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07/11/2010

L’éthique condition de notre survie


Le Président Chinois en visite en France. Silence pesant de la majorité de la classe politique. Tapis rouge et pas feutrés. Il faut amadouer, séduire «  l’ homme le plus puissant de la planète » dans l’espoir de signer des contrats.
Ceux-ci feront office de Providence, de manne céleste accordée généreusement pas l’ex  «  Céleste Empire » .

Qu’il faille défendre l’intérêt de la nation, établir un partenariat avec cette grande puissance émergente, c’est une évidence face à la mondialisation, à une inéluctable évolution du  monde.
Une  juste revanche de pays autrefois écrasés par l’occident arrogant et prédateur .
Mais  cela peut-il se faire à tout prix ? En faisant l’impasse sur les droits de l’Homme, fondements de nos démocraties, en voulant oublier les souffrances de peuple Tibétain spolié de son identité, en atermoyant face au problème  du maintien d’un taux de change bas  du yuan qui a permis cette fulgurante ascension du géant  Chinois et met en péril nos économies ?

Sous la pression de la crise internationale nous tendon à renier ce qui devrait être la raison d’être de nos démocraties  , de telle sorte que notre voix ne pourra que s’affaiblir sur la scène mondiale.
Entendre dire que le Président  Chinois, Président du parti Communiste, a exigé de ne croiser personne sur son passage de telle sorte qu’on a dû  faire le vide à grand renfort de forces  de l’ordre est surréaliste et  aberrant.

Nous souvenons-nous de ce qu’est sensée   être la démocratie , «  le pouvoir du peuple » ?
Peuple qu’on doit évacuer sur le passage des «  puissants »  contrairement à toute  réelle  mise en pratique de nos valeurs …
Nous nous sommes tellement habitués à ce que la République, sous le fallacieux  prétexte de célébrer  ses principes,  reprenne tous les poncifs du pouvoir monarchique ou impérial jusqu’à  trouver normal de voir  deux représentants de leurs  peuples respectifs isolés par la force armée du peuple de France qu’on écarte de leur passage…

Accueillir et honorer la Chine dans un monde multipolaire ouvert à l’autre,  certes.
Mais ne voir en ce grand pays qu’un marché  ou une puissance d’argent à flatter pour cette unique raison est-ce lui rendre justice ?
Après  avoir fait souffrir le monde de nos méfaits coloniaux allons nous laisser se développer une forme de néocolonialisme où les peuples d’Europe , craintifs, devront renoncer  à des principes fondés dans l’épreuve au  fil du temps , de révolutions en guerres,  pour finalement  plier le genou devant la richesse financière  développée  par  les pays émergents ?

Non seulement ce serait à notre détriment mais aussi  à celui de ces peuples qui ont dans leur histoire et leurs anciennes sagesses des richesses non matérielles à apporter au monde.

L’œil rivé sur les cours de la bourse , leur reconnaîtrons nous leurs qualités intrinsèques ?
Ou les condamnerons-nous à retourner contre nous des méthodes dont ils ont  eux-mêmes  souffert ?

Pour emporter des marchés sur le court terme  ne  risquons nous pas d’avoir été d’une  part  trop laxistes sur la défense des droits humains et trop peu vigilants sur la défense de nos intérêts économiques nationaux dans le futur(vraisemblablement  pour laisser de puissants groupes privés profiter de la situation )  et finalement de perdre sur toute la ligne ?

Un intéressant article du Monde du 5 Novembre 2010 par Friedbert Pflüger, Professeur  honoraire en politique internationale au Kings College de Londres, décrit les risques de conflits  et la menace pour nos économies  dus   au monopole par la Chine des minerais rares indispensables aux nouvelles technologies.
À sa lecture, il paraît évident qu’une harmonisation de la politique Européenne et l’élaboration d’une stratégie commune est à la fois impérative et urgente.

Au-delà du simple bon sens comment pourrions-nous élaborer une telle stratégie sans asseoir celle-ci sur nos valeurs fondatrices et retrouver un sens au progrès humain autre que le profit brutal et mal réparti ?

Friedbert Pflüger ne conclut pas autrement :

« Mais à long terme, une politique fondée sur des critères éthiques non seulement permettra à l’Occident d’avoir pour lui la morale, mais s’avérera de surcroît économiquement plus profitable.
La sauvegarde des ressources  ne restera viable  que si l’Europe ne considère plus les pays du monde en développement comme de simples gisements de matières premières, mais comme des partenaires   »

En d’autres termes, d’un point de vue simplement stratégique,  si nous voulons à la fois sauver nos économies et nos identités , et avec elles les fondements  de nos démocraties , il nous est imposé d’être à la hauteur de ceux-ci. Et de sortir de  la dialectique du profit à l’état brut et de la vision à court terme pour redonner  un sens à notre démarche.
Celui qui fera de l’épanouissement de l’humain la priorité. Et ce à   l’échelle planétaire et dans le respect de  notre environnement naturel.
C’est ainsi que nous pourrons  établir un réel partenariat enrichissant à tous les niveaux  avec les  autres peuples.

21/10/2009

Urgence Démocrate

 

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Parlement Européenn Strasbourg. 16 Octobre 2009

Journées de l'Université d'Automne du Mouvement Européen France "l'Europe état d'urgence ?"


Être cadre politique n’autorise pas seulement à se poser des questions mais en donne le devoir.
Parce que nous sommes amenés à être la courroie de transmission du parti à l’électeur jusqu’au pied des urnes. À être au contact direct de ceux à qui le parti s’adresse, à qui il doit donner réponses et espérances.
Il n’est pas facile d’être nouveau en politique d’en découvrir rapidement les contraintes, les limitations, les voies détournées à emprunter pour arriver au but.
Mais peut-être est-ce une richesse. Car avoir franchi le pas permet de se sentir  plus proche et de mieux comprendre ceux qui éprouvent méfiance voire  rejet de la politique . Il faut avoir fait ce chemin jusqu’à la prise de conscience que cette voie est indispensable, incontournable, pour construire
le tissu d’une société, d’une civilisation et que plutôt  que de s’en détourner il faut travailler chacun, individuellement  ou en groupe à la faire revenir à ce qu’ellen’aurait jamais dû cesser d’être ou plutôt à la faire revenir à ce qu’elle a mission d’être. Afin de ne plus en être déçus, d’y voir une espérance.
Il est précieux de conserver la critique aiguisée par des années de réticence car les hommes politiques, à force de vivre dans leurs cercles, voire leurs oligarchies, sont tellement imprégnés d’un système qu’ils ne le voient même plus, en usent , en abusent , en jouent souvent comme s’il  était inéluctable et non produit d’un consensus .Pendant ce temps  , le citoyen électeur se replie, s’écarte et perd son sens et sa mission de maillon démocratique.

Curieusement les circonstances de la vie vous obligent parfois au recul comme pour  décanter, pondérer, admettre qu’il faut donner priorité à l’efficacité face aux crises de toutes nature.
Le recul forcé que je viens de vivre n’a pas émoussé ma vigilance pour le Mouvement Démocrate, pour la France, pour le monde.
À l’heure des alarmes à tout niveau, social , économique,  environnemental, l’inertie et le découragement citoyen constituent une alarme supplémentaire d’autant que c’est un symptôme qui ne se limite pas à notre pays.

François BAYROU pour notre parti, a dû longuement méditer au pied des Pyrénées après les élections Européennes.
Sa main tendue à la gauche pose questions et n’a pas manqué d’être   abondamment exploitée.
Elle suscite des réactions vives chez certains de ses électeurs ,ce qui est plus inquiétant.

Il n’en reste pas moins que la démocratie, par essence, exige une force d’opposition.
Or jamais  le paysage politique n’a semblé aussi brouillé dans notre pays   .
L’électeur déjà méfiant, désabusé , ou désespéré  n’y trouvant plus  ses repères traditionnels risque de s’en désintéresser encore plus.
Trois «  centres «  ou à peu près, une gauche en conflit, une droite qui semble à la fois se radicaliser et  se diviser, l’écologie qui sert de valeur-refuge, mais devient une force politique avec les mêmes méthodes que les autres partis.
Nous devions, nous devons fonder un grand parti de démocrates humanistes et Européens, faisant du développement durable une priorité, ouvert aux uns comme aux autres.
Qu’en sera-t-il pour les gaullistes, les déçus de l’UMP confrontés  à l’évolution  de leur parti  au service d’un pouvoir  qui se resserre et se découvre de jour en jour ?

De jour en jour des événements sont autant de signaux d’alerte pour notre vigilance démocrate.
Un procès qui prend des allures de procès politique et qui a été pris en otage par les medias.
La présomption d’innocence bafouée, d’abord par un procureur puis, pour la deuxième fois par le Président de la République.
Des principes fondamentaux conquis dans la souffrance en 1789. Mais pas de vraie réaction en profondeur de la classe politique qui semble trop souvent  ne s’intéresser aux principes que de manière ponctuelle et utilitaire.
Or un principe transcende tout contexte , concerne  tout  le monde, et se doit, par définition de s’appliquer à tout parce que nous sommes en république et que notre devise est  :
la Liberté, l’Egalité , la Fraternité

Et que c’est cette devise que doit servir la Justice .

Durant l’Université de Rentrée   2008 du Mouvement Démocrate Corinne LEPAGE, avocate et Vice-présidente  du MoDem proclamait que la justice  était «  en loques »  .
Ceux qui en France ont été amenés à y faire appel ont dû découvrir avec amertume qu’elle  semble parfois servir des réseaux de puissance ou d’argent et non l’homme dans son intégrité, égal devant la loi. Ceux qui ont été contraints de le découvrir  à leur détriment, n’en ayant pas eu satisfaction, se sont sentis lésés bien au-delà du plan matériel , dépossédés d’un bien moral.
Des Egyptien  aux Grecs , de Maat à Themis les peuples antiques avaient divinisé cette haute fonction de l’esprit, ce besoin fondamental de l’homme qu’il éprouve dès la tendre enfance et qui est indispensable à la vie sociale. En la matière chaque entaille individuelle ou générale sape le fondement démocratique. Ce piller central fragilisé, c’est le pilier de la République qui vacille.


Cumul des mandats , accumulation  de pouvoir, collusion de pouvoir politique et financier, rassemblement de la puissance dans  les mains de quelques « élites » d’un réseau,  voire d’une famille.
Déferlement médiatique et pouvoir de l’image sur les consciences.
Bombardés, martelés, entournés ,  comment les citoyens  saturés peuvent-ils s’y retrouver ?
Démêler le vrai du faux, l’objectif du subjectif,l’orienté du loyal est une tâche en soi alors que le quotidien se fait de plus en plus pressant.

Doute sur la justice, doute sur l’information, doute sur les politiques et le pouvoir, autant de facteurs de démobilisation, de désorientation .
Alors que pourtant jamais la mobilisation n’a été aussi nécessaire puisque c’est le monde entier qui est en crise à tous les niveaux.

En attendant des solutions nationales, le renforcement de l’Europe semble plus que jamais vital.
C’est dans cet esprit que je viens de participer à Strasbourg à l’Université d’Automne du Mouvement Européen France dont je suis membre du Conseil National.
Pourtant là aussi bien des inquiétudes pointent, la crise renforce les nationalismes au nom des intérêts économiques fragilisant cet indispensable pôle de solidarité et de stabilité dans un monde  explosif en mutations accélérées.
J’ai eu le plaisir de remercier  le Sénateur Denis BADRÉ  Vice-président du Mouvement Européen –mais aussi  membre du bureau exécutif du MoDem- qui a  comblé mon attente en appellant à une Europe de paix qui retrouve son idéal et son souffle et s’oriente vers l’aide au développement des pays pauvres, meilleur moyen de freiner les flux migratoires.
Malheureusement en   me promenant autour de la cathédrale de Strasbourg j’ai vite été rappelée à la réalité brutale. Des corps inertes roulés dans des duvets , en pleine journée, sous le faible abri de porches ou d’arcades. Des vies humaines stérilisées, verrouillées par le dénuement total qui dans nos sociétés signe l’exclusion. Les gouvernements  passent , l’ Europe du XXI ème siècle se bâtit mais dans toutes nos villes et y compris celle qui symbolise cette grande édification pacifique cette détresse demeure , laissée à elle-même . À la suite de quelle injustice ? De quelle défaillance de la société qui peut précipiter  un individu du jour au lendemain  dans cette inacceptable indigence parfois seulement parce qu’il est victime d’instincts prédateurs  qui l’ont dépouillé et que la justice n’a pas  rempli sa mission.
Une société humaniste  qui mette l’homme et son épanouissement au Centre ne peut par essence tolérer cette dérive. Car l’autre c’est l’homme, avec tout son potentiel et  en admettant de voir cet autre dégradé c’est nous même, dans notre essence que nous laissons dégrader.
Cruel  paradoxe de confronter encore cet état de fait si banalisé après avoir visité le Parlement Européen, sous la bannière aux douze  étoiles, symbole de la perfection.
En dépit de grandes avancées , de progrès remarquables ces corps recroquevillés  sous des duvets dans nos rues  en contradiction des convention des droits de l’homme  , nous montrent les graves lacunes de nos démocraties.
Ici ou  plus loin de nous cette masse de souffrance grandissante avec un milliard  d’humains taraudés par la faim dans le monde est une clameur silencieuse géante qui défie nos sociétés confrontées à une crise économique par abus de spéculation.
Nous ne pourrons pas échapper aux impératifs matériels et moraux car aucun équilibre ne se trouvera sans leur donner priorité dans un monde aux interrelations d’autant plus explosives qu’elles se répercutent immédiatement sur notre environnement terrestre.
Dans un monde où les phénomènes et les mutations sont en  accélération croissante au point que nombres d ‘entre eux nous échappent ou nous dépassent.

Ayant exposé au Symposium International de l’Eau à  Cannes  en juillet dernier, j’ai assisté à une conférence de Michel Serres autour de son livre « le Mal propre, polluer pour s’approprier ? » *qu’il dédicaçait.
J’ai pu lui demander s’il était optimiste ou pessimiste ce à) quoi il m’a répondu que cela fluctuait selon les  jours.
Au cours de sa conférence, le philosophe a mis en lumière quelques-unes des mutations spectaculaires de notre temps.
La régression de l’activité paysanne, avec en France un abaissement depuis les années 1960-70 à 2% . C’est pour Michel Serres une grande rupture d’un activité humaine à l’oeuvre depuis 10000 ans, depuis le néolithique.
En parallèle nombre de fleuves ne parviennent plus à se jeter dans la mer car ils sont détournés en amont par les activités humaines d’où des bouleversements  écologiques.
Des mutations positives pour nos vies aussi en ce qui concerne la régression de la souffrance et l’allongement de la durée de vie( mais qui posent aussi des problèmes) .
Des faits impensables encore au 19ème siècle ou au début du XXème et qui sont dus aux progrès humains.
Mais là encore il faut relativiser car ces constats du philosophe ne valent que pour les pays développés puisque la majorité des humains du globe n’atteignent pas à cette qualité de vie.

Dominique de Villepin  a sorti récemment  un essai magistral «  la Cité des Hommes »* sur la crise planétaire et les défis qui menacent l’humanité.
Scrutant et analysant dans  ses moindres  détails ce grand tournant de l’histoire humaine, il en ausculte les causes et les potentiels  positifs ou négatifs .Partout cherchant des solutions pour le bien commun, dans un esprit de partage,  de solidarité éclairé par la  tolérance, le dialogue des culture «  la polyphonie du monde » , et la raison autour du  pilier central d’une Justice planétaire.
Idéaliste réaliste, il propose une approche révolutionnaire constructive pour l’avènement d’une nouvelle  Renaissance , d’une nouvelle ère .

Autant de constats et de voix éminentes pour nous confirmer que la politique ne peut plus vivre en microcosme. Elle doit être le relais d’une politique générale à l’échelle du globe, des besoins de la terre  et de ses habitants en raison même  de la réciprocité  des interactions que l’étude de l’environnement nous apprend.
La survie de nos sociétés mais aussi de la planète et donc de notre espèces nous l’impose.
C’est ce qu’ont compris les citoyens  et la raison pour laquelle il se retournent vers les partis écologiques .
C’est sans doute aussi ce qui explique l’essoufflement des partis politiques qui patinent dans les ornières  anciennes et n’ont pas encore réussi à se mettre en phase avec l’accélération de ces mutations.
Il y a donc beaucoup à construire ou reconstruire à travers une démarche politique renouant avec sa vraie vocation  pour relever les défis nationaux et internationaux qui nous imposent  pour y réussir d’être à la hauteur de nous-même.
Et de fonder la société humaniste du XXIème siècle, la «  Cité des hommes «  de notre planète.

* Michel SERRES : Le Mal propre - Editions Le Pommier
* Dominique de Villepin : La Cité des Hommes - Plon

11/07/2009

Exigence démocrate et fondements éthiques


Ce n’est pas sans malaise que j’entends parler de « rénovation » du Mouvement Démocrate et des intentions de « changer » de son leader en réponse à l’agitation interne qui a suivi les élections Européennes.

En premier lieu ,plutôt que de nécessiter des changements , j’ai l‘impression , de par mes expériences , que le MoDem aurait surtout besoin d’être fidèle à lui-même.
Il a posé des textes fondateurs qui exigent un niveau de vigilance constante. C’est autour de ces valeurs que se sont fédérés nombre de nouveaux venus en politique.
Ce parti s’est à peine structuré dans les difficultés et n‘a même pas réussi à se roder dans une véritable cohésion.
Comme je l’ai dit précédemment le vrai dommage dans les élections Européennes est ce record d’abstention historique.
Le but n’est pas de faire du nombre, du chiffre, du pourcentage mais d’ouvrir un espace d’espoir face au désespoir larvé, à la profonde déception qui mine l’électorat.
Or cette attitude ne concerne pas que le Mouvement Démocrate, elle vise l’ensemble de la classe politique. Elle est grave en soi car comme je l’ai écrit  dans  l'article " Crise de confiance, crise de conscience " : (http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archiv... ) la confiance est extrêmement fragile. Lorsqu’elle s’est fissurée il est très difficile de la restaurer car il s’agit d’un élément immatériel subtil inhérent à la profondeur, à la conscience de la personne humaine et qu’on ne peut acheter ou réparer avec des moyens matériels.

Les élections Européennes ont été pour moi l’occasion de l’expérience du « terrain ».
Je croyais à priori que ce serait un des aspects les plus difficiles de l’action politique. Bien au contraire , je me suis aperçu que cette expérience très enrichissante est fondamentale pour avoir une vision claire des besoins du citoyen.
Or je dirais que celui-ci a d’abord besoin de confiance.
Il n’était nécessaire ni d’être voyant ni d’être suspendu aux sondages pour pressentir que l’élection allait mal et que l’abstention serait la grande gagnante.
J’ai participé à des opérations de « tractage » autant pour le Mouvement Démocrate que pour le mouvement Européen, association pluraliste issue de la Résistance dont le seul but était d’informer et d’inciter à voter.
Cela a permis une expérience complémentaire .
Et partout j’ai entendu le même complainte : « pour qui voter » « je ne vote plus depuis longtemps » « ils sont tous les mêmes , ça ne change rien » etc…
Tout cela dit avec des nuances allant de la révolte au désespoir en passant par le désenchantement mais signant un repli, un refus de participer à toute action publique avec certitude qu’il n’y aurait aucun moyen par là de peser sur le devenir.
Cela s’appelle en premier lieu l’échec du suffrage universel. Et cela concerne tous les partis, tous les politiciens, même si certains ont pu se réjouir d’être majoritaires d ‘une minorité.C’est regarder l’arbre qui cache la forêt. Car les Français, les citoyens, les électeurs, sont découragés.
Découragés, et inquiets de la marche du monde et de celle de la France. Parce qu’aussi ils ont pris l’habitude de déléguer totalement leurs pouvoirs au point de ne plus se sentir concernés, de ne plus se vivre en maillons actifs d’une démocratie.
Mais leur silence n’est pas une approbation tacite, ils sont souvent très lucides, conscients des impératifs et des dérives mais dans l’impossibilité de croire que telle ou telle formation saura y remédier. Les partis politiques ne peuvent être en deçà des exigences et des espérances citoyennes sous peine de perdre leurs raisons d’être .

Et puis l’Europe. C’est pour elle qu’étaient ces élections et non pour les scores des uns et des autres.
Et c’est elle qui a perdu.Ou plutôt c’est l’idéal qui la sous-tend qui a été oblitéré, asphyxié d’abord par un brouillard bureaucratique, puis par les rivalités politiques.
Mes actions pour le Mouvement Européen ont été les plus révélatrices et les plus décevantes car là il n’y avait aucune ambiguïté possible. Il ne s’agissait pas de proposer une couleur mais de «développer dans le peuple français la prise de conscience de l’Europe et de la communauté de destin des peuples qui la composent ».
Or j’avais pu envisager une certaine indifférence mais pas un désintérêt voulu et parfois un rejet virulent.
J’ai organisé à Menton un stand du Mouvement Européen que j’ai tenu avec ma Présidente départementale pour distribuer des brochures de la commission Européenne.
J’ai pu constater que la majorité des personnes ne souhaitaient même pas être informées alors qu’à l’évidence elles ne connaissaient pas le réel fonctionnement de l’Union.
C’est se retrouver devant un cercle vicieux. Comment des citoyens appelés au suffrage universel peuvent-ils agir pour le développement d’une structure qu’ils connaissent très mal et ne veulent même pas apprendre ?

J’ai eu l’occasion de transmettre ces inquiétudes avant les élections à Pat Cox , ancien Président du parlement Européen et actuel Président International du Mouvement Européen . Faisant partie de la délégation du Mouvement Européen des Alpes Maritimes j’ai eu le plaisir de converser durant tout un déjeuner avec lui. Pat Cox m’a donné une réponse très belle : « toutes les brochures les plus parfaites n’y changeront rien . Les gens ont maintenant besoins de plus d’émotion » Ce qui fait écho à ce que m’ a dit un membre du Bureau National du ME : ‘ « l’Europe à besoin de beaucoup, beaucoup d’amour. »
Amour et émotion sont des antidotes humanistes à une société que la bureaucratie et le mercantilisme déshumanisent de jour en jour jusqu’au rejet et au désespoir des peuples.C’est une société en panne d’idéal, en panne d’espoir qui s’essouffle et a besoin de retrouver du sens.

Le réalisme et le pragmatisme indispensables ne peuvent être la fin mais le moyen sans quoi ils mènent à la stérilité.

En période de crise où l’angoisse du quotidien se fait plus forte, où la pression matérielle s’exacerbe, c’est pourtant le moment de réinsuffler de l’espoir en des valeurs portantes qui méritent efforts et combats faute  de quoi le désespoir ou l’inertie risquent d’ouvrir la porte à un effritement de la démocratie ou à des dérives violentes.

Ce qui est grave dans ce rendez-vous manqué de l’historie, c’est que les peuples d’Europe dans leur ensemble n’aient pas pu voir en cette structure une raison d’espérer, un idéal à préserver et à renforcer , une voie pour leur avenir et celui du monde et qu’on assiste au contraire à ces replis nationalistes et individualistes . Comme ci ceux-là seuls pouvaient préserver des épreuves.
Alors que cette imbrication de crises qui nous confronte appelle à la solidarité, à l’éthique, à retrouver des mesures humaines pour répondre à la complexités des défis qui ne peuvent plus êtres négligés.

Tandis que je tenais un des bureaux de vote de ma commune où j’étais Déléguée de mon parti, j’observais les douze étoiles de l’étendard de l’Europe ondulant au vent. Et je me faisais la réflexion que c’était sans doute un des seuls drapeaux qui ne soit pas éclaboussé de sang, un des rares si ce n’est le seul au nom duquel le sang n’ait jamais coulé.
Les besoins économiques ne peuvent faire oublier ce besoin fondamental qu’est la Paix. Et l’économie elle-même ne peut se passer de Paix.
Et lorsque dans la Mairie de ma commune j’ai entendu les premiers résultats et l’importance de l’abstention ma première pensée a été pour Robert SCHUMAN .
Parce que la crise économique avait engendré le plus monstrueux des nationalismes, la barbarie et un conflit mondial des hommes de paix avaient juré « plus jamais cela » . Le génie de Robert SCHUMAN fut d’utiliser le pragmatisme pour servir l’idéal. Le charbon et l’acier furent le moyen mais le Paix était le but.

Il en est de même en politique, le parti est le moyen et non le but. Le but est la défense des valeurs fondatrices d’une société permettant le réel épanouissement de ses membres .
La structure organisationnelle est fondamentale. Mais la vigilance constante au jour le jour l’est tout autant sinon plus.
Je pense personnellement que si le MoDem n’a pas réalisé un bon score ,(tout comme la politique en général est discréditée) c’est qu’il n’a pas su prouver au jour le jour qu’il incarnait ce qu’il prône. La remise en question de ce parti, comme de toute la classe politique, doit aller bien au-delà du structurel si la politique elle-même veut retrouver sa mission fondamentale . Si elle veut redonner espoir et entraîner les citoyens vers une vigilance constante, vers un développement des consciences.

Le Paix et la démocratie ne sont pas des acquis définitifs.Ils se cultivent au jour le jour, ils sont un combat de tous les instants pour ne pas les voir rogner ou se rompre.
Le bien être humain ne peut s’en passer et si les solutions pratiques immédiates doivent être mises en œuvres pour palier aux urgences sociales, financières, environnementales, dans le même temps le fondement éthique qui seul pourra répondre réellement , durablement et en profondeur à ces problèmes doit être constamment retrouvé.
Telle devrait être la priorité et la constante vigilance Démocrate.

13/03/2009

La marche de l'Europe

 

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La Conférence Nationale du Mouvement Démocrate  du 8 Février 2008 à laquelle j’ai  assisté a été un temps fort puisqu’elle était consacrée à la présentation des têtes de liste pour les élections Européennes.
Etant membre du Conseil National  du Mouvement Européen , j’ai été naturellement heureuse de l’entrée en lice  de sa Présidente , Sylvie GOULARD,  que j’ai eu le plaisir de saluer , et qui a déjà démontré son dynamisme  au service de la cause Européenne à la tête  de cette association pluraliste issue de la Résistance.
Face à la crise cet enjeu électoral a pris tout son poids et tout son sens pour ceux qui sont conscients que l’Histoire nous appelle.
Comme l’a dit François BAYROU «  Nous voulons un nouveau monde et l’Europe est la seule porte disponible pour ce nouveau monde »
A la suite des différents  intervenants dont Jean-François Kahn qui appelait de ses vœux une Europe des Lumières, une Europe  de l’Humanisme, et Corinne Lepage qui insistait sur l’aspect protecteur  de l’Europe pour la  Démocratie, le leader du Mouvement Démocrate  a souhaité voir se développer une nouvelle  économie humaniste  à la place du capitalisme.

La balle est désormais dans le camp des citoyens –électeurs qui devront sentir l’enjeu et garder une espérance forte.
L’heure n’est plus à la frilosité ou à l’indifférence.
Si l’Europe n’a pas été vécue jusqu’alors de façon suffisamment satisfaisante, il faut d’une part admettre une méconnaissance , d’autre par vouloir projeter un modèle plus proche de nos aspirations réelles .
Que des peuples si longtemps en conflits, passés par tant de siècles d’horreurs et de souffrances , aient  tellement aspiré à la Paix qu’ils aient déjà pu réaliser en quelques décennies une telle construction est le gage qu’elle est fondée sur le roc d’une volonté, d’une vision, d’une aspiration commune .
Et même si celle-ci, se pliant au pragmatisme,  a dû passer par les arcanes de la technocratie ou des lois de marchés qui ont pu estomper  le but et l’image première , il n’en reste pas moins  que cette entité provient d’abord  de la vision d’esprits  éclairés.
Il nous incombe donc de renouer avec l’esprit qui y a présidé pour y retrouver les valeurs salvatrices pour notre futur.


L’Amérique entame une phase très difficile de son histoire . Son peuple sait relever des défis mais néanmoins elle rentre dans une période de souffrances  à laquelle elle n’était pas préparée avec des milliers de personnes mises à la porte de leur logement ( 10.OOO par jour selon les informations radiophoniques) et des millions qui vont se trouver privées de sécurité sociale.
Avec son avidité, ses abus et gaspillages et l’impérialisme des années Bush  elle récolte pour une bonne part ce qu’elle a semé, responsable , pour François BAYROU , d’avoir commis un véritable crime en  tuant l’agriculture du tiers monde. ( Rappelons nous notamment les drames des fermiers Indiens   face à la multinationale Monsanto)

Et paradoxalement son affaiblissement risque d’ébranler  une sorte  d’équilibre précaire, tenu jusque-là par la loi du plus fort, du  «  gendarme du monde  »  pour ce qui concerne les risques de conflits.

Il faut donc souhaiter que l’Europe devienne rapidement un pôle fort ,  rassemblée autour des valeurs démocratiques  pour soutenir et répandre  celles-ci sur la planète .
La mutation du monde est si rapide, si énorme, que nous devons réaliser que l’heure n’est plus aux tergiversations.

Nous devons réellement prendre conscience de la situation privilégiée des peuples d’Europe par rapport à ceux d’une grande partie du reste du globe.

Même  si nos sociétés sont  encore imparfaites , même s’il reste tant à faire en beaucoup de points , alors même  que  nous  n’avons pas encore  établi une véritable justice sociale,  nous jouissons d’une  liberté et d’un confort considérables par rapports à des millions d’humains qui  n’ont  même pas accès à l’essentiel.

Il y a urgence  à les préserver pour nous mais aussi à aider les autres à  les atteindre par d’autres voies que la violence et la conquête.

Il faut aussi réaliser ce que l’Europe fait déjà actuellement pour nous et pour le monde. Or à part des spécialistes ou des passionnés, la majorité des citoyens Français est  sous informée , voire désinformée.
J’ai eu l’occasion récemment d’évoquer ce problème avec Gérard LOMBARD représentant en France de la Commission Européenne.
Pourtant la Commission Européenne édite dans toutes les langues de l’Union un nombre impressionnant de brochures décrivant ses actions ou engagements .

Parmi les principales rappelons très brièvement :

- Aide humanitaire
-  Combat contre la discrimination et garantir l’égalité des chances pour tous en Europe
- Aide au développement
- Combat contre la traite  des êtres humains et l’exploitation sexuelle des enfants
- Lutte contre les mines dans le monde
- Partenariat avec l’Afrique pour l’Energie
- Abolition de la peine de mort dans l’Union
- Droit des consommateurs
- Egalité entre hommes et femmes
- A la pointe des actions contre le réchauffement climatique
- Développement durable
- Gestion de l’eau

L’union Européenne et ses états membres fournissaient en 2006 plus de 56 % de toute l’aide au développement officiellement distribuée par les pays industrialisés.
Ce qui représentait  presque le double de ce que donnait l’Amérique.

Pour continuer sa tâche  et développer ses actions , l’Europe doit pouvoir préserver son identité, celle qui a fédéré ses peuples autour de valeurs communes, d’un socle culturel et philosophique intrinsèque .
Et donc garder son indépendance y compris envers les Etats -Unis  d’Amérique avec lesquels nous partageons une partie de ces valeurs , par nos fondements démocratiques, mais qui doivent assumer eux-mêmes la part de responsabilité qu’ils ont engagée pour la terre durant ces dernières décennies .

Il nous incombe de savoir trouver un modèle de société Occidental qui ne soit pas platement plaqué sur le modèle Américain et qui puisse entrer en dialogue avec les autres cultures .

Or actuellement en France l’inquiétude est grande pour les démocrates et les républicains conscients de la nécessité de la force de  l’indépendance pour œuvrer à la stabilité du monde, de ce monde en perpétuelle tension, toujours prêt à la rupture ou à l’explosion .
Pour François BAYROU la réintégration de  la France  dans le commandement intégré de l’OTAN signerait une défaite à la fois pour la France et pour l’Europe. « La France » a –t-il  dit «  était  le piton d’indépendance de l’Europe et je ne veux pas qu’on arrache ce piton  »    . Il souhaite  une France alliée des Etats Unis mais pas alignée .
Dominique de Villepin , qui avait porté au plus haut devant l’ONU en 2003 le refus de la France de s’engager dans le conflit Irakien,est  également opposé à la réintégration  dans l’OTAN et craint qu’on creuse ainsi un fossé entre les pays d’Occident et ceux  du tiers monde.

Ceux qui n’ont pas su ou voulu anticiper la crise financière qui secoue le monde peuvent-ils nous assurer qu’aucun basculement, qu’aucun évènement brutal  même inattendu ne puissent un jour nous mettre  face à une situation difficile ou dramatique découlant de ce choix.
L’Histoire ne cesse de nous montrer que c’est trop souvent parce que nous ne savons pas  , ne voulons pas anticiper,  parce que nous ne regardons que  le court terme  , que nous  nous retrouvons confrontés à des catastrophes.

Cette question est  donc grave tant sur le plan immédiat et pratique par les risques que pourraient  faire courir cet engagement que sur le plan symbolique.
Symbolique de l’image que nous saurons donner au monde de nous-même.

Même si Barack  OBAMA  a entrepris de faire amorcer un grand tournant à sa nation, il  ne pourra annihiler du jour au lendemain les tensions passées, la  rupture  entre une partie  du monde qui a eu trop ( même si elle n’a pas su le répartir chez elle) et une partie qui s’est vue lésée du minimum.
Et ce d’autant plus qu’il n’a pas miraculeusement rallié toute l’Amérique derrière lui et qu’il lui reste des opposants qui pourront  utiliser des circonstances que personne à l’heure actuelle  ne semble pouvoir maîtriser pleinement.

L’Europe, par ses peuples et par leur histoire, a  aussi bien des responsabilités.
Mais elle a su plus tôt se mettre en route vers une voie d’équilibre.
C’est cette voie qu’elle doit savoir défendre par son indépendance.
Et devenir de la sorte un modèle qui puisse rayonner sur le monde.
C’est ainsi peut-être qu’elle sera mieux à même d’aider ses alliés Américains qui vont se trouver confrontés à une remise en question de leur société à laquelle nombre de ses  citoyens n’ont pas été préparés car pour eux cet aboutissement  était du domaine de l’impensable.

Nous avons une chance et une responsabilité pour apporter les richesses de notre expérience au monde, pour être un trait d’union entre le Nord et le Sud, l’Occident et les pays en voie de développement, entre les riches et les pauvres, les heureux et les malheureux . Pour être un laboratoire vivant d’une société humaniste.
Et cette responsabilité dépend de chacun d’entre nous, maillons responsables d’une conscience collective.



Des liens pour l’Europe :

L’Union Européenne : europa.eu

Le Parlement Européen : www.europarl.europa.eu


La Commission Européenne à Paris : http://ec.europa.eu/france/


Le Mouvement Européen France : www.mouvement-europen.eu

Le site du Rassemblement Civique Pour l’Europe http://rce-europe.hautetfort.com présidé par Gérard David DESRAMEAUX politologue et haut fonctionnaire, rencontré dans une commission du Mouvement Démocrate à Paris .

02/12/2008

La longue marche de la conscience humaniste

Même si tant d’encre et d’images ont coulé depuis l’élection du premier Président noir des Etats - Unis, face à un sommet de l’Histoire, il est tentant de vouloir y planter aussi son petit fanion.
Pour qui, comme moi, a passé une partie de son enfance dans une Amérique encore structurée par la ségrégation, l’accession de Barack OBAMA à la Maison Blanche prend un poids inouï.
Quel progrès rapidement tracé dans les consciences pour transcender les préjugés inculqués de génération en génération jusqu’à ce basculement positif .
D’Abraham Lincoln abolissant l’esclavage, au rêve de Martin Luther King devenu martyr de sa lutte non-violente, en passant par tous les gestes symboliques, petits ou grands , anonymes ou célèbres , tous les écrits, toutes les prises de position courageuses, le long chemin d’étape en étape à tracé sa voie avec persévérance pour en arriver à cette élection symbolique.
Le fait est positif en soi , mais il est aussi à prendre comme un encouragement et un espoir qui dit que les luttes ne sont pas vaines, qu’aucun combat n’est inutile.
La mort de Martin Luther King comme celle de Gandhi était pour moi, dans mon adolescence, source de révolte et de désespérance, comme si les hommes de bien étaient inéluctablement voués à la destruction et que ,dans ce monde , les dés étaient pipés.
Même si le prix de leur sang demeure inadmissible et tragique, il est au moins une source d’encouragement de constater que leurs combats, que les combats de tant d’autres, portent finalement des fruits , même s’ils ne sont pas toujours immédiats.
Selon une perception qui n’engage que moi , j’ai vécu la victoire d’OBAMA comme un autre signe fort , générateur d’espoir. Par le fait que celle-ci survient précisément au moment d’une gigantesque crise financière mondiale qui ébranle nos sociétés comme une lame de fond.
Au premier degré, cette crise aura vraisemblablement eu sa part dans la victoire du Sénateur Démocrate de l’Illinois . Mais j’y ai ressenti une sorte de confirmation intime que cette crise était une poussée évolutive, pour un plus grand développement des consciences individuelles, un emmarchement, un basculement vers cette nouvelle ère que beaucoup appellent de leurs vœux ,face à des modèles de sociétés qui débouchent sur de graves impasses sur le plan humain et au niveau de notre environnement planétaire.
Même si son adversaire Mac Cain était réputé nettement plus ouvert que
W .BUSH, la poursuite de la politique des Républicains aurait donné une toute autre tournure aux évènements. C’était craindre la poursuite d’une politique responsable des abus qui ont crée la crise actuelle , c’était craindre que trop de facteurs ne s’enveniment sur la planète dans un climat encore plus tendu par l’avènement du désastre économique. C’était craindre que les situations ne deviennent encore plus complexes .
À l’opposée la victoire d’OBAMA non seulement va donner l’espoir d’un changement, mais elle donne aussi à l’Amérique un tout autre visage face au monde et à sa nouvelle configuration , qui la sort des ornières et des clichés d’un monde Occidental, blanc et impérialiste réveillant les échos des meurtrissures des anciens colonisés, en opposition avec les puissances émergentes du tiers monde.
C’était donc, dans la configuration actuelle, pour beaucoup d’analystes et d’observateurs, la meilleure carte qui puisse se jouer. Et elle a été jouée.
Nous donnant par là une respiration. Et donc une raison d’espérer.
Reste un gigantesque enjeu face auquel un seul homme, si grand soit-il , n’est qu’un grand pion sur l’échiquier.
Or cette crise financière déferle au moment où l’humanité était de plus en plus confrontée aux conséquences de ses agissements sur son environnement et où elle s’activait à prendre des mesures souvent déjà tardives.
Selon un éminent économiste avec qui j’ai récemment discuté au Mouvement Européen , la crise menace ces mesures pour l’environnement ainsi que les activités culturelles.
Pourtant, par son gigantisme et son origine c’est bien notre modèle de société qu’elle remet en question, comme si elle nous mettait au pied du mur pour enfin avoir le courage de changer, le courage de renverser la vapeur, de trouver une voie d’équilibre qui permette l’accomplissement de l’homme, des hommes, sans que cela soit au préjudice d’autres hommes et de la planète.
On s’inquiète du recul de la croissance.
Mais la croissance pour quel sens ?
Nous en sommes venus à trop séparer les phénomènes alors que leur imbrication n’a jamais été aussi complexe, comme un gigantesque « Micado », susceptible de s’effondrer au moindre faux mouvement.
Si la technologie a été tellement désignée comme responsable des dégradation planétaires, n’est-ce pas plutôt les appétits économiques, la course au profit qui l’a orientée vers des voies néfastes ou dangereuses ?
Il n’est donc pas possible, plus possible d’orienter l’économie sans ces impératifs, comme il n’est plus possible de continuer à se désintéresser de ceux à qui il n’est même pas donné une condition humaine digne de ce nom, et qui sont millions sur notre globe.
La nouvelle politique Américaine va s’orienter vers ces facteurs et les valeurs qu’elles impliquent.
Mais pour autant rien ne sera joué car cela va demander des changements considérables de mentalités, que certes les élites intellectuelles de ce grand pays espèrent depuis pas mal de temps, mais qui devront graduellement se répandre dans des modes de vies qui n’y sont pas préparés.
Les Américains sauront-ils passer rapidement de l’ère du gaspillage et du superflu individualiste à l’ère du développement durable et de la conscience planétaire ?
Car ce sont les consciences de chaque citoyen d’Amérique ou du monde qui
sont en jeu pour arriver à trouver une voie d’équilibre humaniste qui redonne du sens à nos sociétés et au progrès technologique.
Nous n’avons jamais eu autant de moyens techniques pour y parvenir et communiquer les informations aux quatre coins du globe.
Mais à l’opposé ces moyens peuvent être retournés pour nuire avec une rapidité et une puissance également unique dans l’histoire de l’humanité.

Cela nous donne la mesure des enjeux, en nous rappelant que chaque combat, chaque geste compte, et que nous ne pouvons pas laisser rogner
les fondements et les valeurs de nos démocraties si nous voulons pouvoir
voir s’instaurer un mode de société plus cohérent.
De la justice à la santé , de la vie sociale à la culture, de la science à l’environnement, le monde n’est fait que d’interrelations que nous ne pouvons négliger. Qui nous imposent une constante vigilance citoyenne et politique.

Face à ces enjeux, le projet Européen, fondé par des vieux peuples expérimentés et qui n’ont pas encore poussé jusqu’à l’impasse le modèle de société à l’Américaine qui a dominé jusqu’à présent , a un rôle majeur à jouer.
Son développement, pourvu qu’il soit réellement en cohérence avec ses valeurs humanistes fondatrices, ne pourra qu’aider l’Amérique et le monde à faire émerger une nouvelle conscience dont notre avenir et celui des générations futures dépend.

18/10/2008

Tractage MoDem pour l'Europe

Communiqué de presse des Jeunes Démocrates  pour le tractage sur l’Europe et la crise financière organisé à Nice le Samedi 18 Octobre 2008 à 13 h :

"Le MoDem prend l'initiative de communiquer sur l'Europe au travers de la situation de malaise que traverse notre continent.
Le MoDem, parti pro-européen, prônant une Europe des valeurs, lance un premier tractage ce samedi 18 octobre sur Nice.
Ce tractage aura lieu à partir de 13 h vers l'Acropolis puis sur Jean Médecin.
Ce tractage s'inscrit dans une volonté de formation et de communication envers les citoyens sur l'Europe et l'importance que revêt l'échéance européenne du 4 au 7 juin 2009.
Nous pensons qu'il est indispensable de replacer la crise financière dans son contexte et d'informer les citoyens sur sa vraie nature.
Ce tract est le premier jalon d'une campagne d'information et de formations des citoyens qui va se poursuivre et s'intensifier avec prochainement l'ouverture de cafés démocrates européens."

01/09/2008

Le Rêve Humaniste Européen versus « American dream »

Que mes amis Américains fervents admirateurs de Barack Obama ne m’en veuillent pas, mais j’ai peine à croire à l’accession à la Maison  Blanche du sénateur de l’Illinois.
Des marques indélébiles d’une enfance dans l’Amérique de la ségrégation, qui était pourtant celle de Kennedy, en sont la cause :

La croix de feu du Ku Klux Klan  trouant la nuit du Colorado, pas très loin de Denver, flambante menace devant la porte d’un Directeur d’école épris de laïcité,  qui avait cru pouvoir se conformer à la constitution et refuser de faire faire  la prière obligatoire aux élèves de son établissement.
Une expédition à Memphis  près de Dallas (Texas) chez John GRIFFIN auteur du best seller « Black like me » qui avait dû fuir au Mexique après la parution de son livre et dont une effigie avait été pendue  dans cette localité.
Les marques matérielles de la discrimination ponctuant la vie sociale ( bus, toilettes) et la prière obligatoire à genou dans les écoles publiques après le serment d’allégeance à la bannière étoilée en dépit de ma nationalité étrangère.
Tous ces  souvenirs accumulés dans ma mémoire me font craindre qu’il est trop tôt encore dans l’Amérique qui a donné un second mandat à George W .BUSH après son invasion de l’Irak basée sur un mensonge, en violation du droit international et qui a abouti a un enlisement.
Et pis encore, si le destin conduisait Barack OBAMA à la fonction suprême , je craindrais que cela ne soit pas pour longtemps et que des profondeurs les plus intolérantes de ce grand pays une main armée ne se lève et frappe.

Cependant même s’il n’était pas élu, la candidature de cet homme de couleur aura marqué un tournant capital dans l’histoire de l’Amérique, donnant effectivement corps au rêve de Martin Luther KING et aura prodigieusement fait évoluer les consciences.
Mais s’il était élu, en dépit de cette avancée considérable, peut-on espérer des changements radicaux et profonds de la nation la plus puissante du monde ?
Le discours de Denver semble à cet égard assez éclairant.
Taxé de «  populiste et démagogique » par des critiques  de la droite comme de la gauche, il doit nous donner la température des préoccupations premières des électeurs Américains ciblés.
S’il se veut éminemment social , il est en premier lieu national et nationaliste, un hymne à la suprématie Américaine, nation qu’il faut préserver et défendre comme une « terre promise » pour les futurs émigrants du monde.
Terre promise où accomplir « l’American  Dream »  qui en dépit de tournures évangélisatrices ou de références bibliques est essentiellement un rêve de réussite matérielle . La suprématie de l’Amérique dans tous les domaines, y compris culturels, y est affirmée avec ferveur et le reste  des nations du monde  demeure des satellites destinés à graviter autour de l’astre Américain.
Sans caricaturer la démarche d’OBAMA , on peut noter qu’il n’y a pas de référence aux autres nations, de souhait de les voir se développer démocratiquement dans le plein rayonnement de leurs identités et de leurs potentiels.Il faut donc admettre que ce rêve là n’est pas , en dehors d’une certaine élite, inclus dans le rêve de l’électeur démocrate Américain moyen.
Pour lui apparemment  l’Amérique, dans toutes ses facettes, est  un modèle pour le monde et le plus grand accomplissement est de devenir citoyen de cette nation , unie sous son drapeau et sous la bénédiction de Dieu.
« Que Dieu vous bénisse -Que Dieu bénisse les USA » a conclu le sénateur de l’Illinois à Denver. Phrase impensable dans la bouche d’un candidat Français aux présidentielles , et qui ferait ici descendre dans la rue les tenants de la laïcité, croyants et incroyants confondus .
Force est donc de constater une grande différence de sensibilité et de niveau de conscience entre les électeurs Français ou Européens et ceux des USA .
Le premier discours de Nicolas SARKOZY après sa victoire à l’élection Présidentielle vibrait d’élans humanistes destinés à tous les peuples du monde.Il savait qu’il toucherait ainsi les cœurs des électeurs de gauche , de droite ou du centre, y compris ceux qui ne lui avaient pas apporté leurs suffrages.
Le propos ici n’et pas de faire le procès de l’Amérique, grande nation à  qui nous devons tant , qui  a beaucoup à apporter au monde et où il y a beaucoup à prendre. Mais de souhaiter voir s’élever haut et fort ,en réponse à son  rêve centripète, un rêve humaniste Européen qui ne porterait pas en avant la suprématie d’une nation , mais qui souhaiterait aider à voir chacune d’elle  s’accomplir dans ses spécificités les plus  supérieures,  en  une interaction d’échanges pacifiques.
Rêve qui peut sembler utopiste au premier abord mais qui est , en profondeur ,beaucoup plus réaliste qu’il n’y paraît car il travaillerait plus efficacement à la construction de la paix mondiale que les passions de suprématie qui enflamment les peuples jusqu’aux conflits.
C’et surtout en reconnaissant les qualités et les différences des peuples du monde que l’on pourra ouvrir un dialogue planétaire efficace pour la sauvegarde urgente de notre environnement commun, de nos cultures, le développement  primordial de la démocratie, le partage des avancées scientifiques et médicales, le développement de l’humain dans toute sa plénitude qui passe par son respect intégral et la justice sociale.


L’Europe qui se constitue de peuples ayant chacun une histoire, une langue, une culture différentes , bien qu’ en interrelations  et qui a su, après des siècles de sanglants  carnages, développer une profonde aspiration pacifique .

L’Europe qui a vécu la colonisation puis la décolonisation, de gré ou de force, se frottant ainsi pour le pire , et parfois le meilleur ,à d’autres peuples.

Cette Europe, riche de ces  expériences et d’une vielle  culture imprégnée de philosophie, aspirant à la modération et à l’équilibre sans fièvres religieuses.

Cette Europe là a un rôle majeur à jouer pour la Paix du monde et pour  éviter  que les rêves nationalistes  des puissances en place ou émergeantes ne se heurtent dans leur désir de suprématie.


Créons le  « Rêve Humaniste Européen »  pour fédérer autour de valeurs universelles dans une mondialisation non pas déséquilibrante  mais constructive.
Et redonnons ainsi au «  rêve Européen » une dimension qui pourra parler à ses peuples au lieu qu’ils se sentent un éternel « tampon » des grandes puissances, devant ménager leurs alliances et leurs alignements dans la crainte de voir s’enflammer des conflits.
Redonnons ainsi une mission, un sens et une âme au projet Européen au lieu qu’il reste entravé dans un carcan administratif et mercantiliste.

04/07/2008

Promesses et responsabilités

La nouvelle chute de popularité du Chef de l’Etat qui lui donne 33 % d’opinions favorables contre 65 % d’opinions défavorables, avec 81% des Français qui pensent que les choses auront tendance à s’aggraver *, crée un climat bien peu propice à la Présidence de l’Europe par la France.

François BAYROU a opté pour une politique d’indépendance permettant d’approuver  les mesures favorables et de critiquer ce qui paraît néfaste ou contraire.

Certes la morosité ambiante n’est pas du seul fait du gouvernement qui se trouve confronté à des situations internationales imprévues.
Imprévues, mais peut-être moins imprévisibles.

Si le désamour des Français pour leur Présidence ne semble pas prendre en compte ces données extérieures, c’est qu’il prédomine un profond sentiment de déception.

Nombre d’électeurs de Nicolas Sarkozy semblent avoir cru à une sorte de miracle, à un rêve forgé à partir de  promesses qu’ils pensaient voir s’actualiser rapidement.

De nombreux blogs politiques ont pris la peine de recenser ces promesses non tenues qui capitalisent un désenchantement progressif de cet électorat.

La « promesse électorale » est un défaut majeur de la politique.

Elle sape progressivement la confiance et conduit à ce qui m’est souvent apparu comme une démoralisation au double sens du terme de la vie politique. C’est-à-dire à faire perdre le moral aux citoyens et la moralité aux politiques.
L’abus de promesses a donc une double action :
de fait  , par la non- réalisation d’évènements souhaités,  mais elle catalyse également un processus de découragement, de pessimisme, qui vient encore alourdir la situation objective.

Les politiques n’ont pas tous les torts en la matière.
Le citoyen électeur a les siennes qui espère souvent leur transférer  tous ses besoins  et desideratas sans être prêt à s’engager lui-même de manière responsable.
C’est ainsi qu’après avoir souvent  eu tendance à rechercher à travers  le socialisme «  l’Etat Providence », il semble maintenant avoir espéré un « Président Providence », capable de prendre en charge tous les problèmes et d’apporter réponses à tout.

C’est peut-être la raison pour laquelle la 3ème voie présentée par François BAYROU n’a pas encore réussi à rassembler suffisamment de suffrages pour proposer une autre alternative alors qu’elle  s’offrait pourtant aux électeurs lors des présidentielles de 2007.Ces mêmes  électeurs qui maintenant semblent renier leur choix et ont eu loisir de tenter une autre démarche.
Or cette 3ème voie demande aux citoyens une attitude plus mature et plus responsable et ipso facto imposerait aux politiques  plus de rigueur dans le possibilité d’actualiser leur programmes et  propositions.
Mais même s’il y a une sorte de démission citoyenne dans ce désir de croire à tout prix les promesses jetées à profusion, il y a un danger certain à en user. Danger qui engage la responsabilité de celui ou celle qui en use et abuse.
Or de telles responsabilités dans l’instabilité du monde dans lequel nous vivons, dépassent largement les nations.
Alors que l’Europe est en pleine crise, comment une Présidence Française qui a perdu la confiance de la majorité de ses concitoyens pourrait-elle  redonner confiance et volonté aux peuples d’Europe ?
D’une désillusion à l’autre, si  les Européens perdent foi en leur avenir commun et en leur mission comment pourront-ils peser sur l’avenir du monde, essayer de travailler à sa stabilité ?

Par l’enchaînement des causes et des conséquences dans un monde d’interrelations extrêmement  sensible et réactif, les promesses électorales non tenues à un peuple peuvent ainsi peser sur le destin d’autres peuples, voire du monde.
Face à ces enjeux de responsabilités , il est urgent de voir s’établir une politique nouvelle, humaniste, prudente et sage.
Et elle devra s’établir au plus vite pour la Paix des peuples.

 

* Le Figaro 3-07-2008- :  Sondage TNS-Sofres pour le Figaro Magazine 

22/06/2008

Pour une Démocratie Européenne


Le «  non » Irlandais a donné lieu  à de nombreux commentaires.  Sur  les raisons profondes de ce «  non » d’une part et sur l’opportunité de soumettre au référendum un texte hyper spécialisé  d’autre part.
Les dirigeants de l’UE ont espéré sortir rapidement de la crise , mais l’échéance est repoussée au mois d’Octobre. Si un nouveau référendum  permettait, en, raison de pressions sur l’Irlande, de retourner la situation, c’est la Démocratie qui en ressortirait atteinte. Et si c’est à nouveau une impasse, les conséquences seront pour l’Europe elle-même.
C’est une situation grave et il est accablant de voir titrer : « l’Europe en panne »
En 2005 c’étaient la France et  la Hollande qui s’opposaient  au projet de Constitution. Trois ans après le peuple d’Irlande  a été catégorique, les Tchèques et les Polonais soulèvent des problèmes tandis que le Royaume Uni n’a pas encore ratifié.

Ce refus et ces atermoiements cristallisent nettement une méfiance et une crainte des peuples d’Europe envers l’institution sensée les rassembler.
J’écrivais dans un récent article (http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archi... combien ces peuples, forgés par l’Histoire et la souffrance, pouvaient avoir une mission capitale pour l’équilibre du monde , s’ils savent développer et faire rayonner une Conscience Européenne.
Or cette conscience est  latente.
Nous avons en partage notre histoire, notre culture, pratiquement un même rythme de développement par rapport aux progrès technologiques, une même aspiration profonde à la Paix, une conscience environnementale vraisemblablement parmi les plus développées du monde, des habitudes de vies proches.Et nous jouissons  également d’un des climat  les plus démocratique du monde ,dans chacun de nos pays.
Ce sont là des bases essentielles qui devraient  nous permettre de porter au plus haut un idéal de société, un «  modèle humaniste pour le XXI ème siècle » comme le décrit François BAYROU.
Une Irlandaise  me disait récemment que ses compatriotes  se sentaient Européens mais refusaient d’être entravés par les «  diktats » administratifs de Bruxelles.
C’est ce dont beaucoup d’Européens se plaignent, tout comme ils craignent un modèle de développement  qui irait dans le sens d’un ultralibéralisme à l’Américaine.
Il y a donc un divorce latent entre l’aspiration  des peuples Européens et le modèle qui leur est proposé .
Et si ce n’est divorce, il y a une méfiance certaine envers la direction de  l’Europe puisque, à priori, ils repoussent des textes dont ils n’ont pas pris connaissance ou qu’ils n’ont pu appréhender en raison de leur complexité.
Cette attitude est à rapprocher de  l’abstention aux élections nationales et du vote sanction en alternance gauche/droite, non par adhésion aux valeurs proposées, mais par mécontentement d’un état de fait.
Il y a donc une tâche énorme  ,dans laquelle devront  s’engager prioritairement les Démocrates.
Pour que les institutions Européennes réfléchissent  les aspirations et les besoins des peuples d’Europe.
Pour que ces peuples sentent plus intensément le besoin et l’urgence  de bâtir cette Europe forte, indépendante, humaniste et équilibrée.

Ce modèle de Démocratie Européenne qui aura un rôle prépondérant pour l’équilibre d’un monde dont les enjeux  ne permettent plus d’atermoiements.

09/05/2008

Pour une Conscience Européenne

De villes en villages, jusqu’au plus reculé des hameaux,notre histoire est écrite dans la pierre sur des édifices grandioses ou les modestes plaques des monuments aux morts ou dans un recoin de montagne où furent abattus des résistants  de la dernière guerre.
Des siècles et des siècles de guerres, de rapines, de conquêtes, de sang et de souffrance, de frontières mouvantes.
Mais aussi des siècles et des siècles d’échanges, de partages de cultures,
d’alliances, de mariages royaux, d’interrelations qui ont crée notre identité.
Celle d’une vieille Europe des cultures et des pouvoirs, de civilisation et de barbarie,  qui  a derrière elle beaucoup de crimes et d’exactions, guerre des religions, inquisition, trafic d’esclaves  ,guerres de conquêtes  et  exploitations coloniales, atrocités des deux dernières guerres mondiales . Bien des « péchés » à notre actif mais qui ont fini par accoucher du miracle : un désir de paix et d’équité  puissamment  partagé  qui a fait de nous aujourd’hui des Européens à part entière partageant leur monnaie, un drapeau, un avenir. Des Européens qui ont  su développer  et transmettre  aux nouvelles générations l’horreur  des  conflits, des souffrances et des dominations. Une horreur telle que lors  de la crise Irakienne de 2003  les populations des pays dont les gouvernements avaient choisi de suivre les Etats Unis dans la voie du conflit étaient opposées à leur dirigeants. On se souvient des banderoles indiquant «  pace » relayées de balcons en balcons en Italie.  Parce que ces populations adhéraient plus à cette nouvelle Conscience Européenne  qui a émergé et dont  ils se sentaient solidaires, qu’aux stratégies  de pouvoir de leurs dirigeants.
C’est cette communauté de peuples  expérimentés, farouchement  attachés à  la Paix qui donne au projet Européen  une dimension prépondérante pour l’équilibre du monde.
Cette dimension brillamment portée devant l’ONU le 14 Février 2003  par le discours historique  de Dominique de Villepin qu’il est bon de rappeler en cette journée de l’Europe :

« Dans ce temple des Nations Unies, nous sommes les gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix.

Et c'est un vieux pays, la France, d'un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'occupation, la barbarie. Un pays qui n'oublie pas et qui sait tout ce qu'il doit aux combattants de la liberté venus d'Amérique et d'ailleurs. Et qui pourtant n'a cessé de se tenir debout face à l'Histoire et devant les hommes. Fidèle à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur. »

Ce vieux continent et ce vieux pays , la France, d’où est parti l’idéal démocratique ,indissociable corollaire de celui de paix.Idéal qui est notre héritage et qu’il nous appartient  d’aider à répandre sous toutes les latitudes pour qu’enfin les droits de l’homme ne soient plus un vain mot.
Ce vieux continent dont les consciences ont pu évoluer au rythme des progrès techniques  a une énorme expérience à faire partager aux peuples émergeants, qui  se laissent  enivrer par les développements technologiques brutalement plaqués sur des sociétés parfois encore archaïques et non démocratiques.
Si nous ne voulons pas que cette course au progrès  et au profit écrase sur son passage les droits humains et  les impératifs de notre environnement, c’est à nous Européens d’être les «  gardiens de cette conscience », les gardiens de l’équilibre du monde.
Nous Européens qui  sommes attachés  à d’autres valeurs que le profit comme but ultime, et qui nous devons de les défendre face aux grandes puissances qui tentent d’imposer leur loi au monde.
Entre une Amérique   conquérante, voire prédatrice, qui commence à s’affaiblir  mais qui refuse de s’engager pour la protection de notre environnement planétaire   et une Chine  bientôt surpuissante qui ne s’embarrasse ni d’écologie ni des Droits de l’Homme, seule la voix de l’Europe , si elle sonne fort, pourra , dans l’équilibre actuel  instable du monde, protéger l’homme et la terre.
Ces peuples d’Europe , forgés par l’Histoire et la souffrance peuvent
avoir une mission capitale pour le monde si ils savent  développer et faire rayonner leur Conscience Européenne .

Il faut construire une Europe forte et pleinement indépendante pour que la Conscience Européenne maintienne l’équilibre du monde et y répande l’humanisme et la Démocratie .
Fêter l’ Europe c’est fêter l’espoir en l’avenir du monde.
 



 
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