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03/07/2011

De l’inhumain à l’humain, pour une société de l’Homme


En dépit des apparences, je n’ai pas abandonné le combat politique.

Mais je dois des excuses à mes fidèles lecteurs ainsi qu’aux nouveaux  , venus régulièrement lire mes articles précédents. Je les en remercie beaucoup car cela prouve  que lorsqu’on s’attache  au fond des choses ,dépassant l’immédiateté et la superficialité,  l’intérêt demeure .
En Février   dernier , il  y  a eu 3  ans que Conscience et Démocratie aura commencé sa petite aventure sur le net et déjà des milliers de visites se sont accumulées.

J’ai été trop longtemps silencieuse, mais parfois il est bon de laisser passer la colère et la révolte , de prendre du recul , avant de tirer des conclusions .

Durant ces longues semaines de silence apparent ,j’ai  accumulé des expériences  diffciles  en me battant pour la santé d’un proche et  celles-ci nourriront certainement des combats ultérieurs.

Il a fallu d’abord faire des  constats,  qui se sont confirmés par nombre de témoignages ,  sur les graves carences de notre système de santé.
En particulier sur la situation des personnes âgées. Il vrai que je réside  dans une région qui doit être sur ce chapitre parmi les plus mauvaises.

J’ai pu lire  la « Charte de la personne âgée dépendantes »établie en  1997 par la Fondation Nationale de Gérontologie qui dans ses 14 principes généraux pose que «  la prévention de la dépendance est une nécessité pour l’individu qui vieillit ».

Plus de 13 ans après,  les gestes élémentaires , simples, de base , ne sont même pas faits en temps et heure pour prévenir des conséquences en cascade qui peuvent détruire l’individu.
Dans certains lieux on « fabrique » tout simplement des grabataires.  Quand on sait qu’il rapporteront plus à  l’établissement , on peut s’interroger.

Il y a là un problème qui nous confrontera de plus en plus avec l’augmentation de la durée de vie.

Il ne tient,  il ne tiendrait qu’à nous que cette mutation soit un plus pour l’humain et non le développement de milliers de cas de détresse, de souffrances, de perte d’identité et de dignité. Avec toutes les répercussions  sur la famille  et un poids énorme sur la société.

Comme me le disait une infirmière , nous avons en principe toutes les cartes en main pour  aider.

Mais du potentiel à son actualisation, il y a un gouffre dans lequel s’abîment nombre de vies hier jeunes et brillantes.
Si nous prétendons être une civilisation, si nous nous  proclamons telle, il faut savoir respecter tous les âges de la vie. Il ne faudrait pas être en  dessous de certaines colonies de primates qui portent leurs anciens sur leur dos pour les protéger et bénéficier de leur expérience… Il ne faudrait pas être en dessous des sociétés  traditionnelles , à qui nous  avons voulu donner des leçons , mais pour qui l’âge était synonyme de sagesse.
Il ne faudrait pas surtout céder, à tous les niveaux de la vie, à tous les niveaux de la  société ,  aux sirènes du mercantilisme et de l’indifférence.

Pour le vieillissement comme pour tous les problèmes sociaux, c’est la conscience citoyenne debout de chaque maillon d’actifs qui est concernée.
Non , les politiques n’ont pas tous les torts, ne peuvent être responsables de tout.
Il est souvent trop facile de déléguer ses responsabilités et d’oublier ce que chacun d’entre nous doit à l’autre au quotidien.
C’est la conscience de chacun à son poste qui peut changer les choses. Cela implique bien sur d’abord un consensus, un projet de société partagé construit de jour  en jour dans chaque acte , chaque geste. C’est difficile  mais il n’y a pas d’autre voie pour une démocratie .

Non , les politiques n’ont pas tous les torts . Mais ils en ont  , c’est vrai , beaucoup aussi , car ils ont laissé prospérer une oligarchie de l’argent qui a progressivement fait main basse sur tous les postes et les biens importants  .
Et ce faisant ils ont laissé notre société se démoraliser au double sens  du terme.
Tellement qu’à chaque niveau d’activité il   semble que celle-ci ne tient que sur les épaules de quelques uns. Partout on réduit du personnel . Et sur ce personnel réduit, une bonne partie a perdu toute motivation, écrasée par le poids de cette oligarchie qui s’est taillé des places et  des fortunes à des niveaux jamais atteints dans nos démocraties .
Nous sommes ainsi inféodés à l’argent, au rendement, au profit  à l’état brut ou brutal et non au développement   économique et social.
Et cela perdure alors que les crises financières ont montré les dangers de ces abus maladifs.

Il me semble grave de voir désormais utiliser le mot «  élite »  pour désigner cette oligarchie prédatrice et calculatrice.
Une élite, dans une démocratie , est formée de phares , d’êtres qui brillent par des qualités supérieures  que ce soit dans  les sciences, les arts, la philosophie, la politique, la médecine , le commerce s’il est  équitable et utile.
Cette élite sort du terreau  d’un peuple et ne peut être liée ni à une classe ( ou caste) ni à la consistance  de son compte bancaire.
Combien de chercheurs, combien d’artistes  ont su œuvrer avec trop peu ?

Ce type de dérive est symptomatique d’une société qui  a pris les moyens pour le but au point d’oublier sa propre préservation.

Le drame du Japon devrait nous faire réfléchir . Il frappe une société développée, à la pointe de la technologie et un peuple discipliné et courageux
Nous disséminons  ce danger potentiel sur des continents qui n’ont encore pas développé leur technique et leur démocratie. Quant  à nous, à voir comment fonctionne nos différents systèmes  , les anomalies ,  lenteurs, erreurs auxquelles nous nous heurtons au quotidien , peut-on rêver  que la perfection ait été atteinte dans nos propres  centrales ?

Sans sagesse et sans raison, nous avons avancé en accumulant les risques principalement parce que c’est le profit qui dicte  systématiquement sa loi.
Or le profit ne peut être le fondement d’une  démocratie et d ‘une civilisation.

Un ami , qui n’est pas de ma génération m’a fait lire ,récemment à Paris ,les premières  pages d’un livre qu’il termine.Il raconte comment il a vécu petit à l’heure de l’humain , puis soudain avec l’ascension  d’Hitler , la deuxième guerre mondiale et la Shoah, il s’est  retrouvé  dans cette enfance,  basculé dans  l’ère de l’inhumain.

Une affaire de famille qui s’est jouée à haut niveau du pouvoir ,  sur laquelle je venais de me pencher , m’a justement donné l’occasions de plonger dans la France d’après 1945. Éprouvant voyage qui  m’a démontré que la page de l’inhumain ne fut jamais vraiment tournée  et que  nous avons  reconstruit notre nation avec des briques ensanglantées. Bien des dynasties financières ou industrielles ont plongé leurs racines dans les eaux glauques  de la collaboration avec le nazisme  qui les a fait prospérer.  Comment s’étonner dès   lors des  dysharmonies de notre société puisque notre économie  nationale est ainsi  entachée.

Dominique de Villepin invite ses concitoyens à une  indispensable refondation républicaine.
Ceci fait  profondément écho  aux prises de consciences qui m’ont déterminée à l’engagement politique .

Mais re -fonder sur quel sol ?  Nous ne pourrons relever les piliers  de la République sur des sables  mouvants ou un marécage. Les Français sont démoralisés au  double sens du terme comme je l’ai dit plus haut.
De scandales en dérives, de perte de sens en perte de bon sens, il semble qu’il n’ay ait plus de place pour une démarche, claire , ferme , cohérente ,exigeante .
Il semble que l’urgence  est à la refondation morale. Non d’une morale exiguë  dans le sens  le plus étroit du terme , mais dans de réelles exigences éthiques qui dictent les droits fondamentaux de l’humain.  Partout. En France comme ailleurs.
Sur cette base seulement, sur le consensus  d’une prise de conscience générale , sur cette remise en question lucide de nos sociétés  et de nos démarches nous pourrons  redonner un sens à chaque  fondement républicain.

Or nous dérivons dans un chaos médiatique du  sensationnel et d'immediateté qui éloigne constamment de la racine des choses.
L’affaire Strauss-Kahn en est une parfaite illustration.  Elle fait , elle fera, il faut l’espérer,  le procès de cette  dérive médiatique.
C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que nous avons en main de tels outils . Or qu’en faisons nous ? Des machines à broyer , à détruire. Ou à  vendre de l’illusion . Pouvoir dans le pouvoir , moyen de fascination sur les masses  , s’il n’est pas  tenu par une axe rigoureux , ce moyen devient   l’instrument de l’inhumain  et pourrait être celui d’une déshumanisation systématique.

Je n’ai pas de sympathie particulière pour Dominqiue Strauss-Kahn. Je ne me suis de fait pas intéressée à lui. Pour la simple raison qu’il appartient au monde de l’économie et de la finance qui m’est étranger  quand il ne m’est pas suspect , justement par ses risques de déshumanisation .
Mais dès le début de l’affaire,   j’ai craint un des plus gros attentats politiques   du siècle. L’avenir dira peut-être la réalité des mobiles qui ont précipité la chute du Directeur du FMI.
Mais ce que j’ai trouvé totalement inadmissible c’est le rôle joué par les medias pour tuer un homme alors même qu’il bénéficiait de la présomption d’innocence.
Rien ne peut, dans des sociétés  prétendument civilisées,   légitimer une telle dérive. Dérive au service du pouvoir, de pouvoirs , c’est une évidence.
Et c’est là le plus grave de cette dérive car elle impose une déshumanisation,  banalisée. Sous le fallacieux prétexte de servir  «  l’information «  l’instant , la liberté d’expression ,avec habileté , science ou prouesses technologiques  , amalgames et  montages , ces techniques  raffinées peuvent faire croire ou dire n’importe quoi à n’importe qui .

Au-delà du «  fait-divers  »  du cas précis , il y a, il y a eu viol des consciences ou des sensibilités en gorgeant à outrance les spectateurs  par une invasion d’images chocs de «  détails »   « d’expertises  »«  légistes », répandus à profusion  , au nom d’une  prétendue  morale de masse, sous l’oeil sidéré des enfants et adolescents à qui on ne laisse même plus d’espace pour le rêve , pour l’imaginaire et cette faculté propre à l’homme et qui ne le réduit , ni l’affaiblit : la Poésie.
Un déferlement, un raz de marée  négatif pour agiter dans le sensationnel et faire perdre  tout recul et tout repère .
Le premier repère étant celui des Droits de l’Homme. Qui s’appliquent à tout homme ( ou femme ) victime ou coupable.  Par ce que c’est un principe .
Et non un jouet ou un mot dont on se gargarise en tant que de besoin.
Cette dérive  là nous l’empruntons avec appétit aux moeurs d’outre Atlantique, qui fondent  nombre de  leurs actes sur le règlement de compte habillé de puritanisme.
J’ai personnellement désapprouvé totalement la façon dont  a  été gérée  la    fin de Sadam Hussein. Parce que  les crimes contre l’humanité exigennt des procès et des procédures droits et clairs, sans équivoques , où la personne en tant que telle demeure respectée dan son essence , même si elle a bafouée cette essence.
Comment sinon nous poser en «  justiciers » , au nom des droits fondamentaux, si  nos procédés sont du même style ? Si nous ne savons pas respecter la dignité fondamentale, nous n’avons pas de leçons à donner à ceux qui la bafouent.

Dans l’affaire Strauss-Kahn quels qu’aient  été les faits, il n’était  pas admissible que cet homme , ce père , ait été tendu à la vindicte planétaire – sans jugement- au mépris de tout ce qu’il avait pu être d ‘autre –  au mépris de ce qu’il avait pu faire  de bien- au mépris de ses enfants  ou proches qui n’avaient pas à subir une telle violence morale.

Cette affaire bien sûre renvoie  à la présomption  d’innocence .

Mais elle remet aussi bien des acteurs en question qui servent cette courtisanerie mondialisée et médiatiquement relayée ou fabriquée :
Aujourd’hui puissant et courtisé- demain détruit et mis en pièces- après-demain reconstruit , flatté et flagorné à nouveau .
Le monde politique en sortira encore plus ébranlé et discrédité, rétréci.

Que l’homme ait été coupable, et l’on pouvait  s’étonner  que ses pairs l’aient de si près fréquenté ou adoubé sans en voir  le danger .

Qu’il ne l’ait pas été,  combien de déclarations platement opportunistes pour profiter de l’espace laissé , dénoncent l’empoisonnement  en profondeur de cette vie politique  , de ces appétits qui font perdre toute mesure .

A –t -on bien  vu  qu’en se prêtant à ce jeu du pilori médiatique, c’est aussi la France qu’on a laissé   atteindre ?

Imaginerait t- on un seul instant   Bill ou Hillary Clinton  accusés  de pédophilie  ( c’est  une fiction) sur son enfant  par un femme de ménage maghrébine  de  Belleville , brutalement arrêtés dans leur avion, menottés , emmené entre deux gendarmes à Fleury Mérogis  sous l’œil complaisant des  caméras du monde ?

Ce scénario  est totalement invraisemblable.  Et donc la France et l’Europe , à travers ce scandale ont été éclaboussées.

Ce fut hier Dominque Strauss- Kahn. Ce peut être demain un autre ou une autre pour d’autres raisons ou accusations si nous acceptons de «  jouer ce jeu «  ou de le laisser jouer . Si nous nous ne remontons pas au niveau des principes  . Si nous n’exigeons pas de mettre au sommet de toute  pyramide les Droits de l’Homme et leur application stricte.
Je ressens dans cette dérive d’échelle planétaire un germe totalitaire particulièrement pervers puisqu’il se dissimule dans les plis  d’une soi disant morale et  substitue au droit et aux droits la manipulation  des esprits à travers les nouvelles techniques médiatiques.
Au-delà du cas personnel  elle appelle  une vigilance  et un recul  par rapport à ce potentiel et à sa   banalisation.

Je n’ai pas  abandonné le combat , on le voit. Ni l’espérance malgré tout. Mais je concède un pessimisme à court terme.
À long terme nous nous inscrivons  dans l’histoire de l’humanité et le recul marque une avancée de la  conscience même à travers les moments de crise ou grâce  à eux. Mais  il y a  il est vrai  des phases ascendantes  ou descendantes .

Nous sommes  visiblement dans une de ces dernières.
Qu’adviendra-t-il pour notre pays ?

Pour l’heure les élections de 2012 semblent se présenter dans un chaos jamais atteint.

Je ne  puis que regretter encore et encore qu’un axe Républicain authentiquement humaniste et indépendant  ne se soit constitué en temps utile . Qu’un  groupe à l’Assemblée Nationale , tel que l’avait proposé Dominique de VILLEPIN  à François BAYROU n’ait été formé.

De la montée du Front National à la politique spectacle qui met en avant sa vie privée,  appuyée sur le pouvoir médiatique, quelle alternative aurons nous ? Celle d’un PS divisé qui a déjà tenu les commandes 20 ans et collaboré avec le pouvoir en place?

Ceux qui voudront voir renaître en France autre chose, refonder une société de principes , qui transcende les clivages,  réveille les consciences  , redonne  du sens  à l’action collective ne devraient avoir qu’une urgence : le rassemblement.

Pour une réelle refondation d’une société au service de l’Homme . Pour l’épanouissement de ce principe ,de ce potentiel qu’une civilisation doit faire  fleurir en chacun d’entre  nous.

Parce qu’il faut le ferment de quelques  idéalistes  aventureux  j’ai réussi à obtenir le double encartage :

Je suis à la fois :

Membre du Mouvement Démocrate de François BAYROU
Et de
République Solidaire de Dominique de Villepin dont je m’étais  rapprochée dès la fondation de son Club.


J’espère  de la sorte être un maillon d’un rassemblement qui me paraît aussi urgent qu’indispensable.

Les changements  dépendent de chacun  d’entre nous . De ce que nous pouvons faire même  de façon minime.
Je garde l’espérance car je rencontre beaucoup de gens, qui , en dehors de toute implication politique, pratiquent cette démarche .
Tout simplement une démarche citoyenne  consciente.

26/09/2010

Les brûlures de l’été


Plaie saignante de pétrole aux larges des USA, incendies monstrueux en Russie sur fond  de canicule, inondations au Pakistan, dérèglements climatiques   et inondations  en France et ailleurs  autant de sentiments d’avertissements pressants pour nous rappeler à la raison.
Lors d’une conférence en 2009 le philosophe Michel Serres  envisageait les futurs réfugiés climatiques qui rechercheront des contrées plus vivables si les déséquilibres environnementaux   ne sont pas enrayés à temps.  C’est-à-dire si nous ne  nous décidons pas à unir nos forces et nos raisons  , solidairement à l’échelle du globe.
On n’ose imaginer un tel scénario  dans le climat moral actuel. Notre gouvernement au long de ce  lourd été 2010 nous a démontré à quel point nous sommes loin d’être préparés à faire face aux conséquences de nos propres actions. Tout a été et dit  et souvent brillamment sur cette dérive sécuritaire et cette insupportable stigmatisation de certaines communautés . Je ne veux même pas les nommer   , ajouter encore un écho… Car  Bernard Henri Lévy l’a  bien analysé cet emploi du LES  précédant le nom d’une communauté  est intolérable et profondément  malsain , créant l’enfermement, incitant à la différence,  au rejet .  « Les  » « ils »,  les autres , les différents, les dangereux, les inquiétants…  les   responsables   .

Dans un monde aussi difficile où l’imbrication  des facteurs  pose sans cesse de nouveaux défis comment prendre le risque d’ouvrir une telle boîte de Pandore ? Comment  prendre le risque d’éveiller ne serait-ce que des échos  dans la conscience collective  d’un mal dont nous  ne sommes pas encore vraiment remis ?
Crise financière, peurs, replis des égoïsmes nationaux et  individuels , climat politique en décomposition dans notre nation engendrant écoeurement ,découragement et désespérance créent un terreau des plus alarmants.
Non , nous ne sommes pas en 29 ou en 39 . Non ,  l’histoire ne se reproduit pas plis selon plis. Mais elle est là pour nous apprendre , nous donner des leçons pour notre présent. Pour voir quelles causes engendrent quels phénomènes.
En France et en Europe c’est la montée apparemment inexorable  de l’extrême droite  . D’autant plus pernicieuse qu’elle s’est « relookée’ .
Nous l’avons vu chez nous aux dernières régionales parallèlement à ce repli découragé ou révolté que signe  l’abstention. La Suède pays libre  qu’on  nous prônait souvent  comme modèle  est en train de nous monter comment souffle le vent sur l’Europe.
Alors  l’heure est à l’inquiétude, à la vigilance.

Et ce n’est pas en rejetant les problèmes vers « l’ailleurs  » que nous pourrons les résoudre. Car nous sommes en 2010 avec de nouveaux défis que notre humanité n’avait pas encore confrontés. À commencer par ceux couplés d’une surpopulation mondiale et d’une dégradation de notre environnement.

Face à de tels enjeux,   la « sécurité  » ne pourra jamais venir du repli aveugle  sur soi  mais au contraire d’une volonté de solidarité, d’un changement de paradigme à l’échelle planétaire remettant l’homme et son environnement au  centre , soucieux de faire reculer les déséquilibres là où ils se trouvent.

Un milliards de ventres affamés crient en silence sur notre planète .

Comment pourrons-nous les empêcher de déferler vers nos contrées  encore prospères  si nous ne savons pas les aider à retrouver leur  dignité là où ils sont ?

Comment imaginer  , même si beaucoup de citoyens Français connaissent  de plus en plus de difficultés,  que l’étalage de  notre prospérité  et de notre trop dans nos magasins et nos vitrines n’attirera pas par milliers et à tous risques  vers notre pays ?

Si le cœur ne sait pas nous dicter notre conduite, la raison  même devrait y présider.

Au lieu de cela on manipule la peur et les peurs au risque d’allumer des  feux que  l’on ne pourra  plus éteindre.

Il est accablant de vivre une telle période où la France , berceau de la démocratie et des droits de l’homme  s’est  retrouvée montrée du doigt  par l’ONU, le parlement Européen , le Vatican, la presse internationale.
Jusqu’à la  Chine  qui  s’est mise de la partie ce qui est un cruel paradoxe lorsqu’on sait le sort  du peuple Tibétain.

De quel poids pèserons-nous désormais sur la direction du monde et de l’Europe après  avoir été ainsi discrédités dans les valeurs mêmes qui fondent notre nation ?

J’attends depuis des mois un grand rassemblement républicain  .
J’avais eu l’occasion de l’évoquer avec Nicolas Dupont-Aignan rencontré l’an dernier  dans une soirée parisienne et je sais qu’il l’espère également. Même si  je  diverge sur son  approche Européenne  nombre de ses positions  sur des valeurs fondamentales et l’indépendance de la France sont sans équivoque. Peu  de temps après François BAYROU appelait à un arc républicain lors du congrès d’Arras en Décembre 2009.
Mais le temps a passé pour arriver à  cet été 2010 sans que rien ne se fasse.

Dans mon article  de  Février 2010 «  Grandeur de la démocratie »  http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archiv... j’espérais un rapprochement entre François BAYROU et Dominique de VILLEPIN . Bien que de tempéraments très différents,  leur culture, leur vision de la France et de l’Europe fondée sur une  démocratie humaniste aurait dû les rapprocher . Mais je craignais les freins de leurs entourages.

Dominique de VILLEPIN ne cesse d’appeler sans conditions à un rassemblement pour créer un grand axe central  qui regroupe des sensibilités  républicaines différentes  et puisse  peser  à travers un groupe commun à l’Assemblée nationale  sans que  la seule alternative pour échapper  à une droite durcie soit de remettre la France à  nouveau entre les mains du PS et de ses satellites.


J’ai beaucoup espéré que  ce groupe allait  maintenant se former rapidement en réaction à ce que nous venions de vivre et qui demande de réagir vite pour ne pas assister   à une accélération d’un processus inquiétant.

François BAYROU a  d’abord semblé favorable à ce projet, parlait même   d’une fédération de partis.  Depuis lors il  semble avoir infléchi son  discours .

Et Jean-Luc BENNAHMIAS  dans une  récente interview  donnée en tant que membre du Shadow Cabinet du Mouvement Démocrate  creuse la division et l’esprit de concurrence, usant de critiques envers l’ancien  Premier ministre dignes de…. ses adversaires  sarkozystes.

Cela est non seulement  très décevant  mais  grave à l’heure où un sursaut républicain  est de toute urgence  et où  les énergies doivent se rassembler pour la défense de valeurs communes.

Comme l ‘a dit Dominique de Villepin   le défi actuel  est « de  se hisser au-delà des arrières  pensés  électorales et des clivages partisans  » car il y a « Un devoir de courage politique pour préparer l’alternative  républicaine qui s’impose. »

En Mars  dernier après les élections régionales j’écrivais :  « Je continue de penser que ce vaste chantier qui va s’imposer ne pourra pas être celui d’un homme seulement ou d’un parti mais d’un rassemblement des consciences.  »


Si nous ne nous ressemblons pas au plus vite nous prendrons  un risque et donc une responsabilité.

Celui   notamment ,que des analystes politiques ont admis possible,  de voir  le Front National aux  second tour  des élections présidentielles de 2012 face à Nicolas SARKOZY.
N’est-ce pas du reste l’arrière-pensée du chef de l’Etat en  semant la peur et la division dans une  nation inquiète pour son avenir ?

Et l’on verrait alors ceux qui n’auraient pas su se rassembler  à temps se retrouver pour porter pieusement  dans l’urne les bulletins au nom de l’actuel Président . Et lui renouveler ainsi  son mandat…

Fiction invraisemblable ?
Le cas ne s’est-il pas déjà produit dans une période moins difficile et moins inquiétante que celle que nous  vivons ?

Non, nous ne sommes pas en 29 ni en 39 . Mais en 2010 .
C’est à nous  qu’échoit la responsabilité d’un sursaut des consciences  pour que la page d’histoire qui est devant nous  s’écrive  dignement pour le bien de tous. C’est à nous de prendre la leçon du passé mais aussi du présent qui nous appelle à changer totalement des anciennes approches politiciennes pour nous  rassembler sur l’essentiel.

 

18/03/2010

Pour un renouveau en politique


«une vérité ne cesse pas d'être vraie parce qu'elle est minoritaire.

Les temps viennent où les Français vont découvrir la véritable situation de notre pays, et se demanderont comment reconstruire. À ce degré de gravité, j'en ai la certitude, on ne pourra pas reconstruire dans l'affrontement sourd d'un camp contre l'autre. Au contraire, les Français auront besoin de responsables politiques qui leur disent la vérité, qui proposent un projet de société différent et équilibré, et qui aient la volonté de rassembler. De vérité, de vision, d'équilibre, de rassemblement, la France un jour aura besoin autant que d'air pour respirer.

Et c'est pour cela qu'il n'y a ce soir qu'une seule chose à dire : facile ou difficile, peu importe, il faut continuer le combat pour un autre projet de société, pour d'autres valeurs. Les Français, tous les jours, dans leur santé, dans leur famille, dans leur vie professionnelle, surmontent des difficultés, endurent des chocs, et repartent : eh bien, nous ferons comme eux, et, j'espère, avec eux. »
François BAYROU

Telle a été la déclaration juste et digne du Président du Mouvement Démocrate au soir du premier tour des législatives,  face à un revers électoral pressenti.
Il y a très peu j’écrivais : Il est grand de se lancer dans une expérience neuve, d’autant plus si elle est périlleuse, difficile ou entravée.

Nul doute que cette expérience neuve n’a cessé d’être entravée dès sa fondation de l’extérieur comme à l’intérieur. Les dissensions internes,  qu’elles résultent réellement de frictions d’égos ou soient téléguidées ou exploitées  dans un  but précis de déstabilisation,  ne pouvaient que disperser les énergies  et affaiblir la dynamique du Mouvement. Complaisamment étalées sur la place publique et dans  les médias ,surtout avant et pendant la campagne , elles ne pouvaient que discréditer le message  de renouveau de la politique que voulait offrir  le MoDem aux électeurs.
Il est difficile de penser que ceux et celles qui y ont participé à tous les échelons et jusqu’au plus haut n’en aient pas eu conscience.
Car ce serait faire bien peu de cas du regard des électeurs et spectateurs qui assistent avec écœurement non pas  à un nécessaire  repentir de la classe politique mais à une inflation des techniques manœuvrières qui en ont terni l’image et le but.
Pourtant leur message est clair : un record d’abstention.
Il faut ne pas avoir de contact avec les gens au quotidien pour s’imaginer qu’ils sont dupes de ces procédés, intrigues et querelles qui tendraient à les prendre en otage . Ils en sont totalement excédés, fatigués, indignés et scandalisés.
C’est pourquoi lorsqu’on veut leur proposer une voie nouvelle , ils ne sont pas en mesure d’y croire, ils ne veulent pas risquer leur confiance car elle a déjà été trop malmenée et qu’il est dur de gérer des déceptions en plus des luttes et épreuves de la vie .
Alors le Mouvement Démocrate n’a pas su  ou pu  , les deux à la fois  certainement , faire entendre cette « voix singulière  » dans le paysage politique français . Mais ce sont TOUS les partis politiques et donc tous les acteurs de la vie politique française qui ont à se remettre en question. Car cette voix du silence record leur dit que leurs messages et leur pratiques ne passent plus car elles ne sont plus supportables dans un  monde en mutation accélérée qui demande sagesse, vigilance,  pondération , sang froid , action  solidarité  et…  désintéressement pour faire face aux crises les plus grandes et les plus complexes de l’histoire humaine qui se déclinent différemment selon les nations mais les atteignent toutes ou les menacent toutes.
Nous n’avons jamais été aussi surpeuplés sur terre et nous devons affronter , dans le même  temps que des milliards de voix crient famine, des problèmes cruciaux de ressources énergétiques et en eau potable, des déséquilibres environnementaux  qui préparent de nouveaux types de réfugiés et des épidémies, un basculement des pôles de puissances du mondes avec une concurrence économique  redoutable, un creusement des inégalités sociales immense et explosif, une crise économique  mondiale grave…
Et cela nous concerne tous, où que nous soyons dans la région ou la campagne la plus reculée .
De cela , au travers des medias et  des  nouvelles technologies,
les citoyens électeurs sont de plus en plus conscients jusqu’à l’angoisse .
La France va mal au milieu d’un monde en déséquilibre.
La « gauche » et la «  droite »  ont eu les commandes en main chacune à leur tour. Mais nombre d’électeurs, au premier tour  des régionales , celui du choix, leur ont clairement fait savoir qu’ils avaient perdu confiance en eux et qu’ils ne pensaient même plus utile  d’utiliser leur droit de vote.
Ou d’autres, écoutant les discours simplificateurs et rigides se sont retournés vers la voie du repli identitaire et sécuritaire qui a su capter leurs peurs.
Pour Xavier BERTRAND, il n’y a pas de montée de  l’extrême droite.
Je lui laisse la responsabilité de son analyse.
Mais , Déléguée aux élections pour mon parti dans ma commune , j’ai assisté au dépouillement. Et j’avoue que ce ne sont pas les bulletins du Mouvement Démocrate que je surveillais le plus mais ceux du FN et de la  Ligue du Sud.
Et de les voir monter matériellement, je ressentais un malaise que je n’étais pas seule à éprouver  et qui nous rapprochait entre membres  lucides de différentes formations. Parce que l’histoire est censée nous avoir donné des leçons. Et qu’elle nous a montré que quand la peur s’installe elle peut ouvrir la porte à des régimes d’autorité et d’exclusion et en tout cas au renforcement des extrêmes d’un côté comme de l’autre .
A peu près 23 %*pour l’extrême droite  en PACA . Et plus de  25%* pour la cinquième ville de France, Nice, ce n’est pas  à  ignorer .
Ce n’est  d’autant plus pas à ignorer que c’est la réserve de voix de l’UMP , qu’elle ne peut exister sans  ces partis qui lui dicteront des conditions et qu’elle se doit de flatter. Jeu particulièrement dangereux quand ça va mal.
Et qui prend en otage une bonne partie d’un électorat de droite,  gaulliste ou centre doit.
De l’autre côté ,l’écologie s’allie à la gauche socialiste,  comme si celle-ci pouvait avoir «  le monopole du vert » alors qu’il s’agit de gérer des problèmes qui concernent  tous les humains quelle que soit la couleur politique dont ils se revendiquent.

Alors plus que  jamais une nouvelle voie d’indépendance est souhaitable et nécessaire.
Ceux qui  reprochent constamment à François BAYROU ses ambitions présidentielles  et travaillent à saper celles-ci et   le parti qu’il a fondé pour  faire vivre une  voie centrale et indépendante ont donc  dû faire le choix d’élire à nouveau en 2012 un président  de l’un ou l’autre des deux camps  UMP ou PS  dont  «  l’affrontement sourd » domine la France depuis  des décennies et a  abouti à la perte de confiance des français  dans la politique.
Car pour l’heure,  à  l’exception d’une autre personnalité qui ne s’est pas encore réellement  déclarée , il  paraît un des seuls à pouvoir rassembler largement et surtout œuvrer en indépendance vis-à-vis de l’un et l’autre camp.
L’avenir et l’histoire diront  ce qu’il en sera exactement.
Mais  indéniablement il  faudra à la France   «  des responsables politiques qui leur disent la vérité, qui proposent un projet de société différent et équilibré, et qui aient la volonté de rassembler  ».
Et surtout de nouvelles mœurs politiques  réellement attachées aux principes fondateurs de la République . Que les politiques   appliquent même et y compris dans leurs formations. Et qui permettent de voir la fin de cette oligarchie coupée des bases et  des réalités , privilégiée par un train de vie   seigneurial dû au  cumul de mandats obtenus ici ou là , toujours au nom du peuple et grâce à la confiance des électeurs. Qui observent avec lucidité et exaspération ces dérives issuent… de 1789.
Je continue de penser que ce vaste chantier qui va s’imposer ne pourra pas être celui d’un homme seulement ou d’un parti mais d’un rassemblement des consciences.
Pour l’heure il faut vivre les crises jusqu’au bout puisqu’elles finissent par accoucher des solutions.
Celle qui va secouer le Mouvement Démocrate sera dure car elle est voulue par beaucoup qui espèrent entraver de nouvelles voies .
Il en sera certainement de même pour tous ceux qui s’y essayeront ou s’y emploieront, tant les habitudes sont ancrées et  parce qu’il est difficile de faire admettre que les changements à l’œuvre dans  le monde et nos nations sonnent la fin de certaines pratiques et obligent à sortir des ornières.

Mais les problèmes qui nous confrontent nous obligeront à leur trouver réponse. Et appellent à l’avènement  d’une démocratie humaniste qui transcende les clivages simplificateurs. En France comme dans le monde.



*22,98 % FN et Ligue du Sud confondus
*25, 44 % FN et Ligue du Sud confondus

09/03/2010

Régionales : la 3ème voie du Mouvement Démocrate


Il est affligeant en retournant sur le terrain,au contact de la population,
d’entendre à nouveau cette même rengaine de désespérance et de perte de confiance  dans les politiques de tous bords renvoyés dos à dos.
Il est affligeant que les politiques et la politique aient pu conduire à cela.
Il est affligeant qu’enfle ainsi les taux d’abstention.
Il est affligeant de retrouver cette atmosphère de conflits et de crainte à l’approche des élections.
Car nous devrions au contraire nous réjouir de pouvoir user de ce droit  de vote si chèrement gagné et de faire vivre ainsi le suffrage universel.
Ce sont là des acquis bien précieux que d’autres peuples,  sous d’autres latitudes  ,n’ont pas le bonheur de partager.
En sommes nous conscients ?
Ou bien oublions nous que la démocratie comme la paix est un combat de tous les jours.

François BAYROU qui , lui, en est pleinement conscient tout comme il est conscient de la gravité de la situation ,s’est lancé à  la tête du Mouvement Démocrate dans un  combat  difficile pour ouvrir une nouvelle voie,
faire entendre «  une voix différente et singulière dans le paysage politique Français » .
Pour en finir avec ce  vieil affrontement  bloc contre bloc, cette vieille  division de la France   entre ces deux camps qui finissent par se partager le territoire et le pouvoir tandis que se délite la confiance du peuple qu’ils doivent servir.

Le 14 et le 21 Mars cette 3ème voie s’ouvre à vous. Celle de la Démocratie Humaniste .

Pour mieux connaître le projet  de  société du Mouvement  Démocrate
lisez « Le Projet Humaniste  »  :

http://www.mouvementdemocrate.fr/vie-du-modem/projet-humaniste-le-livre-orange.html/


Pour connaître les propositions du Mouvement Démocrate pour vos régions :


Appelez la ligne orange : 01 53 59 26 15


Ou consultez le site :
http://www.regionsdemocrates.fr/


Pour les  lecteurs et électeurs de la région Paca où la liste du Mouvement Démocrate est conduite par le Docteur Catherine LEVRAUD consultez  son site de campagne :

http://provencealpescotedazurdemocrate.fr/


Pour suivre les prises de position de François BAYROU Président du Mouvement Démocrate :
www.mouvementdemocrate.fr/

Enfin si vous voulez être sur que ce projet sera fidèle à lui-même et à ce que vous en espérez  adhérez pour y travailler en militant  :

https://guepar.mouvementdemocrate.fr/adhesion



Et le 14 et 21 M
ars votez , en votre âme et conscience  !

19/02/2010

Grandeur de la démocratie- Démocratie de la grandeur


Il y a quelque temps François BAYROU  réagissait vigoureusement  au sujet du double salaire prolifique d’Henri PROGLIO au regard des principes de la République  et des dérives  d’un système de plus en plus voué à l’argent  et à ses réseaux.  En appelant  à un retour à nos principes fondateurs  respectueux des valeurs   humaines ,  il  a lancé une phrase  forte qui  disait   à  peu près  que  ce qui est  grand ne s’achète pas   .

Cette  phrase et cette notion  de grandeur résume en elle-même la véritable direction d’une société démocratique, d’une société humaniste qui mette l’homme et tout son potentiel en son centre.
Car il faut oser la grandeur. Celle des plus hautes facultés humaines.
Les phares de l’humanité que ce soit dans les arts, les sciences, la philosophie ou la vie politique sont souvent sortis d’origines obscures et ont parfois ,hélas , dû oeuvrer dans la difficulté voire le manque ou la persécution.
C’est pourtant eux qui, poussant  au plus haut leurs facultés, ont donné ses lettres  de noblesse à notre humanité.
La démocratie ne peut être le nivellement par le bas, brimant  les individualités, confondant égalitarisme avec égalité pour aboutir à une standardisation, à une «  médiocratie » asphyxiante.
Elle ne peut être une exaltation de la réussite financière au mépris de toutes les autres, avec l’argent comme seule aune de la valeur individuelle car alors elle basculerait dans la ploutocratie, la négation de  nos vraies richesses humaines immatérielles.
La démocratie est grande parce que, enjambant, transcendant, castes  et classes , situation de fortune ou d’infortune elle doit permettre de faire fleurir le plus grand potentiel humain où qu’il se trouve, sans préjugés ni dans un sens ni dans l’autre. Et donc  doit «  investir » dans ce qui est grand en l‘homme, ce qui  éclaire notre humanité , l’aide à progresser .
Cela demanderait aussi de privilégier  les principes intrinsèques au-delà de tout esprit partisan. La paix, la justice, l’équité, l’éthique, l’écologie  n’appartiennent pas plus à un groupement  humain qu’à un autre, à une couleur politique qu’à une autre. Ils sont simplement plus ou moins bien défendus par les uns ou les autres et la démocratie voudrait que les uns et les autres se rassemblent pour les servir. Pour servir des causes grandes, celles pour lesquelles les peuples peuvent vibrer, celles qui créent un consensus, une solidarité,  celles  qui rassemblent.
C’est à regret qu’on a vu le sport souvent dégénérer en des luttes parfois sanglantes entre partisans d’équipes différentes, s’éloignant de son esprit ludique et pacifique.
Il est bien  plus regrettable de voir la politique encore tellement entachée de ces exaltations et heurts partisans qui exacerbent les concurrences au lieu de se concentrer sur les principes.
Je suis heureuse que le Mouvement Démocrate ait choisi d’assumer son indépendance aux  élections régionales.Qu’il en ait pris le risque. Même s’il doit le payer du prix d’un faible score.
Car il a ainsi choisi d’être lui-même, d’offrir une troisième voie, un programme humaniste qui tente de sortir de cet éternel clivage gauche droite, bloc contre bloc qui divise la France et les français depuis des décennies.
Il est grand de se tenir à ses principes.

On nous annonce une probable victoire de la gauche pour ces élections, non par véritable choix idéologique mais surtout pour manifester un mécontentement au gouvernement. Un vote d’humeur et non de cœur.
C’est là retomber dans un vieux conditionnement Français.
J’écrivais au moment des municipales de  2008 que l’on ne peut gouverner la France comme un char d’assaut  un coup à gauche, un coup à droite.
Il y a une forme d’immaturité citoyenne à changer de bord d’une élection à l’autre par déception et saute d’humeur. Presque à titre de «  représailles ».
Au lieu de s’impliquer au jour le jour dans le débat démocratique, de s’attacher à exiger le respect des engagements des élus, à rechercher avec vigilance les vrais fondements républicains dans tous les niveaux de la vie sociale.

Il y a aussi une énorme lassitude, une perte de confiance dans la politique et le politique, une incrédulité à voir s’ouvrir un autre chemin .

Dans un tel contexte le MoDem aura du mal à frayer sa piste qui lui impose de se remettre constamment en question pour échapper aux vieilles habitudes, aux vielles ornières .
Il aura d’autant plus de mal qu’on peut imaginer que les dissensions qui le secouent ne sont pas toutes « naturelles » puisque dès sa fondation tous les moyens ont été recherchés pour le disloquer ou l’entraver et qu’il peut aussi bien être travaillé de l’intérieur.
Mais quels que soient les résultats futurs, le  grain semé lèvera d ‘une manière ou de l’autre.L’Histoire s’écrit au jour le jour, la conscience nouvelle de progrès ,comme l’eau , fraye son chemin au milieu des obstacles et des blocs d’obstructions.
Il est grand de se lancer dans une expérience neuve, d’autant plus si elle est périlleuse, difficile ou entravée.
Le monde actuel, les impasses de  nos sociétés demandent de tracer de nouvelles pistes, de rechercher de nouvelles  voies, de trouver un équilibre.
C’est servir la grandeur de la démocratie que de s’y essayer même si c’est au prix de tâtonnements ou de revers.
Car c’est ainsi que nos sociétés avancent.
Le vrai clivage actuel dépasse les idéologies au premier degré. Il oppose le monde des grands appétits matériels prédateurs au monde  des valeurs humaines.
Le monde de l’argent au monde de l’Homme.
Le monde de l’homme asservi pour l’argent au monde de l’argent au service de l’homme.

Pour y faire pièce    il faut rassembler les énergies, aller à l’essentiel, se recentrer sur les principes.
C’est ce à quoi a appelé François BAYROU en souhaitant le réveil de tous les vrais Républicains.Au Congrès d’Arras en décembre 2009 il appelait  de ses vœux un arc républicain.
Il est évident qu’un tel combat ne  pourra pas être celui d’un seul parti ni d’un seul homme, mais  qu’il mobilisera toutes les consciences.

Dominique de Villepin tutoie la grandeur à chaque page de ses ouvrages.
Il l’appelle pour la France mais aussi pour le monde qu’il voit en marche vers une nouvelle Renaissance .
Mais au lieu d’utiliser ses compétences éminentes on tente de l’enfermer dans un combat sordide, ce qui au-delà de l’acharnement politique, représente un déni de l’esprit.

François BAYROU et Dominique de VILLEPIN, en dépit de personnalités et de tempéraments  très différents, partagent une vision et des aspirations communes sur bien des points. Notamment sur la position de la France dans le monde, sur une société humaniste, sur la politique étrangère et aussi sur l’Europe sans parler de leur amour des livres et de la culture.
Malheureusement certains des supporters ou partisans  de l’un et de l’autre développent un esprit de compétitivité  et de passions parfois infantiles qui ne sert pas ces deux hommes de qualité et ne correspond pas à l’élévation du débat politique qu’ils appellent.

En période de grandes crises on ne peut que souhaiter le rapprochement d’esprits d’élites épris de grandeur  et de justice.
Le monde en ébullition, les périls qui nous menacent, les crises imbriquées ( sociales, économiques, écologiques) sont autant de tempêtes que nousdevons affronter et qui demandent le rassemblement de ceux qui souhaitent aller vers une même direction générale, qui ont de grandes compétences à partager, de grandes visions à projeter, de grandes valeurs à sauver .

Face à l’accélération de la mondialisation et à ses fractures et secousses  qui se répercutent dans nos nations qu’elles risquent  de fissurer ,   la grandeur de la démocratie nous imposera certainement ,dans les temps à venir , un vaste rassemblement, pour la défense des ses principes qui ne pourra que transcender les passions partisanes et  les différences .
Un rassemblement de forces démocratiques qui œuvrera pour une démocratie de la grandeur au niveau de la nation comme du monde.

28/06/2009

Patience Démocrate


C’est une fatalité qu’une manifestation de prestige que je prépare draine actuellement tout mon temps et mon énergie.
L’heure il est vrai est au recul.
Et c’est bien le meilleur moyen pour tirer le bilan des expériences.
Pourtant ma réflexion politique demeure active et vigilante.
On assiste pour François BAYROU à une tentative de mise à mort apparemment  minutieusement programmée .
Ces lignes du  site  du Figaro- politique du 11 Juin 2009 dont je laisse toute la responsabilité à leur auteur, Samuel POTIER , semblent assez éclairantes au regard de l’actualité :

« le coup de grâce à Bayrou
Nicolas Sarkozy s'active en coulisses pour lui porter le coup de grâce.  Sa méthode : l'isoler de ses derniers soutiens importants, »
« Nicolas Sarkozy a un plan de rechange pour essayer de tordre le coup à François Bayrou »
« Entre les mauvais sondages et la détermination de Nicolas Sarkozy à l'éliminer, la route s'annonce longue pour François Bayrou (…)  »

Un programme  inquiétant pour la santé d’une démocratie.
Pourquoi un tel acharnement,contre un homme qui incarnerait tous les défauts dont ,avec constance,  on tente de l’affubler depuis 2007 ? Pourquoi pareille stratégie et   pilonnage  médiatique  organisé contre un adversaire de si peu d’envergure ?
Cet acharnement lui-même lui donne un poids, une reconnaissance de ce qu’il incarne quelque chose qui peut déranger.
Le faible score du MoDem aux Européennes même si il fut décevant n’est pas un drame en soi.
La gravité est dans le record  historique de l’abstention, dans ce rendez-vous manqué pour l’Europe.
En refusant de s’impliquer les électeurs, démissionnaires auront aidé à laisser  l’Union Européenne sur les rails d’une voie  qu’ils n’approuvent sans doute pas.
Ce qui démontre que dans les circonstances du monde actuel l’abstention, l’inertie ne peuvent s’identifier à la neutralité. Qu’elles ont un poids et servent in fine des desseins.
Le sursaut écologique serait  en lui-même un  symptôme positif . Mais quel poids réel ont les chiffres avec une si faible participation et face à une majorité si désabusée et découragée qu’elle s’est refusée à participer ?
Peut-on croire en l’avenir de ce rassemblement des Verts constitué d’éléments susceptibles de  s’opposer  autour du célèbre soixante-huitard ?
La poudre aux yeux médiatiques et la politique spectacle voudraient nous faire croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes  alors qu’en France  comme sur toute la planète il se délite.

Si demain les choses vont plus mal en France qui pourra rassembler les déçus du parti socialiste , les gaullistes désemparés , les UMP « d’avant » qui  se sentent déroutés et  tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans les clivages ?

Il faudra bien qu’existe cet espace qui correspond à la vision de François BAYROU d’un grand parti humaniste.

Il est urgent de se garder de conclure.
Et il est urgent de se rappeler que les enjeux de la France sont ceux de l’Europe et  que ceux de l’Europe  s’inscrivent dans un monde  qui ne peut plus être cloisonné.
En fractionnant la vision on crée des myopies et un désinvestissement des citoyens dangereux pour tous.
Plus que jamais l’heure est à la mobilisation des consciences.



26/04/2009

Le terrain pour les Européennes

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Photo et article Nice Matin du 26 Avril 2009 :

Des responsables et militants MoDem  de  la 4ème circonscription des Alpes Maritimes en campagne  à Menton  pour les élections Européennes.
Votre auteur  au foulard orange.


S’engager et militer c’est aller sur le terrain. Afficher la couleur, amorcer  le dialogue.
Pour le Mouvement Démocrate des Alpes- Maritimes les opérations de tractage  ont commencé avec dynamisme.
Expérience encore  neuve et   donc enrichissante pour moi qui me retrouve désormais dans le camp des « politiques  ». Après des années de méfiance…
Il s‘agit de proposer et non d’imposer et de comprendre ceux qui , saturés de publicités et autres appels plus ou moins fiables  peuvent se montrer réticents . J’ai souvent ce réflexe…
Mais le message à transmettre est d’importance : ne pas manquer cette échéance électorale  d’autant plus capitale dans la période que nous vivons.

Les tracts envoyés par le national nous le martèlent :


«  Face à la crise , l’Europe est notre avenir  »
« Construisons une Europe plus humaine . L’Europe ce n’est pas seulement un marché, ce sont  des valeurs humanistes, un projet de société. »

Message plutôt bien perçu dans l’ensemble mais il y a encore tant  de désintérêt  pour ces élections et pour l’Europe qu’on sent qu’un long  combat est devant nous pour réveiller, inciter ces français à se sentir à nouveau des citoyens actifs, responsables, capables de peser sur leur avenir et celui du monde.
Quel grave échec en effet de la politique, tous partis confondus, que d’entendre à maintes reprises des propos désabusés, manifestant déceptions et sentiment d’impuissance. Incrédulité   face à une possibilité de changement réel ou de faire écouter sa voix. Manque de confiance dans les hommes politiques de tous bords renvoyés dos-à-dos.
Problème que j’avais traité dans mon article "De l'abstention citoyenne à la démission des politiques " http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archive/2008/03/22/de-l-abstention-citoyenne-a-la-demission-des-politiques.html


« Bon appétit Messieurs… » vous aurez fait bien du mal .
Et maintenant qu’il faut pouvoir rassembler, mobiliser  dans l’urgence,  cette inertie douloureuse ou cette révolte bouillonnante vont   vous faire face , risquant de fausser le jeu démocratique.
Qu’avez-vous fait de notre démocratie, de nos principes républicains , de nos institutions pour qu’après une  révolution tragique qui a ensanglanté notre histoire des citoyens se sentent exclus de tous pouvoirs décisionnels ?
Vous n’êtes pas tous  à blâmer, certes.
Mais vous avez  presque tous laissé s’établir un consensus malsain, et vous n’avez pas assez veillé à l’éducation citoyenne dès les jeunes années .
Et surtout trop d’entre vous ont usé et abusé des privilèges que la République  a empilés pour les représentants du peuple, vivant en vase clos dans une oligarchie coupée des réalités.

Pourtant l’histoire nous rabâche qu’un jour les peuples assoupis ou souffrants, se réveillent et  que leur inertie  apparente peut se muer en colère aveugle.

N’attendons pas ce jour pour remettre  à plat nos principes, retourner à leur source, et redonner aux hommes et aux femmes de la rue  et des marchés le sentiment qu’ils comptent en tant qu’humains , qu’ils  ne seront pas broyés par l’indifférence ou l’oppression et qu’ils ont un rôle à jouer  dans nos sociétés.

Construire une Europe humaniste c’est d’abord redonner confiance en la démocratie et au pouvoir politique.
C’est d’abord balayer chez nous pour que les français reprennent courage et confiance et aillent aux urnes .

 

le 7 Juin 2009 VOTEZ !

13/03/2009

La marche de l'Europe

 

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La Conférence Nationale du Mouvement Démocrate  du 8 Février 2008 à laquelle j’ai  assisté a été un temps fort puisqu’elle était consacrée à la présentation des têtes de liste pour les élections Européennes.
Etant membre du Conseil National  du Mouvement Européen , j’ai été naturellement heureuse de l’entrée en lice  de sa Présidente , Sylvie GOULARD,  que j’ai eu le plaisir de saluer , et qui a déjà démontré son dynamisme  au service de la cause Européenne à la tête  de cette association pluraliste issue de la Résistance.
Face à la crise cet enjeu électoral a pris tout son poids et tout son sens pour ceux qui sont conscients que l’Histoire nous appelle.
Comme l’a dit François BAYROU «  Nous voulons un nouveau monde et l’Europe est la seule porte disponible pour ce nouveau monde »
A la suite des différents  intervenants dont Jean-François Kahn qui appelait de ses vœux une Europe des Lumières, une Europe  de l’Humanisme, et Corinne Lepage qui insistait sur l’aspect protecteur  de l’Europe pour la  Démocratie, le leader du Mouvement Démocrate  a souhaité voir se développer une nouvelle  économie humaniste  à la place du capitalisme.

La balle est désormais dans le camp des citoyens –électeurs qui devront sentir l’enjeu et garder une espérance forte.
L’heure n’est plus à la frilosité ou à l’indifférence.
Si l’Europe n’a pas été vécue jusqu’alors de façon suffisamment satisfaisante, il faut d’une part admettre une méconnaissance , d’autre par vouloir projeter un modèle plus proche de nos aspirations réelles .
Que des peuples si longtemps en conflits, passés par tant de siècles d’horreurs et de souffrances , aient  tellement aspiré à la Paix qu’ils aient déjà pu réaliser en quelques décennies une telle construction est le gage qu’elle est fondée sur le roc d’une volonté, d’une vision, d’une aspiration commune .
Et même si celle-ci, se pliant au pragmatisme,  a dû passer par les arcanes de la technocratie ou des lois de marchés qui ont pu estomper  le but et l’image première , il n’en reste pas moins  que cette entité provient d’abord  de la vision d’esprits  éclairés.
Il nous incombe donc de renouer avec l’esprit qui y a présidé pour y retrouver les valeurs salvatrices pour notre futur.


L’Amérique entame une phase très difficile de son histoire . Son peuple sait relever des défis mais néanmoins elle rentre dans une période de souffrances  à laquelle elle n’était pas préparée avec des milliers de personnes mises à la porte de leur logement ( 10.OOO par jour selon les informations radiophoniques) et des millions qui vont se trouver privées de sécurité sociale.
Avec son avidité, ses abus et gaspillages et l’impérialisme des années Bush  elle récolte pour une bonne part ce qu’elle a semé, responsable , pour François BAYROU , d’avoir commis un véritable crime en  tuant l’agriculture du tiers monde. ( Rappelons nous notamment les drames des fermiers Indiens   face à la multinationale Monsanto)

Et paradoxalement son affaiblissement risque d’ébranler  une sorte  d’équilibre précaire, tenu jusque-là par la loi du plus fort, du  «  gendarme du monde  »  pour ce qui concerne les risques de conflits.

Il faut donc souhaiter que l’Europe devienne rapidement un pôle fort ,  rassemblée autour des valeurs démocratiques  pour soutenir et répandre  celles-ci sur la planète .
La mutation du monde est si rapide, si énorme, que nous devons réaliser que l’heure n’est plus aux tergiversations.

Nous devons réellement prendre conscience de la situation privilégiée des peuples d’Europe par rapport à ceux d’une grande partie du reste du globe.

Même  si nos sociétés sont  encore imparfaites , même s’il reste tant à faire en beaucoup de points , alors même  que  nous  n’avons pas encore  établi une véritable justice sociale,  nous jouissons d’une  liberté et d’un confort considérables par rapports à des millions d’humains qui  n’ont  même pas accès à l’essentiel.

Il y a urgence  à les préserver pour nous mais aussi à aider les autres à  les atteindre par d’autres voies que la violence et la conquête.

Il faut aussi réaliser ce que l’Europe fait déjà actuellement pour nous et pour le monde. Or à part des spécialistes ou des passionnés, la majorité des citoyens Français est  sous informée , voire désinformée.
J’ai eu l’occasion récemment d’évoquer ce problème avec Gérard LOMBARD représentant en France de la Commission Européenne.
Pourtant la Commission Européenne édite dans toutes les langues de l’Union un nombre impressionnant de brochures décrivant ses actions ou engagements .

Parmi les principales rappelons très brièvement :

- Aide humanitaire
-  Combat contre la discrimination et garantir l’égalité des chances pour tous en Europe
- Aide au développement
- Combat contre la traite  des êtres humains et l’exploitation sexuelle des enfants
- Lutte contre les mines dans le monde
- Partenariat avec l’Afrique pour l’Energie
- Abolition de la peine de mort dans l’Union
- Droit des consommateurs
- Egalité entre hommes et femmes
- A la pointe des actions contre le réchauffement climatique
- Développement durable
- Gestion de l’eau

L’union Européenne et ses états membres fournissaient en 2006 plus de 56 % de toute l’aide au développement officiellement distribuée par les pays industrialisés.
Ce qui représentait  presque le double de ce que donnait l’Amérique.

Pour continuer sa tâche  et développer ses actions , l’Europe doit pouvoir préserver son identité, celle qui a fédéré ses peuples autour de valeurs communes, d’un socle culturel et philosophique intrinsèque .
Et donc garder son indépendance y compris envers les Etats -Unis  d’Amérique avec lesquels nous partageons une partie de ces valeurs , par nos fondements démocratiques, mais qui doivent assumer eux-mêmes la part de responsabilité qu’ils ont engagée pour la terre durant ces dernières décennies .

Il nous incombe de savoir trouver un modèle de société Occidental qui ne soit pas platement plaqué sur le modèle Américain et qui puisse entrer en dialogue avec les autres cultures .

Or actuellement en France l’inquiétude est grande pour les démocrates et les républicains conscients de la nécessité de la force de  l’indépendance pour œuvrer à la stabilité du monde, de ce monde en perpétuelle tension, toujours prêt à la rupture ou à l’explosion .
Pour François BAYROU la réintégration de  la France  dans le commandement intégré de l’OTAN signerait une défaite à la fois pour la France et pour l’Europe. « La France » a –t-il  dit «  était  le piton d’indépendance de l’Europe et je ne veux pas qu’on arrache ce piton  »    . Il souhaite  une France alliée des Etats Unis mais pas alignée .
Dominique de Villepin , qui avait porté au plus haut devant l’ONU en 2003 le refus de la France de s’engager dans le conflit Irakien,est  également opposé à la réintégration  dans l’OTAN et craint qu’on creuse ainsi un fossé entre les pays d’Occident et ceux  du tiers monde.

Ceux qui n’ont pas su ou voulu anticiper la crise financière qui secoue le monde peuvent-ils nous assurer qu’aucun basculement, qu’aucun évènement brutal  même inattendu ne puissent un jour nous mettre  face à une situation difficile ou dramatique découlant de ce choix.
L’Histoire ne cesse de nous montrer que c’est trop souvent parce que nous ne savons pas  , ne voulons pas anticiper,  parce que nous ne regardons que  le court terme  , que nous  nous retrouvons confrontés à des catastrophes.

Cette question est  donc grave tant sur le plan immédiat et pratique par les risques que pourraient  faire courir cet engagement que sur le plan symbolique.
Symbolique de l’image que nous saurons donner au monde de nous-même.

Même si Barack  OBAMA  a entrepris de faire amorcer un grand tournant à sa nation, il  ne pourra annihiler du jour au lendemain les tensions passées, la  rupture  entre une partie  du monde qui a eu trop ( même si elle n’a pas su le répartir chez elle) et une partie qui s’est vue lésée du minimum.
Et ce d’autant plus qu’il n’a pas miraculeusement rallié toute l’Amérique derrière lui et qu’il lui reste des opposants qui pourront  utiliser des circonstances que personne à l’heure actuelle  ne semble pouvoir maîtriser pleinement.

L’Europe, par ses peuples et par leur histoire, a  aussi bien des responsabilités.
Mais elle a su plus tôt se mettre en route vers une voie d’équilibre.
C’est cette voie qu’elle doit savoir défendre par son indépendance.
Et devenir de la sorte un modèle qui puisse rayonner sur le monde.
C’est ainsi peut-être qu’elle sera mieux à même d’aider ses alliés Américains qui vont se trouver confrontés à une remise en question de leur société à laquelle nombre de ses  citoyens n’ont pas été préparés car pour eux cet aboutissement  était du domaine de l’impensable.

Nous avons une chance et une responsabilité pour apporter les richesses de notre expérience au monde, pour être un trait d’union entre le Nord et le Sud, l’Occident et les pays en voie de développement, entre les riches et les pauvres, les heureux et les malheureux . Pour être un laboratoire vivant d’une société humaniste.
Et cette responsabilité dépend de chacun d’entre nous, maillons responsables d’une conscience collective.



Des liens pour l’Europe :

L’Union Européenne : europa.eu

Le Parlement Européen : www.europarl.europa.eu


La Commission Européenne à Paris : http://ec.europa.eu/france/


Le Mouvement Européen France : www.mouvement-europen.eu

Le site du Rassemblement Civique Pour l’Europe http://rce-europe.hautetfort.com présidé par Gérard David DESRAMEAUX politologue et haut fonctionnaire, rencontré dans une commission du Mouvement Démocrate à Paris .

21/12/2008

La vision de l'Europe de Gilles ARTIGUES


Gilles Artigues Europe.jpg

Gilles ARTIGUES

Médiateur National  du Mouvement Démocrate, Conseiller Général de la Loire, proche et fidèle de François BAYROU, annonce sa candidature aux  élections Européennes.
On peut le retrouver  sur son site :www.gillesartigues.com

Pour «  Conscience et  Démocratie » il  a eu la gentillesse de développer la belle et forte vision de l’Europe qu’il souhaite défendre et promouvoir  .

Questions de Marie MAYER - Réponses de Gilles ARTIGUES :


Cher Gilles ARTIGUES j’ai eu l’occasion de partager le gîte  quelques jours avec Delphine JUSSELME votre suppléante au Conseil Général de la Loire  et vos co-listiers lors de l’Université de Rentrée 2008 du Mouvement Démocrate.
Tous ont loué votre calme, votre pondération, votre écoute. C’est certainement  une des raisons pour laquelle François BAYROU vous a confié la mission de Médiateur National du Mouvement, rôle difficile où il faut désamorcer les tensions pour fédérer.
Mises à part toutes options politique, ne pensez-vous pas que dans le monde en constante mutation dans lequel nous vivons , où l’imbrication des problèmes et des phénomènes peuvent induire des conséquences en séries et parfois conduire à des explosions, ces qualités humaines  qui permettent d’agir avec recul et clairvoyance sont fondamentales pour un Député Européen ?

La mission actuelle du Député européen est absolument fondamentale.

D’une part, il est le seul rouage de la mécanique communautaire à être élu directement par les peuples pour les représenter au sommet du pouvoir européen. Aussi doit-il être à l’écoute de ses concitoyens pour assurer une transmission correcte de leurs doléances aux instances dirigeantes, et à l’inverse, incarner l’Europe sur le terrain pour consolider son assise populaire.

D’autre part, les pouvoirs du Parlement européen sont désormais conséquents dans la mesure où il adopte ou rejette les textes de loi communautaires à égalité avec le Conseil des ministres sur une immense majorité des sujets abordés par l’organisation. A l’heure où les compétences de l’Union européenne ne cessent de s’accroître au regard d’une ampleur inédite des défis de notre monde, le Député européen porte ainsi la lourde charge de permettre au citoyen européen d’exercer une réelle influence sur son quotidien comme sur la destinée de tout un continent, voire au delà…

Le sens des responsabilités, l’ouverture d’esprit, l’aptitude au dialogue, la prise de recul, l’esprit d’analyse, l’indépendance de vue, l’aptitude à la Raison et le courage politique sont dès lors les qualités indispensables à tout Eurodéputé pour mener son action en faveur de l’intérêt général.


Le monde traverse une grave crise économique qui met en lumière les excès d’une société fondée sur la seule valeur de l’argent et de l’enrichissement à outrance.
Quelle mission voyez-vous à l’Europe pour répondre pratiquement aux déséquilibres  et dérives que cette crise révèle ?



Au fil de la campagne pour les élections présidentielles de 2007, François Bayrou n’a  cessé de mettre en garde les Français sur les dangers du modèle de société prôné par Nicolas Sarkozy. La suite des évènements lui a malheureusement donné raison. 

Emporté dans son « tout à l’ego », le Parti socialiste n’est pas plus capable de proposer une alternative innovante et viable qu’il ne l’a été par le passé pour dénoncer les dérives latentes du capitalisme débridé. Dans le camps adverse, les corrections apportées à une désastreuse politique socioéconomique sont inversement proportionnelles à la médiatisation du chef de l’Etat. Force est de reconnaître toutefois que ce dernier a pleinement exploité sa fonction éphémère de Président de l’Union européenne pour mobiliser et unir les Etats membres face à une crise inédite depuis les années 1930. Il a effectivement réussi à les accorder sur le sauvetage du système financier européen suivant l’exemple anglais de Gordon Brown. Son activisme désordonné et autoritaire a néanmoins fini par irriter ses partenaires, principalement allemands, ce qui a sans doute empêché les Européens de s’entendre sur un véritable plan de relance socioéconomique commun. Ainsi se sont-ils contentés du minimum syndical, à savoir une coordination de leurs politiques respectives dans le cadre d’un projet global de 200 milliards d’euros.

Naturellement, la somme n’est pas négligeable dans la mesure où elle représente 1,5% de la richesse globale de l’Union européenne. L’effort consenti par les 27 pays sous l’impulsion communautaire est donc à saluer. Il est aussi à relativiser. Tout d’abord, il représente seulement les deux tiers de son homologue chinois et la moitié de son semblable américain. Ensuite, le montant européen est surtout un affichage promotionnel de la Présidence française :il est le fruit de l’amalgame audacieux des actions nationales auxquelles a été ajouté un apport de la Banque Européenne d’Investissement à hauteur de 30 milliards d’euros sur 3 ans, soit à peine 300 millions d’euros par Etat et par an... Par ailleurs, la concertation européenne soit disant voulue et obtenue par Nicolas Sarkozy peut être sérieusement mise en doute en l’absence d’un véritable gouvernement socioéconomique de l’Union européenne, bien au delà de l’Eurogroupe !

Or, les attentes du citoyen européen croissent vis-à-vis de l’Europe. Conscient des limites des Etats nationaux comme des opportunités de l’Union européenne, il commence à se tourner vers la seconde au détriment des premiers, qui plus est au cœur d’une période troublée et difficile. La crise est dès lors une menace comme une chance pour la construction communautaire : une menace de paralysie, voire de délitement, si elle ne parvient pas à satisfaire les aspirations de ses peuples ; une chance de l’étayer dans le cas inverse. En d’autres termes, l’Union européenne se trouve à un tournant de son histoire. En France, le MoDem est le mieux placé pour l’aider à le négocier. Le pari est de construire une société fondée non sur l’égoïsme mais sur la solidarité, non sur le profit mais sur le progrès, non sur l’excès mais sur la Raison, non sur la vilité mais sur l’éthique, non sur l’adulation de l’argent mais sur le respect de la vie… Telle est la principale mission de l’Europe pour les années à venir ! Les bases existent puisque l’Union européenne s’est récemment engagée sur la voie d’un développement durable au service de l’Homme, cas unique au monde. L’ambition lui fait toutefois défaut pour accentuer le mouvement. Le MoDem doit lui en insuffler aux côtés de ses partenaires et amis étrangers pour parvenir à une Europe volontaire, dynamique, innovante et humaine…


Le Mouvement Démocrate  veut , selon  le souhait de François BAYROU, s’atteler à bâtir un modèle de société humaniste pour le XXIème siècle.
Quelle sera la voix d’un Député Européen MoDem, et en particulier la votre, pour œuvrer dans cette direction au sein de l’Union Européenne ?



La force du Parlement européen réside dans sa double nature démocratique et supranationale. Démocratique dans la mesure où il est la manifestation de la volonté populaire, ce qui le différencie de la Commission européenne. Supranationale puisque les Eurodéputés ne se regroupent pas en délégations nationales mais au sein de formations idéologiques, ce qui le distingue cette fois du Conseil des ministres. Il est dès lors le principal défenseur de l’intérêt général de la population de l’Union européenne, citoyens et résidents. Un député européen doit absolument se concentrer sur cet aspect : son objectif n’est pas de défendre une entité politique ou économique mais les individus dispersés sur le territoire communautaire. Il lui faut installer l’Homme au centre de sa réflexion comme de son action. Un parlementaire MoDem aura en tous cas à cœur de tendre vers cet idéal.


Une société humaniste implique de donner priorité au développement  et à l’épanouissement de la personne selon ses droits et besoins tels que la Convention Universelle  des Droits de l’Homme les a définis depuis 60 ans .
Sur le plan social, économique, culturel, environnemental quelles sont pour vous les priorités que vous aurez à défendre ?


À mon sens, la crise actuelle nécessite un accroissement des efforts comme une concentration des moyens.

L’accroissement des efforts est nécessairement financier à l’heure où les Européens doivent se montrer plus que jamais solidaires et novateurs pour progresser vers un modèle humaniste de société plus moral, plus juste, plus raisonnable et plus durable. Cet idéal est condamné à demeurer utopie si l’Union européenne se contente du budget ridicule de ces dernières années (il représente seulement 1% de la richesse européenne tandis que son homologue américain correspond à 20% du Produit Intérieur Brut des Etats-Unis, pays réputé pour son ultra-libéralisme…). L’augmentation budgétaire peut être obtenue grâce à des obligations européennes émises sur les marchés financiers (si les investisseurs se détournent des entreprises diverses et variées comme des Etats les moins vertueux en cette période de doutes et de craintes, ils auront à coup sûr intérêt à prêter à la plus saine et plus puissante économie du monde !) et/ou par le biais de nouvelles taxes, qui plus est sur les activités polluantes et spéculatrices. Dans les deux cas, non seulement le contribuable sera peu touché mais l’Union européenne s’investira aussi pour réguler le capitalisme mondial en même temps d’injecter une masse considérable d’argent dans son économie pour la dynamiser, créer des emplois et réduire la pauvreté…

Pour obtenir les effets escomptés dans un minimum de temps, il lui faudra impérativement concentrer ses nouveaux moyens sur une gamme réduite de priorités sociales (prêts aux démunis, construction de logements bon marché, formation des moins qualifiés, suivi des personnes marginalisées sur le marché du travail, etc.), économiques (soutien financier et technique des petites et moyennes entreprises, développement des infrastructures, innovations technologiques et méthodologiques, incitation à la recherche, etc.) et culturelles (institution d’une fête des cultures européennes annuelle, encouragement à la création, rénovation du patrimoine architectural, etc.). Rassurez-vous : je n’ai pas oublié l’Environnement, loin s’en faut ! En fait, l’importance majeure de la question m’amène à la traiter au sein de toutes les actions à mener dans l’avenir. En d’autres termes, je pense qu’il serait plus efficace de généraliser l’écoconditionnalité de la Politique Agricole Commune à toutes les politiques comme tous les programmes de l’Union européenne dans le cadre d’un profond et solide développement durable. De la même manière, je suis partisan d’imposer une éthiconditionnalité des aides européennes, ce qui consisterait, par exemple, à demander à une entreprise en bonne santé le remboursement avec intérêt des subventions perçues en cas de licenciements injustifiés…  


En réponse à cette crise financière d’ampleur séculaire comme l’a qualifiée François BAYROU, nous devons inventer une société où le développement durable, la défense de l’Environnement , la justice sociale  et une conscience planétaire ne seront plus passés au second plan.
L’Europe peut-elle devenir un modèle, une sorte de laboratoire de cette nouvelle société ?


L’Union européenne est d’ores et déjà un modèle pour le monde aux plans de l’Environnement comme de la Justice sociale. Sur le premier sujet, ses Etats membres sont les premiers et les seuls sur la planète à s’être obligés à de conséquents efforts à diminuer leur consommation énergétique et à développer les énergies renouvelables pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Le Sommet de Bruxelles des 11 et 12 décembre 2008 a confirmé cette extraordinaire politique avec des objectifs de 20% pour l’année 2020 dans les trois domaines cités précédemment. Bien sûr, certaines puissances comme l’Allemagne, l’Italie ou la Pologne ont obtenu des exemptions de manière à préserver leurs industries en période de crise. J’ai été désolé de l’apprendre car je crois cette reculade de la Présidence française particulièrement regrettable, et ce, pour deux raisons : premièrement, elle risque de rendre difficile la réalisation desdits objectifs dans les délais impartis ; deuxièmement, elle freinera sans nul doute les efforts de recherche, d’invention et d’équipement non seulement nécessaires à la préservation de l’environnement mais aussi susceptibles d’ouvrir la voie à une économie nouvelle dans le cadre d’une société régénérée…


Pour l’homme de la rue en France, mon boulanger ou mon garagiste, l’Europe est plus souvent une entité administrative  étouffante qu’un idéal ou un pôle de stabilité du monde.
Comment les Eurodéputés du Mouvement Démocrate pourront- ils œuvrer à leur redonner confiance en cet avenir, à leur faire sentir que l’Europe c’est eux ?


Tout d’abord, il est vital d’informer la population sur l’Union européenne, ses origines, ses objectifs, ses mécanismes et ses implications sur le terrain. En effet, la communication en la matière est inexistante. Or, l’homme de la rue a naturellement tendance à se méfier de ce qu’il ne connaît pas ou mal. Le MoDem doit dès lors consacrer une partie de son énergie à aller à la rencontre des boulangers, des garagistes, des infirmières ou des éboueurs pour leur expliquer l’Europe dans ses dimensions les plus concrètes et positives (certains politiques et médias se chargent déjà des aspects négatifs, et ce, avec une hypocrisie et une mauvaise foi absolument scandaleuse !). En effet, si l’Union européenne est imparfaite (les eurodéputés démocrates auront à cœur d’en corriger les erreurs, les manques et les faiblesses), elle agit quotidiennement au profit de tous ses habitants selon des mécanismes parfaitement démocratiques, ce dont ne sont malheureusement pas conscients les citoyens (j’essaie de donner des exemples concrets sur mon site). Ensuite, le MoDem doit naturellement proposer un projet européen particulièrement ambitieux pour l’avenir. Je tiens à souligner ici que nous ne souffrons certainement pas d’un excès d’Europe mais de son contraire ! Les défis présents et futurs dépassent désormais le seul cadre de nos frontières nationales. Un Etat à l’image de la France n’est ainsi plus en mesure d’y répondre convenablement pour le bien de sa population. Il a toutefois à sa disposition un extraordinaire instrument pour surmonter toutes ses épreuves avec succès : l’Europe ! Encore faut-il que cet outil soit opérationnel… Il le sera à la seule condition de passer outre une bonne fois pour toute les suspicions et égoïsmes nationaux dans la perspective d’une coopération toujours plus étroite, efficace et durable des intelligences européennes.



Quelle doit être pour vous l’apport principal de la France dans l’Union Européenne ?


Je ne pense pas être chauvin à prétendre que la France est vitale pour l’Union européenne : tout d’abord, elle en est à l’origine (la journée de l’Europe célèbre le discours prononcé le 9 mai 1950 par Robert Schuman, Ministre français des Affaires étrangères, en faveur d’une Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, première étape de la construction européenne) ; ensuite, aux côtés de l’Allemagne, elle en est le moteur (les deux associés sont la source de ses progrès successifs) ; enfin, elle en est une des principales inspiratrices (la législation européenne, notamment sociale, est très souvent son œuvre). Aussi ai-je été particulièrement triste du résultat négatif du référendum sur le Traité constitutionnel en 2005. Quelles que soient les explications de ce vote (elles sont multiples et variées), les conséquences ont été catastrophiques pour notre pays ! En effet, ses partenaires européens n’ont pas compris le rejet par les Français d’un texte imaginé par eux-mêmes… Aussi s’est-il gravement discrédité pour finalement perdre une partie de son influence sur la scène communautaire. Je reconnais que l’action volontaire et énergique de Nicolas Sarkozy pour sortir l’Europe de la léthargie dans laquelle cet échec l’avait plongé a eu le mérite de rendre son rang légitime à la France. Malheureusement, sa désinvolture associée à son indélicatesse a gravement plombé le couple franco-allemand, ce qui hypothèque les chances de progrès futurs de la construction européenne. Le MoDem a ainsi l’impérieuse obligation de renouer le dialogue avec nos amis Outre-Rhin, notamment au Parlement européen, dans la perspective d’orienter l’Europe sur la bonne voie…


Pensez-vous qu’une conscience Européenne se développe et puisse  aider nos pays à reprendre espoir et à sentir  qu’ils ont un rôle  à jouer dans le monde ?


Hélas, le citoyen européen est aujourd’hui très loin de se considérer comme tel, qui plus est au sein des villes et campagnes distantes des frontières ! En effet, la citoyenneté est intimement liée à l’identité, c’est à dire la conscience et la volonté d’appartenance à une communauté. Or, mis à part l’euro (très souvent décrié pour son défaut inflationniste supposé), rien ne permet vraiment à une immense majorité de Français casaniers (ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à demeurer dans le cadre de leurs frontières nationales) de se sentir Européens. Les implications concrètes et quotidiennes sur le terrain sont précisément peu perceptibles et valorisées. L’Europe demeure ainsi abstraite. Mobiliser l’homme de la rue au profit de cette cause, aussi noble soit-elle, est dès lors difficile, voire impossible. Comme l’Union européenne ne pourra se développer, voire survivre, sans l’adhésion de ses peuples, il est primordial de remédier au problème. Je propose notamment une information permanente, pertinente et percutante du grand public ; un véritable brassage des populations (service civil européen, jumelages, etc.) ; et l’usage régulier des symboles (obligation de dresser le drapeau européen sur les bâtiments officiels, application d’une étoile surmontée du sigle UE sur les timbres, marquage communautaire visible sur tous les documents administratifs, mise en exergue de la Charte européenne des droits fondamentaux, remise de la citoyenneté européenne en même temps que son homologue, etc.).


Quelle place voyez vous pour l’Europe dans le monde notamment face aux pays émergeants  qu’elle devrait pouvoir  aider à trouver leur équilibre si elle maintient et développe le sien ?


La réussite de la construction européenne est vitale pour l’ensemble de la planète. L’Europe participe en effet de l’équilibre du monde depuis des millénaires. L’Histoire a tout particulièrement démontré que sa désunion était capable de jeter l’humanité entière dans l’horreur de la guerre, de ses souffrances, de ses destructions et autres abominations. Les Européens doivent désormais prouver que leur union est susceptible de la conduire vers un monde meilleur, c’est à dire plus équitable, plus stable, plus harmonieux et plus durable. Pour y parvenir, l’Union européenne dispose de deux atouts majeurs, uniques en leur genre, à savoir son modèle de société moderne et son aide aux tiers les plus pauvres. Le MoDem est sans doute le mieux à même de l’encourager à découvrir et exploiter son extraordinaire potentiel pour entraîner le reste du globe sur la voie du progrès collectif, juste et viable.


Merci beaucoup, Gilles ARTIGUES,  pour cette belle vision de l’Europe que nous devons tous, chacun avec nos moyens, aider à faire développer.
Très bonne chance à vous pour porter cet idéal fort, démocratique et humaniste, enraciné dans les principes fondamentaux  et  adapté aux besoins et urgences d’un monde en pleine mutation .

03/11/2008

Crise de confiance- crise de conscience

 

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Conférence Nationale du Mouvement Démocrate- Paris - Mutualité

La confiance est un élément fondamental des rapports humains et donc de nos sociétés. Que ce soit au niveau des rapports privés ou familiaux, au niveau de la santé, du travail  de la politique , du commerce ou des affaires elle est une clef de voûte incontournable. Être en confiance c’est pouvoir se fier, ne pas craindre, redouter l’autre et ses comportements ou agissements.
Elément intangible, elle ressort du fort intérieur de la conscience de chaque individu ; elle est aussi d’une grande fragilité.Chaque fois qu’elle se sent trahie ou trompée, elle s’émousse comme un capital qui perdrait peu à peu de son potentiel. Il faut parfois quelques facteurs déclenchants pour qu’elle se fissure et la vigilance éveillée ouvre la brèche vers la défiance.
Une confiance trop souvent trahie peut se tarir  pratiquement et mettre beaucoup de temps à se reconstituer.
Cet élément impalpable et non achetable, inhérent à la nature humaine et à son exigence profonde est bien connu  et savamment exploité du monde du commerce, des affaires et de la politique qui cherche à s’en servir  comme levier pour déclencher des réactions.
Or s’il est envisagé dans un but d’exploitation, la brèche est immanquablement  ouverte vers son abus.
Vient alors en politique le lot des promesses électorales,  des paroles rassurantes, des espoirs affirmés sans garanties, toute une gamme stratégique qui peut aller de la tromperie délibérée aux envolées oratoires authentiques mais sans lendemains pratiques.
On sait que ce qui caractérise le manque d’enthousiasme des français pour la politique et les politiques est un manque de confiance flagrant. De désillusions en déceptions et désabusement, les esprits se replient.
Ce déficit de confiance est grave car il accélère un processus de fragmentation, de rupture sociale au sens profond du terme. Il n’est souvent pas très loin du désespoir quand il n’en franchit pas le pas .C’est à dire du manque d’espérance de foi en l’avenir, en des possibilités de changements.

Ainsi se creuse jour après jour le fossé entre ceux qui gouvernent et ceux qui   sont gouvernés.
Dans ce désenchantement  croissant les faits objectifs ont leur part majeure mais les medias, caisse d’amplification et de résonance , jouent également un rôle considérable de démoralisation générale au double sens du terme.
Dans le monde du commerce ou des affaires la défiance s’est également propagée à vitesse croissante pour arriver à cette gigantesque crise  financière d’ampleur planétaire que François BAYROU considère prioritairement comme une crise morale et qui va engendrer une gigantesque crise de confiance mondiale.
Crise de  confiance en l’avenir,  de confiance dans le modèle de société mais aussi de  confiance en l’homme tout court.

Dans les sociétés traditionnelles  les transactions se  scellaient d’une poignée de main  qui faisait office de contrat inviolable.
Il en était de même dans le monde rural chez nous du temps de  nos grands- parents .
Certes la société s’est complexifiée et les transactions sont d’une tout autre difficulté.
Mais néanmoins derrière les façades de marbre et de verre, dans l’atmosphère  apparemment  aseptisée  du «  business »  selon le modèle anglo-saxon qui s’est imposé, ce qui prédomine trop souvent est un instinct prédateur qui cherche  à utiliser tout l’arsenal juridique ou administratif pour tirer le maximum de l’autre, ( voire l’exploiter ou le dépouiller) ;  cet autre dont la nature de «  prochain » est oubliée  .
Jusqu’à présent cette attitude était considérée comme gagnante, assurant la réussite matérielle et donc respectable et respectée si ce n’est révérée.Le vocabulaire marketing et économique s’est tissé de termes guerriers offensifs qui se sont imposés graduellement aux consciences. Laissant entendre par là qu’il s’agissait bien d’une sorte de guerre sans quartier dont le but était le profit maximum.
Or la crise de 2008 nous révèle qu’on ne peut impunément transgresser les principes.
«  Qui sème  le vent récolte la tempête ».
Poussée au paroxysme , cette attitude qui a évacué les besoins et les droits humains  pour se livrer sans frein à la fièvre spéculatrice a fini par aboutir à une catastrophe générale qui brise et remet en cause le système même qui a été le modèle dominant de   ces dernières décennies et a entraîné  la direction du monde.
Pour  tout esprit à tendance philosophique bien des réflexions s’imposent.
L’aspect général de cette crise, au-delà des raisons techniques que les spécialistes peuvent dégager, n’est-elle pas liée à une forme de complicité tacite du monde politique comme du monde des affaires, qui a laissé se développer une démarche contraire  aux principes humanistes et même au simple bon sens ?
Si la loi du coeur ne peut s’imposer, il est flagrant que la loi de la raison même va obliger à remettre les pendules à l’heure.
On ne peut éternellement  s’enrichir à outrance sur la souffrance et la faim de son prochain sans en payer un jour ou l’autre les conséquences.
On obtient forcément insurrections ou déséquilibres économiques si ce n’est les deux à la fois.
On ne peut évacuer l’homme dans son intégrité et intégralité au profit justement du Profit , transformé  en « science » ,érigé en dogme, jusqu’au fanatisme aveugle, jusqu’au déséquilibre total dont tous  in fine ont à payer les conséquences.
Crise morale, crise de sens qui ne pourra se résoudre avec de simples moyens techniques . Car il faudra  d’abord restaurer la confiance  ,   cette  impalpable valeur humaine que nul ne peut acheter .
Cette immense crise de confiance doit donc déboucher sur une crise de conscience, une crise des consciences, qui sachent en tirer la leçon.
Pour se résoudre durablement elle imposera un retour  aux valeurs fondamentales de la démocratie  qui s'enracinent sur les droits de la personne humaine.
Elle imposera ,  par la nécessité même, les règles d’une société humaniste de justice et de sagesse, si nous ne voulons pas comme le disait Jean LASSALLE lors de la Conférence Nationale du Mouvements Démocrate, qu’elle culmine en une troisième guerre mondiale .
Le défi est devant nous face à un modèle de société qui se fragmente comme la banquise à la débâcle et face aux glaces  des pôles qui fondent sous l’effet du réchauffement climatique.
Nous ne pourrons reconstruire que sur le roc des principes pour créer enfin " un modèle de  société humaniste pour le XXIème siècle "  que François BAYROU invite à élaborer, appellant  les  2000 cadres du MoDem réunis à la Mutualité le 26 Octobre dernier à être « un commando de transformation politique » face à une crise  d’ampleur séculaire  qui va démontrer que l’éthique s’impose à la raison même.

13/09/2008

Université de Rentrée , vers une démocratie mondiale

UR 2008 - Journal des Rencontres et Impressions à travers mes échanges avec:DSCN0109.JPG

Delphine JUSSELME suppléante de Gilles ARTIGUES
et des co-listiers de « la Voix des Stéphanois »
Josée POCHAT journaliste à Valeurs Actuelles
Philippe BERTA ex-suppléant de Jean- Marie CAVADA
Quitterie DELMAS
Etoile 66



Cette première Université de Rentrée est aussi la première de mon expérience politique.
Bien que ce type de manifestation rassemble des centaines de personnes, l’expérience de chacune d’elle demeure unique par la façon dont elle vit l’évènement et dont se tissent les liens et rencontres.
Pour le MoDem c’est un temps important. Ce nouveau mouvement n’a cessé d’être entravé et déstabilisé depuis sa fondation et il prouve ainsi qu’il a tenu bon et passe à sa phase de travail en profondeur.

Je suis co-voiturée par André MINETTO, tête de la liste Agora qui a fusionné avec celle d’Hervé CAEL pour donner la liste Union MoDem 06 dont je suis co-listière. Une cohérence avec moi-même qui ai souhaité , voire prêché , l’union dans les Alpes Maritimes, sachant qu’elle fait la force et craignant de voir fragiliser le Mouvement Démocrate par des divisions internes qui viendraient encore s’ajouter aux attaques externes pour nous affaiblir.
Je n’ai pas choisi de partager mon logement avec des personnes données, laissant le hasard faire les choses…

Il a apparemment bien œuvré puisque je me retrouve tout de suite avec Delphine JUSSELME, suppléante de Gilles ARTIGUES au Conseil Général de la Loire.
Gilles ARTIGUES, notre Médiateur, l’homme de la modération qui travaille justement à éviter les divisions….
C’est donc avec l’équipe de « la Voix des Stéphanois », tous anciens co-listiers de Gilles ARTIGUES aux dernières municipales ,que je
vais vivre ces quelques jours très denses.

À l’atelier Internet de Christophe GINESTY je découvre l’outil révolutionnaire que les bénévoles du MoDem sont en train de mettre en place.DSCN0038.JPG Totalement innovant par rapport aux autres partis il va permettre l’information, les échanges et pratiquement la formation des militants .Il confirme ainsi la vocation de parti de pointe du Mouvement Démocrate qui doit sa création pour une bonne part à ces nouvelles technologies de communication interactives. Et la rapidité d’adaptation de François BAYROU qui suit de très près ces développements.
Il donne un espoir important de voir se développer un travail en profondeur à la fois pédagogique et militant capable de se propager très rapidement et dont le sentiment d’urgence ne peut qu’être renforcé par les communications des différents intervenants de cette Université.
Urgence pour la France mais aussi pour l’Europe et le monde qui subit de grands bouleversements et une totale re-distribution des rapports de force.

J’ai trouvé particulièrement impressionnante la prestation de Jean François KAHN exposant le réveil de l’empire Chinois ( de l’Empire du Milieu comme le rappelle BAYROU) et son emprise économique sur les Etats Unis par le biais de leur endettement.
Nous sommes arrivés à un très grave point de bascule et on ne pourra plus se contenter de faire de la politique interne de « rapiècement ».
Le moment peut mettre en jeu des changements considérables et il nous appartient de savoir réagir très vite et bien.
Une responsabilité pour tous les politiques mais aussi pour tous les citoyens et dont nous ne connaissons pas encore toute la portée.
Lorsque le crépuscule plonge dans le clair obscur les centaines de personnes concentrées dans cet amphithéâtre de verdure, dans ce site quasi attique avec la mer à quelques centaines de mètres, j’ai le sentiment de vivre un temps fort, un moment qui fera date, une sorte « d’états généraux »de la démocratie. J’aimerais cependant que François BAYROU, dans la nuit tombante, soit un peu plus soucieux de sa sécurité, surtout lorsqu’on touche à autant de sujets sensibles.

Samedi , ayant manqué le petit-déjeuner, je me retrouve en train de prendre un chocolat en compagnie de Josée POCHAT, journaliste àDSCN0087.JPG Valeurs Actuelles, qui vient de faire un reportage de quatre pages sur François BAYROU.
C’est l’occasion de recueillir ses impressions sur la portée de l’évènement et les problèmes de la presse Française de plus en plus cadenassée.
Elle me dit qu’elle sent le moment de cette UR important car la situation de la France est très inquiétante.
J’appends aussi qu’il y a des revirements dans la presse, du moins dans celle qui a une certaine indépendance financière, et que son magazine cherche maintenant à se faire l’écho des opposants à l’actuel Président de la République.D’où la large ouverture de ses colonnes à François BAYROU, mais aussi à Nicolas DUPONT- AIGNANT avec qui elle a de nombreux contacts.
J’y vois un signe important de réveil pour notre politique intérieure.
Même si le Forum sur la Démocratie suivi l’après–midi avec notamment les journalistes Daniel SCHNEIDERMANN et Laurent MAUDUIT dresse un état des lieux accablant sur la situation de l’information en France, inféodée au pouvoir gouvernemental ,par le biais des puissances financières qui le soutiennent, au moment de graves dérives judiciaires et d’atteintes au respect de la vie privée. Corinne LEPAGE, assise juste devant moi et qui prend la parole à la place d’Eva JOLY empêchée, estime tout simplement que « la justice est en loques ».
Le seul espoir réside pour l’heure dans Internet où se replient les journalises qui veulent s’exprimer librement. Ce qui confirme encore la bonne direction que prend le Mouvement Démocrate en voulant privilégier cet outil de communication.

DSCN0081.JPG Sous un soleil implacable le Forum Europe et International avec notamment l’ancien Premier Ministre Belge Guy VERHOFSTADT , HubertDSCN0076.JPG VEDRINE et Sandro GOZZI a encore renforcé ce sentiment d’urgence , mais aussi d’espoir, d’une Europe forte et unie autour de valeurs humanistes face aux empires Chinois ,Américains, Russes. Un militant,à ma satisfaction, a justement objecté à Guy VERHOFSTADT, qu’il préférait le mot de « puissance » plutôt qu’empire pour désigner cette nouvelle force vers laquelle doivent converger tous nos espoirs.

Dans le petit train qui nous déplace d’un lieu à l’autre ,je rencontre Etoile 66, blogueuse de la première heure ,qui intervient sur tous le forums Internet MoDem.

Je dine à la table de Philippe BERTA, ancien suppléant de Jean-Marie CAVADA à la Députation Européenne et candidat MoDem aux municipales de Nîmes.L’occasion d’en apprendre un peu plus sur les mobiles de ce journaliste de talent qui malheureusement a terni son image par son revirement décevant.
L’occasion également d’échanges enrichissants sur de nombreux points et de recueillir son expérience aux municipales mais aussi dans les combats de ce chercheur en biochimie et en génétique pour créer l’Université autonome de Nîmes dont il a été le Président.
Nous évoquons le problème de la professionnalisation de la politique qui explique aussi les revirements de certains élus pour des raisons platement alimentaires. Philippe BERTA estime qu’il faudrait limiter à deux mandats et établir un systèmes d’accompagnement pour la réinsertion à la vie professionnelle de manière à ce que le jeu démocratique cesse d’être faussé par l’utilitarisme personnel. Ce sont là des points importants si nous voulons pouvoir nous appuyer de façon fiable sur des représentants du peuple réellement engagés pour des valeurs. Or autant pour la France que pour le monde , nous ne pouvons plus nous permettre de voir la démocratie et les prises de décisions entravées par des systèmes pyramidaux d’un autre âge ou des« caciques » locaux tentent de rejouer une néo-féodalité souvent au mépris des intérêts généraux réels.

Le voisin de Philippe BERTA est un scientifique spécialiste de la voiture électrique et… du nucléaire.
Pour lui l’une ne va pas sans l’autre.
Même si le nucléaire est depuis mon adolescence synonyme de danger majeur , je décide d’en profiter pour avoir l’avis d’un homme de bonne foi et en savoir un peu plus sur les nouvelles générations de réacteurs qui sont capables d’utiliser et donc de détruire 90% de leurs déchets.
Or la construction de photovoltaïque impose l’utilisation d’énergie pétrole ou charbon polluants pour chauffer le silicium à 1000° .
Reste que même en éliminant la dangerosité des déchets ( ce qui impliquerait la récupération de tous les fûts de stockage disséminés sur notre planète…) cette énergie peut-être source de catastrophes en raison de l’instabilité du monde,du terrorisme , des guerres.
Comment donc pourvoir rapidement aux besoins croissants d’une humanité ,dont une bonne partie est encore en dessous du seuil de pauvreté, sans établir prioritairement une stabilité mondiale ?`De la politique de quartier aux enjeux planétaires, une société humaniste axée sur le développement durable est à inventer de toutes pièces et un défi pour notre espèce sensée être responsable.

J’ai rejoint la « chambrée » de la Voix des Stéphanois :
Delphine JUSSELME, Michèle BONNET, David VACHEZ tous co-lis tiers de « Gilles » -nous sommes une grande famille comme le dit David-
Nous les femmes avons nos lits à 50 cm les uns des autres.
Jusqu’à 3 heures du matin je revis avec Michèle BONNET la campagne municipale de Gilles ARTIGUES. Liste de rassemblement de diverses sensibilités avec ou sans étiquettes et de tous horizons sociaux et qui comportait notamment : Renée DUMONT 1ère Adjointe au Maire de Saint Etienne ,UMP qui  a fini par adhérer au MoDem, le Professeur Michel DEBOUT du CHU de St Etienne, PS, Bernard SEYSSON , ancien Conservateur du Centre Beaubourg.DSCN0119.JPG
Le gentillesse et le calme de « Gilles » qu’on ne voit presque jamais en colère, le travail de base de la campagne par les froids matins d’hiver défilent.
Ces heureux Stéphanois vivent l’union au jour le jour derrière Gilles ARTIGUES, seule tête de liste aux élections internes. Leurs yeux se sont ouverts grands en apprenant qu’il y a eu jusqu’à 5 listes dans les « starting -blocs » des Alpes Maritimes.
Après Delphine, toute d’enthousiasme et de dynamisme, j’écoute Michèle, qui a bravé une sciatique pour suivre sous cortisone cet UR et qui, en dépit d’un métier para-médical pénible est pleine d’ardeur et de volonté, décidée à prendre des cours de théâtre pour apprendre à s’exprimer en public. Toutes deux sont absolument neuves en politique où elles amènent fraîcheur et détermination . Je me dis que c’est bien là que se tient la force du MoDem et de BAYROU qui a su rassembler cette richesse humaine dans un élan tout à fait nouveau.

Cet élan se traduit par une ferveur concentrée lors du discours de clôture de François BAYROU. DSCN0116.JPG
Juste devant moi se découpe le profil angélique de Quitterie DELMAS qui m’a fait l’amitié de me dire qu’elle connaît mon blog.
Elle incarne plus d’un symbole. Celui d’une jeunesse engagée dans une voie d’équilibre par-delà les anciens clivages pour défendre un avenir qu’on ne cesse de lui hypothéquer.Elle est aussi la nièce d’un homme qui s’est opposé à la guerre d’Irak, épargnant beaucoup de morts à notre nation et qui voit jour après jour se déliter la politique d’indépendance de la France, et partant de l’Europe, pour laquelle il a combattu.
A quelques places d’elle c’est le profil comme taillé dans un bois noble de Jean LASSALLE. Lorsqu’il lui est fait une longue ovation, il baisse la tête, visiblement ému et atteint dans son humilité.C’est une image que je ne volerai pas mais que je garderai précieusement en moi. Je ne suis pas partie en chasse aux « photos avec » durant cette UR , mais j’ai recueilli des images intérieures beaucoup plus parlantes, comme celle-ci , qui me prouvent qu’on peut trouver dans le monde politique des personnalités riches et intègres qui tranchent totalement sur les préjugés de carriérisme cynique que d’autres ont pu légitimer.Comme aussi les sourires rayonnants et l’ardeur juvénile de Corinne LEPAGE et Marielle de SARNEZ qui dénoncent les dérives de notre politique avec une fougue et un engagement entier.
Je n’ai pas le temps de réfléchir à toute cette énergie qui se lève pour combattre pacifiquement dans un Mouvement humaniste qui prend en compte tous les problèmes que notre société confronte au niveau national comme au niveau mondial que je suis accaparée par une journaliste de Mediapart qui veut me faire réagir à chaud sur le discours de François BAYROU.En manque de sommeil depuis 5 jours en raison de problèmes personnels qui ont précédé cette UR je dois donc donner ma première « interview » avec une question piège sur les alliances avec le PS. Cela fait partie de l’engagement et de la responsabilité du militant…

André et Florence me déposent à la Gare de Centrale de Nice et je réalise brusquement que j’ai vécu trois jours dans un autre monde. Où une concentration de bonne volonté, d’enthousiasme et de sincérité alliée à des réflexions de haut niveau tissaient un Projet d’Espoir. Une chape me retombe sur les épaules. Ici c’est la fatalité et le découragement qui règnent. Un cheminot me raconte le nombre de suppressions d’emplois y compris en nocturne, ce qui a des conséquences également sur la sécurité.
« C’est SARKOZY, c’est comme ça… »
Je milite aussitôt mais mes interlocuteurs sont trop désabusés, ils ne croient plus « aux promesses »….
Il y aura beaucoup, beaucoup de travail pour les militants du Mouvement Démocrate pour redonner de l’espoir à leurs concitoyens, retrouver leur confiance et les convaincre que le MoDem va exprimer, selon François BAYROU « un autre projet de société dont les valeurs ne seront pas celles du matérialisme et du cynisme »*.



* BAYROU : "Mon conflit de valeurs avec le Président  "
Valeurs Actuelles – 4 Septembre 2008 par Eric BRANCA et Josée POCHAT

04/07/2008

Promesses et responsabilités

La nouvelle chute de popularité du Chef de l’Etat qui lui donne 33 % d’opinions favorables contre 65 % d’opinions défavorables, avec 81% des Français qui pensent que les choses auront tendance à s’aggraver *, crée un climat bien peu propice à la Présidence de l’Europe par la France.

François BAYROU a opté pour une politique d’indépendance permettant d’approuver  les mesures favorables et de critiquer ce qui paraît néfaste ou contraire.

Certes la morosité ambiante n’est pas du seul fait du gouvernement qui se trouve confronté à des situations internationales imprévues.
Imprévues, mais peut-être moins imprévisibles.

Si le désamour des Français pour leur Présidence ne semble pas prendre en compte ces données extérieures, c’est qu’il prédomine un profond sentiment de déception.

Nombre d’électeurs de Nicolas Sarkozy semblent avoir cru à une sorte de miracle, à un rêve forgé à partir de  promesses qu’ils pensaient voir s’actualiser rapidement.

De nombreux blogs politiques ont pris la peine de recenser ces promesses non tenues qui capitalisent un désenchantement progressif de cet électorat.

La « promesse électorale » est un défaut majeur de la politique.

Elle sape progressivement la confiance et conduit à ce qui m’est souvent apparu comme une démoralisation au double sens du terme de la vie politique. C’est-à-dire à faire perdre le moral aux citoyens et la moralité aux politiques.
L’abus de promesses a donc une double action :
de fait  , par la non- réalisation d’évènements souhaités,  mais elle catalyse également un processus de découragement, de pessimisme, qui vient encore alourdir la situation objective.

Les politiques n’ont pas tous les torts en la matière.
Le citoyen électeur a les siennes qui espère souvent leur transférer  tous ses besoins  et desideratas sans être prêt à s’engager lui-même de manière responsable.
C’est ainsi qu’après avoir souvent  eu tendance à rechercher à travers  le socialisme «  l’Etat Providence », il semble maintenant avoir espéré un « Président Providence », capable de prendre en charge tous les problèmes et d’apporter réponses à tout.

C’est peut-être la raison pour laquelle la 3ème voie présentée par François BAYROU n’a pas encore réussi à rassembler suffisamment de suffrages pour proposer une autre alternative alors qu’elle  s’offrait pourtant aux électeurs lors des présidentielles de 2007.Ces mêmes  électeurs qui maintenant semblent renier leur choix et ont eu loisir de tenter une autre démarche.
Or cette 3ème voie demande aux citoyens une attitude plus mature et plus responsable et ipso facto imposerait aux politiques  plus de rigueur dans le possibilité d’actualiser leur programmes et  propositions.
Mais même s’il y a une sorte de démission citoyenne dans ce désir de croire à tout prix les promesses jetées à profusion, il y a un danger certain à en user. Danger qui engage la responsabilité de celui ou celle qui en use et abuse.
Or de telles responsabilités dans l’instabilité du monde dans lequel nous vivons, dépassent largement les nations.
Alors que l’Europe est en pleine crise, comment une Présidence Française qui a perdu la confiance de la majorité de ses concitoyens pourrait-elle  redonner confiance et volonté aux peuples d’Europe ?
D’une désillusion à l’autre, si  les Européens perdent foi en leur avenir commun et en leur mission comment pourront-ils peser sur l’avenir du monde, essayer de travailler à sa stabilité ?

Par l’enchaînement des causes et des conséquences dans un monde d’interrelations extrêmement  sensible et réactif, les promesses électorales non tenues à un peuple peuvent ainsi peser sur le destin d’autres peuples, voire du monde.
Face à ces enjeux de responsabilités , il est urgent de voir s’établir une politique nouvelle, humaniste, prudente et sage.
Et elle devra s’établir au plus vite pour la Paix des peuples.

 

* Le Figaro 3-07-2008- :  Sondage TNS-Sofres pour le Figaro Magazine 

22/06/2008

Pour une Démocratie Européenne


Le «  non » Irlandais a donné lieu  à de nombreux commentaires.  Sur  les raisons profondes de ce «  non » d’une part et sur l’opportunité de soumettre au référendum un texte hyper spécialisé  d’autre part.
Les dirigeants de l’UE ont espéré sortir rapidement de la crise , mais l’échéance est repoussée au mois d’Octobre. Si un nouveau référendum  permettait, en, raison de pressions sur l’Irlande, de retourner la situation, c’est la Démocratie qui en ressortirait atteinte. Et si c’est à nouveau une impasse, les conséquences seront pour l’Europe elle-même.
C’est une situation grave et il est accablant de voir titrer : « l’Europe en panne »
En 2005 c’étaient la France et  la Hollande qui s’opposaient  au projet de Constitution. Trois ans après le peuple d’Irlande  a été catégorique, les Tchèques et les Polonais soulèvent des problèmes tandis que le Royaume Uni n’a pas encore ratifié.

Ce refus et ces atermoiements cristallisent nettement une méfiance et une crainte des peuples d’Europe envers l’institution sensée les rassembler.
J’écrivais dans un récent article (http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archi... combien ces peuples, forgés par l’Histoire et la souffrance, pouvaient avoir une mission capitale pour l’équilibre du monde , s’ils savent développer et faire rayonner une Conscience Européenne.
Or cette conscience est  latente.
Nous avons en partage notre histoire, notre culture, pratiquement un même rythme de développement par rapport aux progrès technologiques, une même aspiration profonde à la Paix, une conscience environnementale vraisemblablement parmi les plus développées du monde, des habitudes de vies proches.Et nous jouissons  également d’un des climat  les plus démocratique du monde ,dans chacun de nos pays.
Ce sont là des bases essentielles qui devraient  nous permettre de porter au plus haut un idéal de société, un «  modèle humaniste pour le XXI ème siècle » comme le décrit François BAYROU.
Une Irlandaise  me disait récemment que ses compatriotes  se sentaient Européens mais refusaient d’être entravés par les «  diktats » administratifs de Bruxelles.
C’est ce dont beaucoup d’Européens se plaignent, tout comme ils craignent un modèle de développement  qui irait dans le sens d’un ultralibéralisme à l’Américaine.
Il y a donc un divorce latent entre l’aspiration  des peuples Européens et le modèle qui leur est proposé .
Et si ce n’est divorce, il y a une méfiance certaine envers la direction de  l’Europe puisque, à priori, ils repoussent des textes dont ils n’ont pas pris connaissance ou qu’ils n’ont pu appréhender en raison de leur complexité.
Cette attitude est à rapprocher de  l’abstention aux élections nationales et du vote sanction en alternance gauche/droite, non par adhésion aux valeurs proposées, mais par mécontentement d’un état de fait.
Il y a donc une tâche énorme  ,dans laquelle devront  s’engager prioritairement les Démocrates.
Pour que les institutions Européennes réfléchissent  les aspirations et les besoins des peuples d’Europe.
Pour que ces peuples sentent plus intensément le besoin et l’urgence  de bâtir cette Europe forte, indépendante, humaniste et équilibrée.

Ce modèle de Démocratie Européenne qui aura un rôle prépondérant pour l’équilibre d’un monde dont les enjeux  ne permettent plus d’atermoiements.

24/05/2008

Faim , conscience, responsabilités et Démocratie.

Il est toujours délicat de parler de la faim le ventre plein.
Il y a longtemps que le monde  accepte que certains aient de quoi se nourrir et d’autres pas , avec plus ou moins de mauvaise conscience avec plus ou moins d’actions pour y palier.
Mais nous avons franchi un cap avec les « émeutes de la faim », où ceux  qui n’en peuvent plus de dépérir utilisent leurs dernières forces pour crier leur révolte.
Les causes sont d’une grande complexité , de la surpopulation aux dérèglements climatiques  en passant par les changements de méthodes de culture, la spéculations, les monopoles, l’exploitation de l’homme par son semblable sous toutes les latitudes.
Les responsabilités  toutes aussi complexes.
Mais nous sommes désormais au pied du mur pour trouver des solutions à l’échelle planétaire.
Du côté des pays développés le développement à outrance avec le profit comme  but ultime ,  l’éthique et les droits de l’homme complaisamment contournés pour privilégier la spéculation ,   les monopoles  et la main basse  sur les richesses de notre planète par des  multinationales tentaculaires  va se heurter au mur  de la conséquence  des actes , ainsi imbriqués jusqu’au retournement. Jusqu’à ce que ces conséquences obligent des facto à changer de paramètres et donc de méthodes. Ce qui implique un changement de projet de société.
Si les responsabilités sont indéniables   du côté des  pays riches, elles ne sont néanmoins pas les seules.
Le modèle de développement occidental  plaqué sur des sociétés traditionnelles a été autant plus ou moins imposé  qu’avidement  suivi par les pays  pauvres ou émergents. Il a pu souvent accélérer un déséquilibre là où il était sensé apporter le progrès. Et  partout il a développé une fascination pour  un nouveau type de société axée sur la course aux biens de consommation et au profit  , adoptée sans ambages par les futurs grandes puissances qui émergent et qui dans leur hâte à rattraper  l’Occident sont encore plus pressées de contourner les Droits de l’Homme et  les impératifs écologiques.
Un souvenir d’adolescence ne quittera jamais ma mémoire : j’accompagnais ma famille en Inde où nous devions séjourner. Nous avons du aller au port de Madras pour dédouaner une caisse maritime.   L’entrée du port était gardée par des vigiles armés. Les grilles franchies, nous venions de laisser derrière nous les rues grouillantes de cette ville d’Inde du Sud exposant sa révoltante misère  à ciel ouvert sur ses trottoirs. Le taxi s’est alors mis à rouler confortablement sur une épaisse couche de blé qui recouvrait toutes les voies et les docks du port. Arrivés  à un  hangar, nous avons découvert l’origine  de ce phénomène. Il y restait encore un nombre imposant  de sacs  empilés  contenant un blé magnifique  et portant l’inscription : «  Don du peuple des Etats Unis d’Amérique  » .  C’était une aide humanitaire qui attendait en vain  d’être distribuée.
Comment cette céréale avait pu se répandre en une couche de 30 a 40 cm sur les voies de circulation du port demeure un mystère.
Mais plus encore comment les autorités d’un pays qui a  dû son indépendance au combat de Gandhi ont  pu  laisser se développer une telle situation sans cas de conscience alors qu’une énorme partie de la population dépérissait de faim.
Nombres d’aides humanitaires subissent le même type de sort ou  sont détournées pour alimenter des trafics locaux.
Le récent  typhon en Birmanie et le tremblement de terre en Chine  ont  encore rendus criants le problème d’acheminement des aides et des secours face à  l’obstruction des régimes non démocratiques.
Il y a peu Nicolas SARKOZY affirmait qu’il croyait  au capitalisme et à la mondialisation.
Ce à quoi  François BAYROU a répondu qu’il croyait lui à l’humanisme et à la justice.
Ce sont deux concepts  différents.
L’un , fasciné par le modèle Américain qui est pourtant remis en cause de l’intérieur par les élites de ce pays, s’accroche aux anciens paradigmes qui privilégient le profit  à outrance , le développement  subordonné aux  puissances d’argents  en dépit des avertissements qui pointent les excès de ce système et ses dangers.
 L’autre qui privilégie le développement harmonieux de l’homme dans son  environnement et qui  de ce fait n’aura de cesse de  chercher des solutions justes aux gigantesques problèmes  qui défient l’humanité et qui sont arrivés à des stades d’urgence.
Que nous le voulions ou pas nous ne pourrons échapper à ces urgences sous peine d’arriver à  plus ou moins brève échéance à une totale impasse.
Et seule une démocratie humaniste à l’échelle de la planète permettra la mise en place de mesures permettant de résoudre des problèmes qui ne pourront se gérer qu’en commun, par des instances supra nationales.
Du microcosme au macrocosme, les  Démocrates de France et d’ailleurs travaillent chacun à leur échelle et à leur niveau à l’émergence de ce nouveau type de société  qui implique  un développement  des consciences, un développement des responsabilités des  citoyens, de tous les citoyens du globe, pour faire face aux défis de la mondialisation.
Le monde à faim de nourriture physique , le monde à faim  aussi de nourritures morales que sont  la liberté et la justice  , fondements de la Démocratie.










08/03/2008

Voter en son âme et conscience

Par ces temps d’élections il n’est peut-être pas  inutile de se recentrer sur les principes de nos devoirs électoraux.
La Révolution Française , après  beaucoup de sang et de douleur, nous a laissé la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen et les fondements de notre République.
En allant voter sommes-nous réellement conscients de la portée de cet héritage ?
L’art 2 de cette convention pose que « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptible de l’homme .
Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression ».
Les citoyens qui glisseront  leurs bulletins dans l’urne auront-ils l’impression d’agir pour ces principes ?
Face à l’inquiétude et aux déceptions suscitées par les  dix mois de gouvernance de Nicolas Sarkozy on pronostique un basculement à gauche pour les élections locales.
À moins d’un an des présidentielles  ce re-positionnement politique serait donc un vote sanction, expression d’un mécontentement grandissant.
Mais peut-on conduire une nation comme un char  d’assaut , en donnant un coup une fois à droite puis une fois à gauche ? Sachant que les chars laissent au sol de profondes marques.
Si les citoyens doivent utiliser les élections locales comme moyen d’expression de leur humeur, c’est que quelque chose ne va pas dans notre Démocratie et qu’ils n’ont pas le sentiment d’avoir voix au chapitre autrement que par la pression.
Plus que toutes autres les élections locales devraient être affaire de personnes, de compétences, de connaissance du terrain et des enjeux locaux, au-delà des sensibilités politiques.
C’est ce que ne cesse de répéter François BAYROU qui invite à briser «  le mur de verre » qui coupe la France en deux depuis des décennies.
Fort incomprise , cette démarche désarçonne et se heurte de surcroît au besoin  d’utiliser son bulletin de vote non plus seulement pour exprimer ses convictions , en son âme et conscience, mais pour crier son sentiment d’urgence, de désaccord ou d’exaspération.
Les Français ont un rapport ambigu  au pouvoir qui oscille entre l’attraction et la répulsion. Néanmoins le plus souvent l’élu est plus  considéré comme l’incarnation du pouvoir que comme le délégué de l’électeur, la voix du citoyen.
C’est une des raisons sans doute qui a creusé le fossé entre les politiques et les citoyens.
Des citoyens qui ont cultivé un sentiment d’impuissance tout en considérant que la politique était affaire de professionnels, éloignés de leur quotidien.
C’est en réaction à cette attitude que par milliers des citoyens se sont  levés , à l’appel de François BAYROU, pour fonder  le Mouvement Démocrate.
La plupart n’avaient jamais appartenu à un parti politique mais avaient subitement l’impression que la politique devait être l’affaire de tous, de tous les citoyens responsables , pour   voir fructifier réellement  les  principes qui fondent et sous-tende le projet Républicain. Pour sortir enfin de cette guerre des camps adverses et transcender le vieux clivage gauche-droite.
Face aux enjeux planétaires qui nous concernent tous , face à un monde de plus en plus instable, une nation divisée est une nation affaiblie, comme l’est une famille.De la plus petite élection locale  ,du moindre hameau Français ,à la plus importante au niveau national, nulle ne peut être totalement coupée du contexte géopolitique et environnemental  qui s’impose à tous les niveaux du quotidien avec une complexité croissante.
Il faut donc une nouvelle ère citoyenne et politique qui mette la responsabilité et la conscience comme priorités.
C’est cette révolution des consciences  qui sera l’enjeu des prochaines décennies.

01/03/2008

De l’outrance verbale à l’outrage à la République

Les récents dérapages verbaux du Chef de l’Etat ont créé une turbulence émotionnelle et médiatique dans l’hexagone et , plus grave, ont fait écho dans les nations étrangères.
Au-delà de l’anecdote, il semblerait que le nouveau Président agisse comme un catalyseur ou un miroir grossissant des tensions de notre société.
Nombre de ses opposants focalisent sur sa personnalité, mais c’est trop oublier qu’il procède d’un consensus.
S’il est seul au sommet de l’Etat, il y a été porté pas ses électeurs et par les élites de son parti qui adhèrent à sa démarche.
C’est peut-être plus encore la façon dont ce dérapage a été légitimé par son environnement qui pose les vrais problèmes :
Ceux d’une banalisation des outrances ou abus verbaux et de ce qu’elle implique. Puisqu’il faudrait les considérer comme « modernes » ou « virils ». À ce stade ne sommes nous pas tous « coupables «  et tous « responsables » ?
Sur la route, dans la rue, à l’école , à la maison , dans le stade de foot et plus grave dans l’arène politique, l’injure est devenue monnaie courante. Ne pas y céder fait  paraître  « ringard ». Ce qui rejoint la conception des proches du Président qui estiment qu’un écart de langage est un gage de modernité.
Il est évident que les insultes qui volent dans notre quotidien étaient impensables  du temps de nos grands-parents. Depuis une quarantaine  d’années il a été admis qu’il fallait se débarrasser de la «  morale bourgeoise de Papa » au nom de la lutte contre l’hypocrisie et la porte a été progressivement ouverte à toute les permissivités.
N’est-ce pas une nouvelle forme d’hypocrisie  d’admettre cette valse d’insultes ou de grossièreté tant qu’elle  se contente de «  voler » et qu’elle  ne devienne scandale que lorsqu’elle est  enregistrée, filmée ou couchée sur le papier ?
À ce qui a été étiqueté de «  morale bourgeoise » , ne serait-il pas temps de substituer le respect des règles démocratiques  qui fondent notre société ?
L’insulte est une forme de violence qui est faite à l’autre, frappé de mépris, de vindicte et de haine.C’est une atteinte  de principe à la dignité de la personne humaine qui peut être plus ou moins grave.
L’art 4 de la déclaration des Droits de l’homme et du Citoyen pose que la liberté consiste à faire ce qui ne  nuit pas à autrui.
La violence, sous toutes ses formes, y compris verbale, nuit à autrui.
Or la violence est devenue le quotidien de nos sociétés modernes. Elle crève les écrans de cinéma ou de télévision et s’actualise dans nos villes et banlieues. Les medias s’y adonnent de manière plus  raffinée, par l’outrance, remplaçant souvent l’information par le sensationnel qui fait violence aux sensibilités. La présomption d’innocence est pratiquement bafouée par les «  traques médiatiques » qui, dans la forme , si ce n’est au fond, finissent par marquer le plus innocent du fer rouge de la suspicion .
L’opposition se manifeste  trop souvent par la violence verbale. Nombre de blogs  se couvrent ainsi d’injures envers le Chef de l’Etat. Si c’est un signe de santé  pour la liberté d’expression, ce n’en est pas un pour notre démocratie car ces excès dégradent l’éventuelle pertinence des critiques formulées.
S’il est bon d’user de la liberté d’expression , il est risqué d’en abuser  au risque de la voir se réduire.
Cela provient de ce que depuis des décennies s’est instauré en France un climat de guerre virtuelle opposant, bloc contre bloc, les deux camps politiques adverses .  Il est normal de considérer « ennemi » tout ce qui n’est pas de son camp . À  l’image de ces tensions  et violences banalisées nos politiques multiplient  les «  dérapages » .
C’est  maintenant au tour du Maire d’une des principales villes de France ,qui a aussi de hautes fonctions dans nos institutions,  de s’être fait piéger par une vidéo  où il égrène  complaisamment des injures envers des citoyennes qui l’ont elle-même insulté. Il y a quelque mois  le Secrétaire Général de l’UMP devait s’excuser de propos insultants  envers une femme  , élue du peuple.
Cette accumulation prouve  qu’ à tous les niveaux  du pouvoir politique il est d’usage de manier l’insulte, tout comme pour le citoyen il est devenu normal d’injurier ses politiques.
En bafouant régulièrement ces principes  de base , c’est la République que nous outrageons.
Ces dérives ne peuvent servir l’idéal démocratique. Or la Démocratie est d’autant plus fragile qu’elle est rare dans le monde .
Ne serait-il pas temps de  retrouver un réel humanisme social qui poserait prioritairement le respect de la personne  et permettrait  d’établir un réel débat démocratique responsable ?
C’est un des enjeux des Démocrates qui, derrière François BAYROU, aspirent à voir porter « à son maximum la conscience et la responsabilité des citoyens » selon les mots de Marc SANGNIER .
Conscience et responsabilité de tous les citoyens jusqu’aux plus hauts responsables.

 
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