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03/07/2011

De l’inhumain à l’humain, pour une société de l’Homme


En dépit des apparences, je n’ai pas abandonné le combat politique.

Mais je dois des excuses à mes fidèles lecteurs ainsi qu’aux nouveaux  , venus régulièrement lire mes articles précédents. Je les en remercie beaucoup car cela prouve  que lorsqu’on s’attache  au fond des choses ,dépassant l’immédiateté et la superficialité,  l’intérêt demeure .
En Février   dernier , il  y  a eu 3  ans que Conscience et Démocratie aura commencé sa petite aventure sur le net et déjà des milliers de visites se sont accumulées.

J’ai été trop longtemps silencieuse, mais parfois il est bon de laisser passer la colère et la révolte , de prendre du recul , avant de tirer des conclusions .

Durant ces longues semaines de silence apparent ,j’ai  accumulé des expériences  diffciles  en me battant pour la santé d’un proche et  celles-ci nourriront certainement des combats ultérieurs.

Il a fallu d’abord faire des  constats,  qui se sont confirmés par nombre de témoignages ,  sur les graves carences de notre système de santé.
En particulier sur la situation des personnes âgées. Il vrai que je réside  dans une région qui doit être sur ce chapitre parmi les plus mauvaises.

J’ai pu lire  la « Charte de la personne âgée dépendantes »établie en  1997 par la Fondation Nationale de Gérontologie qui dans ses 14 principes généraux pose que «  la prévention de la dépendance est une nécessité pour l’individu qui vieillit ».

Plus de 13 ans après,  les gestes élémentaires , simples, de base , ne sont même pas faits en temps et heure pour prévenir des conséquences en cascade qui peuvent détruire l’individu.
Dans certains lieux on « fabrique » tout simplement des grabataires.  Quand on sait qu’il rapporteront plus à  l’établissement , on peut s’interroger.

Il y a là un problème qui nous confrontera de plus en plus avec l’augmentation de la durée de vie.

Il ne tient,  il ne tiendrait qu’à nous que cette mutation soit un plus pour l’humain et non le développement de milliers de cas de détresse, de souffrances, de perte d’identité et de dignité. Avec toutes les répercussions  sur la famille  et un poids énorme sur la société.

Comme me le disait une infirmière , nous avons en principe toutes les cartes en main pour  aider.

Mais du potentiel à son actualisation, il y a un gouffre dans lequel s’abîment nombre de vies hier jeunes et brillantes.
Si nous prétendons être une civilisation, si nous nous  proclamons telle, il faut savoir respecter tous les âges de la vie. Il ne faudrait pas être en  dessous de certaines colonies de primates qui portent leurs anciens sur leur dos pour les protéger et bénéficier de leur expérience… Il ne faudrait pas être en dessous des sociétés  traditionnelles , à qui nous  avons voulu donner des leçons , mais pour qui l’âge était synonyme de sagesse.
Il ne faudrait pas surtout céder, à tous les niveaux de la vie, à tous les niveaux de la  société ,  aux sirènes du mercantilisme et de l’indifférence.

Pour le vieillissement comme pour tous les problèmes sociaux, c’est la conscience citoyenne debout de chaque maillon d’actifs qui est concernée.
Non , les politiques n’ont pas tous les torts, ne peuvent être responsables de tout.
Il est souvent trop facile de déléguer ses responsabilités et d’oublier ce que chacun d’entre nous doit à l’autre au quotidien.
C’est la conscience de chacun à son poste qui peut changer les choses. Cela implique bien sur d’abord un consensus, un projet de société partagé construit de jour  en jour dans chaque acte , chaque geste. C’est difficile  mais il n’y a pas d’autre voie pour une démocratie .

Non , les politiques n’ont pas tous les torts . Mais ils en ont  , c’est vrai , beaucoup aussi , car ils ont laissé prospérer une oligarchie de l’argent qui a progressivement fait main basse sur tous les postes et les biens importants  .
Et ce faisant ils ont laissé notre société se démoraliser au double sens  du terme.
Tellement qu’à chaque niveau d’activité il   semble que celle-ci ne tient que sur les épaules de quelques uns. Partout on réduit du personnel . Et sur ce personnel réduit, une bonne partie a perdu toute motivation, écrasée par le poids de cette oligarchie qui s’est taillé des places et  des fortunes à des niveaux jamais atteints dans nos démocraties .
Nous sommes ainsi inféodés à l’argent, au rendement, au profit  à l’état brut ou brutal et non au développement   économique et social.
Et cela perdure alors que les crises financières ont montré les dangers de ces abus maladifs.

Il me semble grave de voir désormais utiliser le mot «  élite »  pour désigner cette oligarchie prédatrice et calculatrice.
Une élite, dans une démocratie , est formée de phares , d’êtres qui brillent par des qualités supérieures  que ce soit dans  les sciences, les arts, la philosophie, la politique, la médecine , le commerce s’il est  équitable et utile.
Cette élite sort du terreau  d’un peuple et ne peut être liée ni à une classe ( ou caste) ni à la consistance  de son compte bancaire.
Combien de chercheurs, combien d’artistes  ont su œuvrer avec trop peu ?

Ce type de dérive est symptomatique d’une société qui  a pris les moyens pour le but au point d’oublier sa propre préservation.

Le drame du Japon devrait nous faire réfléchir . Il frappe une société développée, à la pointe de la technologie et un peuple discipliné et courageux
Nous disséminons  ce danger potentiel sur des continents qui n’ont encore pas développé leur technique et leur démocratie. Quant  à nous, à voir comment fonctionne nos différents systèmes  , les anomalies ,  lenteurs, erreurs auxquelles nous nous heurtons au quotidien , peut-on rêver  que la perfection ait été atteinte dans nos propres  centrales ?

Sans sagesse et sans raison, nous avons avancé en accumulant les risques principalement parce que c’est le profit qui dicte  systématiquement sa loi.
Or le profit ne peut être le fondement d’une  démocratie et d ‘une civilisation.

Un ami , qui n’est pas de ma génération m’a fait lire ,récemment à Paris ,les premières  pages d’un livre qu’il termine.Il raconte comment il a vécu petit à l’heure de l’humain , puis soudain avec l’ascension  d’Hitler , la deuxième guerre mondiale et la Shoah, il s’est  retrouvé  dans cette enfance,  basculé dans  l’ère de l’inhumain.

Une affaire de famille qui s’est jouée à haut niveau du pouvoir ,  sur laquelle je venais de me pencher , m’a justement donné l’occasions de plonger dans la France d’après 1945. Éprouvant voyage qui  m’a démontré que la page de l’inhumain ne fut jamais vraiment tournée  et que  nous avons  reconstruit notre nation avec des briques ensanglantées. Bien des dynasties financières ou industrielles ont plongé leurs racines dans les eaux glauques  de la collaboration avec le nazisme  qui les a fait prospérer.  Comment s’étonner dès   lors des  dysharmonies de notre société puisque notre économie  nationale est ainsi  entachée.

Dominique de Villepin invite ses concitoyens à une  indispensable refondation républicaine.
Ceci fait  profondément écho  aux prises de consciences qui m’ont déterminée à l’engagement politique .

Mais re -fonder sur quel sol ?  Nous ne pourrons relever les piliers  de la République sur des sables  mouvants ou un marécage. Les Français sont démoralisés au  double sens du terme comme je l’ai dit plus haut.
De scandales en dérives, de perte de sens en perte de bon sens, il semble qu’il n’ay ait plus de place pour une démarche, claire , ferme , cohérente ,exigeante .
Il semble que l’urgence  est à la refondation morale. Non d’une morale exiguë  dans le sens  le plus étroit du terme , mais dans de réelles exigences éthiques qui dictent les droits fondamentaux de l’humain.  Partout. En France comme ailleurs.
Sur cette base seulement, sur le consensus  d’une prise de conscience générale , sur cette remise en question lucide de nos sociétés  et de nos démarches nous pourrons  redonner un sens à chaque  fondement républicain.

Or nous dérivons dans un chaos médiatique du  sensationnel et d'immediateté qui éloigne constamment de la racine des choses.
L’affaire Strauss-Kahn en est une parfaite illustration.  Elle fait , elle fera, il faut l’espérer,  le procès de cette  dérive médiatique.
C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que nous avons en main de tels outils . Or qu’en faisons nous ? Des machines à broyer , à détruire. Ou à  vendre de l’illusion . Pouvoir dans le pouvoir , moyen de fascination sur les masses  , s’il n’est pas  tenu par une axe rigoureux , ce moyen devient   l’instrument de l’inhumain  et pourrait être celui d’une déshumanisation systématique.

Je n’ai pas de sympathie particulière pour Dominqiue Strauss-Kahn. Je ne me suis de fait pas intéressée à lui. Pour la simple raison qu’il appartient au monde de l’économie et de la finance qui m’est étranger  quand il ne m’est pas suspect , justement par ses risques de déshumanisation .
Mais dès le début de l’affaire,   j’ai craint un des plus gros attentats politiques   du siècle. L’avenir dira peut-être la réalité des mobiles qui ont précipité la chute du Directeur du FMI.
Mais ce que j’ai trouvé totalement inadmissible c’est le rôle joué par les medias pour tuer un homme alors même qu’il bénéficiait de la présomption d’innocence.
Rien ne peut, dans des sociétés  prétendument civilisées,   légitimer une telle dérive. Dérive au service du pouvoir, de pouvoirs , c’est une évidence.
Et c’est là le plus grave de cette dérive car elle impose une déshumanisation,  banalisée. Sous le fallacieux prétexte de servir  «  l’information «  l’instant , la liberté d’expression ,avec habileté , science ou prouesses technologiques  , amalgames et  montages , ces techniques  raffinées peuvent faire croire ou dire n’importe quoi à n’importe qui .

Au-delà du «  fait-divers  »  du cas précis , il y a, il y a eu viol des consciences ou des sensibilités en gorgeant à outrance les spectateurs  par une invasion d’images chocs de «  détails »   « d’expertises  »«  légistes », répandus à profusion  , au nom d’une  prétendue  morale de masse, sous l’oeil sidéré des enfants et adolescents à qui on ne laisse même plus d’espace pour le rêve , pour l’imaginaire et cette faculté propre à l’homme et qui ne le réduit , ni l’affaiblit : la Poésie.
Un déferlement, un raz de marée  négatif pour agiter dans le sensationnel et faire perdre  tout recul et tout repère .
Le premier repère étant celui des Droits de l’Homme. Qui s’appliquent à tout homme ( ou femme ) victime ou coupable.  Par ce que c’est un principe .
Et non un jouet ou un mot dont on se gargarise en tant que de besoin.
Cette dérive  là nous l’empruntons avec appétit aux moeurs d’outre Atlantique, qui fondent  nombre de  leurs actes sur le règlement de compte habillé de puritanisme.
J’ai personnellement désapprouvé totalement la façon dont  a  été gérée  la    fin de Sadam Hussein. Parce que  les crimes contre l’humanité exigennt des procès et des procédures droits et clairs, sans équivoques , où la personne en tant que telle demeure respectée dan son essence , même si elle a bafouée cette essence.
Comment sinon nous poser en «  justiciers » , au nom des droits fondamentaux, si  nos procédés sont du même style ? Si nous ne savons pas respecter la dignité fondamentale, nous n’avons pas de leçons à donner à ceux qui la bafouent.

Dans l’affaire Strauss-Kahn quels qu’aient  été les faits, il n’était  pas admissible que cet homme , ce père , ait été tendu à la vindicte planétaire – sans jugement- au mépris de tout ce qu’il avait pu être d ‘autre –  au mépris de ce qu’il avait pu faire  de bien- au mépris de ses enfants  ou proches qui n’avaient pas à subir une telle violence morale.

Cette affaire bien sûre renvoie  à la présomption  d’innocence .

Mais elle remet aussi bien des acteurs en question qui servent cette courtisanerie mondialisée et médiatiquement relayée ou fabriquée :
Aujourd’hui puissant et courtisé- demain détruit et mis en pièces- après-demain reconstruit , flatté et flagorné à nouveau .
Le monde politique en sortira encore plus ébranlé et discrédité, rétréci.

Que l’homme ait été coupable, et l’on pouvait  s’étonner  que ses pairs l’aient de si près fréquenté ou adoubé sans en voir  le danger .

Qu’il ne l’ait pas été,  combien de déclarations platement opportunistes pour profiter de l’espace laissé , dénoncent l’empoisonnement  en profondeur de cette vie politique  , de ces appétits qui font perdre toute mesure .

A –t -on bien  vu  qu’en se prêtant à ce jeu du pilori médiatique, c’est aussi la France qu’on a laissé   atteindre ?

Imaginerait t- on un seul instant   Bill ou Hillary Clinton  accusés  de pédophilie  ( c’est  une fiction) sur son enfant  par un femme de ménage maghrébine  de  Belleville , brutalement arrêtés dans leur avion, menottés , emmené entre deux gendarmes à Fleury Mérogis  sous l’œil complaisant des  caméras du monde ?

Ce scénario  est totalement invraisemblable.  Et donc la France et l’Europe , à travers ce scandale ont été éclaboussées.

Ce fut hier Dominque Strauss- Kahn. Ce peut être demain un autre ou une autre pour d’autres raisons ou accusations si nous acceptons de «  jouer ce jeu «  ou de le laisser jouer . Si nous nous ne remontons pas au niveau des principes  . Si nous n’exigeons pas de mettre au sommet de toute  pyramide les Droits de l’Homme et leur application stricte.
Je ressens dans cette dérive d’échelle planétaire un germe totalitaire particulièrement pervers puisqu’il se dissimule dans les plis  d’une soi disant morale et  substitue au droit et aux droits la manipulation  des esprits à travers les nouvelles techniques médiatiques.
Au-delà du cas personnel  elle appelle  une vigilance  et un recul  par rapport à ce potentiel et à sa   banalisation.

Je n’ai pas  abandonné le combat , on le voit. Ni l’espérance malgré tout. Mais je concède un pessimisme à court terme.
À long terme nous nous inscrivons  dans l’histoire de l’humanité et le recul marque une avancée de la  conscience même à travers les moments de crise ou grâce  à eux. Mais  il y a  il est vrai  des phases ascendantes  ou descendantes .

Nous sommes  visiblement dans une de ces dernières.
Qu’adviendra-t-il pour notre pays ?

Pour l’heure les élections de 2012 semblent se présenter dans un chaos jamais atteint.

Je ne  puis que regretter encore et encore qu’un axe Républicain authentiquement humaniste et indépendant  ne se soit constitué en temps utile . Qu’un  groupe à l’Assemblée Nationale , tel que l’avait proposé Dominique de VILLEPIN  à François BAYROU n’ait été formé.

De la montée du Front National à la politique spectacle qui met en avant sa vie privée,  appuyée sur le pouvoir médiatique, quelle alternative aurons nous ? Celle d’un PS divisé qui a déjà tenu les commandes 20 ans et collaboré avec le pouvoir en place?

Ceux qui voudront voir renaître en France autre chose, refonder une société de principes , qui transcende les clivages,  réveille les consciences  , redonne  du sens  à l’action collective ne devraient avoir qu’une urgence : le rassemblement.

Pour une réelle refondation d’une société au service de l’Homme . Pour l’épanouissement de ce principe ,de ce potentiel qu’une civilisation doit faire  fleurir en chacun d’entre  nous.

Parce qu’il faut le ferment de quelques  idéalistes  aventureux  j’ai réussi à obtenir le double encartage :

Je suis à la fois :

Membre du Mouvement Démocrate de François BAYROU
Et de
République Solidaire de Dominique de Villepin dont je m’étais  rapprochée dès la fondation de son Club.


J’espère  de la sorte être un maillon d’un rassemblement qui me paraît aussi urgent qu’indispensable.

Les changements  dépendent de chacun  d’entre nous . De ce que nous pouvons faire même  de façon minime.
Je garde l’espérance car je rencontre beaucoup de gens, qui , en dehors de toute implication politique, pratiquent cette démarche .
Tout simplement une démarche citoyenne  consciente.

26/09/2010

Les brûlures de l’été


Plaie saignante de pétrole aux larges des USA, incendies monstrueux en Russie sur fond  de canicule, inondations au Pakistan, dérèglements climatiques   et inondations  en France et ailleurs  autant de sentiments d’avertissements pressants pour nous rappeler à la raison.
Lors d’une conférence en 2009 le philosophe Michel Serres  envisageait les futurs réfugiés climatiques qui rechercheront des contrées plus vivables si les déséquilibres environnementaux   ne sont pas enrayés à temps.  C’est-à-dire si nous ne  nous décidons pas à unir nos forces et nos raisons  , solidairement à l’échelle du globe.
On n’ose imaginer un tel scénario  dans le climat moral actuel. Notre gouvernement au long de ce  lourd été 2010 nous a démontré à quel point nous sommes loin d’être préparés à faire face aux conséquences de nos propres actions. Tout a été et dit  et souvent brillamment sur cette dérive sécuritaire et cette insupportable stigmatisation de certaines communautés . Je ne veux même pas les nommer   , ajouter encore un écho… Car  Bernard Henri Lévy l’a  bien analysé cet emploi du LES  précédant le nom d’une communauté  est intolérable et profondément  malsain , créant l’enfermement, incitant à la différence,  au rejet .  « Les  » « ils »,  les autres , les différents, les dangereux, les inquiétants…  les   responsables   .

Dans un monde aussi difficile où l’imbrication  des facteurs  pose sans cesse de nouveaux défis comment prendre le risque d’ouvrir une telle boîte de Pandore ? Comment  prendre le risque d’éveiller ne serait-ce que des échos  dans la conscience collective  d’un mal dont nous  ne sommes pas encore vraiment remis ?
Crise financière, peurs, replis des égoïsmes nationaux et  individuels , climat politique en décomposition dans notre nation engendrant écoeurement ,découragement et désespérance créent un terreau des plus alarmants.
Non , nous ne sommes pas en 29 ou en 39 . Non ,  l’histoire ne se reproduit pas plis selon plis. Mais elle est là pour nous apprendre , nous donner des leçons pour notre présent. Pour voir quelles causes engendrent quels phénomènes.
En France et en Europe c’est la montée apparemment inexorable  de l’extrême droite  . D’autant plus pernicieuse qu’elle s’est « relookée’ .
Nous l’avons vu chez nous aux dernières régionales parallèlement à ce repli découragé ou révolté que signe  l’abstention. La Suède pays libre  qu’on  nous prônait souvent  comme modèle  est en train de nous monter comment souffle le vent sur l’Europe.
Alors  l’heure est à l’inquiétude, à la vigilance.

Et ce n’est pas en rejetant les problèmes vers « l’ailleurs  » que nous pourrons les résoudre. Car nous sommes en 2010 avec de nouveaux défis que notre humanité n’avait pas encore confrontés. À commencer par ceux couplés d’une surpopulation mondiale et d’une dégradation de notre environnement.

Face à de tels enjeux,   la « sécurité  » ne pourra jamais venir du repli aveugle  sur soi  mais au contraire d’une volonté de solidarité, d’un changement de paradigme à l’échelle planétaire remettant l’homme et son environnement au  centre , soucieux de faire reculer les déséquilibres là où ils se trouvent.

Un milliards de ventres affamés crient en silence sur notre planète .

Comment pourrons-nous les empêcher de déferler vers nos contrées  encore prospères  si nous ne savons pas les aider à retrouver leur  dignité là où ils sont ?

Comment imaginer  , même si beaucoup de citoyens Français connaissent  de plus en plus de difficultés,  que l’étalage de  notre prospérité  et de notre trop dans nos magasins et nos vitrines n’attirera pas par milliers et à tous risques  vers notre pays ?

Si le cœur ne sait pas nous dicter notre conduite, la raison  même devrait y présider.

Au lieu de cela on manipule la peur et les peurs au risque d’allumer des  feux que  l’on ne pourra  plus éteindre.

Il est accablant de vivre une telle période où la France , berceau de la démocratie et des droits de l’homme  s’est  retrouvée montrée du doigt  par l’ONU, le parlement Européen , le Vatican, la presse internationale.
Jusqu’à la  Chine  qui  s’est mise de la partie ce qui est un cruel paradoxe lorsqu’on sait le sort  du peuple Tibétain.

De quel poids pèserons-nous désormais sur la direction du monde et de l’Europe après  avoir été ainsi discrédités dans les valeurs mêmes qui fondent notre nation ?

J’attends depuis des mois un grand rassemblement républicain  .
J’avais eu l’occasion de l’évoquer avec Nicolas Dupont-Aignan rencontré l’an dernier  dans une soirée parisienne et je sais qu’il l’espère également. Même si  je  diverge sur son  approche Européenne  nombre de ses positions  sur des valeurs fondamentales et l’indépendance de la France sont sans équivoque. Peu  de temps après François BAYROU appelait à un arc républicain lors du congrès d’Arras en Décembre 2009.
Mais le temps a passé pour arriver à  cet été 2010 sans que rien ne se fasse.

Dans mon article  de  Février 2010 «  Grandeur de la démocratie »  http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archiv... j’espérais un rapprochement entre François BAYROU et Dominique de VILLEPIN . Bien que de tempéraments très différents,  leur culture, leur vision de la France et de l’Europe fondée sur une  démocratie humaniste aurait dû les rapprocher . Mais je craignais les freins de leurs entourages.

Dominique de VILLEPIN ne cesse d’appeler sans conditions à un rassemblement pour créer un grand axe central  qui regroupe des sensibilités  républicaines différentes  et puisse  peser  à travers un groupe commun à l’Assemblée nationale  sans que  la seule alternative pour échapper  à une droite durcie soit de remettre la France à  nouveau entre les mains du PS et de ses satellites.


J’ai beaucoup espéré que  ce groupe allait  maintenant se former rapidement en réaction à ce que nous venions de vivre et qui demande de réagir vite pour ne pas assister   à une accélération d’un processus inquiétant.

François BAYROU a  d’abord semblé favorable à ce projet, parlait même   d’une fédération de partis.  Depuis lors il  semble avoir infléchi son  discours .

Et Jean-Luc BENNAHMIAS  dans une  récente interview  donnée en tant que membre du Shadow Cabinet du Mouvement Démocrate  creuse la division et l’esprit de concurrence, usant de critiques envers l’ancien  Premier ministre dignes de…. ses adversaires  sarkozystes.

Cela est non seulement  très décevant  mais  grave à l’heure où un sursaut républicain  est de toute urgence  et où  les énergies doivent se rassembler pour la défense de valeurs communes.

Comme l ‘a dit Dominique de Villepin   le défi actuel  est « de  se hisser au-delà des arrières  pensés  électorales et des clivages partisans  » car il y a « Un devoir de courage politique pour préparer l’alternative  républicaine qui s’impose. »

En Mars  dernier après les élections régionales j’écrivais :  « Je continue de penser que ce vaste chantier qui va s’imposer ne pourra pas être celui d’un homme seulement ou d’un parti mais d’un rassemblement des consciences.  »


Si nous ne nous ressemblons pas au plus vite nous prendrons  un risque et donc une responsabilité.

Celui   notamment ,que des analystes politiques ont admis possible,  de voir  le Front National aux  second tour  des élections présidentielles de 2012 face à Nicolas SARKOZY.
N’est-ce pas du reste l’arrière-pensée du chef de l’Etat en  semant la peur et la division dans une  nation inquiète pour son avenir ?

Et l’on verrait alors ceux qui n’auraient pas su se rassembler  à temps se retrouver pour porter pieusement  dans l’urne les bulletins au nom de l’actuel Président . Et lui renouveler ainsi  son mandat…

Fiction invraisemblable ?
Le cas ne s’est-il pas déjà produit dans une période moins difficile et moins inquiétante que celle que nous  vivons ?

Non, nous ne sommes pas en 29 ni en 39 . Mais en 2010 .
C’est à nous  qu’échoit la responsabilité d’un sursaut des consciences  pour que la page d’histoire qui est devant nous  s’écrive  dignement pour le bien de tous. C’est à nous de prendre la leçon du passé mais aussi du présent qui nous appelle à changer totalement des anciennes approches politiciennes pour nous  rassembler sur l’essentiel.

 

09/05/2010

60 ans de Paix

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Jounée de l'Europe - 60ème anniversaire de la déclaration de Robert SCHUMAN

" La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent.
° La contribution qu'une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques. En se faisant depuis plus de vingt ans le champion d'une Europe unie, la France a toujours eu pour objet essentiel de servir la paix. "

 

Extrait de la déclaration du 9 mai 1950 de Robert Schuman

Il est trop facile d’oublier ce que fut le destin des peuples  de notre continent avant qu’un homme ne pose la pierre fondatrice du 9 Mai 1950 . La paix c’est bon et cela semble normal . Mais ça ne  peut l’être que par  la ferme volonté de tous et  la vision de quelques esprits éclairés qui savent prendre les justes décisions. C’est ce qu’a fait Robert Schuman  il y a exactement 60 ans et grâce à sa  vision à la fois pragmatique et idéaliste nous avons joui pendant tout ce  temps de la Paix.C’est près de trois génération qui n’auront pas été envoyées au combat contre une nation voisine, qui n’auront pas été fauchées dans la fleur de l’âge. Cela semble aller de soi, mais cela  demande pour continuer plus encore de volonté et de clairvoyance.
Il est attristant d’aborder un tel anniversaire avec une Europe en crise et désunie tandis que la nation Grecque  se débat en plein marasme.

Cette Grèce à qui notre continent doit son nom. Ce berceau de nos  civilisations. Présage alarmant pour nous rappeler que l’ Union Européenne doit retrouver ses sources premières, ses buts réels   pour pourvoir survivre et se fortifier, devenir force de paix et de solidarité.
Il est inquiétant de voir ses pays frères ne lui apporter leur aide que contre des taux fructueux pour eux  . C’est là un germe malsain  qui va  à l’inverse  de la vision des pères fondateurs et jette une ombre sur ce grand  anniversaire.

Devant le trop grand désintérêt des population pour l’Union Européenne manifesté par un record d’abstention aux dernières élections un député Anglais imagine de faire appel à des vedettes du sport , de la chanson ou du  «  show-bizz » à qui donner des rôles de députés paneuropéens   . C’est à dire « peopleliser «   l’Europe pour conquérir l’intérêt des peuples .  Au moment où la politique souffre dans son ensemble justement d’une telle dérive. Il fut un temps où l’on disait » panem et circences », du pain et des jeux . Ce n’est pas  en amusant  sans retrouver un sens que l’on forgera un but, un idéal commun. Alors qu’une approche démocratique impose l’adhésion par une prise de conscience générale .

Pourtant l’histoire devrait nous  éveiller à la raison. La crise de 1929 a engendré le repli, l’individualisme, le protectionnisme. Loin d’être la solution ce fut le germe de la catastrophe  mondiale.
En tirer les leçons, convaincre, travailler à faire réaliser l’importance du dialogue et de la solidarité , prendre des mesures pour les enjeux prioritaires : la Paix ,la force d’un destin commun serait bien plus fructueux que l’élégante présence de quelques top modèles  au
Parlement  Européen qui ferait perdre de vue la gravité  et l’urgence de la vraie mission de l’Europe.

Un mission non seulement pour ses peuples mais aussi pour le monde où elle doit jouer le rôle d’un piller de Paix et de démocratie.

Dominique de Villepin  vient de faire à Tunis le 29 Avril dernier un discours magistral  marqué par sa vision audacieuse et clairvoyante.

Face aux bouleversements du  monde et des pôles de puissance , à l’émergence de nouveaux empires  qui peuvent préfigurer de grands déséquilibres  il appelle l’Europe qui,  dit-il ,  a négligé le monde extérieur , à un réengagement politique dans ce sens.

Il voit un vastepartenariat entre les peuples, une coopération entre notre continent élargi  ,  et le Maghreb et l’Afrique. Comme Robert Schuman, sa vision  de ce pôle paneuropéen  face aux enjeux de la mondialisation et aux défis de l’environnement  s’appuierait  naturellement sur l ‘économie mais  aussi sur la culture et toutes les ressources humaines et servirait  la démocratie et la Paix   tout  en contribuant au développement d’un formidable potentiel actuellement entravé par la souffrance et  les manques.

Cette vision fait exactement écho à celle  de Robert SCHUMAN qui disait :
« L'Europe pourra, avec des moyens accrus, poursuivre la réalisation de l'une de ses tâches essentielles: le développement du continent africain. »

60 ans après cette  déclaration fondatrice d’un des pères de l’Europe
le chemin continue ,tracé par des esprits éclairés  , qui savent voir  dans les enjeux du moment une incitation à trouver des solutions pratiques   qui sont les moyens de marcher vers le but véritable : la Paix et le développement  du réel potentiel humain.

Il n’y a pas  de fatalités pour les sociétés humaines. Il ne peut y avoir d’avenir que dans la volonté ferme  de construire un destin commun pour tous les hommes qui redonne sa place véritable à l‘Homme dans la plus noble acception du terme. La volonté créera le moyen .

L’avenir de l’Europe est devant nous et dans  notre volonté commune.

19/02/2010

Grandeur de la démocratie- Démocratie de la grandeur


Il y a quelque temps François BAYROU  réagissait vigoureusement  au sujet du double salaire prolifique d’Henri PROGLIO au regard des principes de la République  et des dérives  d’un système de plus en plus voué à l’argent  et à ses réseaux.  En appelant  à un retour à nos principes fondateurs  respectueux des valeurs   humaines ,  il  a lancé une phrase  forte qui  disait   à  peu près  que  ce qui est  grand ne s’achète pas   .

Cette  phrase et cette notion  de grandeur résume en elle-même la véritable direction d’une société démocratique, d’une société humaniste qui mette l’homme et tout son potentiel en son centre.
Car il faut oser la grandeur. Celle des plus hautes facultés humaines.
Les phares de l’humanité que ce soit dans les arts, les sciences, la philosophie ou la vie politique sont souvent sortis d’origines obscures et ont parfois ,hélas , dû oeuvrer dans la difficulté voire le manque ou la persécution.
C’est pourtant eux qui, poussant  au plus haut leurs facultés, ont donné ses lettres  de noblesse à notre humanité.
La démocratie ne peut être le nivellement par le bas, brimant  les individualités, confondant égalitarisme avec égalité pour aboutir à une standardisation, à une «  médiocratie » asphyxiante.
Elle ne peut être une exaltation de la réussite financière au mépris de toutes les autres, avec l’argent comme seule aune de la valeur individuelle car alors elle basculerait dans la ploutocratie, la négation de  nos vraies richesses humaines immatérielles.
La démocratie est grande parce que, enjambant, transcendant, castes  et classes , situation de fortune ou d’infortune elle doit permettre de faire fleurir le plus grand potentiel humain où qu’il se trouve, sans préjugés ni dans un sens ni dans l’autre. Et donc  doit «  investir » dans ce qui est grand en l‘homme, ce qui  éclaire notre humanité , l’aide à progresser .
Cela demanderait aussi de privilégier  les principes intrinsèques au-delà de tout esprit partisan. La paix, la justice, l’équité, l’éthique, l’écologie  n’appartiennent pas plus à un groupement  humain qu’à un autre, à une couleur politique qu’à une autre. Ils sont simplement plus ou moins bien défendus par les uns ou les autres et la démocratie voudrait que les uns et les autres se rassemblent pour les servir. Pour servir des causes grandes, celles pour lesquelles les peuples peuvent vibrer, celles qui créent un consensus, une solidarité,  celles  qui rassemblent.
C’est à regret qu’on a vu le sport souvent dégénérer en des luttes parfois sanglantes entre partisans d’équipes différentes, s’éloignant de son esprit ludique et pacifique.
Il est bien  plus regrettable de voir la politique encore tellement entachée de ces exaltations et heurts partisans qui exacerbent les concurrences au lieu de se concentrer sur les principes.
Je suis heureuse que le Mouvement Démocrate ait choisi d’assumer son indépendance aux  élections régionales.Qu’il en ait pris le risque. Même s’il doit le payer du prix d’un faible score.
Car il a ainsi choisi d’être lui-même, d’offrir une troisième voie, un programme humaniste qui tente de sortir de cet éternel clivage gauche droite, bloc contre bloc qui divise la France et les français depuis des décennies.
Il est grand de se tenir à ses principes.

On nous annonce une probable victoire de la gauche pour ces élections, non par véritable choix idéologique mais surtout pour manifester un mécontentement au gouvernement. Un vote d’humeur et non de cœur.
C’est là retomber dans un vieux conditionnement Français.
J’écrivais au moment des municipales de  2008 que l’on ne peut gouverner la France comme un char d’assaut  un coup à gauche, un coup à droite.
Il y a une forme d’immaturité citoyenne à changer de bord d’une élection à l’autre par déception et saute d’humeur. Presque à titre de «  représailles ».
Au lieu de s’impliquer au jour le jour dans le débat démocratique, de s’attacher à exiger le respect des engagements des élus, à rechercher avec vigilance les vrais fondements républicains dans tous les niveaux de la vie sociale.

Il y a aussi une énorme lassitude, une perte de confiance dans la politique et le politique, une incrédulité à voir s’ouvrir un autre chemin .

Dans un tel contexte le MoDem aura du mal à frayer sa piste qui lui impose de se remettre constamment en question pour échapper aux vieilles habitudes, aux vielles ornières .
Il aura d’autant plus de mal qu’on peut imaginer que les dissensions qui le secouent ne sont pas toutes « naturelles » puisque dès sa fondation tous les moyens ont été recherchés pour le disloquer ou l’entraver et qu’il peut aussi bien être travaillé de l’intérieur.
Mais quels que soient les résultats futurs, le  grain semé lèvera d ‘une manière ou de l’autre.L’Histoire s’écrit au jour le jour, la conscience nouvelle de progrès ,comme l’eau , fraye son chemin au milieu des obstacles et des blocs d’obstructions.
Il est grand de se lancer dans une expérience neuve, d’autant plus si elle est périlleuse, difficile ou entravée.
Le monde actuel, les impasses de  nos sociétés demandent de tracer de nouvelles pistes, de rechercher de nouvelles  voies, de trouver un équilibre.
C’est servir la grandeur de la démocratie que de s’y essayer même si c’est au prix de tâtonnements ou de revers.
Car c’est ainsi que nos sociétés avancent.
Le vrai clivage actuel dépasse les idéologies au premier degré. Il oppose le monde des grands appétits matériels prédateurs au monde  des valeurs humaines.
Le monde de l’argent au monde de l’Homme.
Le monde de l’homme asservi pour l’argent au monde de l’argent au service de l’homme.

Pour y faire pièce    il faut rassembler les énergies, aller à l’essentiel, se recentrer sur les principes.
C’est ce à quoi a appelé François BAYROU en souhaitant le réveil de tous les vrais Républicains.Au Congrès d’Arras en décembre 2009 il appelait  de ses vœux un arc républicain.
Il est évident qu’un tel combat ne  pourra pas être celui d’un seul parti ni d’un seul homme, mais  qu’il mobilisera toutes les consciences.

Dominique de Villepin tutoie la grandeur à chaque page de ses ouvrages.
Il l’appelle pour la France mais aussi pour le monde qu’il voit en marche vers une nouvelle Renaissance .
Mais au lieu d’utiliser ses compétences éminentes on tente de l’enfermer dans un combat sordide, ce qui au-delà de l’acharnement politique, représente un déni de l’esprit.

François BAYROU et Dominique de VILLEPIN, en dépit de personnalités et de tempéraments  très différents, partagent une vision et des aspirations communes sur bien des points. Notamment sur la position de la France dans le monde, sur une société humaniste, sur la politique étrangère et aussi sur l’Europe sans parler de leur amour des livres et de la culture.
Malheureusement certains des supporters ou partisans  de l’un et de l’autre développent un esprit de compétitivité  et de passions parfois infantiles qui ne sert pas ces deux hommes de qualité et ne correspond pas à l’élévation du débat politique qu’ils appellent.

En période de grandes crises on ne peut que souhaiter le rapprochement d’esprits d’élites épris de grandeur  et de justice.
Le monde en ébullition, les périls qui nous menacent, les crises imbriquées ( sociales, économiques, écologiques) sont autant de tempêtes que nousdevons affronter et qui demandent le rassemblement de ceux qui souhaitent aller vers une même direction générale, qui ont de grandes compétences à partager, de grandes visions à projeter, de grandes valeurs à sauver .

Face à l’accélération de la mondialisation et à ses fractures et secousses  qui se répercutent dans nos nations qu’elles risquent  de fissurer ,   la grandeur de la démocratie nous imposera certainement ,dans les temps à venir , un vaste rassemblement, pour la défense des ses principes qui ne pourra que transcender les passions partisanes et  les différences .
Un rassemblement de forces démocratiques qui œuvrera pour une démocratie de la grandeur au niveau de la nation comme du monde.

13/03/2009

La marche de l'Europe

 

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La Conférence Nationale du Mouvement Démocrate  du 8 Février 2008 à laquelle j’ai  assisté a été un temps fort puisqu’elle était consacrée à la présentation des têtes de liste pour les élections Européennes.
Etant membre du Conseil National  du Mouvement Européen , j’ai été naturellement heureuse de l’entrée en lice  de sa Présidente , Sylvie GOULARD,  que j’ai eu le plaisir de saluer , et qui a déjà démontré son dynamisme  au service de la cause Européenne à la tête  de cette association pluraliste issue de la Résistance.
Face à la crise cet enjeu électoral a pris tout son poids et tout son sens pour ceux qui sont conscients que l’Histoire nous appelle.
Comme l’a dit François BAYROU «  Nous voulons un nouveau monde et l’Europe est la seule porte disponible pour ce nouveau monde »
A la suite des différents  intervenants dont Jean-François Kahn qui appelait de ses vœux une Europe des Lumières, une Europe  de l’Humanisme, et Corinne Lepage qui insistait sur l’aspect protecteur  de l’Europe pour la  Démocratie, le leader du Mouvement Démocrate  a souhaité voir se développer une nouvelle  économie humaniste  à la place du capitalisme.

La balle est désormais dans le camp des citoyens –électeurs qui devront sentir l’enjeu et garder une espérance forte.
L’heure n’est plus à la frilosité ou à l’indifférence.
Si l’Europe n’a pas été vécue jusqu’alors de façon suffisamment satisfaisante, il faut d’une part admettre une méconnaissance , d’autre par vouloir projeter un modèle plus proche de nos aspirations réelles .
Que des peuples si longtemps en conflits, passés par tant de siècles d’horreurs et de souffrances , aient  tellement aspiré à la Paix qu’ils aient déjà pu réaliser en quelques décennies une telle construction est le gage qu’elle est fondée sur le roc d’une volonté, d’une vision, d’une aspiration commune .
Et même si celle-ci, se pliant au pragmatisme,  a dû passer par les arcanes de la technocratie ou des lois de marchés qui ont pu estomper  le but et l’image première , il n’en reste pas moins  que cette entité provient d’abord  de la vision d’esprits  éclairés.
Il nous incombe donc de renouer avec l’esprit qui y a présidé pour y retrouver les valeurs salvatrices pour notre futur.


L’Amérique entame une phase très difficile de son histoire . Son peuple sait relever des défis mais néanmoins elle rentre dans une période de souffrances  à laquelle elle n’était pas préparée avec des milliers de personnes mises à la porte de leur logement ( 10.OOO par jour selon les informations radiophoniques) et des millions qui vont se trouver privées de sécurité sociale.
Avec son avidité, ses abus et gaspillages et l’impérialisme des années Bush  elle récolte pour une bonne part ce qu’elle a semé, responsable , pour François BAYROU , d’avoir commis un véritable crime en  tuant l’agriculture du tiers monde. ( Rappelons nous notamment les drames des fermiers Indiens   face à la multinationale Monsanto)

Et paradoxalement son affaiblissement risque d’ébranler  une sorte  d’équilibre précaire, tenu jusque-là par la loi du plus fort, du  «  gendarme du monde  »  pour ce qui concerne les risques de conflits.

Il faut donc souhaiter que l’Europe devienne rapidement un pôle fort ,  rassemblée autour des valeurs démocratiques  pour soutenir et répandre  celles-ci sur la planète .
La mutation du monde est si rapide, si énorme, que nous devons réaliser que l’heure n’est plus aux tergiversations.

Nous devons réellement prendre conscience de la situation privilégiée des peuples d’Europe par rapport à ceux d’une grande partie du reste du globe.

Même  si nos sociétés sont  encore imparfaites , même s’il reste tant à faire en beaucoup de points , alors même  que  nous  n’avons pas encore  établi une véritable justice sociale,  nous jouissons d’une  liberté et d’un confort considérables par rapports à des millions d’humains qui  n’ont  même pas accès à l’essentiel.

Il y a urgence  à les préserver pour nous mais aussi à aider les autres à  les atteindre par d’autres voies que la violence et la conquête.

Il faut aussi réaliser ce que l’Europe fait déjà actuellement pour nous et pour le monde. Or à part des spécialistes ou des passionnés, la majorité des citoyens Français est  sous informée , voire désinformée.
J’ai eu l’occasion récemment d’évoquer ce problème avec Gérard LOMBARD représentant en France de la Commission Européenne.
Pourtant la Commission Européenne édite dans toutes les langues de l’Union un nombre impressionnant de brochures décrivant ses actions ou engagements .

Parmi les principales rappelons très brièvement :

- Aide humanitaire
-  Combat contre la discrimination et garantir l’égalité des chances pour tous en Europe
- Aide au développement
- Combat contre la traite  des êtres humains et l’exploitation sexuelle des enfants
- Lutte contre les mines dans le monde
- Partenariat avec l’Afrique pour l’Energie
- Abolition de la peine de mort dans l’Union
- Droit des consommateurs
- Egalité entre hommes et femmes
- A la pointe des actions contre le réchauffement climatique
- Développement durable
- Gestion de l’eau

L’union Européenne et ses états membres fournissaient en 2006 plus de 56 % de toute l’aide au développement officiellement distribuée par les pays industrialisés.
Ce qui représentait  presque le double de ce que donnait l’Amérique.

Pour continuer sa tâche  et développer ses actions , l’Europe doit pouvoir préserver son identité, celle qui a fédéré ses peuples autour de valeurs communes, d’un socle culturel et philosophique intrinsèque .
Et donc garder son indépendance y compris envers les Etats -Unis  d’Amérique avec lesquels nous partageons une partie de ces valeurs , par nos fondements démocratiques, mais qui doivent assumer eux-mêmes la part de responsabilité qu’ils ont engagée pour la terre durant ces dernières décennies .

Il nous incombe de savoir trouver un modèle de société Occidental qui ne soit pas platement plaqué sur le modèle Américain et qui puisse entrer en dialogue avec les autres cultures .

Or actuellement en France l’inquiétude est grande pour les démocrates et les républicains conscients de la nécessité de la force de  l’indépendance pour œuvrer à la stabilité du monde, de ce monde en perpétuelle tension, toujours prêt à la rupture ou à l’explosion .
Pour François BAYROU la réintégration de  la France  dans le commandement intégré de l’OTAN signerait une défaite à la fois pour la France et pour l’Europe. « La France » a –t-il  dit «  était  le piton d’indépendance de l’Europe et je ne veux pas qu’on arrache ce piton  »    . Il souhaite  une France alliée des Etats Unis mais pas alignée .
Dominique de Villepin , qui avait porté au plus haut devant l’ONU en 2003 le refus de la France de s’engager dans le conflit Irakien,est  également opposé à la réintégration  dans l’OTAN et craint qu’on creuse ainsi un fossé entre les pays d’Occident et ceux  du tiers monde.

Ceux qui n’ont pas su ou voulu anticiper la crise financière qui secoue le monde peuvent-ils nous assurer qu’aucun basculement, qu’aucun évènement brutal  même inattendu ne puissent un jour nous mettre  face à une situation difficile ou dramatique découlant de ce choix.
L’Histoire ne cesse de nous montrer que c’est trop souvent parce que nous ne savons pas  , ne voulons pas anticiper,  parce que nous ne regardons que  le court terme  , que nous  nous retrouvons confrontés à des catastrophes.

Cette question est  donc grave tant sur le plan immédiat et pratique par les risques que pourraient  faire courir cet engagement que sur le plan symbolique.
Symbolique de l’image que nous saurons donner au monde de nous-même.

Même si Barack  OBAMA  a entrepris de faire amorcer un grand tournant à sa nation, il  ne pourra annihiler du jour au lendemain les tensions passées, la  rupture  entre une partie  du monde qui a eu trop ( même si elle n’a pas su le répartir chez elle) et une partie qui s’est vue lésée du minimum.
Et ce d’autant plus qu’il n’a pas miraculeusement rallié toute l’Amérique derrière lui et qu’il lui reste des opposants qui pourront  utiliser des circonstances que personne à l’heure actuelle  ne semble pouvoir maîtriser pleinement.

L’Europe, par ses peuples et par leur histoire, a  aussi bien des responsabilités.
Mais elle a su plus tôt se mettre en route vers une voie d’équilibre.
C’est cette voie qu’elle doit savoir défendre par son indépendance.
Et devenir de la sorte un modèle qui puisse rayonner sur le monde.
C’est ainsi peut-être qu’elle sera mieux à même d’aider ses alliés Américains qui vont se trouver confrontés à une remise en question de leur société à laquelle nombre de ses  citoyens n’ont pas été préparés car pour eux cet aboutissement  était du domaine de l’impensable.

Nous avons une chance et une responsabilité pour apporter les richesses de notre expérience au monde, pour être un trait d’union entre le Nord et le Sud, l’Occident et les pays en voie de développement, entre les riches et les pauvres, les heureux et les malheureux . Pour être un laboratoire vivant d’une société humaniste.
Et cette responsabilité dépend de chacun d’entre nous, maillons responsables d’une conscience collective.



Des liens pour l’Europe :

L’Union Européenne : europa.eu

Le Parlement Européen : www.europarl.europa.eu


La Commission Européenne à Paris : http://ec.europa.eu/france/


Le Mouvement Européen France : www.mouvement-europen.eu

Le site du Rassemblement Civique Pour l’Europe http://rce-europe.hautetfort.com présidé par Gérard David DESRAMEAUX politologue et haut fonctionnaire, rencontré dans une commission du Mouvement Démocrate à Paris .

 
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