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07/11/2010

L’éthique condition de notre survie


Le Président Chinois en visite en France. Silence pesant de la majorité de la classe politique. Tapis rouge et pas feutrés. Il faut amadouer, séduire «  l’ homme le plus puissant de la planète » dans l’espoir de signer des contrats.
Ceux-ci feront office de Providence, de manne céleste accordée généreusement pas l’ex  «  Céleste Empire » .

Qu’il faille défendre l’intérêt de la nation, établir un partenariat avec cette grande puissance émergente, c’est une évidence face à la mondialisation, à une inéluctable évolution du  monde.
Une  juste revanche de pays autrefois écrasés par l’occident arrogant et prédateur .
Mais  cela peut-il se faire à tout prix ? En faisant l’impasse sur les droits de l’Homme, fondements de nos démocraties, en voulant oublier les souffrances de peuple Tibétain spolié de son identité, en atermoyant face au problème  du maintien d’un taux de change bas  du yuan qui a permis cette fulgurante ascension du géant  Chinois et met en péril nos économies ?

Sous la pression de la crise internationale nous tendon à renier ce qui devrait être la raison d’être de nos démocraties  , de telle sorte que notre voix ne pourra que s’affaiblir sur la scène mondiale.
Entendre dire que le Président  Chinois, Président du parti Communiste, a exigé de ne croiser personne sur son passage de telle sorte qu’on a dû  faire le vide à grand renfort de forces  de l’ordre est surréaliste et  aberrant.

Nous souvenons-nous de ce qu’est sensée   être la démocratie , «  le pouvoir du peuple » ?
Peuple qu’on doit évacuer sur le passage des «  puissants »  contrairement à toute  réelle  mise en pratique de nos valeurs …
Nous nous sommes tellement habitués à ce que la République, sous le fallacieux  prétexte de célébrer  ses principes,  reprenne tous les poncifs du pouvoir monarchique ou impérial jusqu’à  trouver normal de voir  deux représentants de leurs  peuples respectifs isolés par la force armée du peuple de France qu’on écarte de leur passage…

Accueillir et honorer la Chine dans un monde multipolaire ouvert à l’autre,  certes.
Mais ne voir en ce grand pays qu’un marché  ou une puissance d’argent à flatter pour cette unique raison est-ce lui rendre justice ?
Après  avoir fait souffrir le monde de nos méfaits coloniaux allons nous laisser se développer une forme de néocolonialisme où les peuples d’Europe , craintifs, devront renoncer  à des principes fondés dans l’épreuve au  fil du temps , de révolutions en guerres,  pour finalement  plier le genou devant la richesse financière  développée  par  les pays émergents ?

Non seulement ce serait à notre détriment mais aussi  à celui de ces peuples qui ont dans leur histoire et leurs anciennes sagesses des richesses non matérielles à apporter au monde.

L’œil rivé sur les cours de la bourse , leur reconnaîtrons nous leurs qualités intrinsèques ?
Ou les condamnerons-nous à retourner contre nous des méthodes dont ils ont  eux-mêmes  souffert ?

Pour emporter des marchés sur le court terme  ne  risquons nous pas d’avoir été d’une  part  trop laxistes sur la défense des droits humains et trop peu vigilants sur la défense de nos intérêts économiques nationaux dans le futur(vraisemblablement  pour laisser de puissants groupes privés profiter de la situation )  et finalement de perdre sur toute la ligne ?

Un intéressant article du Monde du 5 Novembre 2010 par Friedbert Pflüger, Professeur  honoraire en politique internationale au Kings College de Londres, décrit les risques de conflits  et la menace pour nos économies  dus   au monopole par la Chine des minerais rares indispensables aux nouvelles technologies.
À sa lecture, il paraît évident qu’une harmonisation de la politique Européenne et l’élaboration d’une stratégie commune est à la fois impérative et urgente.

Au-delà du simple bon sens comment pourrions-nous élaborer une telle stratégie sans asseoir celle-ci sur nos valeurs fondatrices et retrouver un sens au progrès humain autre que le profit brutal et mal réparti ?

Friedbert Pflüger ne conclut pas autrement :

« Mais à long terme, une politique fondée sur des critères éthiques non seulement permettra à l’Occident d’avoir pour lui la morale, mais s’avérera de surcroît économiquement plus profitable.
La sauvegarde des ressources  ne restera viable  que si l’Europe ne considère plus les pays du monde en développement comme de simples gisements de matières premières, mais comme des partenaires   »

En d’autres termes, d’un point de vue simplement stratégique,  si nous voulons à la fois sauver nos économies et nos identités , et avec elles les fondements  de nos démocraties , il nous est imposé d’être à la hauteur de ceux-ci. Et de sortir de  la dialectique du profit à l’état brut et de la vision à court terme pour redonner  un sens à notre démarche.
Celui qui fera de l’épanouissement de l’humain la priorité. Et ce à   l’échelle planétaire et dans le respect de  notre environnement naturel.
C’est ainsi que nous pourrons  établir un réel partenariat enrichissant à tous les niveaux  avec les  autres peuples.

11/07/2010

De la transparence en politique à … l’eau vecteur de solidarité


Je demande pardon à mes fidèles lecteurs pour ce long silence.
Il n’a pas été inactif ni dénué de réflexion . Si une surcharge en activités en est partiellement la cause , il y a eu aussi un besoin de recul , des interrogations.Non sur les valeurs à défendre mais sur le moyen de vivre son engagement efficacement et sur le bouleversement de l’échiquier politique français.
On ressent un enlisement des partis  face à une crise générale dont la profondeur et l’ampleur dépassent plus d’un intervenant.
Celui-ci ne peut que s’accroître avec le développement des affaires qui tombe justement au moment où le discrédit ou le rejet de la classe politique par le citoyen –électeur semblait à son maximum.
Qu’il soit justifié ou non c’est un impondérable dont nul ne peut faire fi.
Profonde crise de société donc, qui s’enracine dans une perte de repères, de sens et de confiance.
Face à ces maux  , les clivages partisans deviennent de plus en plus secondaires puisque le besoin véritable est la réelle défense de valeurs qui n’appartiennent à personne en particulier mais à l’homme lui-même. Période douloureuse mais utile et qui sera  peut-être  fructueuse si elle arrive à poser les vraies  questions :
Économie au service de l’humanisme et donc argent au service de l’homme, éthique et justice comme axe et non plus opportunisme, cupidité et vision à court terme . Voir la plaie de sang noir qui se répand aux larges des côtes Américaines  au nom du profit prioritaire, aveugle et sourd aux impératifs écologiques.


Au moment où le citoyen français avait atteint des records d’abandon de son droit de vote, expression fondamentale de la démocratie, la France est secouée par les incessants   rebondissements de l’affaire Bettencourt.

Quelle qu’en soit la réelle substance, quel qu’en sera le développement, une chose n’est pas à mettre en doute : la suspicion est au cœur de la République car les citoyens sont convaincus que la sphère politique est dépendante de la sphère financière.C’est, au-delà de tout jugement moral ou d’éventuelles implications de telle ou telle personnalité , ce qui m’apparaît comme   le plus profondément dommageable car touchant le fond d’un principe  et non pas un régime, un gouvernement ou un parti donné. Il est admis qu’une élection,  et surtout celle qui concerne  les plus hautes fonctions, ne peut se faire sans de très importants moyens financiers.Il y a dans ce fait lui-même un déni partiel de démocratie.  Quel que soit le mérite , les compétences d’un candidat, s’il n’est pas «  promu » aux électeurs comme une lessive ou une vedette du « show bizz » ses chances de gagner leurs voix sont diminuées.
Peut-on imputer cette situation à la seule sphère politique ? Ou cette dérive progressive qui donne à l’argent une place prépondérante n’est-elle pas plus ou moins le fait de tous, d’un consensus, d’un état d’esprit collectif ?
Si la politique se «  peoplelise » et se transforme  en «  show bizz », c’est que ce moyen agit sur l’électeur-citoyen  qui y donne ainsi un consentement tacite.
L’argent s’est donc infiltré dans les consciences à travers les moyens médiatiques prisés parce que l’argent est devenu , pratiquement pour tous l’enjeu majeur, le but et non plus l’instrument et le moyen comme je l’ai évoqué  dans  mon article  «  l’odeur de l’argent » : http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archiv...
L’argent dans le sport, dans l’art, dans la politique, dévie et dévoie , éloigne du but réel . Il ne peut être le pivot, l’axe de la démocratie. La crise de valeur qui nous confronte ne peut remettre en question que  les seuls politiques  mais aussi les citoyens trop passifs qui ont accepté un jeu contraire à nos fondements et trop souvent abandonné leur  responsabilité d’acteurs lucides et critiques, de maillions  actifs de la démocratie.
Or l’heure est plus que jamais à la responsabilité citoyenne  individuelle, à la lucidité et à la solidarité pour peser sur la direction générale que ce soit au niveau national, international  , planétaire.

Parmi les activités qui ont eu quelques  responsabilités  dans mon silence ,   il y à celles liées à ma facette artistique  puisque j’ai exposé pour la deuxième fois des photos d’art au Symposium International de l’eau de Cannes .
Ce n’est pas le fruit du hasard car ce thème me tient très à cœur.
Source de toute Vie , l’eau menace d’être demain source de grands conflits puisqu’une si important part de l’humanité  en manque. Elle nous  appelle à une prise de conscience  rapide . Elément symbolique, fluide et transparent  qui peut être aussi dévastateur que  salvateur, elle nous impose la solidarité pour notre survie à tous les niveaux. Elle nous rappelle que les enjeux du moment sont d’une nature si grave qu’ils vont exiger une démarche politique à leur hauteur  , dépassant les conflits traditionnels,  basée sur la rigueur ,  la vision à long terme , la transparence. Une vision où chaque citoyen devra avoir  sa place et prendre sa part de responsabilité.

19/02/2010

Grandeur de la démocratie- Démocratie de la grandeur


Il y a quelque temps François BAYROU  réagissait vigoureusement  au sujet du double salaire prolifique d’Henri PROGLIO au regard des principes de la République  et des dérives  d’un système de plus en plus voué à l’argent  et à ses réseaux.  En appelant  à un retour à nos principes fondateurs  respectueux des valeurs   humaines ,  il  a lancé une phrase  forte qui  disait   à  peu près  que  ce qui est  grand ne s’achète pas   .

Cette  phrase et cette notion  de grandeur résume en elle-même la véritable direction d’une société démocratique, d’une société humaniste qui mette l’homme et tout son potentiel en son centre.
Car il faut oser la grandeur. Celle des plus hautes facultés humaines.
Les phares de l’humanité que ce soit dans les arts, les sciences, la philosophie ou la vie politique sont souvent sortis d’origines obscures et ont parfois ,hélas , dû oeuvrer dans la difficulté voire le manque ou la persécution.
C’est pourtant eux qui, poussant  au plus haut leurs facultés, ont donné ses lettres  de noblesse à notre humanité.
La démocratie ne peut être le nivellement par le bas, brimant  les individualités, confondant égalitarisme avec égalité pour aboutir à une standardisation, à une «  médiocratie » asphyxiante.
Elle ne peut être une exaltation de la réussite financière au mépris de toutes les autres, avec l’argent comme seule aune de la valeur individuelle car alors elle basculerait dans la ploutocratie, la négation de  nos vraies richesses humaines immatérielles.
La démocratie est grande parce que, enjambant, transcendant, castes  et classes , situation de fortune ou d’infortune elle doit permettre de faire fleurir le plus grand potentiel humain où qu’il se trouve, sans préjugés ni dans un sens ni dans l’autre. Et donc  doit «  investir » dans ce qui est grand en l‘homme, ce qui  éclaire notre humanité , l’aide à progresser .
Cela demanderait aussi de privilégier  les principes intrinsèques au-delà de tout esprit partisan. La paix, la justice, l’équité, l’éthique, l’écologie  n’appartiennent pas plus à un groupement  humain qu’à un autre, à une couleur politique qu’à une autre. Ils sont simplement plus ou moins bien défendus par les uns ou les autres et la démocratie voudrait que les uns et les autres se rassemblent pour les servir. Pour servir des causes grandes, celles pour lesquelles les peuples peuvent vibrer, celles qui créent un consensus, une solidarité,  celles  qui rassemblent.
C’est à regret qu’on a vu le sport souvent dégénérer en des luttes parfois sanglantes entre partisans d’équipes différentes, s’éloignant de son esprit ludique et pacifique.
Il est bien  plus regrettable de voir la politique encore tellement entachée de ces exaltations et heurts partisans qui exacerbent les concurrences au lieu de se concentrer sur les principes.
Je suis heureuse que le Mouvement Démocrate ait choisi d’assumer son indépendance aux  élections régionales.Qu’il en ait pris le risque. Même s’il doit le payer du prix d’un faible score.
Car il a ainsi choisi d’être lui-même, d’offrir une troisième voie, un programme humaniste qui tente de sortir de cet éternel clivage gauche droite, bloc contre bloc qui divise la France et les français depuis des décennies.
Il est grand de se tenir à ses principes.

On nous annonce une probable victoire de la gauche pour ces élections, non par véritable choix idéologique mais surtout pour manifester un mécontentement au gouvernement. Un vote d’humeur et non de cœur.
C’est là retomber dans un vieux conditionnement Français.
J’écrivais au moment des municipales de  2008 que l’on ne peut gouverner la France comme un char d’assaut  un coup à gauche, un coup à droite.
Il y a une forme d’immaturité citoyenne à changer de bord d’une élection à l’autre par déception et saute d’humeur. Presque à titre de «  représailles ».
Au lieu de s’impliquer au jour le jour dans le débat démocratique, de s’attacher à exiger le respect des engagements des élus, à rechercher avec vigilance les vrais fondements républicains dans tous les niveaux de la vie sociale.

Il y a aussi une énorme lassitude, une perte de confiance dans la politique et le politique, une incrédulité à voir s’ouvrir un autre chemin .

Dans un tel contexte le MoDem aura du mal à frayer sa piste qui lui impose de se remettre constamment en question pour échapper aux vieilles habitudes, aux vielles ornières .
Il aura d’autant plus de mal qu’on peut imaginer que les dissensions qui le secouent ne sont pas toutes « naturelles » puisque dès sa fondation tous les moyens ont été recherchés pour le disloquer ou l’entraver et qu’il peut aussi bien être travaillé de l’intérieur.
Mais quels que soient les résultats futurs, le  grain semé lèvera d ‘une manière ou de l’autre.L’Histoire s’écrit au jour le jour, la conscience nouvelle de progrès ,comme l’eau , fraye son chemin au milieu des obstacles et des blocs d’obstructions.
Il est grand de se lancer dans une expérience neuve, d’autant plus si elle est périlleuse, difficile ou entravée.
Le monde actuel, les impasses de  nos sociétés demandent de tracer de nouvelles pistes, de rechercher de nouvelles  voies, de trouver un équilibre.
C’est servir la grandeur de la démocratie que de s’y essayer même si c’est au prix de tâtonnements ou de revers.
Car c’est ainsi que nos sociétés avancent.
Le vrai clivage actuel dépasse les idéologies au premier degré. Il oppose le monde des grands appétits matériels prédateurs au monde  des valeurs humaines.
Le monde de l’argent au monde de l’Homme.
Le monde de l’homme asservi pour l’argent au monde de l’argent au service de l’homme.

Pour y faire pièce    il faut rassembler les énergies, aller à l’essentiel, se recentrer sur les principes.
C’est ce à quoi a appelé François BAYROU en souhaitant le réveil de tous les vrais Républicains.Au Congrès d’Arras en décembre 2009 il appelait  de ses vœux un arc républicain.
Il est évident qu’un tel combat ne  pourra pas être celui d’un seul parti ni d’un seul homme, mais  qu’il mobilisera toutes les consciences.

Dominique de Villepin tutoie la grandeur à chaque page de ses ouvrages.
Il l’appelle pour la France mais aussi pour le monde qu’il voit en marche vers une nouvelle Renaissance .
Mais au lieu d’utiliser ses compétences éminentes on tente de l’enfermer dans un combat sordide, ce qui au-delà de l’acharnement politique, représente un déni de l’esprit.

François BAYROU et Dominique de VILLEPIN, en dépit de personnalités et de tempéraments  très différents, partagent une vision et des aspirations communes sur bien des points. Notamment sur la position de la France dans le monde, sur une société humaniste, sur la politique étrangère et aussi sur l’Europe sans parler de leur amour des livres et de la culture.
Malheureusement certains des supporters ou partisans  de l’un et de l’autre développent un esprit de compétitivité  et de passions parfois infantiles qui ne sert pas ces deux hommes de qualité et ne correspond pas à l’élévation du débat politique qu’ils appellent.

En période de grandes crises on ne peut que souhaiter le rapprochement d’esprits d’élites épris de grandeur  et de justice.
Le monde en ébullition, les périls qui nous menacent, les crises imbriquées ( sociales, économiques, écologiques) sont autant de tempêtes que nousdevons affronter et qui demandent le rassemblement de ceux qui souhaitent aller vers une même direction générale, qui ont de grandes compétences à partager, de grandes visions à projeter, de grandes valeurs à sauver .

Face à l’accélération de la mondialisation et à ses fractures et secousses  qui se répercutent dans nos nations qu’elles risquent  de fissurer ,   la grandeur de la démocratie nous imposera certainement ,dans les temps à venir , un vaste rassemblement, pour la défense des ses principes qui ne pourra que transcender les passions partisanes et  les différences .
Un rassemblement de forces démocratiques qui œuvrera pour une démocratie de la grandeur au niveau de la nation comme du monde.

07/01/2010

Vers une conscience citoyenne planétaire

Copenhague est venu comme un point d’orgue à l’orée de 2010 pour creuser le fossé entre les citoyens et leurs dirigeants. L’échec de ce sommet n’aura pas que des retombées sur l’avenir de notre environnement mais il en aura aussi , on peut le craindre, de fort dévastatrices dans l’esprit des citoyens des différentes nations et altèrera encore la possibilité d’accorder pleine  confiance aux gouvernants.
Alors que les enjeux mobilisateurs ne sont rien moins que la survie de notre espèce, l’avenir de notre descendance, quelle déception et quelle grave préoccupation de voir que cela n’a pas suscité un réel sursaut, un réveil, une mise en marche vers une grande solidarité planétaire chez les «  grands » de ce monde.
Si l’avenir de notre terre et de notre humanité ne parvient pas à faire se lever une nouvelle attitude politique quelle cause le fera ?
A contrario la conscience citoyenne se développe et se mobilise de plus en plus, notamment à travers les  ONG. Inquiets, les citoyens qui se tournent  de plus en plus vers l’écologie  sont prêts quant à eux à consentir des efforts, à se responsabiliser pourvu qu’ils soient convaincus de leurs bien fondés.
Derrière le masque de l’économie se profile le non-dit des appétits spéculatifs et leurs pressions qui ne pourront éternellement s’imposer.
Les eaux montent ici ou s’assèchent là. Michel SERRES  nous disait l’été dernier que les prochaines guerres se livreraient pour ce bien si précieux qu’est l’eau. Ce bien si simple et si indispensable dont sont privés tant de nos concitoyens planétaires.
Injustices de plus en plus insupportables et qui enflent aux quatre coins du monde. Comme enfle la souffrance de ceux que la faim tenaille.
Étonnamment notre planète terre, fatiguée de la mauvaise gestion de ses ressources, va nous dicter les conditions d’un nouvel art de vivre.
Un nouvel art de vivre, de gérer, de partager qui  imposera une gouvernance mondiale que nombre d’esprits jugent désormais indispensable pour gérer les principaux problèmes  comme ceux liés à l’environnement ou aux ressources énergétiques  si nous ne voulons pas dériver vers les catastrophes.
Celle-ci ne peut naître que d’une véritable démocratie mondiale et c’est sur toute la terre qu’il faudrait écrire «  Liberté  - Egalité - Fraternité  » .
Nous en sommes loin, hélas. Mais comme à une croisée de chemin , il semble que nous y serons contraints par les faits mêmes.
Il serait donc grand temps que la politique renonce à ses anciennes ornières et que les «  responsables » et non les «  grands », car ce temps doit être dépassé, sachent répondre à la mission de  confiance dont ils ont été investis pour prendre les bonnes décisions dans l’intérêt collectif .
Dans un intérêt collectif qui ne peut plus être que planétaire puisqu’il n’est plus possible d’ignorer les conséquences de nos actes réciproquement les uns sur le sur les autres ,  d’un bout de la terre à l’autre.
Sur ce chemin de renouveau ce sont les citoyens qui chacun ou individuellement semblent les vrais moteurs par leurs changements de consciences, leurs implications, leurs exigences.
On a l’impression décalée que cette conscience  qui inter échange par les nouveaux modes de communication marche devant les gouvernants ou les formations politiques qui tentent de s’adapter au coup par coup  parfois par le biais  de la récupération.
En dépit d’une tentative  de canalisation et de «  formatage »  des esprits à travers les medias cette conscience fraye son chemin obtenant par une pression sourde ou parfois vigoureuse des changements de comportements.
C’est en cela qu’on peut puiser de l’espoir face à une situation mondiale aussi difficile qu’explosive.
Il y a quelques décennies l’écologie était considérée comme une aberration d’esprits réfractaires  à un progrès vu sous son aspect le plus prométhéen.
Le Ministère de l’écologie et du développement durable à maintenant pignon sur rue  à Paris et quel parti ne se revendique pas  comme garant de la véritable écologie ?
La notion de développement durable s’est imposée en théorie si ce n’est en application systématique.
Il y a donc indéniablement un progrès dans le noble sens du terme, c’est-à-dire  réellement  bénéfique à l’humain et son environnement.
C’est  là  ce qui nous donne de l’espérance puisque les crises suscitent finalement les sursauts vers  des solutions ou des améliorations. 
Souvent hélas après bien des souffrances et des tragédies. Tel fut le cas pour la naissance de l’Europe, force de paix, après la nuit de la deuxième guerre mondiale.
Mais il faut que nous, citoyens  responsables, partions à la reconquête des fondements démocratiques. Que nous n’acceptions plus les jeux des oligarchies et du pouvoir  pompeusement décuplé par les miroirs médiatiques.  D’un  pouvoir que nous avons conféré à des responsables pour nous représenter.

Que les enjeux  et les défis que  2010 nous demande de confronter et de relever soient l’emmarchement vers une conscience citoyenne planétaire et l’avènement d’une démocratie mondiale.  Pas à pas et … au plus vite.

Très bonne année 2010 à mes fidèles lecteurs que je remercie ainsi qu’à tous les nouveaux, venus spontanément  vers mon  blog  pourtant  encore  peu relayé .

18/12/2009

L’odeur de l’argent



L’argent , on le sait, « n’a pas d’odeur » . cette expression banalisée, éculée , peut se décrypter à plusieurs niveaux qui concentrent la problématique de la crise sociétale qui nous confronte.

L’argent devrait être effectivement sans odeur et sans saveur. Intelligente invention pour remplacer le troc il ne devait , ne devrait être qu’un moyen, un outil neutre permettant de faciliter les échanges commerciaux entre les hommes.
Par ses différentes devises ,il s’est bien sur coloré de nationalismes ce qui déjà, lui a donné une lourde charge. Mais bien plus il est devenu dans notre époque le pivot central, la pierre de touche de toute notre organisation sociale, s’est graduellement érigé comme valeur principale, comme référence, comme but et comme moyen confondus, comme science , comme fondement même de notre société. Pour ne pas dire comme religion avec ses dérives intégristes et ses fièvres…
La crise financière qui le frappe nous le confirme, notre mode actuel en est totalement dépendant.

Et dans tous les esprits, que cela soit chez les classes les plus défavorisées ou les plus fortunées, il s’est imposé subrepticement et règne central,dépassant le simple moyen nécessaire, l’outil , pour devenir un but, une référence, une valeur intrinsèque qui définirait l’individu.
Le développement médiatique a participé de son emprise sur nos consciences.
A travers les medias et notamment une certaine presse dite « people » ,qui s’est développée relativement récemment , la mise en valeur des individus et donc l’admiration qui leur est portée, est principalement corollaire de leur niveau de fortune qui s’imbrique si étroitement à leur célébrité qu’il devient difficile d’en faire le départ.
Si bien que graduellement la qualité d’un être tend à s’imposer comme dépendant de sa « surface » financière au détriment de valeurs humaines qui non seulement n’y sont pas liées mais peuvent lui être étrangères .

Constamment la valeur pécuniaire des choses ou des êtres crée un filtre qui influence le jugement sur leur appréciation.
Par les lois du marché , la reconnaissance du talent, notamment dans le domaine artistique, est actuellement le plus souvent liée à la valeur marchande qui a pu être imposée par des techniques de marketing et qui peuvent ne pas refléter la réelle qualité artistique d’une œuvre.

Certes la richesse et le pouvoir ont toujours été liés mais le talent et sa reconnaissance , même par les grands et les princes , n’était pas systématiquement précédé par sa valeur marchande.

De nombreuses familles voient leur nom s’imposer en rapport avec leur degré de fortune qui est censé être lié à l’honorabilité et en tout cas à un poids social qui n’est pas forcément en rapport avec les qualités des individus qui les composent et qui paradoxalement, sur le plan humain , peuvent être dépourvus de qualités qui enrichissent moralement des individus peu fortunés sur le plan financier ( courage , loyauté, générosité, intelligence, talent, capacité d’action etc)
A contrario le manque ou la perte d’argent signe l’exclusion parfois jusque sur le trottoir et cela quelle que puisse être la valeur intérieure de l’individu qu’elle frappe.
Cette sorte de déférence qui s’est graduellement voire subrepticement imposée dans les esprits au regard de la richesse et de l’argent est un symptôme d’une dérive de nos sociétés axées sur « l’argent roi » comme le stigmatise François Bayrou.
Il s’agit d’un renversement de valeur en contradiction avec une aspiration humaniste et démocratique qui devrait au contraire reconnaître la plénitude des qualités humaines indépendamment des critères purement financiers ou marchands.

La crise financière qui bouleverse nos sociétés actuellement s’enracine psychologiquement dans les critères de valeurs de celles-ci qui conditionnent les individus .
Or le développement de la spéculation à outrance, en s’éloignant de la réalité de notre nature et en érigeant l’argent comme but et non plus comme moyen , réussit à provoquer de graves déstabilisations matérielles qui démontrent, tant sur le plan moral que pratique, que cela ne peut être une direction d’équilibre et de justice pour nos sociétés. Mais qu’il s’agit d’une fièvre, d’une dérive, qui entraîne des individus dans une quête virtuelle d’un égoïsme aveugle et qui finit par être dangereuse pour la survie de nos sociétés, de l’homme et enfin de la planète elle-même.
Je tiens d’une source fiable qui a accès à des sphères de pouvoir au Luxembourg que des analyses ont révélé que les eaux du Rhin en aval de la place financière de Frankfurt et après traitement, contenaient encore des taux importants de cocaïne.
Plus récemment la presse a révélé que des acteurs des milieux bancaires ou boursiers étaient soignés pour intoxication à la cocaïne dans les hôpitaux Genevois .
Un professeur d’économie Uruguayen qui connaît bien les milieux financiers aux USA m’a dit que la crise financière avait déclenché des suicides en série dans ses élites qui ne pouvaient faire face à l’effondrement de leur monde et de leur fortune.
Ce qui démontre que l’homme s’est enfermé dans une quête pratiquement pathologique pour un élément à la fois matériel et immatériel qu’il a lui-même chargé d’une énorme force symbolique ( réussite, puissance, bonheur etc) et que les acteurs de ce jeu dangereux vivent dans une telle pression qu’ils doivent avoir recours à des substances hypnotiques pour assumer les manipulations des flux financiers.
Cet emballement de nos sociétés à travers la fièvre de quelques esprits qui contaminent tous les autres et qui s’imposent à notre quotidien prend d’autant plus de poids que nous sommes confrontés à une situation humaine et écologique sans précédent.
A l’heure de la mobilisation contre le réchauffement climatique il faut entendre que tout retard dans la mise en œuvre de mesures réduisant le cO2 va coûter 500 milliards de $ par année perdue.
C’est certes alarmant pour l’économie.
Mais combien de vies humaines, d’espèces en voie de disparition, d’êtres vivants non évaluables « financièrement » risquent-ils d’en être atteints ?
Et comment parviendrons-nous à résoudre une crise qui concerne le vivant sous toutes ses formes, qui dépend de lois subtiles qui ne proviennent pas de cet instrument de notre invention qu’est l’argent ,pour redresser à temps les choses ?
Avec des valeurs humaines immatérielles et universelles que sont : la sagesse, le bon sens, la solidarité, la justice, l’équité, l’écoute.
Des valeurs qui s’imposent préalablement à tout système humains, sociale et donc économique. Des valeurs qui s’imposent à nous par la raison même .
Et qui doivent redonner à l’argent son rôle d’outil sans que son « odeur » enivre jusqu’à la fièvre de la démesure.

Enfin il y a une odeur plus lourde encore à l’argent, celle de « l’argent sale ».
J’ai récemment entendu parler dans un milieu autorisé à Paris de l’argent de la maffia sicilienne qui représente une part non négligeable du PIB d’un des principaux pays d’Europe et qu’on retrouve un peu partout dans nos sociétés où il pèse d’un poids toxique .
Il est évident qu’avec les systèmes d’écrans actuels il doit inévitablement y avoir collusion entre les flux d’argent dits « propres » et ceux provenant de la drogue, du crime ou de tout autre trafic et qui s’infiltrent dans notre tissu social . Et donc que nos économies sont vulnérables à ces flux qui participent du système .

Par ailleurs une bonne part de l’argent qui circule matérialise également l’écart gigantesque qui s’est creusé entre les classes laborieuses et patronales qui étaient de 1 à 10 du temps d’ Henry FORD pour être passé de 1 à 6 à 700 plus récemment . Une véritable régression au profit d’une déification de l’argent concentré de plus en plus dans les mêmes mains et qui
semble une véritable bombe à retardement sociale prête à exploser si la situation continue d’aller dans ce sens.
Avec l’exploitation des pays pauvres par des multinationales tentaculaires, des courses au profit de plus en plus dures où tous les coups semblent permis, le développement de techniques prédatrices et de mainmises qui n’ont rien à voir avec l’idée d’une libre concurrence, l’exploitation brutale des ressources naturelles , l’argent a pris de plus en plus « d’odeur » : celle de la souffrance, de la pauvreté , de l’injustice mais aussi de la faim et de la souillure ou du pillage de notre planète.
Cruel paradoxe alors que les avancées techniques, technologiques, scientifiques pourraient apporter de plus en plus de bien être aux humains , celles-ci ne cessent d’être entravées par une soif de profit déséquilibrée .
Et qui engendre des situations explosives et malsaines car l’injustice ne pourra éternellement s’imposer tout comme l’environnement ne pourra attendre encore pour être enfin géré avec respect et sagesse.

Contre cette odeur de l’argent qui altère toutes nos avancées humaines jusqu’à hypothéquer notre avenir il ne pourra être opposé qu’un retour à des fondements éthiques qui redonnent un équilibre que notre survie même nous impose.

Mais cela implique un changement de paradigme complet pour rétablir cet équilibre que notre planète elle-même nous dicte tant nos sociétés sont orientées et infiltrées par cette suprématie de l’argent comme référence première , tant les esprits à tous niveaux en sont imprégnés.

Il est trouvé normal par exemple dans les couches populaires qu’un footballeur vedette du Real Madrid touche à l’heure l’équivalent du salaire mensuel d’un travailleur qui peut faire un métier physiquement très éprouvant. Le « talent » ainsi rémunéré d’un sportif professionnel pratiquant un sport populaire le propulse dans les réseaux de l’argent, et les sphères dites « people » , bien au-delà de certains chercheurs scientifiques dont les travaux peuvent aboutir à sauver des milliers de vies.
Paradoxe qui ne remet pas le sport en question mais son assujettissement à l’argent .

Dans le même temps la politique elle-même est devenue plus que jamais dépendante de l’argent et l’élection du Président OBAMA , premier Président noir dans l’histoire de l’Amérique s’est faite au prix de la campagne la plus coûteuse des USA .
Il est antinomique qu’une élection démocratique dépende d’importants investissements financiers. Et cela pose obligatoirement des questions quant à la réelle indépendance de tout pouvoir démocratique face au pouvoir qui domine le monde sur le plan matériel mais également psychique : celui de l’argent.

Seul un changement profond dans les consciences permettra de remettre les pendules à l’heure, de remettre l’argent au service de l’homme et non plus l’inverse pour parvenir à cet équilibre social , à cette démocratie mondiale véritable qui s’impose à nous pour trouver de réelles solutions à l’imbrication de crises qui nous confronte.

La planète en nous dictant de nouveaux modes de vies ,qui sont aussi conditions de survie , nous appelle à travers la grave crise environnementale , à nos interroger sur la vraie nature des choses puisqu’elle exige le respect de lois d’équilibres naturels dont nous provenons .
Nous sommes au pied de nous -même.
Notre espèce ,douée de raison, va-t-elle hypothéquer complètement son avenir au non d’un système dans lequel elle s’est elle-même enfermée ou va-t-elle frayer de nouvelles pistes pour construire un monde à l’image de la plénitude des facultés humaines ?

05/11/2009

Media-politique et démocratie


Au fil de l’actualité un problème me préoccupe constamment qui à première vue lui semble secondaire mais qui néanmoins participe de celle-ci.
Il s’agit de la surexploitation de l’image en général et  de celle des politiques en particulier.
Celle-ci s’est graduellement imposée au fur et à mesure du développement des techniques qui a fait un bond en avant prodigieux depuis  quelques décennies et littéralement explosé plus récemment. Abondamment exploitée pour la publicité, pilier principal de l’incitation à la consommation et donc d’une direction de nos sociétés, la surenchère de l’image a aussi pris  une part prépondérante dans le jeu politique. Entraînant l’utilisation de ce terme qui ne devrait pas lui être approprié si la politique retrouvait ses vraies lettres de noblesse.
D’une enfance proche des Indiens pueblos d’Amérique je dois  garder une certaine vigilance   : époque  pourtant pas si lointaine où l’électricité était refusée  par les Chefs  pour éviter la propagation de la Télévision dans le pueblo et l’envahissement de la culture Anglo-américaine au détriment  de celle  des Amériendiens qui refusaient alors  également que leurs cérémonies soient photographiées et répugnaient à l’être eux-mêmes. Pour eux l’image leur prenait quelque chose. Ce quelque  chose là,  leur authenticité, s’est depuis quelque peu perdu.
Digression qui ne m’écarte pas de la politique d’image ou politique  spectacle.
L’ utilisation  ou la surexploitation de l’image individuelle  des hommes  ou femmes politiques ,  à l’égal des  stars du show bizz tend incontestablement à  leur faire perdre quelque chose également. Utilisée en quantité énorme , la photographie qui  démultiplie l’image des personnalités à l’infini est également  extrêmement  subjective et peut donner une impression défavorable ou favorable selon le choix qui en est fait.De là à craindre des dérives  propagandistes  il n’y a qu’un pas à franchir.   Ce qui est en tout cas indéniable c’est qu’elle pèse  d’un poids  certain dans l’impression qui est donné au public qui est aussi un électorat. Ce  qui entraîne une surenchère de son exploitation à visée électoraliste  et un investissement personnel allant jusque-là la chirurgie esthétique pour conquérir  des postes parfois suprêmes et qui demande des capacités et des qualités  qui n’ont rien à voir  avec celle d’un instantané bidimensionnel auquel  risque d’être limitée la personnalité de l’homme ou la femme qui se présente pour ces hautes  fonctions républicaines. Sans parler naturellement de l’image cinématographique ou video  qui pousse également à transformer les  politiques en acteurs de cinéma , là encore les éloignant de leur véritable mission.
Il ne s’agit pas ici de l’image liée à la dignité d’une fonction et qui   compte dans celle-ci notamment pour la représentation de la nation, mais à  celle liée à des critères esthétiques relevant plus du septième art ou de la mode.
La lassitude  d’une part et la fascination  d’autre part des citoyens électeurs ne sont-elles pas liées directement à cet incessant envahissement de l’image de leurs politiques qui les éloigne de la vérité de ceux-ci en  leur jetant une poudre aux yeux  qui ne peut  leur permettre  de capter réellement la réalité d’un homme ou d’une femme. Ce d’autant plus dans une accélération des évènements et de l’actualité qui étourdit constamment et empêche d’approfondir. Ceci vaut dans le positif comme le négatif : ne plus voir les dangers ou les qualités d’une personne réelle mais être envahis de l’image qu’elle même ou que les médias  veulent bien donner.
Si déjà ce simple reflet, cette impression visuelle ne peut en aucun cas circonscrire un être  humain , la diffusion à outrance d’images instantanées qui fouillent les visages et en arrête les  expressions au centième de seconde
peut distordre totalement une personnalité ou lui donner  un aspect contraire à sa réalité.
Un exemple récent illustre ce propos :   Il est admis que le Président jacques CHIRAC est une personnalité majoritairement  appréciée des français qui considèrent qu’il donnait une bonne image de la France.
Or depuis son renvoi en correctionnelle, on rencontre de plus en plus une photo  assez ridicule du Président  faisant une étrange grimace,  pour illustrer les articles portant sur cet évènement . Il s’agit d’une mimique qui lui a été volée grâce à la rapidité d’action des appareils photographiques  qui immobilisent , figent ce que l’oeil  lui même n’arrêterait pas  et qui est utilisée dans un contexte tout à fait différent de celui qui a pu engendrer cette très fugitive expression  qui prend  ainsi une importance qui n’existait  pas dans la réalité  . Associée au premier renvoi en correctionnel d’un Président de la République Française, cette mimique tragi-doloureuse donne l’impression  d’un homme affecté par une situation qu’il craint , voire d’un homme qui s’est fait prendre  et s’en rend compte trop tard. Elle ne peut manquer d’influencer ne serait-ce que subconsciemment  le lecteur et ressort d’une intention puisque Jacques CHIRAC a au contraire la réputation d’une grande maîtrise de soi.
Il y aurait mille exemples de ce type .
Le propos n’est pas de faire le procès de l’image. Ni de remettre en question l’évolution des techniques.
Mais une société humaniste devra finalement se poser des questions de fond sur l’impact  réel et insidieux  de l’utilisation de l’image sur les consciences et des possibles dérives  pour nos démocraties par sa surexploitation .
Elle devra trouver les moyens de résoudre un dilemme afin qu’une politique de l’image ne puisse l’emporter sur une politique des idées .
De  l’image au financement de campagne une  démocratie humaniste peut-elle  espérer réellement  s’instaurer en privilégiant les moyens financiers ou le « look » des candidats qui doivent représenter le peuple et confronter des défis premiers pour l’humanité ?
Les temps nous appellent à la sobriété et à la sagesse et non au grand spectacle qui  s’écarte autant de la vérité des hommes qui représentent
que de ceux qui sont représentés.
Encore faut-il  que les consciences cessent d’être subjuguées par la  « peopolisation » et ses miroirs aux alouettes qui écartent des vraies valeurs  dans des buts purement financiers.

21/10/2009

Urgence Démocrate

 

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Parlement Européenn Strasbourg. 16 Octobre 2009

Journées de l'Université d'Automne du Mouvement Européen France "l'Europe état d'urgence ?"


Être cadre politique n’autorise pas seulement à se poser des questions mais en donne le devoir.
Parce que nous sommes amenés à être la courroie de transmission du parti à l’électeur jusqu’au pied des urnes. À être au contact direct de ceux à qui le parti s’adresse, à qui il doit donner réponses et espérances.
Il n’est pas facile d’être nouveau en politique d’en découvrir rapidement les contraintes, les limitations, les voies détournées à emprunter pour arriver au but.
Mais peut-être est-ce une richesse. Car avoir franchi le pas permet de se sentir  plus proche et de mieux comprendre ceux qui éprouvent méfiance voire  rejet de la politique . Il faut avoir fait ce chemin jusqu’à la prise de conscience que cette voie est indispensable, incontournable, pour construire
le tissu d’une société, d’une civilisation et que plutôt  que de s’en détourner il faut travailler chacun, individuellement  ou en groupe à la faire revenir à ce qu’ellen’aurait jamais dû cesser d’être ou plutôt à la faire revenir à ce qu’elle a mission d’être. Afin de ne plus en être déçus, d’y voir une espérance.
Il est précieux de conserver la critique aiguisée par des années de réticence car les hommes politiques, à force de vivre dans leurs cercles, voire leurs oligarchies, sont tellement imprégnés d’un système qu’ils ne le voient même plus, en usent , en abusent , en jouent souvent comme s’il  était inéluctable et non produit d’un consensus .Pendant ce temps  , le citoyen électeur se replie, s’écarte et perd son sens et sa mission de maillon démocratique.

Curieusement les circonstances de la vie vous obligent parfois au recul comme pour  décanter, pondérer, admettre qu’il faut donner priorité à l’efficacité face aux crises de toutes nature.
Le recul forcé que je viens de vivre n’a pas émoussé ma vigilance pour le Mouvement Démocrate, pour la France, pour le monde.
À l’heure des alarmes à tout niveau, social , économique,  environnemental, l’inertie et le découragement citoyen constituent une alarme supplémentaire d’autant que c’est un symptôme qui ne se limite pas à notre pays.

François BAYROU pour notre parti, a dû longuement méditer au pied des Pyrénées après les élections Européennes.
Sa main tendue à la gauche pose questions et n’a pas manqué d’être   abondamment exploitée.
Elle suscite des réactions vives chez certains de ses électeurs ,ce qui est plus inquiétant.

Il n’en reste pas moins que la démocratie, par essence, exige une force d’opposition.
Or jamais  le paysage politique n’a semblé aussi brouillé dans notre pays   .
L’électeur déjà méfiant, désabusé , ou désespéré  n’y trouvant plus  ses repères traditionnels risque de s’en désintéresser encore plus.
Trois «  centres «  ou à peu près, une gauche en conflit, une droite qui semble à la fois se radicaliser et  se diviser, l’écologie qui sert de valeur-refuge, mais devient une force politique avec les mêmes méthodes que les autres partis.
Nous devions, nous devons fonder un grand parti de démocrates humanistes et Européens, faisant du développement durable une priorité, ouvert aux uns comme aux autres.
Qu’en sera-t-il pour les gaullistes, les déçus de l’UMP confrontés  à l’évolution  de leur parti  au service d’un pouvoir  qui se resserre et se découvre de jour en jour ?

De jour en jour des événements sont autant de signaux d’alerte pour notre vigilance démocrate.
Un procès qui prend des allures de procès politique et qui a été pris en otage par les medias.
La présomption d’innocence bafouée, d’abord par un procureur puis, pour la deuxième fois par le Président de la République.
Des principes fondamentaux conquis dans la souffrance en 1789. Mais pas de vraie réaction en profondeur de la classe politique qui semble trop souvent  ne s’intéresser aux principes que de manière ponctuelle et utilitaire.
Or un principe transcende tout contexte , concerne  tout  le monde, et se doit, par définition de s’appliquer à tout parce que nous sommes en république et que notre devise est  :
la Liberté, l’Egalité , la Fraternité

Et que c’est cette devise que doit servir la Justice .

Durant l’Université de Rentrée   2008 du Mouvement Démocrate Corinne LEPAGE, avocate et Vice-présidente  du MoDem proclamait que la justice  était «  en loques »  .
Ceux qui en France ont été amenés à y faire appel ont dû découvrir avec amertume qu’elle  semble parfois servir des réseaux de puissance ou d’argent et non l’homme dans son intégrité, égal devant la loi. Ceux qui ont été contraints de le découvrir  à leur détriment, n’en ayant pas eu satisfaction, se sont sentis lésés bien au-delà du plan matériel , dépossédés d’un bien moral.
Des Egyptien  aux Grecs , de Maat à Themis les peuples antiques avaient divinisé cette haute fonction de l’esprit, ce besoin fondamental de l’homme qu’il éprouve dès la tendre enfance et qui est indispensable à la vie sociale. En la matière chaque entaille individuelle ou générale sape le fondement démocratique. Ce piller central fragilisé, c’est le pilier de la République qui vacille.


Cumul des mandats , accumulation  de pouvoir, collusion de pouvoir politique et financier, rassemblement de la puissance dans  les mains de quelques « élites » d’un réseau,  voire d’une famille.
Déferlement médiatique et pouvoir de l’image sur les consciences.
Bombardés, martelés, entournés ,  comment les citoyens  saturés peuvent-ils s’y retrouver ?
Démêler le vrai du faux, l’objectif du subjectif,l’orienté du loyal est une tâche en soi alors que le quotidien se fait de plus en plus pressant.

Doute sur la justice, doute sur l’information, doute sur les politiques et le pouvoir, autant de facteurs de démobilisation, de désorientation .
Alors que pourtant jamais la mobilisation n’a été aussi nécessaire puisque c’est le monde entier qui est en crise à tous les niveaux.

En attendant des solutions nationales, le renforcement de l’Europe semble plus que jamais vital.
C’est dans cet esprit que je viens de participer à Strasbourg à l’Université d’Automne du Mouvement Européen France dont je suis membre du Conseil National.
Pourtant là aussi bien des inquiétudes pointent, la crise renforce les nationalismes au nom des intérêts économiques fragilisant cet indispensable pôle de solidarité et de stabilité dans un monde  explosif en mutations accélérées.
J’ai eu le plaisir de remercier  le Sénateur Denis BADRÉ  Vice-président du Mouvement Européen –mais aussi  membre du bureau exécutif du MoDem- qui a  comblé mon attente en appellant à une Europe de paix qui retrouve son idéal et son souffle et s’oriente vers l’aide au développement des pays pauvres, meilleur moyen de freiner les flux migratoires.
Malheureusement en   me promenant autour de la cathédrale de Strasbourg j’ai vite été rappelée à la réalité brutale. Des corps inertes roulés dans des duvets , en pleine journée, sous le faible abri de porches ou d’arcades. Des vies humaines stérilisées, verrouillées par le dénuement total qui dans nos sociétés signe l’exclusion. Les gouvernements  passent , l’ Europe du XXI ème siècle se bâtit mais dans toutes nos villes et y compris celle qui symbolise cette grande édification pacifique cette détresse demeure , laissée à elle-même . À la suite de quelle injustice ? De quelle défaillance de la société qui peut précipiter  un individu du jour au lendemain  dans cette inacceptable indigence parfois seulement parce qu’il est victime d’instincts prédateurs  qui l’ont dépouillé et que la justice n’a pas  rempli sa mission.
Une société humaniste  qui mette l’homme et son épanouissement au Centre ne peut par essence tolérer cette dérive. Car l’autre c’est l’homme, avec tout son potentiel et  en admettant de voir cet autre dégradé c’est nous même, dans notre essence que nous laissons dégrader.
Cruel  paradoxe de confronter encore cet état de fait si banalisé après avoir visité le Parlement Européen, sous la bannière aux douze  étoiles, symbole de la perfection.
En dépit de grandes avancées , de progrès remarquables ces corps recroquevillés  sous des duvets dans nos rues  en contradiction des convention des droits de l’homme  , nous montrent les graves lacunes de nos démocraties.
Ici ou  plus loin de nous cette masse de souffrance grandissante avec un milliard  d’humains taraudés par la faim dans le monde est une clameur silencieuse géante qui défie nos sociétés confrontées à une crise économique par abus de spéculation.
Nous ne pourrons pas échapper aux impératifs matériels et moraux car aucun équilibre ne se trouvera sans leur donner priorité dans un monde aux interrelations d’autant plus explosives qu’elles se répercutent immédiatement sur notre environnement terrestre.
Dans un monde où les phénomènes et les mutations sont en  accélération croissante au point que nombres d ‘entre eux nous échappent ou nous dépassent.

Ayant exposé au Symposium International de l’Eau à  Cannes  en juillet dernier, j’ai assisté à une conférence de Michel Serres autour de son livre « le Mal propre, polluer pour s’approprier ? » *qu’il dédicaçait.
J’ai pu lui demander s’il était optimiste ou pessimiste ce à) quoi il m’a répondu que cela fluctuait selon les  jours.
Au cours de sa conférence, le philosophe a mis en lumière quelques-unes des mutations spectaculaires de notre temps.
La régression de l’activité paysanne, avec en France un abaissement depuis les années 1960-70 à 2% . C’est pour Michel Serres une grande rupture d’un activité humaine à l’oeuvre depuis 10000 ans, depuis le néolithique.
En parallèle nombre de fleuves ne parviennent plus à se jeter dans la mer car ils sont détournés en amont par les activités humaines d’où des bouleversements  écologiques.
Des mutations positives pour nos vies aussi en ce qui concerne la régression de la souffrance et l’allongement de la durée de vie( mais qui posent aussi des problèmes) .
Des faits impensables encore au 19ème siècle ou au début du XXème et qui sont dus aux progrès humains.
Mais là encore il faut relativiser car ces constats du philosophe ne valent que pour les pays développés puisque la majorité des humains du globe n’atteignent pas à cette qualité de vie.

Dominique de Villepin  a sorti récemment  un essai magistral «  la Cité des Hommes »* sur la crise planétaire et les défis qui menacent l’humanité.
Scrutant et analysant dans  ses moindres  détails ce grand tournant de l’histoire humaine, il en ausculte les causes et les potentiels  positifs ou négatifs .Partout cherchant des solutions pour le bien commun, dans un esprit de partage,  de solidarité éclairé par la  tolérance, le dialogue des culture «  la polyphonie du monde » , et la raison autour du  pilier central d’une Justice planétaire.
Idéaliste réaliste, il propose une approche révolutionnaire constructive pour l’avènement d’une nouvelle  Renaissance , d’une nouvelle ère .

Autant de constats et de voix éminentes pour nous confirmer que la politique ne peut plus vivre en microcosme. Elle doit être le relais d’une politique générale à l’échelle du globe, des besoins de la terre  et de ses habitants en raison même  de la réciprocité  des interactions que l’étude de l’environnement nous apprend.
La survie de nos sociétés mais aussi de la planète et donc de notre espèces nous l’impose.
C’est ce qu’ont compris les citoyens  et la raison pour laquelle il se retournent vers les partis écologiques .
C’est sans doute aussi ce qui explique l’essoufflement des partis politiques qui patinent dans les ornières  anciennes et n’ont pas encore réussi à se mettre en phase avec l’accélération de ces mutations.
Il y a donc beaucoup à construire ou reconstruire à travers une démarche politique renouant avec sa vraie vocation  pour relever les défis nationaux et internationaux qui nous imposent  pour y réussir d’être à la hauteur de nous-même.
Et de fonder la société humaniste du XXIème siècle, la «  Cité des hommes «  de notre planète.

* Michel SERRES : Le Mal propre - Editions Le Pommier
* Dominique de Villepin : La Cité des Hommes - Plon

11/07/2009

Exigence démocrate et fondements éthiques


Ce n’est pas sans malaise que j’entends parler de « rénovation » du Mouvement Démocrate et des intentions de « changer » de son leader en réponse à l’agitation interne qui a suivi les élections Européennes.

En premier lieu ,plutôt que de nécessiter des changements , j’ai l‘impression , de par mes expériences , que le MoDem aurait surtout besoin d’être fidèle à lui-même.
Il a posé des textes fondateurs qui exigent un niveau de vigilance constante. C’est autour de ces valeurs que se sont fédérés nombre de nouveaux venus en politique.
Ce parti s’est à peine structuré dans les difficultés et n‘a même pas réussi à se roder dans une véritable cohésion.
Comme je l’ai dit précédemment le vrai dommage dans les élections Européennes est ce record d’abstention historique.
Le but n’est pas de faire du nombre, du chiffre, du pourcentage mais d’ouvrir un espace d’espoir face au désespoir larvé, à la profonde déception qui mine l’électorat.
Or cette attitude ne concerne pas que le Mouvement Démocrate, elle vise l’ensemble de la classe politique. Elle est grave en soi car comme je l’ai écrit  dans  l'article " Crise de confiance, crise de conscience " : (http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archiv... ) la confiance est extrêmement fragile. Lorsqu’elle s’est fissurée il est très difficile de la restaurer car il s’agit d’un élément immatériel subtil inhérent à la profondeur, à la conscience de la personne humaine et qu’on ne peut acheter ou réparer avec des moyens matériels.

Les élections Européennes ont été pour moi l’occasion de l’expérience du « terrain ».
Je croyais à priori que ce serait un des aspects les plus difficiles de l’action politique. Bien au contraire , je me suis aperçu que cette expérience très enrichissante est fondamentale pour avoir une vision claire des besoins du citoyen.
Or je dirais que celui-ci a d’abord besoin de confiance.
Il n’était nécessaire ni d’être voyant ni d’être suspendu aux sondages pour pressentir que l’élection allait mal et que l’abstention serait la grande gagnante.
J’ai participé à des opérations de « tractage » autant pour le Mouvement Démocrate que pour le mouvement Européen, association pluraliste issue de la Résistance dont le seul but était d’informer et d’inciter à voter.
Cela a permis une expérience complémentaire .
Et partout j’ai entendu le même complainte : « pour qui voter » « je ne vote plus depuis longtemps » « ils sont tous les mêmes , ça ne change rien » etc…
Tout cela dit avec des nuances allant de la révolte au désespoir en passant par le désenchantement mais signant un repli, un refus de participer à toute action publique avec certitude qu’il n’y aurait aucun moyen par là de peser sur le devenir.
Cela s’appelle en premier lieu l’échec du suffrage universel. Et cela concerne tous les partis, tous les politiciens, même si certains ont pu se réjouir d’être majoritaires d ‘une minorité.C’est regarder l’arbre qui cache la forêt. Car les Français, les citoyens, les électeurs, sont découragés.
Découragés, et inquiets de la marche du monde et de celle de la France. Parce qu’aussi ils ont pris l’habitude de déléguer totalement leurs pouvoirs au point de ne plus se sentir concernés, de ne plus se vivre en maillons actifs d’une démocratie.
Mais leur silence n’est pas une approbation tacite, ils sont souvent très lucides, conscients des impératifs et des dérives mais dans l’impossibilité de croire que telle ou telle formation saura y remédier. Les partis politiques ne peuvent être en deçà des exigences et des espérances citoyennes sous peine de perdre leurs raisons d’être .

Et puis l’Europe. C’est pour elle qu’étaient ces élections et non pour les scores des uns et des autres.
Et c’est elle qui a perdu.Ou plutôt c’est l’idéal qui la sous-tend qui a été oblitéré, asphyxié d’abord par un brouillard bureaucratique, puis par les rivalités politiques.
Mes actions pour le Mouvement Européen ont été les plus révélatrices et les plus décevantes car là il n’y avait aucune ambiguïté possible. Il ne s’agissait pas de proposer une couleur mais de «développer dans le peuple français la prise de conscience de l’Europe et de la communauté de destin des peuples qui la composent ».
Or j’avais pu envisager une certaine indifférence mais pas un désintérêt voulu et parfois un rejet virulent.
J’ai organisé à Menton un stand du Mouvement Européen que j’ai tenu avec ma Présidente départementale pour distribuer des brochures de la commission Européenne.
J’ai pu constater que la majorité des personnes ne souhaitaient même pas être informées alors qu’à l’évidence elles ne connaissaient pas le réel fonctionnement de l’Union.
C’est se retrouver devant un cercle vicieux. Comment des citoyens appelés au suffrage universel peuvent-ils agir pour le développement d’une structure qu’ils connaissent très mal et ne veulent même pas apprendre ?

J’ai eu l’occasion de transmettre ces inquiétudes avant les élections à Pat Cox , ancien Président du parlement Européen et actuel Président International du Mouvement Européen . Faisant partie de la délégation du Mouvement Européen des Alpes Maritimes j’ai eu le plaisir de converser durant tout un déjeuner avec lui. Pat Cox m’a donné une réponse très belle : « toutes les brochures les plus parfaites n’y changeront rien . Les gens ont maintenant besoins de plus d’émotion » Ce qui fait écho à ce que m’ a dit un membre du Bureau National du ME : ‘ « l’Europe à besoin de beaucoup, beaucoup d’amour. »
Amour et émotion sont des antidotes humanistes à une société que la bureaucratie et le mercantilisme déshumanisent de jour en jour jusqu’au rejet et au désespoir des peuples.C’est une société en panne d’idéal, en panne d’espoir qui s’essouffle et a besoin de retrouver du sens.

Le réalisme et le pragmatisme indispensables ne peuvent être la fin mais le moyen sans quoi ils mènent à la stérilité.

En période de crise où l’angoisse du quotidien se fait plus forte, où la pression matérielle s’exacerbe, c’est pourtant le moment de réinsuffler de l’espoir en des valeurs portantes qui méritent efforts et combats faute  de quoi le désespoir ou l’inertie risquent d’ouvrir la porte à un effritement de la démocratie ou à des dérives violentes.

Ce qui est grave dans ce rendez-vous manqué de l’historie, c’est que les peuples d’Europe dans leur ensemble n’aient pas pu voir en cette structure une raison d’espérer, un idéal à préserver et à renforcer , une voie pour leur avenir et celui du monde et qu’on assiste au contraire à ces replis nationalistes et individualistes . Comme ci ceux-là seuls pouvaient préserver des épreuves.
Alors que cette imbrication de crises qui nous confronte appelle à la solidarité, à l’éthique, à retrouver des mesures humaines pour répondre à la complexités des défis qui ne peuvent plus êtres négligés.

Tandis que je tenais un des bureaux de vote de ma commune où j’étais Déléguée de mon parti, j’observais les douze étoiles de l’étendard de l’Europe ondulant au vent. Et je me faisais la réflexion que c’était sans doute un des seuls drapeaux qui ne soit pas éclaboussé de sang, un des rares si ce n’est le seul au nom duquel le sang n’ait jamais coulé.
Les besoins économiques ne peuvent faire oublier ce besoin fondamental qu’est la Paix. Et l’économie elle-même ne peut se passer de Paix.
Et lorsque dans la Mairie de ma commune j’ai entendu les premiers résultats et l’importance de l’abstention ma première pensée a été pour Robert SCHUMAN .
Parce que la crise économique avait engendré le plus monstrueux des nationalismes, la barbarie et un conflit mondial des hommes de paix avaient juré « plus jamais cela » . Le génie de Robert SCHUMAN fut d’utiliser le pragmatisme pour servir l’idéal. Le charbon et l’acier furent le moyen mais le Paix était le but.

Il en est de même en politique, le parti est le moyen et non le but. Le but est la défense des valeurs fondatrices d’une société permettant le réel épanouissement de ses membres .
La structure organisationnelle est fondamentale. Mais la vigilance constante au jour le jour l’est tout autant sinon plus.
Je pense personnellement que si le MoDem n’a pas réalisé un bon score ,(tout comme la politique en général est discréditée) c’est qu’il n’a pas su prouver au jour le jour qu’il incarnait ce qu’il prône. La remise en question de ce parti, comme de toute la classe politique, doit aller bien au-delà du structurel si la politique elle-même veut retrouver sa mission fondamentale . Si elle veut redonner espoir et entraîner les citoyens vers une vigilance constante, vers un développement des consciences.

Le Paix et la démocratie ne sont pas des acquis définitifs.Ils se cultivent au jour le jour, ils sont un combat de tous les instants pour ne pas les voir rogner ou se rompre.
Le bien être humain ne peut s’en passer et si les solutions pratiques immédiates doivent être mises en œuvres pour palier aux urgences sociales, financières, environnementales, dans le même temps le fondement éthique qui seul pourra répondre réellement , durablement et en profondeur à ces problèmes doit être constamment retrouvé.
Telle devrait être la priorité et la constante vigilance Démocrate.

28/06/2009

Patience Démocrate


C’est une fatalité qu’une manifestation de prestige que je prépare draine actuellement tout mon temps et mon énergie.
L’heure il est vrai est au recul.
Et c’est bien le meilleur moyen pour tirer le bilan des expériences.
Pourtant ma réflexion politique demeure active et vigilante.
On assiste pour François BAYROU à une tentative de mise à mort apparemment  minutieusement programmée .
Ces lignes du  site  du Figaro- politique du 11 Juin 2009 dont je laisse toute la responsabilité à leur auteur, Samuel POTIER , semblent assez éclairantes au regard de l’actualité :

« le coup de grâce à Bayrou
Nicolas Sarkozy s'active en coulisses pour lui porter le coup de grâce.  Sa méthode : l'isoler de ses derniers soutiens importants, »
« Nicolas Sarkozy a un plan de rechange pour essayer de tordre le coup à François Bayrou »
« Entre les mauvais sondages et la détermination de Nicolas Sarkozy à l'éliminer, la route s'annonce longue pour François Bayrou (…)  »

Un programme  inquiétant pour la santé d’une démocratie.
Pourquoi un tel acharnement,contre un homme qui incarnerait tous les défauts dont ,avec constance,  on tente de l’affubler depuis 2007 ? Pourquoi pareille stratégie et   pilonnage  médiatique  organisé contre un adversaire de si peu d’envergure ?
Cet acharnement lui-même lui donne un poids, une reconnaissance de ce qu’il incarne quelque chose qui peut déranger.
Le faible score du MoDem aux Européennes même si il fut décevant n’est pas un drame en soi.
La gravité est dans le record  historique de l’abstention, dans ce rendez-vous manqué pour l’Europe.
En refusant de s’impliquer les électeurs, démissionnaires auront aidé à laisser  l’Union Européenne sur les rails d’une voie  qu’ils n’approuvent sans doute pas.
Ce qui démontre que dans les circonstances du monde actuel l’abstention, l’inertie ne peuvent s’identifier à la neutralité. Qu’elles ont un poids et servent in fine des desseins.
Le sursaut écologique serait  en lui-même un  symptôme positif . Mais quel poids réel ont les chiffres avec une si faible participation et face à une majorité si désabusée et découragée qu’elle s’est refusée à participer ?
Peut-on croire en l’avenir de ce rassemblement des Verts constitué d’éléments susceptibles de  s’opposer  autour du célèbre soixante-huitard ?
La poudre aux yeux médiatiques et la politique spectacle voudraient nous faire croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes  alors qu’en France  comme sur toute la planète il se délite.

Si demain les choses vont plus mal en France qui pourra rassembler les déçus du parti socialiste , les gaullistes désemparés , les UMP « d’avant » qui  se sentent déroutés et  tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans les clivages ?

Il faudra bien qu’existe cet espace qui correspond à la vision de François BAYROU d’un grand parti humaniste.

Il est urgent de se garder de conclure.
Et il est urgent de se rappeler que les enjeux de la France sont ceux de l’Europe et  que ceux de l’Europe  s’inscrivent dans un monde  qui ne peut plus être cloisonné.
En fractionnant la vision on crée des myopies et un désinvestissement des citoyens dangereux pour tous.
Plus que jamais l’heure est à la mobilisation des consciences.



23/01/2009

Le grand tournant

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Sous les nuées sachons mener nos petites barques à bon port.Au loin luit un horizon plus lumineux.

Que 2009 nous aide à l'atteindre - photo Rachel Sun

 

Au seuil de l’An neuf alors que nous souhaitons formuler vœux et espoirs pour des individus et le monde, nous voici confrontés aux plus grandes interrogations.
Entraînées dans une accélération apparemment inéluctable nos sociétés soudain manquent des pas, trébuchent. Les actions humaines tels des boomerangs envoyés sans  discernements nous rattrapent pour nous mettre en demeure  de re-penser , de remettre en question, de repartir sur d’autres bases après avoir réparé les dégâts.
Nous voici au pied du mur , devant ce qui se présente comme un grand tournant de l’histoire humaine qui nous défie pour  que nous sachions y faire face du mieux de nos facultés.
Notre avenir et celui de la planète sont en jeu.
Nous ne pouvons plus «  pactiser », nous satisfaire « d’à peu près », fermer les yeux.
Face à la crise financière et économique mondiale qui engendre des catastrophes en série , avec déjà l’augmentation du chômage chez nous, nous risquons d’être confrontés à de sérieux problèmes sociaux.
Car cernés par le besoin, acculés, bien des acteurs  auparavant sans problèmes risquent d’êtres tentés de rejoindre des organisations mafieuses ou para mafieuses, ne serait-ce que pour survivre ou faire survire leur famille.
Ceci à l’échelle du monde avec plus ou moins de risques selon les pays .
Mais avec un impact qui nous concernera tous car les réseaux  organisés du crime et du vol sauront profiter et prospérer du désarroi de nos sociétés. Avec  en sus le danger d’ une inflation des actions terroristes.
Sur fond de graves déséquilibres écologiques, avec la majorité des humains du globe déjà privés de l’essentiel , tout déséquilibre supplémentaire  pèse d’autant plus lourd, comme une maladie sur un organisme déjà affaibli.
Si nous ne décidons  pas à faire primer l’éthique d’urgence pour l’avènement d’une société juste, démocratique et équilibrée au niveau planétaire nous risquons d’êtres confrontés à un gigantesque chaos mondial.

Ce choix s’impose à nous par la raison même , au-delà de toute considération morale ,comme je l’écrivais en Mars2008

(http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archive/2008/03/22/de-l-abstention-citoyenne-a-la-demission-des-politiques.html)

L’heure est donc venue des bilans et des choix, des remises en questions.
Cela ne peut se faire qu’avec probité et gravité, dans un esprit de  solidarité, avec une vision large et enfin prévoyante.

Or à peine François BAYROU a –t-il émis des vœux pleins de sagesse et de pondération , invitant à prendre un nouveau chemin, que s’alignent sur Internet des sarcasmes anonymes visant à édulcorer ou ridiculiser son message . Réactions visiblement téléguidées par un jeu politique en porte- à -faux. Celui-là  même qu’il faut apprendre à changer car il ne peut déboucher que sur la stérilité.

Ce qui semble irriter particulièrement  ses détracteurs,   c’est  la mise en cause d’un « modèle mondial selon lequel on voulait nous faire vivre » et qui s’est écroulé .
C’est pourtant précisément une analyse critique de ce modèle ,qui vient de démontrer sa caducité,qui s’impose à nous car c’est la direction que nous donnerons à nos sociétés qui est tout l’enjeu des années à venir.
Il est objecté que ce modèle ne nous a pas été imposé par la force puisque nous sommes des sociétés démocratiques.
Outre que nos démocraties ont encore fort à faire pour atteindre leur véritable objectif, il y a bien des moyens d’infléchir leurs directions qui vont du conditionnement des consciences par le biais des médias et de la publicité jusqu’aux méthodes de mainmises économiques par les réseaux tentaculaires des multinationales.
Face à ces arsenaux  de plus en plus puissants le libre-arbitre des citoyens et des politiques est devenu de plus en plus  vulnérable. 
Il est vrai cependant que par une fascination générale pour la primauté de l’argent , de la réussite matérielle par n’importe quel moyen, du luxe  et de l’ostentation , nous nous sommes laissés imposer ce modèle  comme idéal avec plus ou moins de degrés de complicité.
Le développement des magazines dits «  people » en est une démonstration puisque ce type de médias suscite la fascination dans tous les niveaux de la société et prospère de cette admiration  tacite pour la réussite matérielle la plus ostentatoire.
Quarante ans avant le crise financière qui ébranle le monde, des jeunes étudiants éruptifs, impulsif, dépavaient  les rues de Paris ,  en révolte contre «  la société de consommation » qui s’installait et qu’ils pensaient  vouloir refuser.
C’était Mai 68. Irruption historique, poussée de fièvre, premiers sursauts maladroits d’un organisme social en proie au malaise.
Puis les « soixante-huitards » se sont dispersés, partant élever des chèvres en France profonde ou faire la route des Indes en quête de paradis artificiels ou tombant dans les rets d’affairiste de la spiritualité à la carte.
Une grande majorité d’entre eux se sont lancés dans les affaires avec des méthodes beaucoup plus dures et conquérantes que celles des pères qu’ils avaient critiqués et ont activement travaillé, relayés par leurs fils, à construire ce modèle qui s’effondre aujourd’hui.
Effondrement qui vient après celui  d’autres modèles  , qui avaient d’abord séduit  une partie de cette génération, et qui ont également montré leurs impasses, de l’ex-empire soviétique à la Chine .

De nombreuses personnalités intellectuelles qui font figure de précurseurs, avaient depuis longtemps jeté l’alarme sur l’emballement de sociétés mécanisées, déshumanisées, vouées uniquement à  l’argent et la spéculation, sans orientation.

Un nouveau tournant de l’histoire nous confronte donc à la démonstration tangible de la caducité de ce modèle qui  s’est auto asphyxié.

Après l’échec d’autres voies, une nouvelle orientation d’équilibre et de sagesse est à réinventer.
Elle s’impose à nous alors que  nous ne voulions pas apporter à la crise  environnementale toute l’attention que sa gravité appelle déjà depuis des décennies .
Notre vaisseau terre fait eau par de nombreuses voies .
L’humanité doit se relayer aux pompes, colmater au plus vite pour ne pas sombrer dans le désastre.
Un équipage en conflit ou arraisonné par des pirates ,ne pourra agir efficacement dans l’ordre et la solidarité.

Au moment où le monde n’a jamais été aussi complexe, l’enjeu  d’une société humaniste, durable, qui sache concilier le développement de tout le potentiel humain, tout en respectant l’équilibre de son environnement naturel semble vertigineux .
Pourtant, outre que nous n’avons pas le choix,  nous avons aussi développé des techniques ,qui, si elles sont orientées vers ces buts, peuvent nous  donner des moyens d’action considérables.

Ce tournant impressionnant qui s’amorce  peut devenir celui d ‘un sursaut planétaire salutaire.

Cela demande que nous nous impliquions tous .
Seules des sociétés  justes, démocratiques, équilibrées et pacifiques seront en mesure de prendre les bonnes décisions pour le bien commun planétaire .
Cela exige de ne pas, de ne plus rester dans l’attentisme. Mais au contraire d’éveiller   notre vigilance, notre lucidité, notre solidarité.
Chacun d’entre nous, comme agent d’une conscience générale, a son rôle à jouer, dans chaque geste du quotidien pour pousser à la roue dans la direction favorable.
N’oublions pas que le moindre petit grain de sable peut casser le plus grand des rouages.   
Lors de la Conférence Nationale du Mouvement Démocrate d’Octobre 2008, François BAYROU rappelait l’action d’une modeste femme de ménage noire Américaine qui avait soudain refusé de subir la discrimination.Quelques décennies plus tard , le premier Président noir des USA accède à la Maison Blanche. Nous prouvant qu’aucun geste n’est vain, que toute action même symbolique  participe d’un changement.

Il est impératif de retrouver les fondements , la réalité d’une  société démocratique,  à l’échelle de la nation d’abord  et finalement du monde en partant du moindre petit village, microcosme qui doit refléter la macrocosme.
Car, encore une fois, seule une société démocratique, humaniste, à l’échelle de la planète nous permettra de relever les défis qui nous confrontent.
L’exigence et la vigilance citoyenne de France, d’Europe, du monde, sont le dynamisme qui doit permettre de réels changements dans la direction de nos sociétés.

Cette crise  qui survient  comme une remise en question  se présente juste au moment où doit s’ouvrir la campagne pour les élections Européennes.

Comment ne pas y voir une invitation de l'Histoire ?

Alors que l’Amérique affaiblie sombre dans d’inextricables difficultés, de nouvelles puissances avides , parce que  trop longtemps frustrées , sont prêtes à employer sans freins les méthodes mêmes qui conduisent aux catastrophes écologiques et économiques en oubliant les impératifs humains et démocratiques.

Il y a donc une réelle urgence à un grand sursaut des consciences Européennes, qui sachent puiser en elle les ressources que leurs donnent leurs vieilles expériences. Et qui puissent ainsi offrir au monde un pôle de stabilité, d’équilibre , de sagesse d’où s’élabore le modèle de société humaniste  de demain. Celui qui pourra se répandre sur le globe, non en s’imposant mais en rayonnant et en s’adaptant, afin de redonner espoir à l‘humanité.

C’est le voeu qu’il faut former pour que 2009  sache répondre au défi lancé par 2008.

02/12/2008

La longue marche de la conscience humaniste

Même si tant d’encre et d’images ont coulé depuis l’élection du premier Président noir des Etats - Unis, face à un sommet de l’Histoire, il est tentant de vouloir y planter aussi son petit fanion.
Pour qui, comme moi, a passé une partie de son enfance dans une Amérique encore structurée par la ségrégation, l’accession de Barack OBAMA à la Maison Blanche prend un poids inouï.
Quel progrès rapidement tracé dans les consciences pour transcender les préjugés inculqués de génération en génération jusqu’à ce basculement positif .
D’Abraham Lincoln abolissant l’esclavage, au rêve de Martin Luther King devenu martyr de sa lutte non-violente, en passant par tous les gestes symboliques, petits ou grands , anonymes ou célèbres , tous les écrits, toutes les prises de position courageuses, le long chemin d’étape en étape à tracé sa voie avec persévérance pour en arriver à cette élection symbolique.
Le fait est positif en soi , mais il est aussi à prendre comme un encouragement et un espoir qui dit que les luttes ne sont pas vaines, qu’aucun combat n’est inutile.
La mort de Martin Luther King comme celle de Gandhi était pour moi, dans mon adolescence, source de révolte et de désespérance, comme si les hommes de bien étaient inéluctablement voués à la destruction et que ,dans ce monde , les dés étaient pipés.
Même si le prix de leur sang demeure inadmissible et tragique, il est au moins une source d’encouragement de constater que leurs combats, que les combats de tant d’autres, portent finalement des fruits , même s’ils ne sont pas toujours immédiats.
Selon une perception qui n’engage que moi , j’ai vécu la victoire d’OBAMA comme un autre signe fort , générateur d’espoir. Par le fait que celle-ci survient précisément au moment d’une gigantesque crise financière mondiale qui ébranle nos sociétés comme une lame de fond.
Au premier degré, cette crise aura vraisemblablement eu sa part dans la victoire du Sénateur Démocrate de l’Illinois . Mais j’y ai ressenti une sorte de confirmation intime que cette crise était une poussée évolutive, pour un plus grand développement des consciences individuelles, un emmarchement, un basculement vers cette nouvelle ère que beaucoup appellent de leurs vœux ,face à des modèles de sociétés qui débouchent sur de graves impasses sur le plan humain et au niveau de notre environnement planétaire.
Même si son adversaire Mac Cain était réputé nettement plus ouvert que
W .BUSH, la poursuite de la politique des Républicains aurait donné une toute autre tournure aux évènements. C’était craindre la poursuite d’une politique responsable des abus qui ont crée la crise actuelle , c’était craindre que trop de facteurs ne s’enveniment sur la planète dans un climat encore plus tendu par l’avènement du désastre économique. C’était craindre que les situations ne deviennent encore plus complexes .
À l’opposée la victoire d’OBAMA non seulement va donner l’espoir d’un changement, mais elle donne aussi à l’Amérique un tout autre visage face au monde et à sa nouvelle configuration , qui la sort des ornières et des clichés d’un monde Occidental, blanc et impérialiste réveillant les échos des meurtrissures des anciens colonisés, en opposition avec les puissances émergentes du tiers monde.
C’était donc, dans la configuration actuelle, pour beaucoup d’analystes et d’observateurs, la meilleure carte qui puisse se jouer. Et elle a été jouée.
Nous donnant par là une respiration. Et donc une raison d’espérer.
Reste un gigantesque enjeu face auquel un seul homme, si grand soit-il , n’est qu’un grand pion sur l’échiquier.
Or cette crise financière déferle au moment où l’humanité était de plus en plus confrontée aux conséquences de ses agissements sur son environnement et où elle s’activait à prendre des mesures souvent déjà tardives.
Selon un éminent économiste avec qui j’ai récemment discuté au Mouvement Européen , la crise menace ces mesures pour l’environnement ainsi que les activités culturelles.
Pourtant, par son gigantisme et son origine c’est bien notre modèle de société qu’elle remet en question, comme si elle nous mettait au pied du mur pour enfin avoir le courage de changer, le courage de renverser la vapeur, de trouver une voie d’équilibre qui permette l’accomplissement de l’homme, des hommes, sans que cela soit au préjudice d’autres hommes et de la planète.
On s’inquiète du recul de la croissance.
Mais la croissance pour quel sens ?
Nous en sommes venus à trop séparer les phénomènes alors que leur imbrication n’a jamais été aussi complexe, comme un gigantesque « Micado », susceptible de s’effondrer au moindre faux mouvement.
Si la technologie a été tellement désignée comme responsable des dégradation planétaires, n’est-ce pas plutôt les appétits économiques, la course au profit qui l’a orientée vers des voies néfastes ou dangereuses ?
Il n’est donc pas possible, plus possible d’orienter l’économie sans ces impératifs, comme il n’est plus possible de continuer à se désintéresser de ceux à qui il n’est même pas donné une condition humaine digne de ce nom, et qui sont millions sur notre globe.
La nouvelle politique Américaine va s’orienter vers ces facteurs et les valeurs qu’elles impliquent.
Mais pour autant rien ne sera joué car cela va demander des changements considérables de mentalités, que certes les élites intellectuelles de ce grand pays espèrent depuis pas mal de temps, mais qui devront graduellement se répandre dans des modes de vies qui n’y sont pas préparés.
Les Américains sauront-ils passer rapidement de l’ère du gaspillage et du superflu individualiste à l’ère du développement durable et de la conscience planétaire ?
Car ce sont les consciences de chaque citoyen d’Amérique ou du monde qui
sont en jeu pour arriver à trouver une voie d’équilibre humaniste qui redonne du sens à nos sociétés et au progrès technologique.
Nous n’avons jamais eu autant de moyens techniques pour y parvenir et communiquer les informations aux quatre coins du globe.
Mais à l’opposé ces moyens peuvent être retournés pour nuire avec une rapidité et une puissance également unique dans l’histoire de l’humanité.

Cela nous donne la mesure des enjeux, en nous rappelant que chaque combat, chaque geste compte, et que nous ne pouvons pas laisser rogner
les fondements et les valeurs de nos démocraties si nous voulons pouvoir
voir s’instaurer un mode de société plus cohérent.
De la justice à la santé , de la vie sociale à la culture, de la science à l’environnement, le monde n’est fait que d’interrelations que nous ne pouvons négliger. Qui nous imposent une constante vigilance citoyenne et politique.

Face à ces enjeux, le projet Européen, fondé par des vieux peuples expérimentés et qui n’ont pas encore poussé jusqu’à l’impasse le modèle de société à l’Américaine qui a dominé jusqu’à présent , a un rôle majeur à jouer.
Son développement, pourvu qu’il soit réellement en cohérence avec ses valeurs humanistes fondatrices, ne pourra qu’aider l’Amérique et le monde à faire émerger une nouvelle conscience dont notre avenir et celui des générations futures dépend.

13/09/2008

Université de Rentrée , vers une démocratie mondiale

UR 2008 - Journal des Rencontres et Impressions à travers mes échanges avec:DSCN0109.JPG

Delphine JUSSELME suppléante de Gilles ARTIGUES
et des co-listiers de « la Voix des Stéphanois »
Josée POCHAT journaliste à Valeurs Actuelles
Philippe BERTA ex-suppléant de Jean- Marie CAVADA
Quitterie DELMAS
Etoile 66



Cette première Université de Rentrée est aussi la première de mon expérience politique.
Bien que ce type de manifestation rassemble des centaines de personnes, l’expérience de chacune d’elle demeure unique par la façon dont elle vit l’évènement et dont se tissent les liens et rencontres.
Pour le MoDem c’est un temps important. Ce nouveau mouvement n’a cessé d’être entravé et déstabilisé depuis sa fondation et il prouve ainsi qu’il a tenu bon et passe à sa phase de travail en profondeur.

Je suis co-voiturée par André MINETTO, tête de la liste Agora qui a fusionné avec celle d’Hervé CAEL pour donner la liste Union MoDem 06 dont je suis co-listière. Une cohérence avec moi-même qui ai souhaité , voire prêché , l’union dans les Alpes Maritimes, sachant qu’elle fait la force et craignant de voir fragiliser le Mouvement Démocrate par des divisions internes qui viendraient encore s’ajouter aux attaques externes pour nous affaiblir.
Je n’ai pas choisi de partager mon logement avec des personnes données, laissant le hasard faire les choses…

Il a apparemment bien œuvré puisque je me retrouve tout de suite avec Delphine JUSSELME, suppléante de Gilles ARTIGUES au Conseil Général de la Loire.
Gilles ARTIGUES, notre Médiateur, l’homme de la modération qui travaille justement à éviter les divisions….
C’est donc avec l’équipe de « la Voix des Stéphanois », tous anciens co-listiers de Gilles ARTIGUES aux dernières municipales ,que je
vais vivre ces quelques jours très denses.

À l’atelier Internet de Christophe GINESTY je découvre l’outil révolutionnaire que les bénévoles du MoDem sont en train de mettre en place.DSCN0038.JPG Totalement innovant par rapport aux autres partis il va permettre l’information, les échanges et pratiquement la formation des militants .Il confirme ainsi la vocation de parti de pointe du Mouvement Démocrate qui doit sa création pour une bonne part à ces nouvelles technologies de communication interactives. Et la rapidité d’adaptation de François BAYROU qui suit de très près ces développements.
Il donne un espoir important de voir se développer un travail en profondeur à la fois pédagogique et militant capable de se propager très rapidement et dont le sentiment d’urgence ne peut qu’être renforcé par les communications des différents intervenants de cette Université.
Urgence pour la France mais aussi pour l’Europe et le monde qui subit de grands bouleversements et une totale re-distribution des rapports de force.

J’ai trouvé particulièrement impressionnante la prestation de Jean François KAHN exposant le réveil de l’empire Chinois ( de l’Empire du Milieu comme le rappelle BAYROU) et son emprise économique sur les Etats Unis par le biais de leur endettement.
Nous sommes arrivés à un très grave point de bascule et on ne pourra plus se contenter de faire de la politique interne de « rapiècement ».
Le moment peut mettre en jeu des changements considérables et il nous appartient de savoir réagir très vite et bien.
Une responsabilité pour tous les politiques mais aussi pour tous les citoyens et dont nous ne connaissons pas encore toute la portée.
Lorsque le crépuscule plonge dans le clair obscur les centaines de personnes concentrées dans cet amphithéâtre de verdure, dans ce site quasi attique avec la mer à quelques centaines de mètres, j’ai le sentiment de vivre un temps fort, un moment qui fera date, une sorte « d’états généraux »de la démocratie. J’aimerais cependant que François BAYROU, dans la nuit tombante, soit un peu plus soucieux de sa sécurité, surtout lorsqu’on touche à autant de sujets sensibles.

Samedi , ayant manqué le petit-déjeuner, je me retrouve en train de prendre un chocolat en compagnie de Josée POCHAT, journaliste àDSCN0087.JPG Valeurs Actuelles, qui vient de faire un reportage de quatre pages sur François BAYROU.
C’est l’occasion de recueillir ses impressions sur la portée de l’évènement et les problèmes de la presse Française de plus en plus cadenassée.
Elle me dit qu’elle sent le moment de cette UR important car la situation de la France est très inquiétante.
J’appends aussi qu’il y a des revirements dans la presse, du moins dans celle qui a une certaine indépendance financière, et que son magazine cherche maintenant à se faire l’écho des opposants à l’actuel Président de la République.D’où la large ouverture de ses colonnes à François BAYROU, mais aussi à Nicolas DUPONT- AIGNANT avec qui elle a de nombreux contacts.
J’y vois un signe important de réveil pour notre politique intérieure.
Même si le Forum sur la Démocratie suivi l’après–midi avec notamment les journalistes Daniel SCHNEIDERMANN et Laurent MAUDUIT dresse un état des lieux accablant sur la situation de l’information en France, inféodée au pouvoir gouvernemental ,par le biais des puissances financières qui le soutiennent, au moment de graves dérives judiciaires et d’atteintes au respect de la vie privée. Corinne LEPAGE, assise juste devant moi et qui prend la parole à la place d’Eva JOLY empêchée, estime tout simplement que « la justice est en loques ».
Le seul espoir réside pour l’heure dans Internet où se replient les journalises qui veulent s’exprimer librement. Ce qui confirme encore la bonne direction que prend le Mouvement Démocrate en voulant privilégier cet outil de communication.

DSCN0081.JPG Sous un soleil implacable le Forum Europe et International avec notamment l’ancien Premier Ministre Belge Guy VERHOFSTADT , HubertDSCN0076.JPG VEDRINE et Sandro GOZZI a encore renforcé ce sentiment d’urgence , mais aussi d’espoir, d’une Europe forte et unie autour de valeurs humanistes face aux empires Chinois ,Américains, Russes. Un militant,à ma satisfaction, a justement objecté à Guy VERHOFSTADT, qu’il préférait le mot de « puissance » plutôt qu’empire pour désigner cette nouvelle force vers laquelle doivent converger tous nos espoirs.

Dans le petit train qui nous déplace d’un lieu à l’autre ,je rencontre Etoile 66, blogueuse de la première heure ,qui intervient sur tous le forums Internet MoDem.

Je dine à la table de Philippe BERTA, ancien suppléant de Jean-Marie CAVADA à la Députation Européenne et candidat MoDem aux municipales de Nîmes.L’occasion d’en apprendre un peu plus sur les mobiles de ce journaliste de talent qui malheureusement a terni son image par son revirement décevant.
L’occasion également d’échanges enrichissants sur de nombreux points et de recueillir son expérience aux municipales mais aussi dans les combats de ce chercheur en biochimie et en génétique pour créer l’Université autonome de Nîmes dont il a été le Président.
Nous évoquons le problème de la professionnalisation de la politique qui explique aussi les revirements de certains élus pour des raisons platement alimentaires. Philippe BERTA estime qu’il faudrait limiter à deux mandats et établir un systèmes d’accompagnement pour la réinsertion à la vie professionnelle de manière à ce que le jeu démocratique cesse d’être faussé par l’utilitarisme personnel. Ce sont là des points importants si nous voulons pouvoir nous appuyer de façon fiable sur des représentants du peuple réellement engagés pour des valeurs. Or autant pour la France que pour le monde , nous ne pouvons plus nous permettre de voir la démocratie et les prises de décisions entravées par des systèmes pyramidaux d’un autre âge ou des« caciques » locaux tentent de rejouer une néo-féodalité souvent au mépris des intérêts généraux réels.

Le voisin de Philippe BERTA est un scientifique spécialiste de la voiture électrique et… du nucléaire.
Pour lui l’une ne va pas sans l’autre.
Même si le nucléaire est depuis mon adolescence synonyme de danger majeur , je décide d’en profiter pour avoir l’avis d’un homme de bonne foi et en savoir un peu plus sur les nouvelles générations de réacteurs qui sont capables d’utiliser et donc de détruire 90% de leurs déchets.
Or la construction de photovoltaïque impose l’utilisation d’énergie pétrole ou charbon polluants pour chauffer le silicium à 1000° .
Reste que même en éliminant la dangerosité des déchets ( ce qui impliquerait la récupération de tous les fûts de stockage disséminés sur notre planète…) cette énergie peut-être source de catastrophes en raison de l’instabilité du monde,du terrorisme , des guerres.
Comment donc pourvoir rapidement aux besoins croissants d’une humanité ,dont une bonne partie est encore en dessous du seuil de pauvreté, sans établir prioritairement une stabilité mondiale ?`De la politique de quartier aux enjeux planétaires, une société humaniste axée sur le développement durable est à inventer de toutes pièces et un défi pour notre espèce sensée être responsable.

J’ai rejoint la « chambrée » de la Voix des Stéphanois :
Delphine JUSSELME, Michèle BONNET, David VACHEZ tous co-lis tiers de « Gilles » -nous sommes une grande famille comme le dit David-
Nous les femmes avons nos lits à 50 cm les uns des autres.
Jusqu’à 3 heures du matin je revis avec Michèle BONNET la campagne municipale de Gilles ARTIGUES. Liste de rassemblement de diverses sensibilités avec ou sans étiquettes et de tous horizons sociaux et qui comportait notamment : Renée DUMONT 1ère Adjointe au Maire de Saint Etienne ,UMP qui  a fini par adhérer au MoDem, le Professeur Michel DEBOUT du CHU de St Etienne, PS, Bernard SEYSSON , ancien Conservateur du Centre Beaubourg.DSCN0119.JPG
Le gentillesse et le calme de « Gilles » qu’on ne voit presque jamais en colère, le travail de base de la campagne par les froids matins d’hiver défilent.
Ces heureux Stéphanois vivent l’union au jour le jour derrière Gilles ARTIGUES, seule tête de liste aux élections internes. Leurs yeux se sont ouverts grands en apprenant qu’il y a eu jusqu’à 5 listes dans les « starting -blocs » des Alpes Maritimes.
Après Delphine, toute d’enthousiasme et de dynamisme, j’écoute Michèle, qui a bravé une sciatique pour suivre sous cortisone cet UR et qui, en dépit d’un métier para-médical pénible est pleine d’ardeur et de volonté, décidée à prendre des cours de théâtre pour apprendre à s’exprimer en public. Toutes deux sont absolument neuves en politique où elles amènent fraîcheur et détermination . Je me dis que c’est bien là que se tient la force du MoDem et de BAYROU qui a su rassembler cette richesse humaine dans un élan tout à fait nouveau.

Cet élan se traduit par une ferveur concentrée lors du discours de clôture de François BAYROU. DSCN0116.JPG
Juste devant moi se découpe le profil angélique de Quitterie DELMAS qui m’a fait l’amitié de me dire qu’elle connaît mon blog.
Elle incarne plus d’un symbole. Celui d’une jeunesse engagée dans une voie d’équilibre par-delà les anciens clivages pour défendre un avenir qu’on ne cesse de lui hypothéquer.Elle est aussi la nièce d’un homme qui s’est opposé à la guerre d’Irak, épargnant beaucoup de morts à notre nation et qui voit jour après jour se déliter la politique d’indépendance de la France, et partant de l’Europe, pour laquelle il a combattu.
A quelques places d’elle c’est le profil comme taillé dans un bois noble de Jean LASSALLE. Lorsqu’il lui est fait une longue ovation, il baisse la tête, visiblement ému et atteint dans son humilité.C’est une image que je ne volerai pas mais que je garderai précieusement en moi. Je ne suis pas partie en chasse aux « photos avec » durant cette UR , mais j’ai recueilli des images intérieures beaucoup plus parlantes, comme celle-ci , qui me prouvent qu’on peut trouver dans le monde politique des personnalités riches et intègres qui tranchent totalement sur les préjugés de carriérisme cynique que d’autres ont pu légitimer.Comme aussi les sourires rayonnants et l’ardeur juvénile de Corinne LEPAGE et Marielle de SARNEZ qui dénoncent les dérives de notre politique avec une fougue et un engagement entier.
Je n’ai pas le temps de réfléchir à toute cette énergie qui se lève pour combattre pacifiquement dans un Mouvement humaniste qui prend en compte tous les problèmes que notre société confronte au niveau national comme au niveau mondial que je suis accaparée par une journaliste de Mediapart qui veut me faire réagir à chaud sur le discours de François BAYROU.En manque de sommeil depuis 5 jours en raison de problèmes personnels qui ont précédé cette UR je dois donc donner ma première « interview » avec une question piège sur les alliances avec le PS. Cela fait partie de l’engagement et de la responsabilité du militant…

André et Florence me déposent à la Gare de Centrale de Nice et je réalise brusquement que j’ai vécu trois jours dans un autre monde. Où une concentration de bonne volonté, d’enthousiasme et de sincérité alliée à des réflexions de haut niveau tissaient un Projet d’Espoir. Une chape me retombe sur les épaules. Ici c’est la fatalité et le découragement qui règnent. Un cheminot me raconte le nombre de suppressions d’emplois y compris en nocturne, ce qui a des conséquences également sur la sécurité.
« C’est SARKOZY, c’est comme ça… »
Je milite aussitôt mais mes interlocuteurs sont trop désabusés, ils ne croient plus « aux promesses »….
Il y aura beaucoup, beaucoup de travail pour les militants du Mouvement Démocrate pour redonner de l’espoir à leurs concitoyens, retrouver leur confiance et les convaincre que le MoDem va exprimer, selon François BAYROU « un autre projet de société dont les valeurs ne seront pas celles du matérialisme et du cynisme »*.



* BAYROU : "Mon conflit de valeurs avec le Président  "
Valeurs Actuelles – 4 Septembre 2008 par Eric BRANCA et Josée POCHAT

15/08/2008

Une pensée pour le peuple Tibétain

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Photo : Moines et Abbé d'un monastère Tibétain de Darjeeling( Inde) recueillis chez moi lors d'une tournée de danses sacrées en France afin de  collecter des fonds pour la création d'un dispensaire.



« un grand pays n’a  pas  de plus grand plaisir que de rassembler et faire vivre les peuples ; » Lao Tseu – Tao Te King –60


Quelle tristesse que ces premiers Jeux Oympiques Chinois se déroulent avec en toile de fond les souffrances du peuple Tibétain.
C’était pourtant un important événement pour le monde que ce grand pays à la culture millénaire prenne sa place parmi les nations  d’accueil des jeux.
Mercredi 13 août le Dalaï  Lama ,reçu au Sénat  ,a affirmé aux élus qu’il a rencontrés, que , pendant les jeux la répression Chinoise continue  avec férocité au Tibet  et a demandé le plus grand soutien de l’Europe alors qu’un million de colons doivent être envoyés par la Chine pour diluer la culture Tibétaine.
Le fait que le Président Sarkozy se soit rendu à Pekin  pour la cérémonie  d’ouverture des jeux alors que ses homologues Allemands et Anglais s’y sont refusés, prend d’autant plus de poids qu’il préside actuellement  l’Europe.
Il a marqué de la sorte un peu plus son alignement derrière le Président Bush et il tend à entraîner l’Europe dans cette démarche.
Elle en ressortira affaiblie dans son image  car si elle avait su parler d’une seule voix sur des principes  fondamentaux , elle se serait imposée comme un pilier stable  pour le monde.
Au nom de la « réalpolitique »c’est un rendez-vous de l’Histoire qui aura été manqué et  qui  aura des conséquences au-delà du peuple Tibétain.
Le Prix Nobel de la Paix  Tibétain a bien insisté sur le fait qu’il ne fallait pas isoler la Chine, pays le plus peuplé du monde et qu’il était essentiel
qu’elle soit amenée à faire partie de la communauté mondiale mais que  pour autant il y avait  des principes à ne pas sacrifier, ceux de la démocratie, des droits de l’Homme , de la liberté religieuse.Il a estimé que la communauté internationale avait la "responsabilité d'entraîner la Chine sur le chemin de la démocratie".

Il y a malheureusement longtemps que le Dalaï Lama en appelle  ainsi  à notre vigilance .
Dans «  Au-delà des dogmes  » Albin Michel 1994, il lançait déjà cet appel :
« Tant que, dans un pays comme la Chine , aussi peuplé et doté de la puissance nucléaire, subsistera le régime totalitaire que nous connaissons et qui va jusqu’à donner la primauté aux armes, un grave sujet de préoccupation demeurera. C’est pourquoi il y va de la responsabilité du monde entier d’aider les forces démocratiques , en Chine et en dehors de la Chine »
Quels mobiles réels nous poussent  à nous écarter d’une telle démarche de sagesse  et d’humanité ?
Les réalités économiques ou diplomatiques ?
Ces réalités seraient-elles moindre pour l’Angleterre et l’Allemagne que pour la France ?
En sacrifiant  des principes essentiels pour le monde nous ne rendons pas non plus service à la Chine  à qui nous n’accordons pas l’intérêt qu’elle mérite.
Celle d’une nation millénaire au passé de sagesse et de culture que nous tendrions à réduire à un simple «  marché  » à capter.  Au besoin à n’importe quel prix.
Nous, peuples d’Europe, ne sommes placés pour donner des leçons de démocratie au monde que si nous acceptons d’en faire une priorité  et de reconnaître que c’est par l’histoire ,  par des siècles d’erreurs ,de fautes, de tragédies, de larmes et de sang que nous en avons réalisé le besoin vital.
Parce que l’histoire nous a appris que l’oppression et la tyranie ne pouvaient
engendrer que  la révolte et le malheur.
Et pour partager cette conviction avec d’autres peuples, il faut d’abord respecter en eux ce qu’ils ont de plus précieux et leur faire comprendre notre réel intérêt pour leurs identités.
Rappelons à la Chine qu’elle peut puiser en elle les ressources d’une grande nation démocratique ,  capable d’apporter sa voix dans le concert  des nations du monde libre.
Les Démocrates de France apprécieront  cette analyse philosophico-politique de Lao Tseu toujours d’actualité :
« Lorsque le gouvernement est simple et indulgent , le peuple est riche et généreux ; lorsque le gouvernement est formaliste et tracassier, le peuple est besogneux et mesquin .

Le bonheur repose sur le malheur ; le malheur couve sous le bonheur. Qui connaît  leur apogée respective ?

`Si le gouvernement est sans droiture, la droiture devient erreur, et le bien devient perversité. Les hommes sont égarés et cela dure depuis longtemps.


C’est pourquoi le Saint Homme prescrit sans blesser, exhorte sans vexer, rectifie sans contraindre, éclaire sans éblouir
. »
Lao Tseu- extrait du Tao Te King – 58- env 570 ans avant Jésus Christ *

*Lao Tseu – Tao Te King –Editions Dervy Livres




22/06/2008

Pour une Démocratie Européenne


Le «  non » Irlandais a donné lieu  à de nombreux commentaires.  Sur  les raisons profondes de ce «  non » d’une part et sur l’opportunité de soumettre au référendum un texte hyper spécialisé  d’autre part.
Les dirigeants de l’UE ont espéré sortir rapidement de la crise , mais l’échéance est repoussée au mois d’Octobre. Si un nouveau référendum  permettait, en, raison de pressions sur l’Irlande, de retourner la situation, c’est la Démocratie qui en ressortirait atteinte. Et si c’est à nouveau une impasse, les conséquences seront pour l’Europe elle-même.
C’est une situation grave et il est accablant de voir titrer : « l’Europe en panne »
En 2005 c’étaient la France et  la Hollande qui s’opposaient  au projet de Constitution. Trois ans après le peuple d’Irlande  a été catégorique, les Tchèques et les Polonais soulèvent des problèmes tandis que le Royaume Uni n’a pas encore ratifié.

Ce refus et ces atermoiements cristallisent nettement une méfiance et une crainte des peuples d’Europe envers l’institution sensée les rassembler.
J’écrivais dans un récent article (http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archi... combien ces peuples, forgés par l’Histoire et la souffrance, pouvaient avoir une mission capitale pour l’équilibre du monde , s’ils savent développer et faire rayonner une Conscience Européenne.
Or cette conscience est  latente.
Nous avons en partage notre histoire, notre culture, pratiquement un même rythme de développement par rapport aux progrès technologiques, une même aspiration profonde à la Paix, une conscience environnementale vraisemblablement parmi les plus développées du monde, des habitudes de vies proches.Et nous jouissons  également d’un des climat  les plus démocratique du monde ,dans chacun de nos pays.
Ce sont là des bases essentielles qui devraient  nous permettre de porter au plus haut un idéal de société, un «  modèle humaniste pour le XXI ème siècle » comme le décrit François BAYROU.
Une Irlandaise  me disait récemment que ses compatriotes  se sentaient Européens mais refusaient d’être entravés par les «  diktats » administratifs de Bruxelles.
C’est ce dont beaucoup d’Européens se plaignent, tout comme ils craignent un modèle de développement  qui irait dans le sens d’un ultralibéralisme à l’Américaine.
Il y a donc un divorce latent entre l’aspiration  des peuples Européens et le modèle qui leur est proposé .
Et si ce n’est divorce, il y a une méfiance certaine envers la direction de  l’Europe puisque, à priori, ils repoussent des textes dont ils n’ont pas pris connaissance ou qu’ils n’ont pu appréhender en raison de leur complexité.
Cette attitude est à rapprocher de  l’abstention aux élections nationales et du vote sanction en alternance gauche/droite, non par adhésion aux valeurs proposées, mais par mécontentement d’un état de fait.
Il y a donc une tâche énorme  ,dans laquelle devront  s’engager prioritairement les Démocrates.
Pour que les institutions Européennes réfléchissent  les aspirations et les besoins des peuples d’Europe.
Pour que ces peuples sentent plus intensément le besoin et l’urgence  de bâtir cette Europe forte, indépendante, humaniste et équilibrée.

Ce modèle de Démocratie Européenne qui aura un rôle prépondérant pour l’équilibre d’un monde dont les enjeux  ne permettent plus d’atermoiements.

06/06/2008

Les Droits de l’Homme sont les Droits de la Femme


A la suite de la polémique qui enfle en raison du jugement de Lille qui a annulé un mariage à la demande d’un époux de confession Musulmane pour non virginité de sa conjointe , il n’est pas inutile de revoir les principes fondateurs de notre Démocratie qui en sont ébranlés :

Déclaration des droits de l’homme et du Citoyen du 26 Août 1789 :

Art. Premier : Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits(…)

Art 5 – la loi n‘a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société (…)

Art 6 – La loi est l’expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs représentants à sa formation.Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse(…)

Déclaration Universelle des droits de l’Homme
adoptée le 10 Décembre 1948 à Paris par 58 états membres des Nations Unies dont la France :

Article 7
Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.

Article 16
1. A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
(…)

L’application de l’article 180 du Code Civil pour erreur sur « des qualités essentielles de la personne » appliqué à la non virginité de l’épouse permet de facto une validation par la Justice de la République Française de la Charia Islamique , comme l'a souligné Corinne LEPAGE, et aboutirait  à officialiser et légaliser la répudiation traditionnelle liée aux préjugés religieux.

Il est évident que les critères du demandeur sont fondés sur des traditions ou dogmes religieux et qu’en y faisant droit , la Justice Républicaine, tend à les valider et à s’opposer aux principes de laïcité.

Accepter ce jugement ouvre la porte au fondement d’une Jurisprudence où pourront s’engouffrer des exigences similaires fondées sur d’autres dogmatismes religieux ou sectaires.

Il est bien évident qu’aucune femme ne pourrait obtenir un jugement semblable contre son conjoint et que cette décision met de la sorte à mal le principe d’égalité devant la Loi.
`
Ce sont donc deux principes fondateurs et essentiels de nos institutions Républicaines, égalité et laïcité, qui sont atteints par cette décision de Justice qui introduit une direction susceptible de les saper gravement.

Il parait invraisemblable que l’application stricto sensu de notre Code Civil puisse s’opposer aux principes constitutionnels des droits humains Républicains.

Ce jugement agit donc comme un catalyseur d’un problème de fond qui nous confronte .
Il n’est pas étonnant qu’il suscite autant d’émotion et que nombre d’avis éminents soient émis pour remettre en question la pertinence de nos lois face a des situations qui n’étaient pas prévisibles lors de leurs adoptions.


Il pose aussi les problèmes du délicat principe de tolérance vis à vis de toutes croyances et cultures qui ne peut entraîner un reniement de nos valeurs Républicaines.

Si dans un esprit de bienveillance vis à vis des coutumes communautaires nous bafouons la Démocratie, c’est un dommage dont tous auront à pâtir, de ceux qui sont accueillis sur notre sol à ceux qui s’y réfugient pour fuir des régimes ou coutumes contraires à la liberté ou à la dignité jusqu’à ceux qui ,dans toutes parties du globe, plient sous la tyrannie et la barbarie et tournent leurs espoirs vers nos nations sensées défendre les Droits de l’Homme.

La France , en raison de son héritage, doit trouver les moyens de répondre à tous les problèmes posés par la mondialisation, le brassage des cultures et croyances et les déplacements de populations.

Elle doit rappeler ou démontrer que les Droits de l’Homme sont les droits de la femme, être humain à part entière , qui doit être respecté dans toute son intégrité .

La jeune femme qui est à l’origine de ce tumulte doit en souffrir à tous les niveaux de sa personne : vraisemblablement contrainte à un mariage non souhaité, rejetée, accusée et répudiée, puis par le fait même de cette répudiation, brandie au feu médiatique et enfin ramenée à ce mariage indésirable par l’Appel de circonstance initié par la Garde des Sceaux.

En l’espèce elle se trouve victime à la foi des coutumes communautaires et de nos lacunes Républicaines.

Doublement victime, on ne peut qu’espérer que sa souffrance morale puisse au moins servir à un éveil des consciences qui fasse évoluer la société vers une véritable protection des femmes de toutes communautés.

Tous les problèmes sociaux et humains , au niveau national comme au niveau mondial, ne pourront se résoudre que dans la Démocratie.
Il est donc de notre devoir et de notre responsabilité de protéger ses principes avec la plus grande vigilance.













24/05/2008

Faim , conscience, responsabilités et Démocratie.

Il est toujours délicat de parler de la faim le ventre plein.
Il y a longtemps que le monde  accepte que certains aient de quoi se nourrir et d’autres pas , avec plus ou moins de mauvaise conscience avec plus ou moins d’actions pour y palier.
Mais nous avons franchi un cap avec les « émeutes de la faim », où ceux  qui n’en peuvent plus de dépérir utilisent leurs dernières forces pour crier leur révolte.
Les causes sont d’une grande complexité , de la surpopulation aux dérèglements climatiques  en passant par les changements de méthodes de culture, la spéculations, les monopoles, l’exploitation de l’homme par son semblable sous toutes les latitudes.
Les responsabilités  toutes aussi complexes.
Mais nous sommes désormais au pied du mur pour trouver des solutions à l’échelle planétaire.
Du côté des pays développés le développement à outrance avec le profit comme  but ultime ,  l’éthique et les droits de l’homme complaisamment contournés pour privilégier la spéculation ,   les monopoles  et la main basse  sur les richesses de notre planète par des  multinationales tentaculaires  va se heurter au mur  de la conséquence  des actes , ainsi imbriqués jusqu’au retournement. Jusqu’à ce que ces conséquences obligent des facto à changer de paramètres et donc de méthodes. Ce qui implique un changement de projet de société.
Si les responsabilités sont indéniables   du côté des  pays riches, elles ne sont néanmoins pas les seules.
Le modèle de développement occidental  plaqué sur des sociétés traditionnelles a été autant plus ou moins imposé  qu’avidement  suivi par les pays  pauvres ou émergents. Il a pu souvent accélérer un déséquilibre là où il était sensé apporter le progrès. Et  partout il a développé une fascination pour  un nouveau type de société axée sur la course aux biens de consommation et au profit  , adoptée sans ambages par les futurs grandes puissances qui émergent et qui dans leur hâte à rattraper  l’Occident sont encore plus pressées de contourner les Droits de l’Homme et  les impératifs écologiques.
Un souvenir d’adolescence ne quittera jamais ma mémoire : j’accompagnais ma famille en Inde où nous devions séjourner. Nous avons du aller au port de Madras pour dédouaner une caisse maritime.   L’entrée du port était gardée par des vigiles armés. Les grilles franchies, nous venions de laisser derrière nous les rues grouillantes de cette ville d’Inde du Sud exposant sa révoltante misère  à ciel ouvert sur ses trottoirs. Le taxi s’est alors mis à rouler confortablement sur une épaisse couche de blé qui recouvrait toutes les voies et les docks du port. Arrivés  à un  hangar, nous avons découvert l’origine  de ce phénomène. Il y restait encore un nombre imposant  de sacs  empilés  contenant un blé magnifique  et portant l’inscription : «  Don du peuple des Etats Unis d’Amérique  » .  C’était une aide humanitaire qui attendait en vain  d’être distribuée.
Comment cette céréale avait pu se répandre en une couche de 30 a 40 cm sur les voies de circulation du port demeure un mystère.
Mais plus encore comment les autorités d’un pays qui a  dû son indépendance au combat de Gandhi ont  pu  laisser se développer une telle situation sans cas de conscience alors qu’une énorme partie de la population dépérissait de faim.
Nombres d’aides humanitaires subissent le même type de sort ou  sont détournées pour alimenter des trafics locaux.
Le récent  typhon en Birmanie et le tremblement de terre en Chine  ont  encore rendus criants le problème d’acheminement des aides et des secours face à  l’obstruction des régimes non démocratiques.
Il y a peu Nicolas SARKOZY affirmait qu’il croyait  au capitalisme et à la mondialisation.
Ce à quoi  François BAYROU a répondu qu’il croyait lui à l’humanisme et à la justice.
Ce sont deux concepts  différents.
L’un , fasciné par le modèle Américain qui est pourtant remis en cause de l’intérieur par les élites de ce pays, s’accroche aux anciens paradigmes qui privilégient le profit  à outrance , le développement  subordonné aux  puissances d’argents  en dépit des avertissements qui pointent les excès de ce système et ses dangers.
 L’autre qui privilégie le développement harmonieux de l’homme dans son  environnement et qui  de ce fait n’aura de cesse de  chercher des solutions justes aux gigantesques problèmes  qui défient l’humanité et qui sont arrivés à des stades d’urgence.
Que nous le voulions ou pas nous ne pourrons échapper à ces urgences sous peine d’arriver à  plus ou moins brève échéance à une totale impasse.
Et seule une démocratie humaniste à l’échelle de la planète permettra la mise en place de mesures permettant de résoudre des problèmes qui ne pourront se gérer qu’en commun, par des instances supra nationales.
Du microcosme au macrocosme, les  Démocrates de France et d’ailleurs travaillent chacun à leur échelle et à leur niveau à l’émergence de ce nouveau type de société  qui implique  un développement  des consciences, un développement des responsabilités des  citoyens, de tous les citoyens du globe, pour faire face aux défis de la mondialisation.
Le monde à faim de nourriture physique , le monde à faim  aussi de nourritures morales que sont  la liberté et la justice  , fondements de la Démocratie.










09/05/2008

Pour une Conscience Européenne

De villes en villages, jusqu’au plus reculé des hameaux,notre histoire est écrite dans la pierre sur des édifices grandioses ou les modestes plaques des monuments aux morts ou dans un recoin de montagne où furent abattus des résistants  de la dernière guerre.
Des siècles et des siècles de guerres, de rapines, de conquêtes, de sang et de souffrance, de frontières mouvantes.
Mais aussi des siècles et des siècles d’échanges, de partages de cultures,
d’alliances, de mariages royaux, d’interrelations qui ont crée notre identité.
Celle d’une vieille Europe des cultures et des pouvoirs, de civilisation et de barbarie,  qui  a derrière elle beaucoup de crimes et d’exactions, guerre des religions, inquisition, trafic d’esclaves  ,guerres de conquêtes  et  exploitations coloniales, atrocités des deux dernières guerres mondiales . Bien des « péchés » à notre actif mais qui ont fini par accoucher du miracle : un désir de paix et d’équité  puissamment  partagé  qui a fait de nous aujourd’hui des Européens à part entière partageant leur monnaie, un drapeau, un avenir. Des Européens qui ont  su développer  et transmettre  aux nouvelles générations l’horreur  des  conflits, des souffrances et des dominations. Une horreur telle que lors  de la crise Irakienne de 2003  les populations des pays dont les gouvernements avaient choisi de suivre les Etats Unis dans la voie du conflit étaient opposées à leur dirigeants. On se souvient des banderoles indiquant «  pace » relayées de balcons en balcons en Italie.  Parce que ces populations adhéraient plus à cette nouvelle Conscience Européenne  qui a émergé et dont  ils se sentaient solidaires, qu’aux stratégies  de pouvoir de leurs dirigeants.
C’est cette communauté de peuples  expérimentés, farouchement  attachés à  la Paix qui donne au projet Européen  une dimension prépondérante pour l’équilibre du monde.
Cette dimension brillamment portée devant l’ONU le 14 Février 2003  par le discours historique  de Dominique de Villepin qu’il est bon de rappeler en cette journée de l’Europe :

« Dans ce temple des Nations Unies, nous sommes les gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix.

Et c'est un vieux pays, la France, d'un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'occupation, la barbarie. Un pays qui n'oublie pas et qui sait tout ce qu'il doit aux combattants de la liberté venus d'Amérique et d'ailleurs. Et qui pourtant n'a cessé de se tenir debout face à l'Histoire et devant les hommes. Fidèle à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur. »

Ce vieux continent et ce vieux pays , la France, d’où est parti l’idéal démocratique ,indissociable corollaire de celui de paix.Idéal qui est notre héritage et qu’il nous appartient  d’aider à répandre sous toutes les latitudes pour qu’enfin les droits de l’homme ne soient plus un vain mot.
Ce vieux continent dont les consciences ont pu évoluer au rythme des progrès techniques  a une énorme expérience à faire partager aux peuples émergeants, qui  se laissent  enivrer par les développements technologiques brutalement plaqués sur des sociétés parfois encore archaïques et non démocratiques.
Si nous ne voulons pas que cette course au progrès  et au profit écrase sur son passage les droits humains et  les impératifs de notre environnement, c’est à nous Européens d’être les «  gardiens de cette conscience », les gardiens de l’équilibre du monde.
Nous Européens qui  sommes attachés  à d’autres valeurs que le profit comme but ultime, et qui nous devons de les défendre face aux grandes puissances qui tentent d’imposer leur loi au monde.
Entre une Amérique   conquérante, voire prédatrice, qui commence à s’affaiblir  mais qui refuse de s’engager pour la protection de notre environnement planétaire   et une Chine  bientôt surpuissante qui ne s’embarrasse ni d’écologie ni des Droits de l’Homme, seule la voix de l’Europe , si elle sonne fort, pourra , dans l’équilibre actuel  instable du monde, protéger l’homme et la terre.
Ces peuples d’Europe , forgés par l’Histoire et la souffrance peuvent
avoir une mission capitale pour le monde si ils savent  développer et faire rayonner leur Conscience Européenne .

Il faut construire une Europe forte et pleinement indépendante pour que la Conscience Européenne maintienne l’équilibre du monde et y répande l’humanisme et la Démocratie .
Fêter l’ Europe c’est fêter l’espoir en l’avenir du monde.
 



27/04/2008

La flamme de la conscience universelle


Les manifestations et incidents qui jalonnent le parcours de la Flamme Olympique,en font un événement symbolique qui mérite qu’on s’y arrête même s’il y a aussi des maladresse ou des excès.
C’est vraisemblablement la première fois que ce parcours est régulièrement perturbé par les défenseurs des Droits de  l’Homme aux quatre coins de la planète.
Evènement symptomatique à plus d’un titre :
C’est la première fois que les Jeux Olympiques se dérouleront en Chine, concrétisant l’ouverture de cette grande nation sur le monde et faisant converger  sur son territoire le regard de ce  monde à travers les yeux des médias internationaux.
Les Droits des  hommes qui suscitent élans et compassion, sont ceux du peuple Tibétains.
Il y a quelques décennies  seulement le Tibet était  pratiquement terra incognita, replié secrètement sur lui-même.
Depuis le célèbre «  Voyage d’une Parisienne à Lhassa » d’Alexandra David-Néel en 1927 ,  il n’en venait  que quelques échos.
Totalement replié encore durant la deuxième guerre mondiale, l’alpiniste Allemand Heinrich Harrer fur un des rares à y pénétrer après s’être évadé d’un camp de prisonniers en Inde. Arnaud Desjardins à la fin des  années
60 commença à faire connaître en France ses grands lamas et ses monastères Boudhistes.
Depuis,  les tornades de l’histoire ont soufflé sur le toit du monde, meurtrissant ce peuple et dispersant nombre de ses ressortissant aux quatre coins de la planète.
Même s’il sont encore peu nombreux, même si ces soutiens n’ont pas encore réussi à résoudre les souffrances du Tibet, il n’en est  pas moins remarquable de voir que dans  des nations très différentes, éloignées géographiquement, ethniquement ou culturellement de ce peuple, des hommes et des femmes se dressent pour lui témoigner leur solidarité.
C’est la face positive de la médaille de la mondialisation, due au développement des médias et à la circulation de l’information par les moyens informatiques. Et due aussi au développement  d’une conscience universelle humaniste de solidarité qui n’était pas pensable il y a seulement quelques décennies.
L’intéressante émission de France Inter « 2000 ans d’histoire » relatait récemment comment l’Occident légitimait la conquête coloniale et rappelait l’approbation de figures comme Jules FERRY et Léon BLUM ,ce dernier soulignant la nécessité  pour les «  races supérieures «  ( sic)d’importer  ainsi  l’humanisme civilisateurs et les lumières aux «  races inférieures « (re-sic).
Le Japon il y a  quelque 60 ans était allié de l’Allemagne Nazie, durci dans son nationalisme absolutiste, suscitant  les premiers Kamikazes  puis Pearl Harbour et sa conséquence , Hiroshima. Il tolère aujourd’hui démocratiquement sur son sol ces manifestations au profit d’un peuple aussi lointain.
Même si les Droits de l’Homme sont cruellement bafoués en maints endroits de la planète et si un immense travail est devant l’humanité pour établir justice et paix sous toutes les latitudes, il n’en reste pas moins    que ces évènements relèvent d’un élévation du niveau de conscience à l’échelle mondiale.
S’il s’agit encore d’une flamme ténue, c’est celle-là qui devra grandir et qui permettra d’établir la base d’une Démocratie réelle à l’échelle planétaire.
Ce ne sont pas les gouvernants  mais les individus , les citoyens, qui attisent en premier cette flamme. En cela nous pouvons puiser l’espoir et un relatif optimisme qu’un mouvement évolutif ascendant est en marche, dont chacun à son niveau participe. Un mouvement de développement des consciences et des responsabilités individuelles qui permettra d’unir nos forces pour gérer les énormes enjeux qui nous confrontent.
Face à ces enjeux gigantesques, le combat politique ne saurait se résoudre à des conflits partisans mais doit développer toutes les potentialités d’action pour actualiser la vision d’une société équilibrée sur de vraies valeurs civilisatrices et humanistes, pour une Démocratie planétaire qui en sera le garant.
Dans cette longue marche pour la Démocratie, les Démocrates Français, en vertu de leur héritage fondateur, ne peuvent qu’être en première ligne.
C’est rabaisser et rapetisser le Mouvement Démocrate que de le dénigrer constamment ou de le juger à l’aune des premières élections qu’il a affronté alors qu’il n’était  qu’aux prémices de son élan.Cet élan venu de la convergence de ses adhérents spontanés,   constamment  oubliés  des analystes plus ou moins malveillants,  s’inscrit dans le courant d’une vaste « Internationale Démocrate » comme l’a appelée François Bayrou  et qui pointe en maints pays pour se fédérer graduellement.

08/04/2008

De la flamme des Droits de l'Homme à la lumière de la Démocratie

TIBET- TIBET- TIBET- TIBET-TIBET- TIBET- TIBET- TIBET- TIBET- TIBET- TIBET-TIBET-TIBET-TIBET-TIBET-TIBET-TIBET-TIBET

Quel triste paradoxe que cette flamme Olympique «  protégée »des militants des Droits de  l’Homme par des remparts d’hommes en armes.
C’est une situation qui en elle-même annule toute la portée  du message symbolique  contenu dans ce cérémonial. Enracinée dans les fondements Grecs de nos civilisations, cette lumière porteuse de paix, éclairant chaque nation pour les réunir dans ces échanges sportifs et fédérateurs ne peut briller derrière un rempart d’armes.C’est un signe grave qui  doit marquer nos sociétés pour nous rappeler que nous devons donner  la priorité aux Droits de l’Homme si nous voulons rester fidèles à nous-mêmes,  si nous voulons voir la démocratie s’établir sous toutes les latitudes.
Face à ce retournement de situation, on ne peut qu’espérer que  flamme des Droits de l’Homme  transférée de nation en nation puisse y  rappeler  la primauté de ces principes fondateurs .


DÉMOCRATIE- DÉMOCRATIE- DÉMOCRATIE- DÉMOCRATIE- DÉMOCRATIE-DEMOCRATIE-DEMOCRATIE -DEMOCRATIE-

Ce sont ces priorités, ces principes humanistes, qui doivent guider le Mouvement Démocrate Français afin qu’il trouve son identité en ne se centrant pas seulement sur la France et de telle sorte qu’il puisse être partie prenante d’un courant démocratique universel que tous les enjeux planétaires demandent.
Le MoDem est ébranlé par une crise interne.
Les dernières élections locales  n’en sont que le prétexte.
Il était évident que  ce parti dont le fondement officiel ne datait que de Décembre 2007 et qui devait fédérer des militants venant de divers horizons n’aurait pas encore assez d’implantation et d’impacte dans le paysage politique Français pour y faire des scores marquants.
François BAYROU a fait le choix de se présenter à PAU. On peut regretter qu’il ne se soit pas concentré uniquement sur ce jeune Mouvement mais son échec , lié aux incessantes entraves de l’UMP,  ne peut non plus légitimer toutes les tensions internes . Il est clair que le Mouvement Démocrate subit des assauts de l’extérieur et de l’intérieur pour freiner son essor. Il est aussi évident que le travail à faire est devant lui pour trouver les moyens de générer un courant politique neuf qui corresponde à l’attente de ses militants et au besoin des Français. C’est une tâche pionnière qui ne peut se faire dans la facilité et qui impose au Mouvement dans son ensemble et à chacun de ceux qui le constituent , une exigence croissante pour tirer ce parti vers le haut. Pour y donner la priorité aux valeurs qui le fonde et renouer avec l’esprit réel de nos institutions.
Monsieur le Sénateur Jean ARTHUIS en quittant le Mouvement semble fidèle à lui-même puisqu’il était dès le début très réticent à la construction du MoDem. Il avait ensuite indiqué  qu’il restait pour veiller sur l’UDF.
Quels que soient ses griefs, même si des critiques sont justifiées ou justifiables, même si l’organisation de ce parti est à clarifier ou améliorer, quelles que soient  ses inimitiés personnelles envers François BAYROU, les éventuelles luttes de pouvoir, Monsieur ARTHUIS, en sa qualité de Sénateur et d’ancien Ministre, ne pouvait franchir la limite de certains excès .
En assénant publiquement «  on ne gouverne pas un parti comme une secte. Le MoDem n’est pas le Temple Solaire »,  il s’est aventuré de façon surprenante dans des analogies extrêmement graves.
Il est plus qu’hasardeux de comparer le leader du MoDem au sinistre di Mangro, fondateur du Temple Solaire. On ne peut oublier que cette organisation des plus sulfureuses, dont les ramifications les plus sombres sembleraient   dépasser largement  la nébuleuses sectaire , a conduit 48 personnes à la mort dans le Vercors en 1994 dans une mise en scène abominable et que ce sacrifice collectif n’a  jamais vraiment été élucidé par la Justice pour des raisons là encore  très obscures .
C’est faire entrer dans le débat politique  des spectres qui n’ont rien à y faire.
C’est faire outrage en premier lieu à François BAYROU lui-même dont on peut saluer la constante élévation des propos, même lorsqu’ils sont polémiques.
À travers lui c’est faire outrage aux milliers d’adhérents qui l’ont rejoint , non pour un culte de la personnalité, mais en réponse à la qualité d’une vision politique, d’une politique d’idées, qui répondait  à celle qu’ils recherchaient et donc partageaient.
C’est faire outrage aux milliers de militants UDF et MoDem confondus qui l’ont élu , démocratiquement, Président du Mouvement à une  très vaste  majorité.
C’est faire outrage aux millions d’électeurs qui lui ont accordé leur vote lors de l’élection Présidentielle de 2007  sur un projet et un programme qui n’avait rien d’un mouvement sectaire véhiculant les pires dérives.
C’est faire de la sorte outrage à la Démocratie elle-même.
C’est justement ce type d’excès, trop habituels, qui dénaturent graduellement les combats politiques et c’est justement ces mauvaises habitudes que le Mouvement Démocrate devra apprendre à combattre.
Les philosophes des Lumières, vivant dans une époque où tout était loin d’être lumineux , ont su penser ou inspirer des textes fondateurs pour des siècles à venir.
À partir de la Déclaration des Droits de l’Homme qu’ils nous ont laissée est née la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
C’est un grand héritage et si nous voulons réellement œuvrer pour la lumière de la Démocratie nous nous devrons de retourner à l’essence de celle-ci  et de nous dégager de tout ce qui peut abaisser, éloigner des vrais débats, de nous défaire des habitudes, réflexes  ou dérives  qui ont fini par  en éloigner le citoyen et de ce fait de lui faire perdre son sens réel.

C’est seulement par une constante vigilance que nous amorcerons une Démocratie des consciences, celle d’un humanisme appliqué au jour le jour. Celle qui prendra les Droits de l’Homme comme pierre angulaire.







29/03/2008

Pouvoir de l’image, images du pouvoir, politique spectacle.

Petite réflexion philosophico politique en forme de trompe l’œil.

De tout temps le pouvoir à utilisé les fastes , le décorum pour  asseoir son prestige et son autorité.Pourpres, ors et glaces en galeries , pour réfléchir et démultiplier sa puissance.
Mais s’il n’était limité en splendeur et richesse, il était au moins limité en diffusion.
Les moyens de communication par l’image se sont développés à un niveau jamais  atteint dans l’histoire. L’image est donc devenue en elle-même un pouvoir et exerce une véritable fascination sur les esprits . C’est ainsi que s’est développée  notamment la presse dite «  people » qui prend la forme d’une sorte de drogue collective.
La politique, suivant les méthodes à l’Américaine, se transforme de plus en pus en produit visuel où le « look » de l’individu est prépondérant.
Au point de devenir un art du spectacle à part entière où les prises de rôle et les costumes  se font  au gré des circonstances, pour satisfaire le  « public ». C’est  le nouveau « Poli-wood » , usant des mêmes techniques  psychologiques  pour captiver le «  spectateur » que son aîné du septième art.
Mais cette surenchère d’images est comme un jeu de miroirs déformant, distordant la réalité, éblouissant jusqu’à l’aveuglement, et détournant de l’essentiel.Car dans les miroirs, le monde est à l’envers.
Derrière les pages glacées , les galeries de glaces, les carrosses ou les limousines étincelantes se joue crûment le destin des hommes et  des femmes ; se joue la guerre ou la paix,la souffrance ou le soulagement, la misère ou la richesse, la vie ou la mort.
Pour connaître l’exacte  réalité de ce jeu, il faudrait passer à travers le miroir.
Pouvons nous aspirer à une démocratie des consciences en nous heurtant constamment aux jeux de miroirs  changeant des médias qui nous imposent la poudre aux yeux de la politique–spectacle au lieu de faire de nous des citoyens adultes et informés des réalités ?
L’Afghanistan, le Tibet aujourd’hui, demain d’autres drames et d’autres enjeux, l’avenir de la planète et de  ses milliers de passagers, dépendent-ils du style d’un manteau ou d’une révérence ?
Des philosophes  avaient  travaillé pour aboutir à nos textes républicains .
Pouvons -nous accepter que leur réflexions sur les droits fondamentaux de la personne humaine se réduisent  en mise en scènes reproduites à l’infini des pages glacées des magazines, nouvelles  galeries des glaces de nos imaginaires ?
Le destin de l’homme et de son environnement n’est pas un jeu de miroirs .
Une politique  nouvelle  devra divorcer du spectacle et de ses jeux de fascination pour revenir aux valeurs fondamentales,  aux vraies enjeux, au vrais besoins de l’humanité .

 
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