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09/05/2008

Pour une Conscience Européenne

De villes en villages, jusqu’au plus reculé des hameaux,notre histoire est écrite dans la pierre sur des édifices grandioses ou les modestes plaques des monuments aux morts ou dans un recoin de montagne où furent abattus des résistants  de la dernière guerre.
Des siècles et des siècles de guerres, de rapines, de conquêtes, de sang et de souffrance, de frontières mouvantes.
Mais aussi des siècles et des siècles d’échanges, de partages de cultures,
d’alliances, de mariages royaux, d’interrelations qui ont crée notre identité.
Celle d’une vieille Europe des cultures et des pouvoirs, de civilisation et de barbarie,  qui  a derrière elle beaucoup de crimes et d’exactions, guerre des religions, inquisition, trafic d’esclaves  ,guerres de conquêtes  et  exploitations coloniales, atrocités des deux dernières guerres mondiales . Bien des « péchés » à notre actif mais qui ont fini par accoucher du miracle : un désir de paix et d’équité  puissamment  partagé  qui a fait de nous aujourd’hui des Européens à part entière partageant leur monnaie, un drapeau, un avenir. Des Européens qui ont  su développer  et transmettre  aux nouvelles générations l’horreur  des  conflits, des souffrances et des dominations. Une horreur telle que lors  de la crise Irakienne de 2003  les populations des pays dont les gouvernements avaient choisi de suivre les Etats Unis dans la voie du conflit étaient opposées à leur dirigeants. On se souvient des banderoles indiquant «  pace » relayées de balcons en balcons en Italie.  Parce que ces populations adhéraient plus à cette nouvelle Conscience Européenne  qui a émergé et dont  ils se sentaient solidaires, qu’aux stratégies  de pouvoir de leurs dirigeants.
C’est cette communauté de peuples  expérimentés, farouchement  attachés à  la Paix qui donne au projet Européen  une dimension prépondérante pour l’équilibre du monde.
Cette dimension brillamment portée devant l’ONU le 14 Février 2003  par le discours historique  de Dominique de Villepin qu’il est bon de rappeler en cette journée de l’Europe :

« Dans ce temple des Nations Unies, nous sommes les gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix.

Et c'est un vieux pays, la France, d'un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'occupation, la barbarie. Un pays qui n'oublie pas et qui sait tout ce qu'il doit aux combattants de la liberté venus d'Amérique et d'ailleurs. Et qui pourtant n'a cessé de se tenir debout face à l'Histoire et devant les hommes. Fidèle à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur. »

Ce vieux continent et ce vieux pays , la France, d’où est parti l’idéal démocratique ,indissociable corollaire de celui de paix.Idéal qui est notre héritage et qu’il nous appartient  d’aider à répandre sous toutes les latitudes pour qu’enfin les droits de l’homme ne soient plus un vain mot.
Ce vieux continent dont les consciences ont pu évoluer au rythme des progrès techniques  a une énorme expérience à faire partager aux peuples émergeants, qui  se laissent  enivrer par les développements technologiques brutalement plaqués sur des sociétés parfois encore archaïques et non démocratiques.
Si nous ne voulons pas que cette course au progrès  et au profit écrase sur son passage les droits humains et  les impératifs de notre environnement, c’est à nous Européens d’être les «  gardiens de cette conscience », les gardiens de l’équilibre du monde.
Nous Européens qui  sommes attachés  à d’autres valeurs que le profit comme but ultime, et qui nous devons de les défendre face aux grandes puissances qui tentent d’imposer leur loi au monde.
Entre une Amérique   conquérante, voire prédatrice, qui commence à s’affaiblir  mais qui refuse de s’engager pour la protection de notre environnement planétaire   et une Chine  bientôt surpuissante qui ne s’embarrasse ni d’écologie ni des Droits de l’Homme, seule la voix de l’Europe , si elle sonne fort, pourra , dans l’équilibre actuel  instable du monde, protéger l’homme et la terre.
Ces peuples d’Europe , forgés par l’Histoire et la souffrance peuvent
avoir une mission capitale pour le monde si ils savent  développer et faire rayonner leur Conscience Européenne .

Il faut construire une Europe forte et pleinement indépendante pour que la Conscience Européenne maintienne l’équilibre du monde et y répande l’humanisme et la Démocratie .
Fêter l’ Europe c’est fêter l’espoir en l’avenir du monde.
 



27/04/2008

La flamme de la conscience universelle


Les manifestations et incidents qui jalonnent le parcours de la Flamme Olympique,en font un événement symbolique qui mérite qu’on s’y arrête même s’il y a aussi des maladresse ou des excès.
C’est vraisemblablement la première fois que ce parcours est régulièrement perturbé par les défenseurs des Droits de  l’Homme aux quatre coins de la planète.
Evènement symptomatique à plus d’un titre :
C’est la première fois que les Jeux Olympiques se dérouleront en Chine, concrétisant l’ouverture de cette grande nation sur le monde et faisant converger  sur son territoire le regard de ce  monde à travers les yeux des médias internationaux.
Les Droits des  hommes qui suscitent élans et compassion, sont ceux du peuple Tibétains.
Il y a quelques décennies  seulement le Tibet était  pratiquement terra incognita, replié secrètement sur lui-même.
Depuis le célèbre «  Voyage d’une Parisienne à Lhassa » d’Alexandra David-Néel en 1927 ,  il n’en venait  que quelques échos.
Totalement replié encore durant la deuxième guerre mondiale, l’alpiniste Allemand Heinrich Harrer fur un des rares à y pénétrer après s’être évadé d’un camp de prisonniers en Inde. Arnaud Desjardins à la fin des  années
60 commença à faire connaître en France ses grands lamas et ses monastères Boudhistes.
Depuis,  les tornades de l’histoire ont soufflé sur le toit du monde, meurtrissant ce peuple et dispersant nombre de ses ressortissant aux quatre coins de la planète.
Même s’il sont encore peu nombreux, même si ces soutiens n’ont pas encore réussi à résoudre les souffrances du Tibet, il n’en est  pas moins remarquable de voir que dans  des nations très différentes, éloignées géographiquement, ethniquement ou culturellement de ce peuple, des hommes et des femmes se dressent pour lui témoigner leur solidarité.
C’est la face positive de la médaille de la mondialisation, due au développement des médias et à la circulation de l’information par les moyens informatiques. Et due aussi au développement  d’une conscience universelle humaniste de solidarité qui n’était pas pensable il y a seulement quelques décennies.
L’intéressante émission de France Inter « 2000 ans d’histoire » relatait récemment comment l’Occident légitimait la conquête coloniale et rappelait l’approbation de figures comme Jules FERRY et Léon BLUM ,ce dernier soulignant la nécessité  pour les «  races supérieures «  ( sic)d’importer  ainsi  l’humanisme civilisateurs et les lumières aux «  races inférieures « (re-sic).
Le Japon il y a  quelque 60 ans était allié de l’Allemagne Nazie, durci dans son nationalisme absolutiste, suscitant  les premiers Kamikazes  puis Pearl Harbour et sa conséquence , Hiroshima. Il tolère aujourd’hui démocratiquement sur son sol ces manifestations au profit d’un peuple aussi lointain.
Même si les Droits de l’Homme sont cruellement bafoués en maints endroits de la planète et si un immense travail est devant l’humanité pour établir justice et paix sous toutes les latitudes, il n’en reste pas moins    que ces évènements relèvent d’un élévation du niveau de conscience à l’échelle mondiale.
S’il s’agit encore d’une flamme ténue, c’est celle-là qui devra grandir et qui permettra d’établir la base d’une Démocratie réelle à l’échelle planétaire.
Ce ne sont pas les gouvernants  mais les individus , les citoyens, qui attisent en premier cette flamme. En cela nous pouvons puiser l’espoir et un relatif optimisme qu’un mouvement évolutif ascendant est en marche, dont chacun à son niveau participe. Un mouvement de développement des consciences et des responsabilités individuelles qui permettra d’unir nos forces pour gérer les énormes enjeux qui nous confrontent.
Face à ces enjeux gigantesques, le combat politique ne saurait se résoudre à des conflits partisans mais doit développer toutes les potentialités d’action pour actualiser la vision d’une société équilibrée sur de vraies valeurs civilisatrices et humanistes, pour une Démocratie planétaire qui en sera le garant.
Dans cette longue marche pour la Démocratie, les Démocrates Français, en vertu de leur héritage fondateur, ne peuvent qu’être en première ligne.
C’est rabaisser et rapetisser le Mouvement Démocrate que de le dénigrer constamment ou de le juger à l’aune des premières élections qu’il a affronté alors qu’il n’était  qu’aux prémices de son élan.Cet élan venu de la convergence de ses adhérents spontanés,   constamment  oubliés  des analystes plus ou moins malveillants,  s’inscrit dans le courant d’une vaste « Internationale Démocrate » comme l’a appelée François Bayrou  et qui pointe en maints pays pour se fédérer graduellement.

29/03/2008

Pouvoir de l’image, images du pouvoir, politique spectacle.

Petite réflexion philosophico politique en forme de trompe l’œil.

De tout temps le pouvoir à utilisé les fastes , le décorum pour  asseoir son prestige et son autorité.Pourpres, ors et glaces en galeries , pour réfléchir et démultiplier sa puissance.
Mais s’il n’était limité en splendeur et richesse, il était au moins limité en diffusion.
Les moyens de communication par l’image se sont développés à un niveau jamais  atteint dans l’histoire. L’image est donc devenue en elle-même un pouvoir et exerce une véritable fascination sur les esprits . C’est ainsi que s’est développée  notamment la presse dite «  people » qui prend la forme d’une sorte de drogue collective.
La politique, suivant les méthodes à l’Américaine, se transforme de plus en pus en produit visuel où le « look » de l’individu est prépondérant.
Au point de devenir un art du spectacle à part entière où les prises de rôle et les costumes  se font  au gré des circonstances, pour satisfaire le  « public ». C’est  le nouveau « Poli-wood » , usant des mêmes techniques  psychologiques  pour captiver le «  spectateur » que son aîné du septième art.
Mais cette surenchère d’images est comme un jeu de miroirs déformant, distordant la réalité, éblouissant jusqu’à l’aveuglement, et détournant de l’essentiel.Car dans les miroirs, le monde est à l’envers.
Derrière les pages glacées , les galeries de glaces, les carrosses ou les limousines étincelantes se joue crûment le destin des hommes et  des femmes ; se joue la guerre ou la paix,la souffrance ou le soulagement, la misère ou la richesse, la vie ou la mort.
Pour connaître l’exacte  réalité de ce jeu, il faudrait passer à travers le miroir.
Pouvons nous aspirer à une démocratie des consciences en nous heurtant constamment aux jeux de miroirs  changeant des médias qui nous imposent la poudre aux yeux de la politique–spectacle au lieu de faire de nous des citoyens adultes et informés des réalités ?
L’Afghanistan, le Tibet aujourd’hui, demain d’autres drames et d’autres enjeux, l’avenir de la planète et de  ses milliers de passagers, dépendent-ils du style d’un manteau ou d’une révérence ?
Des philosophes  avaient  travaillé pour aboutir à nos textes républicains .
Pouvons -nous accepter que leur réflexions sur les droits fondamentaux de la personne humaine se réduisent  en mise en scènes reproduites à l’infini des pages glacées des magazines, nouvelles  galeries des glaces de nos imaginaires ?
Le destin de l’homme et de son environnement n’est pas un jeu de miroirs .
Une politique  nouvelle  devra divorcer du spectacle et de ses jeux de fascination pour revenir aux valeurs fondamentales,  aux vraies enjeux, au vrais besoins de l’humanité .

24/02/2008

Devoir de mémoire ou éveil des consciences ?

Le projet de confier à de jeunes enfants la mémoire d’autres enfants morts victimes de la Shoah a suscité  beaucoup d’inquiétude et  une importante polémique. Nombre de personnalités de premier plan ont trouvé les mots justes pour dénoncer les dangers d’un tel dessein.Il paraît non seulement contre-nature de charger des sensibilités enfantines d’un tel poids mais de plus comment admettre de donner à de jeunes enfants, encore inconscients , de  tels devoirs que l’on n’imposerait pas à des adultes ?
Pourquoi les crimes commis par des adultes devraient-ils en quelque sorte être  lavés ou exorcisés par des enfants ?
Il semblerait beaucoup plus important de dépasser l’émotionnel et le fait historique pour aller à la racine du mal. Savoir comment de telles atrocités peuvent être perpétrées  par des hommes,et  organisées méticuleusement par des sociétés humaines.
Cela impose une immense et constante vigilance pour éveiller graduellement  les consciences. Pour les élever au-delà des poisons qui peuvent mener l’homme à de telles aberrations. Car il n’est jamais trop tôt ,par contre ,pour combattre avec tact et fermeté  tous les réflexes  d’exclusion, de haine ou de rejet de la différence qui  quotidiennement se déchaînent dans les cours d’écoles  souvent avec une rare violence. Rejet de la différence, non seulement ethnique , linguistique ou culturelle mais aussi du plus petit à lunette, du trop grand, du plus faible, du plus rêveur,   de l’autre tout simplement.
Plus largement ,les délires «  d’épuration ethnique » du Reich se seraient- ils développés aussi facilement et rapidement sans la situation de crise financière de l’Allemagne pré-hitlérienne ? Derrière la « solution finale » il y avait aussi l’appât de richesses à s’approprier. On se souvient du scandale qui avait éclaboussé les banques Suisses dépositaires de l’or  récupéré par les Nazis, et plus récemment Israël  expose des toiles de maîtres provenant du pillage  des  victime de l’holocauste.
Par conséquent non seulement la haine de la différence  fut à la racine  de ce mal mais aussi l’avidité, la cupidité. D’où l’importance ,comme le répète François BAYROU ,de ne pas axer nos sociétés sur les critères de la seule  réussite matérielle et sur la glorification de l’argent-roi et de ses réseaux.
Quant à la violence elle-même ne faudrait-il pas user de plus de vigilance quand on  constate comment elle déferle sur les esprits à travers la puissance quasi-hypnotique des  moyens multi-medias de plus en plus sophistiqués et qui , en émoussant les sensibilités ,banalisent les pires crimes dès l’âge le plus tendre.
J’ai observé dans une FNAC un homme dont le physique n’aurait pas déparé un film d’épouvante ,profondément concentré devant un écran,où se déroulait une scène de poursuite dans la lumière glauque du labyrinthe  d’un parking souterrain. Dans la peau du tueur, du « snipper » il faisait lui-même évoluer la traque de sa «  victime virtuelle  » jusqu’à sa suppression « virtuelle » aussi. Il s’agissait d’un simple jeu en démonstration que toute mamie bienveillante peut offrir à l’anniversaire de son petit-fils. Je ne dérive pas du sujet. Admettre comme activité ludique un apprentissage virtuel du crime  dès l’enfance n’est-il pas un emmarchement dangereux ? Comment à la fois exiger  d’un enfant la compassion et la mémoire et admettre comme naturel et plaisant l’apprentissage de la création de « victimes virtuelles » ?
Si  le devoir de mémoire  nous est imposé par l’histoire , qui ne peut s’appréhender fructueusement qu’à  l’âge  des grandes questions, n’est il pas de première urgence d’éveiller les consciences le plus tôt possible à toutes les formes de cruautés ?

 
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