour le jour qu’il incarnait ce qu’il prône. La remise en question de ce parti, comme de toute la classe politique, doit aller bien au-delà du structurel si la politique elle-même veut retrouver sa mission fondamentale . Si elle veut redonner espoir et entraîner les citoyens vers une vigilance constante, vers un développement des consciences.

Le Paix et la démocratie ne sont pas des acquis définitifs.Ils se cultivent au jour le jour, ils sont un combat de tous les instants pour ne pas les voir rogner ou se rompre.
Le bien être humain ne peut s’en passer et si les solutions pratiques immédiates doivent être mises en œuvres pour palier aux urgences sociales, financières, environnementales, dans le même temps le fondement éthique qui seul pourra répondre réellement , durablement et en profondeur à ces problèmes doit être constamment retrouvé.
Telle devrait être la priorité et la constante vigilance Démocrate.

26/04/2009

Le terrain pour les Européennes

tractage_menton_25_._04_._09[1].jpg

Photo et article Nice Matin du 26 Avril 2009 :

Des responsables et militants MoDem  de  la 4ème circonscription des Alpes Maritimes en campagne  à Menton  pour les élections Européennes.
Votre auteur  au foulard orange.


S’engager et militer c’est aller sur le terrain. Afficher la couleur, amorcer  le dialogue.
Pour le Mouvement Démocrate des Alpes- Maritimes les opérations de tractage  ont commencé avec dynamisme.
Expérience encore  neuve et   donc enrichissante pour moi qui me retrouve désormais dans le camp des « politiques  ». Après des années de méfiance…
Il s‘agit de proposer et non d’imposer et de comprendre ceux qui , saturés de publicités et autres appels plus ou moins fiables  peuvent se montrer réticents . J’ai souvent ce réflexe…
Mais le message à transmettre est d’importance : ne pas manquer cette échéance électorale  d’autant plus capitale dans la période que nous vivons.

Les tracts envoyés par le national nous le martèlent :


«  Face à la crise , l’Europe est notre avenir  »
« Construisons une Europe plus humaine . L’Europe ce n’est pas seulement un marché, ce sont  des valeurs humanistes, un projet de société. »

Message plutôt bien perçu dans l’ensemble mais il y a encore tant  de désintérêt  pour ces élections et pour l’Europe qu’on sent qu’un long  combat est devant nous pour réveiller, inciter ces français à se sentir à nouveau des citoyens actifs, responsables, capables de peser sur leur avenir et celui du monde.
Quel grave échec en effet de la politique, tous partis confondus, que d’entendre à maintes reprises des propos désabusés, manifestant déceptions et sentiment d’impuissance. Incrédulité   face à une possibilité de changement réel ou de faire écouter sa voix. Manque de confiance dans les hommes politiques de tous bords renvoyés dos-à-dos.
Problème que j’avais traité dans mon article "De l'abstention citoyenne à la démission des politiques " http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archive/2008/03/22/de-l-abstention-citoyenne-a-la-demission-des-politiques.html


« Bon appétit Messieurs… » vous aurez fait bien du mal .
Et maintenant qu’il faut pouvoir rassembler, mobiliser  dans l’urgence,  cette inertie douloureuse ou cette révolte bouillonnante vont   vous faire face , risquant de fausser le jeu démocratique.
Qu’avez-vous fait de notre démocratie, de nos principes républicains , de nos institutions pour qu’après une  révolution tragique qui a ensanglanté notre histoire des citoyens se sentent exclus de tous pouvoirs décisionnels ?
Vous n’êtes pas tous  à blâmer, certes.
Mais vous avez  presque tous laissé s’établir un consensus malsain, et vous n’avez pas assez veillé à l’éducation citoyenne dès les jeunes années .
Et surtout trop d’entre vous ont usé et abusé des privilèges que la République  a empilés pour les représentants du peuple, vivant en vase clos dans une oligarchie coupée des réalités.

Pourtant l’histoire nous rabâche qu’un jour les peuples assoupis ou souffrants, se réveillent et  que leur inertie  apparente peut se muer en colère aveugle.

N’attendons pas ce jour pour remettre  à plat nos principes, retourner à leur source, et redonner aux hommes et aux femmes de la rue  et des marchés le sentiment qu’ils comptent en tant qu’humains , qu’ils  ne seront pas broyés par l’indifférence ou l’oppression et qu’ils ont un rôle à jouer  dans nos sociétés.

Construire une Europe humaniste c’est d’abord redonner confiance en la démocratie et au pouvoir politique.
C’est d’abord balayer chez nous pour que les français reprennent courage et confiance et aillent aux urnes .

 

le 7 Juin 2009 VOTEZ !

13/03/2009

La marche de l'Europe

 

drapeau_europe.jpg


La Conférence Nationale du Mouvement Démocrate  du 8 Février 2008 à laquelle j’ai  assisté a été un temps fort puisqu’elle était consacrée à la présentation des têtes de liste pour les élections Européennes.
Etant membre du Conseil National  du Mouvement Européen , j’ai été naturellement heureuse de l’entrée en lice  de sa Présidente , Sylvie GOULARD,  que j’ai eu le plaisir de saluer , et qui a déjà démontré son dynamisme  au service de la cause Européenne à la tête  de cette association pluraliste issue de la Résistance.
Face à la crise cet enjeu électoral a pris tout son poids et tout son sens pour ceux qui sont conscients que l’Histoire nous appelle.
Comme l’a dit François BAYROU «  Nous voulons un nouveau monde et l’Europe est la seule porte disponible pour ce nouveau monde »
A la suite des différents  intervenants dont Jean-François Kahn qui appelait de ses vœux une Europe des Lumières, une Europe  de l’Humanisme, et Corinne Lepage qui insistait sur l’aspect protecteur  de l’Europe pour la  Démocratie, le leader du Mouvement Démocrate  a souhaité voir se développer une nouvelle  économie humaniste  à la place du capitalisme.

La balle est désormais dans le camp des citoyens –électeurs qui devront sentir l’enjeu et garder une espérance forte.
L’heure n’est plus à la frilosité ou à l’indifférence.
Si l’Europe n’a pas été vécue jusqu’alors de façon suffisamment satisfaisante, il faut d’une part admettre une méconnaissance , d’autre par vouloir projeter un modèle plus proche de nos aspirations réelles .
Que des peuples si longtemps en conflits, passés par tant de siècles d’horreurs et de souffrances , aient  tellement aspiré à la Paix qu’ils aient déjà pu réaliser en quelques décennies une telle construction est le gage qu’elle est fondée sur le roc d’une volonté, d’une vision, d’une aspiration commune .
Et même si celle-ci, se pliant au pragmatisme,  a dû passer par les arcanes de la technocratie ou des lois de marchés qui ont pu estomper  le but et l’image première , il n’en reste pas moins  que cette entité provient d’abord  de la vision d’esprits  éclairés.
Il nous incombe donc de renouer avec l’esprit qui y a présidé pour y retrouver les valeurs salvatrices pour notre futur.


L’Amérique entame une phase très difficile de son histoire . Son peuple sait relever des défis mais néanmoins elle rentre dans une période de souffrances  à laquelle elle n’était pas préparée avec des milliers de personnes mises à la porte de leur logement ( 10.OOO par jour selon les informations radiophoniques) et des millions qui vont se trouver privées de sécurité sociale.
Avec son avidité, ses abus et gaspillages et l’impérialisme des années Bush  elle récolte pour une bonne part ce qu’elle a semé, responsable , pour François BAYROU , d’avoir commis un véritable crime en  tuant l’agriculture du tiers monde. ( Rappelons nous notamment les drames des fermiers Indiens   face à la multinationale Monsanto)

Et paradoxalement son affaiblissement risque d’ébranler  une sorte  d’équilibre précaire, tenu jusque-là par la loi du plus fort, du  «  gendarme du monde  »  pour ce qui concerne les risques de conflits.

Il faut donc souhaiter que l’Europe devienne rapidement un pôle fort ,  rassemblée autour des valeurs démocratiques  pour soutenir et répandre  celles-ci sur la planète .
La mutation du monde est si rapide, si énorme, que nous devons réaliser que l’heure n’est plus aux tergiversations.

Nous devons réellement prendre conscience de la situation privilégiée des peuples d’Europe par rapport à ceux d’une grande partie du reste du globe.

Même  si nos sociétés sont  encore imparfaites , même s’il reste tant à faire en beaucoup de points , alors même  que  nous  n’avons pas encore  établi une véritable justice sociale,  nous jouissons d’une  liberté et d’un confort considérables par rapports à des millions d’humains qui  n’ont  même pas accès à l’essentiel.

Il y a urgence  à les préserver pour nous mais aussi à aider les autres à  les atteindre par d’autres voies que la violence et la conquête.

Il faut aussi réaliser ce que l’Europe fait déjà actuellement pour nous et pour le monde. Or à part des spécialistes ou des passionnés, la majorité des citoyens Français est  sous informée , voire désinformée.
J’ai eu l’occasion récemment d’évoquer ce problème avec Gérard LOMBARD représentant en France de la Commission Européenne.
Pourtant la Commission Européenne édite dans toutes les langues de l’Union un nombre impressionnant de brochures décrivant ses actions ou engagements .

Parmi les principales rappelons très brièvement :

- Aide humanitaire
-  Combat contre la discrimination et garantir l’égalité des chances pour tous en Europe
- Aide au développement
- Combat contre la traite  des êtres humains et l’exploitation sexuelle des enfants
- Lutte contre les mines dans le monde
- Partenariat avec l’Afrique pour l’Energie
- Abolition de la peine de mort dans l’Union
- Droit des consommateurs
- Egalité entre hommes et femmes
- A la pointe des actions contre le réchauffement climatique
- Développement durable
- Gestion de l’eau

L’union Européenne et ses états membres fournissaient en 2006 plus de 56 % de toute l’aide au développement officiellement distribuée par les pays industrialisés.
Ce qui représentait  presque le double de ce que donnait l’Amérique.

Pour continuer sa tâche  et développer ses actions , l’Europe doit pouvoir préserver son identité, celle qui a fédéré ses peuples autour de valeurs communes, d’un socle culturel et philosophique intrinsèque .
Et donc garder son indépendance y compris envers les Etats -Unis  d’Amérique avec lesquels nous partageons une partie de ces valeurs , par nos fondements démocratiques, mais qui doivent assumer eux-mêmes la part de responsabilité qu’ils ont engagée pour la terre durant ces dernières décennies .

Il nous incombe de savoir trouver un modèle de société Occidental qui ne soit pas platement plaqué sur le modèle Américain et qui puisse entrer en dialogue avec les autres cultures .

Or actuellement en France l’inquiétude est grande pour les démocrates et les républicains conscients de la nécessité de la force de  l’indépendance pour œuvrer à la stabilité du monde, de ce monde en perpétuelle tension, toujours prêt à la rupture ou à l’explosion .
Pour François BAYROU la réintégration de  la France  dans le commandement intégré de l’OTAN signerait une défaite à la fois pour la France et pour l’Europe. « La France » a –t-il  dit «  était  le piton d’indépendance de l’Europe et je ne veux pas qu’on arrache ce piton  »    . Il souhaite  une France alliée des Etats Unis mais pas alignée .
Dominique de Villepin , qui avait porté au plus haut devant l’ONU en 2003 le refus de la France de s’engager dans le conflit Irakien,est  également opposé à la réintégration  dans l’OTAN et craint qu’on creuse ainsi un fossé entre les pays d’Occident et ceux  du tiers monde.

Ceux qui n’ont pas su ou voulu anticiper la crise financière qui secoue le monde peuvent-ils nous assurer qu’aucun basculement, qu’aucun évènement brutal  même inattendu ne puissent un jour nous mettre  face à une situation difficile ou dramatique découlant de ce choix.
L’Histoire ne cesse de nous montrer que c’est trop souvent parce que nous ne savons pas  , ne voulons pas anticiper,  parce que nous ne regardons que  le court terme  , que nous  nous retrouvons confrontés à des catastrophes.

Cette question est  donc grave tant sur le plan immédiat et pratique par les risques que pourraient  faire courir cet engagement que sur le plan symbolique.
Symbolique de l’image que nous saurons donner au monde de nous-même.

Même si Barack  OBAMA  a entrepris de faire amorcer un grand tournant à sa nation, il  ne pourra annihiler du jour au lendemain les tensions passées, la  rupture  entre une partie  du monde qui a eu trop ( même si elle n’a pas su le répartir chez elle) et une partie qui s’est vue lésée du minimum.
Et ce d’autant plus qu’il n’a pas miraculeusement rallié toute l’Amérique derrière lui et qu’il lui reste des opposants qui pourront  utiliser des circonstances que personne à l’heure actuelle  ne semble pouvoir maîtriser pleinement.

L’Europe, par ses peuples et par leur histoire, a  aussi bien des responsabilités.
Mais elle a su plus tôt se mettre en route vers une voie d’équilibre.
C’est cette voie qu’elle doit savoir défendre par son indépendance.
Et devenir de la sorte un modèle qui puisse rayonner sur le monde.
C’est ainsi peut-être qu’elle sera mieux à même d’aider ses alliés Américains qui vont se trouver confrontés à une remise en question de leur société à laquelle nombre de ses  citoyens n’ont pas été préparés car pour eux cet aboutissement  était du domaine de l’impensable.

Nous avons une chance et une responsabilité pour apporter les richesses de notre expérience au monde, pour être un trait d’union entre le Nord et le Sud, l’Occident et les pays en voie de développement, entre les riches et les pauvres, les heureux et les malheureux . Pour être un laboratoire vivant d’une société humaniste.
Et cette responsabilité dépend de chacun d’entre nous, maillons responsables d’une conscience collective.



Des liens pour l’Europe :

L’Union Européenne : europa.eu

Le Parlement Européen : www.europarl.europa.eu


La Commission Européenne à Paris : http://ec.europa.eu/france/


Le Mouvement Européen France : www.mouvement-europen.eu

Le site du Rassemblement Civique Pour l’Europe http://rce-europe.hautetfort.com présidé par Gérard David DESRAMEAUX politologue et haut fonctionnaire, rencontré dans une commission du Mouvement Démocrate à Paris .

21/12/2008

La vision de l'Europe de Gilles ARTIGUES


Gilles Artigues Europe.jpg

Gilles ARTIGUES

Médiateur National  du Mouvement Démocrate, Conseiller Général de la Loire, proche et fidèle de François BAYROU, annonce sa candidature aux  élections Européennes.
On peut le retrouver  sur son site :www.gillesartigues.com

Pour «  Conscience et  Démocratie » il  a eu la gentillesse de développer la belle et forte vision de l’Europe qu’il souhaite défendre et promouvoir  .

Questions de Marie MAYER - Réponses de Gilles ARTIGUES :


Cher Gilles ARTIGUES j’ai eu l’occasion de partager le gîte  quelques jours avec Delphine JUSSELME votre suppléante au Conseil Général de la Loire  et vos co-listiers lors de l’Université de Rentrée 2008 du Mouvement Démocrate.
Tous ont loué votre calme, votre pondération, votre écoute. C’est certainement  une des raisons pour laquelle François BAYROU vous a confié la mission de Médiateur National du Mouvement, rôle difficile où il faut désamorcer les tensions pour fédérer.
Mises à part toutes options politique, ne pensez-vous pas que dans le monde en constante mutation dans lequel nous vivons , où l’imbrication des problèmes et des phénomènes peuvent induire des conséquences en séries et parfois conduire à des explosions, ces qualités humaines  qui permettent d’agir avec recul et clairvoyance sont fondamentales pour un Député Européen ?

La mission actuelle du Député européen est absolument fondamentale.

D’une part, il est le seul rouage de la mécanique communautaire à être élu directement par les peuples pour les représenter au sommet du pouvoir européen. Aussi doit-il être à l’écoute de ses concitoyens pour assurer une transmission correcte de leurs doléances aux instances dirigeantes, et à l’inverse, incarner l’Europe sur le terrain pour consolider son assise populaire.

D’autre part, les pouvoirs du Parlement européen sont désormais conséquents dans la mesure où il adopte ou rejette les textes de loi communautaires à égalité avec le Conseil des ministres sur une immense majorité des sujets abordés par l’organisation. A l’heure où les compétences de l’Union européenne ne cessent de s’accroître au regard d’une ampleur inédite des défis de notre monde, le Député européen porte ainsi la lourde charge de permettre au citoyen européen d’exercer une réelle influence sur son quotidien comme sur la destinée de tout un continent, voire au delà…

Le sens des responsabilités, l’ouverture d’esprit, l’aptitude au dialogue, la prise de recul, l’esprit d’analyse, l’indépendance de vue, l’aptitude à la Raison et le courage politique sont dès lors les qualités indispensables à tout Eurodéputé pour mener son action en faveur de l’intérêt général.


Le monde traverse une grave crise économique qui met en lumière les excès d’une société fondée sur la seule valeur de l’argent et de l’enrichissement à outrance.
Quelle mission voyez-vous à l’Europe pour répondre pratiquement aux déséquilibres  et dérives que cette crise révèle ?



Au fil de la campagne pour les élections présidentielles de 2007, François Bayrou n’a  cessé de mettre en garde les Français sur les dangers du modèle de société prôné par Nicolas Sarkozy. La suite des évènements lui a malheureusement donné raison. 

Emporté dans son « tout à l’ego », le Parti socialiste n’est pas plus capable de proposer une alternative innovante et viable qu’il ne l’a été par le passé pour dénoncer les dérives latentes du capitalisme débridé. Dans le camps adverse, les corrections apportées à une désastreuse politique socioéconomique sont inversement proportionnelles à la médiatisation du chef de l’Etat. Force est de reconnaître toutefois que ce dernier a pleinement exploité sa fonction éphémère de Président de l’Union européenne pour mobiliser et unir les Etats membres face à une crise inédite depuis les années 1930. Il a effectivement réussi à les accorder sur le sauvetage du système financier européen suivant l’exemple anglais de Gordon Brown. Son activisme désordonné et autoritaire a néanmoins fini par irriter ses partenaires, principalement allemands, ce qui a sans doute empêché les Européens de s’entendre sur un véritable plan de relance socioéconomique commun. Ainsi se sont-ils contentés du minimum syndical, à savoir une coordination de leurs politiques respectives dans le cadre d’un projet global de 200 milliards d’euros.

Naturellement, la somme n’est pas négligeable dans la mesure où elle représente 1,5% de la richesse globale de l’Union européenne. L’effort consenti par les 27 pays sous l’impulsion communautaire est donc à saluer. Il est aussi à relativiser. Tout d’abord, il représente seulement les deux tiers de son homologue chinois et la moitié de son semblable américain. Ensuite, le montant européen est surtout un affichage promotionnel de la Présidence française :il est le fruit de l’amalgame audacieux des actions nationales auxquelles a été ajouté un apport de la Banque Européenne d’Investissement à hauteur de 30 milliards d’euros sur 3 ans, soit à peine 300 millions d’euros par Etat et par an... Par ailleurs, la concertation européenne soit disant voulue et obtenue par Nicolas Sarkozy peut être sérieusement mise en doute en l’absence d’un véritable gouvernement socioéconomique de l’Union européenne, bien au delà de l’Eurogroupe !

Or, les attentes du citoyen européen croissent vis-à-vis de l’Europe. Conscient des limites des Etats nationaux comme des opportunités de l’Union européenne, il commence à se tourner vers la seconde au détriment des premiers, qui plus est au cœur d’une période troublée et difficile. La crise est dès lors une menace comme une chance pour la construction communautaire : une menace de paralysie, voire de délitement, si elle ne parvient pas à satisfaire les aspirations de ses peuples ; une chance de l’étayer dans le cas inverse. En d’autres termes, l’Union européenne se trouve à un tournant de son histoire. En France, le MoDem est le mieux placé pour l’aider à le négocier. Le pari est de construire une société fondée non sur l’égoïsme mais sur la solidarité, non sur le profit mais sur le progrès, non sur l’excès mais sur la Raison, non sur la vilité mais sur l’éthique, non sur l’adulation de l’argent mais sur le respect de la vie… Telle est la principale mission de l’Europe pour les années à venir ! Les bases existent puisque l’Union européenne s’est récemment engagée sur la voie d’un développement durable au service de l’Homme, cas unique au monde. L’ambition lui fait toutefois défaut pour accentuer le mouvement. Le MoDem doit lui en insuffler aux côtés de ses partenaires et amis étrangers pour parvenir à une Europe volontaire, dynamique, innovante et humaine…


Le Mouvement Démocrate  veut , selon  le souhait de François BAYROU, s’atteler à bâtir un modèle de société humaniste pour le XXIème siècle.
Quelle sera la voix d’un Député Européen MoDem, et en particulier la votre, pour œuvrer dans cette direction au sein de l’Union Européenne ?



La force du Parlement européen réside dans sa double nature démocratique et supranationale. Démocratique dans la mesure où il est la manifestation de la volonté populaire, ce qui le différencie de la Commission européenne. Supranationale puisque les Eurodéputés ne se regroupent pas en délégations nationales mais au sein de formations idéologiques, ce qui le distingue cette fois du Conseil des ministres. Il est dès lors le principal défenseur de l’intérêt général de la population de l’Union européenne, citoyens et résidents. Un député européen doit absolument se concentrer sur cet aspect : son objectif n’est pas de défendre une entité politique ou économique mais les individus dispersés sur le territoire communautaire. Il lui faut installer l’Homme au centre de sa réflexion comme de son action. Un parlementaire MoDem aura en tous cas à cœur de tendre vers cet idéal.


Une société humaniste implique de donner priorité au développement  et à l’épanouissement de la personne selon ses droits et besoins tels que la Convention Universelle  des Droits de l’Homme les a définis depuis 60 ans .
Sur le plan social, économique, culturel, environnemental quelles sont pour vous les priorités que vous aurez à défendre ?


À mon sens, la crise actuelle nécessite un accroissement des efforts comme une concentration des moyens.

L’accroissement des efforts est nécessairement financier à l’heure où les Européens doivent se montrer plus que jamais solidaires et novateurs pour progresser vers un modèle humaniste de société plus moral, plus juste, plus raisonnable et plus durable. Cet idéal est condamné à demeurer utopie si l’Union européenne se contente du budget ridicule de ces dernières années (il représente seulement 1% de la richesse européenne tandis que son homologue américain correspond à 20% du Produit Intérieur Brut des Etats-Unis, pays réputé pour son ultra-libéralisme…). L’augmentation budgétaire peut être obtenue grâce à des obligations européennes émises sur les marchés financiers (si les investisseurs se détournent des entreprises diverses et variées comme des Etats les moins vertueux en cette période de doutes et de craintes, ils auront à coup sûr intérêt à prêter à la plus saine et plus puissante économie du monde !) et/ou par le biais de nouvelles taxes, qui plus est sur les activités polluantes et spéculatrices. Dans les deux cas, non seulement le contribuable sera peu touché mais l’Union européenne s’investira aussi pour réguler le capitalisme mondial en même temps d’injecter une masse considérable d’argent dans son économie pour la dynamiser, créer des emplois et réduire la pauvreté…

Pour obtenir les effets escomptés dans un minimum de temps, il lui faudra impérativement concentrer ses nouveaux moyens sur une gamme réduite de priorités sociales (prêts aux démunis, construction de logements bon marché, formation des moins qualifiés, suivi des personnes marginalisées sur le marché du travail, etc.), économiques (soutien financier et technique des petites et moyennes entreprises, développement des infrastructures, innovations technologiques et méthodologiques, incitation à la recherche, etc.) et culturelles (institution d’une fête des cultures européennes annuelle, encouragement à la création, rénovation du patrimoine architectural, etc.). Rassurez-vous : je n’ai pas oublié l’Environnement, loin s’en faut ! En fait, l’importance majeure de la question m’amène à la traiter au sein de toutes les actions à mener dans l’avenir. En d’autres termes, je pense qu’il serait plus efficace de généraliser l’écoconditionnalité de la Politique Agricole Commune à toutes les politiques comme tous les programmes de l’Union européenne dans le cadre d’un profond et solide développement durable. De la même manière, je suis partisan d’imposer une éthiconditionnalité des aides européennes, ce qui consisterait, par exemple, à demander à une entreprise en bonne santé le remboursement avec intérêt des subventions perçues en cas de licenciements injustifiés…  


En réponse à cette crise financière d’ampleur séculaire comme l’a qualifiée François BAYROU, nous devons inventer une société où le développement durable, la défense de l’Environnement , la justice sociale  et une conscience planétaire ne seront plus passés au second plan.
L’Europe peut-elle devenir un modèle, une sorte de laboratoire de cette nouvelle société ?


L’Union européenne est d’ores et déjà un modèle pour le monde aux plans de l’Environnement comme de la Justice sociale. Sur le premier sujet, ses Etats membres sont les premiers et les seuls sur la planète à s’être obligés à de conséquents efforts à diminuer leur consommation énergétique et à développer les énergies renouvelables pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Le Sommet de Bruxelles des 11 et 12 décembre 2008 a confirmé cette extraordinaire politique avec des objectifs de 20% pour l’année 2020 dans les trois domaines cités précédemment. Bien sûr, certaines puissances comme l’Allemagne, l’Italie ou la Pologne ont obtenu des exemptions de manière à préserver leurs industries en période de crise. J’ai été désolé de l’apprendre car je crois cette reculade de la Présidence française particulièrement regrettable, et ce, pour deux raisons : premièrement, elle risque de rendre difficile la réalisation desdits objectifs dans les délais impartis ; deuxièmement, elle freinera sans nul doute les efforts de recherche, d’invention et d’équipement non seulement nécessaires à la préservation de l’environnement mais aussi susceptibles d’ouvrir la voie à une économie nouvelle dans le cadre d’une société régénérée…


Pour l’homme de la rue en France, mon boulanger ou mon garagiste, l’Europe est plus souvent une entité administrative  étouffante qu’un idéal ou un pôle de stabilité du monde.
Comment les Eurodéputés du Mouvement Démocrate pourront- ils œuvrer à leur redonner confiance en cet avenir, à leur faire sentir que l’Europe c’est eux ?


Tout d’abord, il est vital d’informer la population sur l’Union européenne, ses origines, ses objectifs, ses mécanismes et ses implications sur le terrain. En effet, la communication en la matière est inexistante. Or, l’homme de la rue a naturellement tendance à se méfier de ce qu’il ne connaît pas ou mal. Le MoDem doit dès lors consacrer une partie de son énergie à aller à la rencontre des boulangers, des garagistes, des infirmières ou des éboueurs pour leur expliquer l’Europe dans ses dimensions les plus concrètes et positives (certains politiques et médias se chargent déjà des aspects négatifs, et ce, avec une hypocrisie et une mauvaise foi absolument scandaleuse !). En effet, si l’Union européenne est imparfaite (les eurodéputés démocrates auront à cœur d’en corriger les erreurs, les manques et les faiblesses), elle agit quotidiennement au profit de tous ses habitants selon des mécanismes parfaitement démocratiques, ce dont ne sont malheureusement pas conscients les citoyens (j’essaie de donner des exemples concrets sur mon site). Ensuite, le MoDem doit naturellement proposer un projet européen particulièrement ambitieux pour l’avenir. Je tiens à souligner ici que nous ne souffrons certainement pas d’un excès d’Europe mais de son contraire ! Les défis présents et futurs dépassent désormais le seul cadre de nos frontières nationales. Un Etat à l’image de la France n’est ainsi plus en mesure d’y répondre convenablement pour le bien de sa population. Il a toutefois à sa disposition un extraordinaire instrument pour surmonter toutes ses épreuves avec succès : l’Europe ! Encore faut-il que cet outil soit opérationnel… Il le sera à la seule condition de passer outre une bonne fois pour toute les suspicions et égoïsmes nationaux dans la perspective d’une coopération toujours plus étroite, efficace et durable des intelligences européennes.



Quelle doit être pour vous l’apport principal de la France dans l’Union Européenne ?


Je ne pense pas être chauvin à prétendre que la France est vitale pour l’Union européenne : tout d’abord, elle en est à l’origine (la journée de l’Europe célèbre le discours prononcé le 9 mai 1950 par Robert Schuman, Ministre français des Affaires étrangères, en faveur d’une Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, première étape de la construction européenne) ; ensuite, aux côtés de l’Allemagne, elle en est le moteur (les deux associés sont la source de ses progrès successifs) ; enfin, elle en est une des principales inspiratrices (la législation européenne, notamment sociale, est très souvent son œuvre). Aussi ai-je été particulièrement triste du résultat négatif du référendum sur le Traité constitutionnel en 2005. Quelles que soient les explications de ce vote (elles sont multiples et variées), les conséquences ont été catastrophiques pour notre pays ! En effet, ses partenaires européens n’ont pas compris le rejet par les Français d’un texte imaginé par eux-mêmes… Aussi s’est-il gravement discrédité pour finalement perdre une partie de son influence sur la scène communautaire. Je reconnais que l’action volontaire et énergique de Nicolas Sarkozy pour sortir l’Europe de la léthargie dans laquelle cet échec l’avait plongé a eu le mérite de rendre son rang légitime à la France. Malheureusement, sa désinvolture associée à son indélicatesse a gravement plombé le couple franco-allemand, ce qui hypothèque les chances de progrès futurs de la construction européenne. Le MoDem a ainsi l’impérieuse obligation de renouer le dialogue avec nos amis Outre-Rhin, notamment au Parlement européen, dans la perspective d’orienter l’Europe sur la bonne voie…


Pensez-vous qu’une conscience Européenne se développe et puisse  aider nos pays à reprendre espoir et à sentir  qu’ils ont un rôle  à jouer dans le monde ?


Hélas, le citoyen européen est aujourd’hui très loin de se considérer comme tel, qui plus est au sein des villes et campagnes distantes des frontières ! En effet, la citoyenneté est intimement liée à l’identité, c’est à dire la conscience et la volonté d’appartenance à une communauté. Or, mis à part l’euro (très souvent décrié pour son défaut inflationniste supposé), rien ne permet vraiment à une immense majorité de Français casaniers (ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à demeurer dans le cadre de leurs frontières nationales) de se sentir Européens. Les implications concrètes et quotidiennes sur le terrain sont précisément peu perceptibles et valorisées. L’Europe demeure ainsi abstraite. Mobiliser l’homme de la rue au profit de cette cause, aussi noble soit-elle, est dès lors difficile, voire impossible. Comme l’Union européenne ne pourra se développer, voire survivre, sans l’adhésion de ses peuples, il est primordial de remédier au problème. Je propose notamment une information permanente, pertinente et percutante du grand public ; un véritable brassage des populations (service civil européen, jumelages, etc.) ; et l’usage régulier des symboles (obligation de dresser le drapeau européen sur les bâtiments officiels, application d’une étoile surmontée du sigle UE sur les timbres, marquage communautaire visible sur tous les documents administratifs, mise en exergue de la Charte européenne des droits fondamentaux, remise de la citoyenneté européenne en même temps que son homologue, etc.).


Quelle place voyez vous pour l’Europe dans le monde notamment face aux pays émergeants  qu’elle devrait pouvoir  aider à trouver leur équilibre si elle maintient et développe le sien ?


La réussite de la construction européenne est vitale pour l’ensemble de la planète. L’Europe participe en effet de l’équilibre du monde depuis des millénaires. L’Histoire a tout particulièrement démontré que sa désunion était capable de jeter l’humanité entière dans l’horreur de la guerre, de ses souffrances, de ses destructions et autres abominations. Les Européens doivent désormais prouver que leur union est susceptible de la conduire vers un monde meilleur, c’est à dire plus équitable, plus stable, plus harmonieux et plus durable. Pour y parvenir, l’Union européenne dispose de deux atouts majeurs, uniques en leur genre, à savoir son modèle de société moderne et son aide aux tiers les plus pauvres. Le MoDem est sans doute le mieux à même de l’encourager à découvrir et exploiter son extraordinaire potentiel pour entraîner le reste du globe sur la voie du progrès collectif, juste et viable.


Merci beaucoup, Gilles ARTIGUES,  pour cette belle vision de l’Europe que nous devons tous, chacun avec nos moyens, aider à faire développer.
Très bonne chance à vous pour porter cet idéal fort, démocratique et humaniste, enraciné dans les principes fondamentaux  et  adapté aux besoins et urgences d’un monde en pleine mutation .

03/11/2008

Crise de confiance- crise de conscience

 

parisoct2008 041.jpg

Conférence Nationale du Mouvement Démocrate- Paris - Mutualité

La confiance est un élément fondamental des rapports humains et donc de nos sociétés. Que ce soit au niveau des rapports privés ou familiaux, au niveau de la santé, du travail  de la politique , du commerce ou des affaires elle est une clef de voûte incontournable. Être en confiance c’est pouvoir se fier, ne pas craindre, redouter l’autre et ses comportements ou agissements.
Elément intangible, elle ressort du fort intérieur de la conscience de chaque individu ; elle est aussi d’une grande fragilité.Chaque fois qu’elle se sent trahie ou trompée, elle s’émousse comme un capital qui perdrait peu à peu de son potentiel. Il faut parfois quelques facteurs déclenchants pour qu’elle se fissure et la vigilance éveillée ouvre la brèche vers la défiance.
Une confiance trop souvent trahie peut se tarir  pratiquement et mettre beaucoup de temps à se reconstituer.
Cet élément impalpable et non achetable, inhérent à la nature humaine et à son exigence profonde est bien connu  et savamment exploité du monde du commerce, des affaires et de la politique qui cherche à s’en servir  comme levier pour déclencher des réactions.
Or s’il est envisagé dans un but d’exploitation, la brèche est immanquablement  ouverte vers son abus.
Vient alors en politique le lot des promesses électorales,  des paroles rassurantes, des espoirs affirmés sans garanties, toute une gamme stratégique qui peut aller de la tromperie délibérée aux envolées oratoires authentiques mais sans lendemains pratiques.
On sait que ce qui caractérise le manque d’enthousiasme des français pour la politique et les politiques est un manque de confiance flagrant. De désillusions en déceptions et désabusement, les esprits se replient.
Ce déficit de confiance est grave car il accélère un processus de fragmentation, de rupture sociale au sens profond du terme. Il n’est souvent pas très loin du désespoir quand il n’en franchit pas le pas .C’est à dire du manque d’espérance de foi en l’avenir, en des possibilités de changements.

Ainsi se creuse jour après jour le fossé entre ceux qui gouvernent et ceux qui   sont gouvernés.
Dans ce désenchantement  croissant les faits objectifs ont leur part majeure mais les medias, caisse d’amplification et de résonance , jouent également un rôle considérable de démoralisation générale au double sens du terme.
Dans le monde du commerce ou des affaires la défiance s’est également propagée à vitesse croissante pour arriver à cette gigantesque crise  financière d’ampleur planétaire que François BAYROU considère prioritairement comme une crise morale et qui va engendrer une gigantesque crise de confiance mondiale.
Crise de  confiance en l’avenir,  de confiance dans le modèle de société mais aussi de  confiance en l’homme tout court.

Dans les sociétés traditionnelles  les transactions se  scellaient d’une poignée de main  qui faisait office de contrat inviolable.
Il en était de même dans le monde rural chez nous du temps de  nos grands- parents .
Certes la société s’est complexifiée et les transactions sont d’une tout autre difficulté.
Mais néanmoins derrière les façades de marbre et de verre, dans l’atmosphère  apparemment  aseptisée  du «  business »  selon le modèle anglo-saxon qui s’est imposé, ce qui prédomine trop souvent est un instinct prédateur qui cherche  à utiliser tout l’arsenal juridique ou administratif pour tirer le maximum de l’autre, ( voire l’exploiter ou le dépouiller) ;  cet autre dont la nature de «  prochain » est oubliée  .
Jusqu’à présent cette attitude était considérée comme gagnante, assurant la réussite matérielle et donc respectable et respectée si ce n’est révérée.Le vocabulaire marketing et économique s’est tissé de termes guerriers offensifs qui se sont imposés graduellement aux consciences. Laissant entendre par là qu’il s’agissait bien d’une sorte de guerre sans quartier dont le but était le profit maximum.
Or la crise de 2008 nous révèle qu’on ne peut impunément transgresser les principes.
«  Qui sème  le vent récolte la tempête ».
Poussée au paroxysme , cette attitude qui a évacué les besoins et les droits humains  pour se livrer sans frein à la fièvre spéculatrice a fini par aboutir à une catastrophe générale qui brise et remet en cause le système même qui a été le modèle dominant de   ces dernières décennies et a entraîné  la direction du monde.
Pour  tout esprit à tendance philosophique bien des réflexions s’imposent.
L’aspect général de cette crise, au-delà des raisons techniques que les spécialistes peuvent dégager, n’est-elle pas liée à une forme de complicité tacite du monde politique comme du monde des affaires, qui a laissé se développer une démarche contraire  aux principes humanistes et même au simple bon sens ?
Si la loi du coeur ne peut s’imposer, il est flagrant que la loi de la raison même va obliger à remettre les pendules à l’heure.
On ne peut éternellement  s’enrichir à outrance sur la souffrance et la faim de son prochain sans en payer un jour ou l’autre les conséquences.
On obtient forcément insurrections ou déséquilibres économiques si ce n’est les deux à la fois.
On ne peut évacuer l’homme dans son intégrité et intégralité au profit justement du Profit , transformé  en « science » ,érigé en dogme, jusqu’au fanatisme aveugle, jusqu’au déséquilibre total dont tous  in fine ont à payer les conséquences.
Crise morale, crise de sens qui ne pourra se résoudre avec de simples moyens techniques . Car il faudra  d’abord restaurer la confiance  ,   cette  impalpable valeur humaine que nul ne peut acheter .
Cette immense crise de confiance doit donc déboucher sur une crise de conscience, une crise des consciences, qui sachent en tirer la leçon.
Pour se résoudre durablement elle imposera un retour  aux valeurs fondamentales de la démocratie  qui s'enracinent sur les droits de la personne humaine.
Elle imposera ,  par la nécessité même, les règles d’une société humaniste de justice et de sagesse, si nous ne voulons pas comme le disait Jean LASSALLE lors de la Conférence Nationale du Mouvements Démocrate, qu’elle culmine en une troisième guerre mondiale .
Le défi est devant nous face à un modèle de société qui se fragmente comme la banquise à la débâcle et face aux glaces  des pôles qui fondent sous l’effet du réchauffement climatique.
Nous ne pourrons reconstruire que sur le roc des principes pour créer enfin " un modèle de  société humaniste pour le XXIème siècle "  que François BAYROU invite à élaborer, appellant  les  2000 cadres du MoDem réunis à la Mutualité le 26 Octobre dernier à être « un commando de transformation politique » face à une crise  d’ampleur séculaire  qui va démontrer que l’éthique s’impose à la raison même.

18/10/2008

Tractage MoDem pour l'Europe

Communiqué de presse des Jeunes Démocrates  pour le tractage sur l’Europe et la crise financière organisé à Nice le Samedi 18 Octobre 2008 à 13 h :

"Le MoDem prend l'initiative de communiquer sur l'Europe au travers de la situation de malaise que traverse notre continent.
Le MoDem, parti pro-européen, prônant une Europe des valeurs, lance un premier tractage ce samedi 18 octobre sur Nice.
Ce tractage aura lieu à partir de 13 h vers l'Acropolis puis sur Jean Médecin.
Ce tractage s'inscrit dans une volonté de formation et de communication envers les citoyens sur l'Europe et l'importance que revêt l'échéance européenne du 4 au 7 juin 2009.
Nous pensons qu'il est indispensable de replacer la crise financière dans son contexte et d'informer les citoyens sur sa vraie nature.
Ce tract est le premier jalon d'une campagne d'information et de formations des citoyens qui va se poursuivre et s'intensifier avec prochainement l'ouverture de cafés démocrates européens."

13/09/2008

Université de Rentrée , vers une démocratie mondiale

UR 2008 - Journal des Rencontres et Impressions à travers mes échanges avec:DSCN0109.JPG

Delphine JUSSELME suppléante de Gilles ARTIGUES
et des co-listiers de « la Voix des Stéphanois »
Josée POCHAT journaliste à Valeurs Actuelles
Philippe BERTA ex-suppléant de Jean- Marie CAVADA
Quitterie DELMAS
Etoile 66



Cette première Université de Rentrée est aussi la première de mon expérience politique.
Bien que ce type de manifestation rassemble des centaines de personnes, l’expérience de chacune d’elle demeure unique par la façon dont elle vit l’évènement et dont se tissent les liens et rencontres.
Pour le MoDem c’est un temps important. Ce nouveau mouvement n’a cessé d’être entravé et déstabilisé depuis sa fondation et il prouve ainsi qu’il a tenu bon et passe à sa phase de travail en profondeur.

Je suis co-voiturée par André MINETTO, tête de la liste Agora qui a fusionné avec celle d’Hervé CAEL pour donner la liste Union MoDem 06 dont je suis co-listière. Une cohérence avec moi-même qui ai souhaité , voire prêché , l’union dans les Alpes Maritimes, sachant qu’elle fait la force et craignant de voir fragiliser le Mouvement Démocrate par des divisions internes qui viendraient encore s’ajouter aux attaques externes pour nous affaiblir.
Je n’ai pas choisi de partager mon logement avec des personnes données, laissant le hasard faire les choses…

Il a apparemment bien œuvré puisque je me retrouve tout de suite avec Delphine JUSSELME, suppléante de Gilles ARTIGUES au Conseil Général de la Loire.
Gilles ARTIGUES, notre Médiateur, l’homme de la modération qui travaille justement à éviter les divisions….
C’est donc avec l’équipe de « la Voix des Stéphanois », tous anciens co-listiers de Gilles ARTIGUES aux dernières municipales ,que je
vais vivre ces quelques jours très denses.

À l’atelier Internet de Christophe GINESTY je découvre l’outil révolutionnaire que les bénévoles du MoDem sont en train de mettre en place.DSCN0038.JPG Totalement innovant par rapport aux autres partis il va permettre l’information, les échanges et pratiquement la formation des militants .Il confirme ainsi la vocation de parti de pointe du Mouvement Démocrate qui doit sa création pour une bonne part à ces nouvelles technologies de communication interactives. Et la rapidité d’adaptation de François BAYROU qui suit de très près ces développements.
Il donne un espoir important de voir se développer un travail en profondeur à la fois pédagogique et militant capable de se propager très rapidement et dont le sentiment d’urgence ne peut qu’être renforcé par les communications des différents intervenants de cette Université.
Urgence pour la France mais aussi pour l’Europe et le monde qui subit de grands bouleversements et une totale re-distribution des rapports de force.

J’ai trouvé particulièrement impressionnante la prestation de Jean François KAHN exposant le réveil de l’empire Chinois ( de l’Empire du Milieu comme le rappelle BAYROU) et son emprise économique sur les Etats Unis par le biais de leur endettement.
Nous sommes arrivés à un très grave point de bascule et on ne pourra plus se contenter de faire de la politique interne de « rapiècement ».
Le moment peut mettre en jeu des changements considérables et il nous appartient de savoir réagir très vite et bien.
Une responsabilité pour tous les politiques mais aussi pour tous les citoyens et dont nous ne connaissons pas encore toute la portée.
Lorsque le crépuscule plonge dans le clair obscur les centaines de personnes concentrées dans cet amphithéâtre de verdure, dans ce site quasi attique avec la mer à quelques centaines de mètres, j’ai le sentiment de vivre un temps fort, un moment qui fera date, une sorte « d’états généraux »de la démocratie. J’aimerais cependant que François BAYROU, dans la nuit tombante, soit un peu plus soucieux de sa sécurité, surtout lorsqu’on touche à autant de sujets sensibles.

Samedi , ayant manqué le petit-déjeuner, je me retrouve en train de prendre un chocolat en compagnie de Josée POCHAT, journaliste àDSCN0087.JPG Valeurs Actuelles, qui vient de faire un reportage de quatre pages sur François BAYROU.
C’est l’occasion de recueillir ses impressions sur la portée de l’évènement et les problèmes de la presse Française de plus en plus cadenassée.
Elle me dit qu’elle sent le moment de cette UR important car la situation de la France est très inquiétante.
J’appends aussi qu’il y a des revirements dans la presse, du moins dans celle qui a une certaine indépendance financière, et que son magazine cherche maintenant à se faire l’écho des opposants à l’actuel Président de la République.D’où la large ouverture de ses colonnes à François BAYROU, mais aussi à Nicolas DUPONT- AIGNANT avec qui elle a de nombreux contacts.
J’y vois un signe important de réveil pour notre politique intérieure.
Même si le Forum sur la Démocratie suivi l’après–midi avec notamment les journalistes Daniel SCHNEIDERMANN et Laurent MAUDUIT dresse un état des lieux accablant sur la situation de l’information en France, inféodée au pouvoir gouvernemental ,par le biais des puissances financières qui le soutiennent, au moment de graves dérives judiciaires et d’atteintes au respect de la vie privée. Corinne LEPAGE, assise juste devant moi et qui prend la parole à la place d’Eva JOLY empêchée, estime tout simplement que « la justice est en loques ».
Le seul espoir réside pour l’heure dans Internet où se replient les journalises qui veulent s’exprimer librement. Ce qui confirme encore la bonne direction que prend le Mouvement Démocrate en voulant privilégier cet outil de communication.

DSCN0081.JPG Sous un soleil implacable le Forum Europe et International avec notamment l’ancien Premier Ministre Belge Guy VERHOFSTADT , HubertDSCN0076.JPG VEDRINE et Sandro GOZZI a encore renforcé ce sentiment d’urgence , mais aussi d’espoir, d’une Europe forte et unie autour de valeurs humanistes face aux empires Chinois ,Américains, Russes. Un militant,à ma satisfaction, a justement objecté à Guy VERHOFSTADT, qu’il préférait le mot de « puissance » plutôt qu’empire pour désigner cette nouvelle force vers laquelle doivent converger tous nos espoirs.

Dans le petit train qui nous déplace d’un lieu à l’autre ,je rencontre Etoile 66, blogueuse de la première heure ,qui intervient sur tous le forums Internet MoDem.

Je dine à la table de Philippe BERTA, ancien suppléant de Jean-Marie CAVADA à la Députation Européenne et candidat MoDem aux municipales de Nîmes.L’occasion d’en apprendre un peu plus sur les mobiles de ce journaliste de talent qui malheureusement a terni son image par son revirement décevant.
L’occasion également d’échanges enrichissants sur de nombreux points et de recueillir son expérience aux municipales mais aussi dans les combats de ce chercheur en biochimie et en génétique pour créer l’Université autonome de Nîmes dont il a été le Président.
Nous évoquons le problème de la professionnalisation de la politique qui explique aussi les revirements de certains élus pour des raisons platement alimentaires. Philippe BERTA estime qu’il faudrait limiter à deux mandats et établir un systèmes d’accompagnement pour la réinsertion à la vie professionnelle de manière à ce que le jeu démocratique cesse d’être faussé par l’utilitarisme personnel. Ce sont là des points importants si nous voulons pouvoir nous appuyer de façon fiable sur des représentants du peuple réellement engagés pour des valeurs. Or autant pour la France que pour le monde , nous ne pouvons plus nous permettre de voir la démocratie et les prises de décisions entravées par des systèmes pyramidaux d’un autre âge ou des« caciques » locaux tentent de rejouer une néo-féodalité souvent au mépris des intérêts généraux réels.

Le voisin de Philippe BERTA est un scientifique spécialiste de la voiture électrique et… du nucléaire.
Pour lui l’une ne va pas sans l’autre.
Même si le nucléaire est depuis mon adolescence synonyme de danger majeur , je décide d’en profiter pour avoir l’avis d’un homme de bonne foi et en savoir un peu plus sur les nouvelles générations de réacteurs qui sont capables d’utiliser et donc de détruire 90% de leurs déchets.
Or la construction de photovoltaïque impose l’utilisation d’énergie pétrole ou charbon polluants pour chauffer le silicium à 1000° .
Reste que même en éliminant la dangerosité des déchets ( ce qui impliquerait la récupération de tous les fûts de stockage disséminés sur notre planète…) cette énergie peut-être source de catastrophes en raison de l’instabilité du monde,du terrorisme , des guerres.
Comment donc pourvoir rapidement aux besoins croissants d’une humanité ,dont une bonne partie est encore en dessous du seuil de pauvreté, sans établir prioritairement une stabilité mondiale ?`De la politique de quartier aux enjeux planétaires, une société humaniste axée sur le développement durable est à inventer de toutes pièces et un défi pour notre espèce sensée être responsable.

J’ai rejoint la « chambrée » de la Voix des Stéphanois :
Delphine JUSSELME, Michèle BONNET, David VACHEZ tous co-lis tiers de « Gilles » -nous sommes une grande famille comme le dit David-
Nous les femmes avons nos lits à 50 cm les uns des autres.
Jusqu’à 3 heures du matin je revis avec Michèle BONNET la campagne municipale de Gilles ARTIGUES. Liste de rassemblement de diverses sensibilités avec ou sans étiquettes et de tous horizons sociaux et qui comportait notamment : Renée DUMONT 1ère Adjointe au Maire de Saint Etienne ,UMP qui  a fini par adhérer au MoDem, le Professeur Michel DEBOUT du CHU de St Etienne, PS, Bernard SEYSSON , ancien Conservateur du Centre Beaubourg.DSCN0119.JPG
Le gentillesse et le calme de « Gilles » qu’on ne voit presque jamais en colère, le travail de base de la campagne par les froids matins d’hiver défilent.
Ces heureux Stéphanois vivent l’union au jour le jour derrière Gilles ARTIGUES, seule tête de liste aux élections internes. Leurs yeux se sont ouverts grands en apprenant qu’il y a eu jusqu’à 5 listes dans les « starting -blocs » des Alpes Maritimes.
Après Delphine, toute d’enthousiasme et de dynamisme, j’écoute Michèle, qui a bravé une sciatique pour suivre sous cortisone cet UR et qui, en dépit d’un métier para-médical pénible est pleine d’ardeur et de volonté, décidée à prendre des cours de théâtre pour apprendre à s’exprimer en public. Toutes deux sont absolument neuves en politique où elles amènent fraîcheur et détermination . Je me dis que c’est bien là que se tient la force du MoDem et de BAYROU qui a su rassembler cette richesse humaine dans un élan tout à fait nouveau.

Cet élan se traduit par une ferveur concentrée lors du discours de clôture de François BAYROU. DSCN0116.JPG
Juste devant moi se découpe le profil angélique de Quitterie DELMAS qui m’a fait l’amitié de me dire qu’elle connaît mon blog.
Elle incarne plus d’un symbole. Celui d’une jeunesse engagée dans une voie d’équilibre par-delà les anciens clivages pour défendre un avenir qu’on ne cesse de lui hypothéquer.Elle est aussi la nièce d’un homme qui s’est opposé à la guerre d’Irak, épargnant beaucoup de morts à notre nation et qui voit jour après jour se déliter la politique d’indépendance de la France, et partant de l’Europe, pour laquelle il a combattu.
A quelques places d’elle c’est le profil comme taillé dans un bois noble de Jean LASSALLE. Lorsqu’il lui est fait une longue ovation, il baisse la tête, visiblement ému et atteint dans son humilité.C’est une image que je ne volerai pas mais que je garderai précieusement en moi. Je ne suis pas partie en chasse aux « photos avec » durant cette UR , mais j’ai recueilli des images intérieures beaucoup plus parlantes, comme celle-ci , qui me prouvent qu’on peut trouver dans le monde politique des personnalités riches et intègres qui tranchent totalement sur les préjugés de carriérisme cynique que d’autres ont pu légitimer.Comme aussi les sourires rayonnants et l’ardeur juvénile de Corinne LEPAGE et Marielle de SARNEZ qui dénoncent les dérives de notre politique avec une fougue et un engagement entier.
Je n’ai pas le temps de réfléchir à toute cette énergie qui se lève pour combattre pacifiquement dans un Mouvement humaniste qui prend en compte tous les problèmes que notre société confronte au niveau national comme au niveau mondial que je suis accaparée par une journaliste de Mediapart qui veut me faire réagir à chaud sur le discours de François BAYROU.En manque de sommeil depuis 5 jours en raison de problèmes personnels qui ont précédé cette UR je dois donc donner ma première « interview » avec une question piège sur les alliances avec le PS. Cela fait partie de l’engagement et de la responsabilité du militant…

André et Florence me déposent à la Gare de Centrale de Nice et je réalise brusquement que j’ai vécu trois jours dans un autre monde. Où une concentration de bonne volonté, d’enthousiasme et de sincérité alliée à des réflexions de haut niveau tissaient un Projet d’Espoir. Une chape me retombe sur les épaules. Ici c’est la fatalité et le découragement qui règnent. Un cheminot me raconte le nombre de suppressions d’emplois y compris en nocturne, ce qui a des conséquences également sur la sécurité.
« C’est SARKOZY, c’est comme ça… »
Je milite aussitôt mais mes interlocuteurs sont trop désabusés, ils ne croient plus « aux promesses »….
Il y aura beaucoup, beaucoup de travail pour les militants du Mouvement Démocrate pour redonner de l’espoir à leurs concitoyens, retrouver leur confiance et les convaincre que le MoDem va exprimer, selon François BAYROU « un autre projet de société dont les valeurs ne seront pas celles du matérialisme et du cynisme »*.



* BAYROU : "Mon conflit de valeurs avec le Président  "
Valeurs Actuelles – 4 Septembre 2008 par Eric BRANCA et Josée POCHAT

27/04/2008

La flamme de la conscience universelle


Les manifestations et incidents qui jalonnent le parcours de la Flamme Olympique,en font un événement symbolique qui mérite qu’on s’y arrête même s’il y a aussi des maladresse ou des excès.
C’est vraisemblablement la première fois que ce parcours est régulièrement perturbé par les défenseurs des Droits de  l’Homme aux quatre coins de la planète.
Evènement symptomatique à plus d’un titre :
C’est la première fois que les Jeux Olympiques se dérouleront en Chine, concrétisant l’ouverture de cette grande nation sur le monde et faisant converger  sur son territoire le regard de ce  monde à travers les yeux des médias internationaux.
Les Droits des  hommes qui suscitent élans et compassion, sont ceux du peuple Tibétains.
Il y a quelques décennies  seulement le Tibet était  pratiquement terra incognita, replié secrètement sur lui-même.
Depuis le célèbre «  Voyage d’une Parisienne à Lhassa » d’Alexandra David-Néel en 1927 ,  il n’en venait  que quelques échos.
Totalement replié encore durant la deuxième guerre mondiale, l’alpiniste Allemand Heinrich Harrer fur un des rares à y pénétrer après s’être évadé d’un camp de prisonniers en Inde. Arnaud Desjardins à la fin des  années
60 commença à faire connaître en France ses grands lamas et ses monastères Boudhistes.
Depuis,  les tornades de l’histoire ont soufflé sur le toit du monde, meurtrissant ce peuple et dispersant nombre de ses ressortissant aux quatre coins de la planète.
Même s’il sont encore peu nombreux, même si ces soutiens n’ont pas encore réussi à résoudre les souffrances du Tibet, il n’en est  pas moins remarquable de voir que dans  des nations très différentes, éloignées géographiquement, ethniquement ou culturellement de ce peuple, des hommes et des femmes se dressent pour lui témoigner leur solidarité.
C’est la face positive de la médaille de la mondialisation, due au développement des médias et à la circulation de l’information par les moyens informatiques. Et due aussi au développement  d’une conscience universelle humaniste de solidarité qui n’était pas pensable il y a seulement quelques décennies.
L’intéressante émission de France Inter « 2000 ans d’histoire » relatait récemment comment l’Occident légitimait la conquête coloniale et rappelait l’approbation de figures comme Jules FERRY et Léon BLUM ,ce dernier soulignant la nécessité  pour les «  races supérieures «  ( sic)d’importer  ainsi  l’humanisme civilisateurs et les lumières aux «  races inférieures « (re-sic).
Le Japon il y a  quelque 60 ans était allié de l’Allemagne Nazie, durci dans son nationalisme absolutiste, suscitant  les premiers Kamikazes  puis Pearl Harbour et sa conséquence , Hiroshima. Il tolère aujourd’hui démocratiquement sur son sol ces manifestations au profit d’un peuple aussi lointain.
Même si les Droits de l’Homme sont cruellement bafoués en maints endroits de la planète et si un immense travail est devant l’humanité pour établir justice et paix sous toutes les latitudes, il n’en reste pas moins    que ces évènements relèvent d’un élévation du niveau de conscience à l’échelle mondiale.
S’il s’agit encore d’une flamme ténue, c’est celle-là qui devra grandir et qui permettra d’établir la base d’une Démocratie réelle à l’échelle planétaire.
Ce ne sont pas les gouvernants  mais les individus , les citoyens, qui attisent en premier cette flamme. En cela nous pouvons puiser l’espoir et un relatif optimisme qu’un mouvement évolutif ascendant est en marche, dont chacun à son niveau participe. Un mouvement de développement des consciences et des responsabilités individuelles qui permettra d’unir nos forces pour gérer les énormes enjeux qui nous confrontent.
Face à ces enjeux gigantesques, le combat politique ne saurait se résoudre à des conflits partisans mais doit développer toutes les potentialités d’action pour actualiser la vision d’une société équilibrée sur de vraies valeurs civilisatrices et humanistes, pour une Démocratie planétaire qui en sera le garant.
Dans cette longue marche pour la Démocratie, les Démocrates Français, en vertu de leur héritage fondateur, ne peuvent qu’être en première ligne.
C’est rabaisser et rapetisser le Mouvement Démocrate que de le dénigrer constamment ou de le juger à l’aune des premières élections qu’il a affronté alors qu’il n’était  qu’aux prémices de son élan.Cet élan venu de la convergence de ses adhérents spontanés,   constamment  oubliés  des analystes plus ou moins malveillants,  s’inscrit dans le courant d’une vaste « Internationale Démocrate » comme l’a appelée François Bayrou  et qui pointe en maints pays pour se fédérer graduellement.

19/04/2008

Forger le Mouvement Démocrate pour un Espace Démocratique Indépendant

La note qu’une main invisible a laissé sortir de l’Elysée concernant la stratégie de déstabilisation du MoDem a fait grand bruit.
Pour un certain nombre d’entre nous ce n’est pas une surprise, seulement une confirmation. Nous savions que le Mouvement était partiellement «  termité ».
Bien que nouveaux en politique, si nous n’avions pas adhéré à un parti c’est que nous étions trop lucides pour ignorer les manœuvres, machinations et intrigues qui entachent immanquablement ces groupements humains .
Et si nous avons adhéré en masse au Mouvement Démocrate, c’était justement dans l’espoir d’y faire naître une politique, si ce n’est indemne, du moins orientée vers un réel renouvellement.
Que François BAYROU entre en lice pour fustiger ces dérives et on l’accuse de jouer les victimes.
Il n’y  a pas très longtemps pourtant, après l’Appel à la Vigilance Républicaine, c’était notre Président de la République que son entourage nous présentait comme une victime absolue, persécuté comme aucun ne l’avait été…
Quelques  mois après cet appel,  la démocratie est mise à mal, on tente de saborder un mouvement né d’un élan citoyen, les promesses électorales sont asséchées et la politique étrangère de la France a été , pour la première fois, retournée, au mépris de nombre d’avis ou oppositions éminents.
Si certains cadres UDF sont si attachés aux valeurs de leur ancienne structure, que ne s’investissent-ils à les transmettre au sein du MoDem au lieu de vouloir  le détruire ?
Vouloir détruire le MoDem c’est faire bon marché des quelque 60.000  citoyens qui, d’un seul élan, ont adhéré spontanément en quelques mois  pour fonder ce mouvement, leur mouvement.
Quand des citoyens, sans se donner le mot, se rassemblent de la sorte porteurs d’un idéal commun, c’est d’un courant qu’il s’agit, d’un courant qui s’inscrira dans l’histoire.
C’est donc face à l’histoire qu’auront à répondre ceux qui auront tenté de déstabiliser ou de détruire ce mouvement citoyen.
Certes, François BAYROU l’a vu et pensé, mais il fallait qu’il rencontre l’espoir et la pensée de milliers d’autres pour qu’il naisse.
C’est parce que des hommes ont pensé, voulu, rêvé, que le monde a pu avancer.
Martin Luther KING a fait un rêve.
Quarante ans plus tard son rêve est incarné en la personne d’un homme qui unit le sang blanc et le sang noir dans ses veines et qui demain pourrait être le premier Président  de couleur de la nation Américaine.
On n’a pas le droit d’essayer de détruire des rêves par sectarisme ou opportunisme.
Ces épisodes à rebondissements multiples où l’on voit , les uns après les autres , les notables Centristes céder aux sirènes Elyséennes pour tenter de faire avorter ce parti indépendant ne peuvent qu’en démontrer le besoin.
Pour qu’il soit un Espace de Démocratie libre , d’où l’on puisse saluer les hommes et les femmes, de quelque bord qu’ils soient , lorsqu’ils font primer leur conscience, le meilleur d’eux-mêmes , sur leur carriérisme .
Pour  notamment :
Saluer Jean-François LEGRAND pour avoir courageusement résisté aux pressions de l’énorme multinationale MONSANTO et de son parti pour refuser les OGM ,     
au nom de sa conscience
Saluer Lionnel LUCA, marchant avec son écharpe tricolore  au milieu des forces de l’ordre, pour porter un drapeau Tibétain jusqu’à l’Assemblée Nationale ,
au nom de sa conscience
Saluer Bertrand DELANOË apposant sur les murs de sa Mairie,  lors du passage de la flamme Olympique, une pancarte proclamant que Paris soutenait les Droits  de l’Homme dans le monde entier et faisant citoyen d’honneur le Dalaï Lama
au nom de sa conscience
Saluer Jacques CHIRAC et Dominique de VILLEPIN, s’opposant à la guerre d’Irak, en dépit d’énormes pressions et au prix d’insultes internationales,
épargnant le sang de millier d’hommes et les larmes de milliers de femmes,
au nom de leur conscience

Tandis que tout est mis en œuvre pour freiner la construction de cet espace indépendant, l’UMP se fracture.
Il faut plaindre ses militants sincères qui ont vu leur mouvement se transformer en parti d’un seul homme, parti du Sarkozysme sans conteste, et qui après avoir hier approuvé la politique d’indépendance de la France se doivent  de trouver normal d’y renoncer maintenant.
Et l’on voudrait qu’il n’y ait pas d’autre alternative que le Parti du Pouvoir Présidentiel ou le Parti Socialiste.La subordination au Pouvoir ou à l’Idéologie.

Le monde a faim.
Demain ceux qui ont faim marcheront sur nous pour nous demander des comptes.
Il sera trop tard pour leur dire que nous ne sommes pas responsables de tout.
Il vient un temps où la conscience rejoint le simple bon sens .
Dans ce gigantesque déséquilibre planétaire quelle est la part de responsabilités des géants de l’agro-alimentaire ?
Seule une politique faisant primer les Droits de l’Homme pourra répondre justement aux besoins de la terre et de ses habitants .Pour cela il faut conserver son indépendance à l’égard  des réseaux de l’argent qui de plus en plus absorbent des flux monétaires aux origines  douteuses.
Que nous le voulions ( par conviction et conscience) ou non,  nous y serons tôt ou tard contraints car nous ne pourrons échapper à nos responsabilités .
Et pour préparer cette politique du futur à la fois idéaliste et réaliste à l’échelle planétaire il faut construire, forger dans notre nation un espace démocratique, un refuge, qui fasse primer humanisme, conscience et indépendance.
S’y opposer c’est divorcer des principes démocratiques qui fondent notre République .
L’enjeu est déjà suffisamment  difficile en soi et demande la mobilisation de toutes les bonnes volontés.

08/04/2008

De la flamme des Droits de l'Homme à la lumière de la Démocratie

TIBET- TIBET- TIBET- TIBET-TIBET- TIBET- TIBET- TIBET- TIBET- TIBET- TIBET-TIBET-TIBET-TIBET-TIBET-TIBET-TIBET-TIBET

Quel triste paradoxe que cette flamme Olympique «  protégée »des militants des Droits de  l’Homme par des remparts d’hommes en armes.
C’est une situation qui en elle-même annule toute la portée  du message symbolique  contenu dans ce cérémonial. Enracinée dans les fondements Grecs de nos civilisations, cette lumière porteuse de paix, éclairant chaque nation pour les réunir dans ces échanges sportifs et fédérateurs ne peut briller derrière un rempart d’armes.C’est un signe grave qui  doit marquer nos sociétés pour nous rappeler que nous devons donner  la priorité aux Droits de l’Homme si nous voulons rester fidèles à nous-mêmes,  si nous voulons voir la démocratie s’établir sous toutes les latitudes.
Face à ce retournement de situation, on ne peut qu’espérer que  flamme des Droits de l’Homme  transférée de nation en nation puisse y  rappeler  la primauté de ces principes fondateurs .


DÉMOCRATIE- DÉMOCRATIE- DÉMOCRATIE- DÉMOCRATIE- DÉMOCRATIE-DEMOCRATIE-DEMOCRATIE -DEMOCRATIE-

Ce sont ces priorités, ces principes humanistes, qui doivent guider le Mouvement Démocrate Français afin qu’il trouve son identité en ne se centrant pas seulement sur la France et de telle sorte qu’il puisse être partie prenante d’un courant démocratique universel que tous les enjeux planétaires demandent.
Le MoDem est ébranlé par une crise interne.
Les dernières élections locales  n’en sont que le prétexte.
Il était évident que  ce parti dont le fondement officiel ne datait que de Décembre 2007 et qui devait fédérer des militants venant de divers horizons n’aurait pas encore assez d’implantation et d’impacte dans le paysage politique Français pour y faire des scores marquants.
François BAYROU a fait le choix de se présenter à PAU. On peut regretter qu’il ne se soit pas concentré uniquement sur ce jeune Mouvement mais son échec , lié aux incessantes entraves de l’UMP,  ne peut non plus légitimer toutes les tensions internes . Il est clair que le Mouvement Démocrate subit des assauts de l’extérieur et de l’intérieur pour freiner son essor. Il est aussi évident que le travail à faire est devant lui pour trouver les moyens de générer un courant politique neuf qui corresponde à l’attente de ses militants et au besoin des Français. C’est une tâche pionnière qui ne peut se faire dans la facilité et qui impose au Mouvement dans son ensemble et à chacun de ceux qui le constituent , une exigence croissante pour tirer ce parti vers le haut. Pour y donner la priorité aux valeurs qui le fonde et renouer avec l’esprit réel de nos institutions.
Monsieur le Sénateur Jean ARTHUIS en quittant le Mouvement semble fidèle à lui-même puisqu’il était dès le début très réticent à la construction du MoDem. Il avait ensuite indiqué  qu’il restait pour veiller sur l’UDF.
Quels que soient ses griefs, même si des critiques sont justifiées ou justifiables, même si l’organisation de ce parti est à clarifier ou améliorer, quelles que soient  ses inimitiés personnelles envers François BAYROU, les éventuelles luttes de pouvoir, Monsieur ARTHUIS, en sa qualité de Sénateur et d’ancien Ministre, ne pouvait franchir la limite de certains excès .
En assénant publiquement «  on ne gouverne pas un parti comme une secte. Le MoDem n’est pas le Temple Solaire »,  il s’est aventuré de façon surprenante dans des analogies extrêmement graves.
Il est plus qu’hasardeux de comparer le leader du MoDem au sinistre di Mangro, fondateur du Temple Solaire. On ne peut oublier que cette organisation des plus sulfureuses, dont les ramifications les plus sombres sembleraient   dépasser largement  la nébuleuses sectaire , a conduit 48 personnes à la mort dans le Vercors en 1994 dans une mise en scène abominable et que ce sacrifice collectif n’a  jamais vraiment été élucidé par la Justice pour des raisons là encore  très obscures .
C’est faire entrer dans le débat politique  des spectres qui n’ont rien à y faire.
C’est faire outrage en premier lieu à François BAYROU lui-même dont on peut saluer la constante élévation des propos, même lorsqu’ils sont polémiques.
À travers lui c’est faire outrage aux milliers d’adhérents qui l’ont rejoint , non pour un culte de la personnalité, mais en réponse à la qualité d’une vision politique, d’une politique d’idées, qui répondait  à celle qu’ils recherchaient et donc partageaient.
C’est faire outrage aux milliers de militants UDF et MoDem confondus qui l’ont élu , démocratiquement, Président du Mouvement à une  très vaste  majorité.
C’est faire outrage aux millions d’électeurs qui lui ont accordé leur vote lors de l’élection Présidentielle de 2007  sur un projet et un programme qui n’avait rien d’un mouvement sectaire véhiculant les pires dérives.
C’est faire de la sorte outrage à la Démocratie elle-même.
C’est justement ce type d’excès, trop habituels, qui dénaturent graduellement les combats politiques et c’est justement ces mauvaises habitudes que le Mouvement Démocrate devra apprendre à combattre.
Les philosophes des Lumières, vivant dans une époque où tout était loin d’être lumineux , ont su penser ou inspirer des textes fondateurs pour des siècles à venir.
À partir de la Déclaration des Droits de l’Homme qu’ils nous ont laissée est née la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
C’est un grand héritage et si nous voulons réellement œuvrer pour la lumière de la Démocratie nous nous devrons de retourner à l’essence de celle-ci  et de nous dégager de tout ce qui peut abaisser, éloigner des vrais débats, de nous défaire des habitudes, réflexes  ou dérives  qui ont fini par  en éloigner le citoyen et de ce fait de lui faire perdre son sens réel.

C’est seulement par une constante vigilance que nous amorcerons une Démocratie des consciences, celle d’un humanisme appliqué au jour le jour. Celle qui prendra les Droits de l’Homme comme pierre angulaire.







15/03/2008

Elections, passions et responsabilités

Le citoyen électeur conscient  de ses responsabilités à de quoi se poser bien des questions.
Quel étrange spectacle que ces élections locales à l’échelle de notre nation.
Elles qui ne devaient pas avoir d’enjeu national… À peine les résultats sortis des urnes que s’enflamment les passions et valsent les chiffres et pourcentages. À se demander s’il s’agit de matchs de foot ou de fièvres boursières.
Le Président de la République, le Premier Ministre, un ancien Premier Ministre ,quatre ministres, le Chef du Parti Socialiste ont défilé en la bonne et belle ville de Périgueux qui n’avait jamais tant vu de…  «  hauts et puissants seigneurs » ( ?)… depuis  des lustres.
Mais ne s’agissait-il pas d’élire un bon maire en son âme et conscience ?
À quoi riment donc ces ballets de hauts supporters ?
À influencer les électeurs, à «  diriger » leurs mains au-dessus de l’urne ?
Ou à vider de son sens le suffrage universel ?
J’écrivais récemment que les Français ont un rapport ambigu au pouvoir.
Cette agitation de «  puissants » en est une illustration.
Ce n’est pas là le but de nos institutions républicaines.
Ce n’est pas là la politique dont notre nation a besoin pour faire face aux enjeux locaux qui ,de plus en plus, doivent  aussi répondre aux enjeux supranationaux, mondiaux, planétaires.
Au lieu de cela c’est la compétition des deux camps antagonistes qui est repartie, chacun tirant  de toutes ses forces sur  le manteau de la France,
au risque de le déchirer .
Dans une démocratie où le citoyen ne  semble avoir d’autre moyen d’exprimer son inquiétude qu’en actionnant le levier électoral pour renverser la vapeur, une fois à droite, une fois à gauche.
Et l’on parle de valeurs, de sensibilités, qui doivent  être tranchées, stables.
Tellement que le même électeur vote, à quelques mois d’intervalles, pour une droite mâtinée de Font National (  puisqu’il est  admis que Nicolas Sarkozy avait «  siphonné » l’électorat FN) puis pour un Parti Socialiste qui semblait il y a peu s’étioler. 
Vote sanction - Vote d’humeur.
Mais cette humeur aura des conséquences qui dureront 6 ans.

En décevant son électorat le Président de la République n’aura pas seulement engendré des désillusions, il aura remis en action le vieux bras de fer « droite-gauche » qui paralyse ou stérilise la France depuis des décennies.
Et  ainsi compliqué la gouvernance d’un pays qui ira dans un sens à l’Assemblée et dans un autre dans les  collectivités locales .
On peut douter que ce résultat soit celui espéré par les électeurs traditionalistes  UMP qui l’avaient porté au pouvoir…
Telle a été la responsabilité engagée et le bilan des conséquences se fera sur le long terme.
Tout a été mis en œuvre par Nicolas Sarkozy pour écraser le mouvement Démocrate naissant et son leader à coup de désinformation programmée et de manœuvres.
Sans quoi c’est ce parti qui aurait pu servir de « sur verse » ou tampon, pour recueillir les déçus ou les républicains inquiets des dérives amorcées.
Plutôt que d’avoir comme interlocuteur un Mouvement qui mettait l’esprit de dialogue et la lutte contre le dogmatisme dans ses priorités, il a préféré prendre le risque de voir renaître  ce que François BAYROU qualifie d’ « union de la gauche version années 80 ».
Passions et responsabilités.
Contre le leader  du MoDem à Pau ,l’UMP à donné l’investiture à un  ex -socialiste.
« Qui sème le vent récolte la tempête ».
Le résultat de ce piège orchestré par le Président et son  parti sera que si François BAYROU perd dans cette triangulaire, cela portera une ville de plus au compte des socialistes puisque la candidat  soutenu par l’UMP est en dernière position.
Ce faisant Nicolas Sarkozy aura lui-même encore renforcé le front de son opposition.
Passions et responsabilités.
Si François BAYOU perd Pau ,il ne manquera pas d’ouvrage.
Car il restera un immense travail pédagogique pour redonner un souffle réellement démocratique à notre pays, pour arriver à décloisonner, déconditionner les esprits intoxiqués de bipartisme.
Pour qu’un jour le suffrage universel permette aux citoyens d’élire leur représentant et non de voir comme l’écrit le Figaro «  deux candidats (qui) se livrent un combat féroce » .
« Combat féroce »… pour être délégué par le peuple à diriger le bien commun d’une cité, l’enjeu véritable.
Passions et responsabilités.
À quoi nous ne pouvons que répondre :
Conscience et responsabilité pour une  nouvelle forme de politique qui réfléchisse  réellement l’esprit de nos institutions.

08/03/2008

Voter en son âme et conscience

Par ces temps d’élections il n’est peut-être pas  inutile de se recentrer sur les principes de nos devoirs électoraux.
La Révolution Française , après  beaucoup de sang et de douleur, nous a laissé la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen et les fondements de notre République.
En allant voter sommes-nous réellement conscients de la portée de cet héritage ?
L’art 2 de cette convention pose que « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptible de l’homme .
Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression ».
Les citoyens qui glisseront  leurs bulletins dans l’urne auront-ils l’impression d’agir pour ces principes ?
Face à l’inquiétude et aux déceptions suscitées par les  dix mois de gouvernance de Nicolas Sarkozy on pronostique un basculement à gauche pour les élections locales.
À moins d’un an des présidentielles  ce re-positionnement politique serait donc un vote sanction, expression d’un mécontentement grandissant.
Mais peut-on conduire une nation comme un char  d’assaut , en donnant un coup une fois à droite puis une fois à gauche ? Sachant que les chars laissent au sol de profondes marques.
Si les citoyens doivent utiliser les élections locales comme moyen d’expression de leur humeur, c’est que quelque chose ne va pas dans notre Démocratie et qu’ils n’ont pas le sentiment d’avoir voix au chapitre autrement que par la pression.
Plus que toutes autres les élections locales devraient être affaire de personnes, de compétences, de connaissance du terrain et des enjeux locaux, au-delà des sensibilités politiques.
C’est ce que ne cesse de répéter François BAYROU qui invite à briser «  le mur de verre » qui coupe la France en deux depuis des décennies.
Fort incomprise , cette démarche désarçonne et se heurte de surcroît au besoin  d’utiliser son bulletin de vote non plus seulement pour exprimer ses convictions , en son âme et conscience, mais pour crier son sentiment d’urgence, de désaccord ou d’exaspération.
Les Français ont un rapport ambigu  au pouvoir qui oscille entre l’attraction et la répulsion. Néanmoins le plus souvent l’élu est plus  considéré comme l’incarnation du pouvoir que comme le délégué de l’électeur, la voix du citoyen.
C’est une des raisons sans doute qui a creusé le fossé entre les politiques et les citoyens.
Des citoyens qui ont cultivé un sentiment d’impuissance tout en considérant que la politique était affaire de professionnels, éloignés de leur quotidien.
C’est en réaction à cette attitude que par milliers des citoyens se sont  levés , à l’appel de François BAYROU, pour fonder  le Mouvement Démocrate.
La plupart n’avaient jamais appartenu à un parti politique mais avaient subitement l’impression que la politique devait être l’affaire de tous, de tous les citoyens responsables , pour   voir fructifier réellement  les  principes qui fondent et sous-tende le projet Républicain. Pour sortir enfin de cette guerre des camps adverses et transcender le vieux clivage gauche-droite.
Face aux enjeux planétaires qui nous concernent tous , face à un monde de plus en plus instable, une nation divisée est une nation affaiblie, comme l’est une famille.De la plus petite élection locale  ,du moindre hameau Français ,à la plus importante au niveau national, nulle ne peut être totalement coupée du contexte géopolitique et environnemental  qui s’impose à tous les niveaux du quotidien avec une complexité croissante.
Il faut donc une nouvelle ère citoyenne et politique qui mette la responsabilité et la conscience comme priorités.
C’est cette révolution des consciences  qui sera l’enjeu des prochaines décennies.

24/02/2008

Devoir de mémoire ou éveil des consciences ?

Le projet de confier à de jeunes enfants la mémoire d’autres enfants morts victimes de la Shoah a suscité  beaucoup d’inquiétude et  une importante polémique. Nombre de personnalités de premier plan ont trouvé les mots justes pour dénoncer les dangers d’un tel dessein.Il paraît non seulement contre-nature de charger des sensibilités enfantines d’un tel poids mais de plus comment admettre de donner à de jeunes enfants, encore inconscients , de  tels devoirs que l’on n’imposerait pas à des adultes ?
Pourquoi les crimes commis par des adultes devraient-ils en quelque sorte être  lavés ou exorcisés par des enfants ?
Il semblerait beaucoup plus important de dépasser l’émotionnel et le fait historique pour aller à la racine du mal. Savoir comment de telles atrocités peuvent être perpétrées  par des hommes,et  organisées méticuleusement par des sociétés humaines.
Cela impose une immense et constante vigilance pour éveiller graduellement  les consciences. Pour les élever au-delà des poisons qui peuvent mener l’homme à de telles aberrations. Car il n’est jamais trop tôt ,par contre ,pour combattre avec tact et fermeté  tous les réflexes  d’exclusion, de haine ou de rejet de la différence qui  quotidiennement se déchaînent dans les cours d’écoles  souvent avec une rare violence. Rejet de la différence, non seulement ethnique , linguistique ou culturelle mais aussi du plus petit à lunette, du trop grand, du plus faible, du plus rêveur,   de l’autre tout simplement.
Plus largement ,les délires «  d’épuration ethnique » du Reich se seraient- ils développés aussi facilement et rapidement sans la situation de crise financière de l’Allemagne pré-hitlérienne ? Derrière la « solution finale » il y avait aussi l’appât de richesses à s’approprier. On se souvient du scandale qui avait éclaboussé les banques Suisses dépositaires de l’or  récupéré par les Nazis, et plus récemment Israël  expose des toiles de maîtres provenant du pillage  des  victime de l’holocauste.
Par conséquent non seulement la haine de la différence  fut à la racine  de ce mal mais aussi l’avidité, la cupidité. D’où l’importance ,comme le répète François BAYROU ,de ne pas axer nos sociétés sur les critères de la seule  réussite matérielle et sur la glorification de l’argent-roi et de ses réseaux.
Quant à la violence elle-même ne faudrait-il pas user de plus de vigilance quand on  constate comment elle déferle sur les esprits à travers la puissance quasi-hypnotique des  moyens multi-medias de plus en plus sophistiqués et qui , en émoussant les sensibilités ,banalisent les pires crimes dès l’âge le plus tendre.
J’ai observé dans une FNAC un homme dont le physique n’aurait pas déparé un film d’épouvante ,profondément concentré devant un écran,où se déroulait une scène de poursuite dans la lumière glauque du labyrinthe  d’un parking souterrain. Dans la peau du tueur, du « snipper » il faisait lui-même évoluer la traque de sa «  victime virtuelle  » jusqu’à sa suppression « virtuelle » aussi. Il s’agissait d’un simple jeu en démonstration que toute mamie bienveillante peut offrir à l’anniversaire de son petit-fils. Je ne dérive pas du sujet. Admettre comme activité ludique un apprentissage virtuel du crime  dès l’enfance n’est-il pas un emmarchement dangereux ? Comment à la fois exiger  d’un enfant la compassion et la mémoire et admettre comme naturel et plaisant l’apprentissage de la création de « victimes virtuelles » ?
Si  le devoir de mémoire  nous est imposé par l’histoire , qui ne peut s’appréhender fructueusement qu’à  l’âge  des grandes questions, n’est il pas de première urgence d’éveiller les consciences le plus tôt possible à toutes les formes de cruautés ?

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu