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03/07/2011

De l’inhumain à l’humain, pour une société de l’Homme


En dépit des apparences, je n’ai pas abandonné le combat politique.

Mais je dois des excuses à mes fidèles lecteurs ainsi qu’aux nouveaux  , venus régulièrement lire mes articles précédents. Je les en remercie beaucoup car cela prouve  que lorsqu’on s’attache  au fond des choses ,dépassant l’immédiateté et la superficialité,  l’intérêt demeure .
En Février   dernier , il  y  a eu 3  ans que Conscience et Démocratie aura commencé sa petite aventure sur le net et déjà des milliers de visites se sont accumulées.

J’ai été trop longtemps silencieuse, mais parfois il est bon de laisser passer la colère et la révolte , de prendre du recul , avant de tirer des conclusions .

Durant ces longues semaines de silence apparent ,j’ai  accumulé des expériences  diffciles  en me battant pour la santé d’un proche et  celles-ci nourriront certainement des combats ultérieurs.

Il a fallu d’abord faire des  constats,  qui se sont confirmés par nombre de témoignages ,  sur les graves carences de notre système de santé.
En particulier sur la situation des personnes âgées. Il vrai que je réside  dans une région qui doit être sur ce chapitre parmi les plus mauvaises.

J’ai pu lire  la « Charte de la personne âgée dépendantes »établie en  1997 par la Fondation Nationale de Gérontologie qui dans ses 14 principes généraux pose que «  la prévention de la dépendance est une nécessité pour l’individu qui vieillit ».

Plus de 13 ans après,  les gestes élémentaires , simples, de base , ne sont même pas faits en temps et heure pour prévenir des conséquences en cascade qui peuvent détruire l’individu.
Dans certains lieux on « fabrique » tout simplement des grabataires.  Quand on sait qu’il rapporteront plus à  l’établissement , on peut s’interroger.

Il y a là un problème qui nous confrontera de plus en plus avec l’augmentation de la durée de vie.

Il ne tient,  il ne tiendrait qu’à nous que cette mutation soit un plus pour l’humain et non le développement de milliers de cas de détresse, de souffrances, de perte d’identité et de dignité. Avec toutes les répercussions  sur la famille  et un poids énorme sur la société.

Comme me le disait une infirmière , nous avons en principe toutes les cartes en main pour  aider.

Mais du potentiel à son actualisation, il y a un gouffre dans lequel s’abîment nombre de vies hier jeunes et brillantes.
Si nous prétendons être une civilisation, si nous nous  proclamons telle, il faut savoir respecter tous les âges de la vie. Il ne faudrait pas être en  dessous de certaines colonies de primates qui portent leurs anciens sur leur dos pour les protéger et bénéficier de leur expérience… Il ne faudrait pas être en dessous des sociétés  traditionnelles , à qui nous  avons voulu donner des leçons , mais pour qui l’âge était synonyme de sagesse.
Il ne faudrait pas surtout céder, à tous les niveaux de la vie, à tous les niveaux de la  société ,  aux sirènes du mercantilisme et de l’indifférence.

Pour le vieillissement comme pour tous les problèmes sociaux, c’est la conscience citoyenne debout de chaque maillon d’actifs qui est concernée.
Non , les politiques n’ont pas tous les torts, ne peuvent être responsables de tout.
Il est souvent trop facile de déléguer ses responsabilités et d’oublier ce que chacun d’entre nous doit à l’autre au quotidien.
C’est la conscience de chacun à son poste qui peut changer les choses. Cela implique bien sur d’abord un consensus, un projet de société partagé construit de jour  en jour dans chaque acte , chaque geste. C’est difficile  mais il n’y a pas d’autre voie pour une démocratie .

Non , les politiques n’ont pas tous les torts . Mais ils en ont  , c’est vrai , beaucoup aussi , car ils ont laissé prospérer une oligarchie de l’argent qui a progressivement fait main basse sur tous les postes et les biens importants  .
Et ce faisant ils ont laissé notre société se démoraliser au double sens  du terme.
Tellement qu’à chaque niveau d’activité il   semble que celle-ci ne tient que sur les épaules de quelques uns. Partout on réduit du personnel . Et sur ce personnel réduit, une bonne partie a perdu toute motivation, écrasée par le poids de cette oligarchie qui s’est taillé des places et  des fortunes à des niveaux jamais atteints dans nos démocraties .
Nous sommes ainsi inféodés à l’argent, au rendement, au profit  à l’état brut ou brutal et non au développement   économique et social.
Et cela perdure alors que les crises financières ont montré les dangers de ces abus maladifs.

Il me semble grave de voir désormais utiliser le mot «  élite »  pour désigner cette oligarchie prédatrice et calculatrice.
Une élite, dans une démocratie , est formée de phares , d’êtres qui brillent par des qualités supérieures  que ce soit dans  les sciences, les arts, la philosophie, la politique, la médecine , le commerce s’il est  équitable et utile.
Cette élite sort du terreau  d’un peuple et ne peut être liée ni à une classe ( ou caste) ni à la consistance  de son compte bancaire.
Combien de chercheurs, combien d’artistes  ont su œuvrer avec trop peu ?

Ce type de dérive est symptomatique d’une société qui  a pris les moyens pour le but au point d’oublier sa propre préservation.

Le drame du Japon devrait nous faire réfléchir . Il frappe une société développée, à la pointe de la technologie et un peuple discipliné et courageux
Nous disséminons  ce danger potentiel sur des continents qui n’ont encore pas développé leur technique et leur démocratie. Quant  à nous, à voir comment fonctionne nos différents systèmes  , les anomalies ,  lenteurs, erreurs auxquelles nous nous heurtons au quotidien , peut-on rêver  que la perfection ait été atteinte dans nos propres  centrales ?

Sans sagesse et sans raison, nous avons avancé en accumulant les risques principalement parce que c’est le profit qui dicte  systématiquement sa loi.
Or le profit ne peut être le fondement d’une  démocratie et d ‘une civilisation.

Un ami , qui n’est pas de ma génération m’a fait lire ,récemment à Paris ,les premières  pages d’un livre qu’il termine.Il raconte comment il a vécu petit à l’heure de l’humain , puis soudain avec l’ascension  d’Hitler , la deuxième guerre mondiale et la Shoah, il s’est  retrouvé  dans cette enfance,  basculé dans  l’ère de l’inhumain.

Une affaire de famille qui s’est jouée à haut niveau du pouvoir ,  sur laquelle je venais de me pencher , m’a justement donné l’occasions de plonger dans la France d’après 1945. Éprouvant voyage qui  m’a démontré que la page de l’inhumain ne fut jamais vraiment tournée  et que  nous avons  reconstruit notre nation avec des briques ensanglantées. Bien des dynasties financières ou industrielles ont plongé leurs racines dans les eaux glauques  de la collaboration avec le nazisme  qui les a fait prospérer.  Comment s’étonner dès   lors des  dysharmonies de notre société puisque notre économie  nationale est ainsi  entachée.

Dominique de Villepin invite ses concitoyens à une  indispensable refondation républicaine.
Ceci fait  profondément écho  aux prises de consciences qui m’ont déterminée à l’engagement politique .

Mais re -fonder sur quel sol ?  Nous ne pourrons relever les piliers  de la République sur des sables  mouvants ou un marécage. Les Français sont démoralisés au  double sens du terme comme je l’ai dit plus haut.
De scandales en dérives, de perte de sens en perte de bon sens, il semble qu’il n’ay ait plus de place pour une démarche, claire , ferme , cohérente ,exigeante .
Il semble que l’urgence  est à la refondation morale. Non d’une morale exiguë  dans le sens  le plus étroit du terme , mais dans de réelles exigences éthiques qui dictent les droits fondamentaux de l’humain.  Partout. En France comme ailleurs.
Sur cette base seulement, sur le consensus  d’une prise de conscience générale , sur cette remise en question lucide de nos sociétés  et de nos démarches nous pourrons  redonner un sens à chaque  fondement républicain.

Or nous dérivons dans un chaos médiatique du  sensationnel et d'immediateté qui éloigne constamment de la racine des choses.
L’affaire Strauss-Kahn en est une parfaite illustration.  Elle fait , elle fera, il faut l’espérer,  le procès de cette  dérive médiatique.
C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que nous avons en main de tels outils . Or qu’en faisons nous ? Des machines à broyer , à détruire. Ou à  vendre de l’illusion . Pouvoir dans le pouvoir , moyen de fascination sur les masses  , s’il n’est pas  tenu par une axe rigoureux , ce moyen devient   l’instrument de l’inhumain  et pourrait être celui d’une déshumanisation systématique.

Je n’ai pas de sympathie particulière pour Dominqiue Strauss-Kahn. Je ne me suis de fait pas intéressée à lui. Pour la simple raison qu’il appartient au monde de l’économie et de la finance qui m’est étranger  quand il ne m’est pas suspect , justement par ses risques de déshumanisation .
Mais dès le début de l’affaire,   j’ai craint un des plus gros attentats politiques   du siècle. L’avenir dira peut-être la réalité des mobiles qui ont précipité la chute du Directeur du FMI.
Mais ce que j’ai trouvé totalement inadmissible c’est le rôle joué par les medias pour tuer un homme alors même qu’il bénéficiait de la présomption d’innocence.
Rien ne peut, dans des sociétés  prétendument civilisées,   légitimer une telle dérive. Dérive au service du pouvoir, de pouvoirs , c’est une évidence.
Et c’est là le plus grave de cette dérive car elle impose une déshumanisation,  banalisée. Sous le fallacieux prétexte de servir  «  l’information «  l’instant , la liberté d’expression ,avec habileté , science ou prouesses technologiques  , amalgames et  montages , ces techniques  raffinées peuvent faire croire ou dire n’importe quoi à n’importe qui .

Au-delà du «  fait-divers  »  du cas précis , il y a, il y a eu viol des consciences ou des sensibilités en gorgeant à outrance les spectateurs  par une invasion d’images chocs de «  détails »   « d’expertises  »«  légistes », répandus à profusion  , au nom d’une  prétendue  morale de masse, sous l’oeil sidéré des enfants et adolescents à qui on ne laisse même plus d’espace pour le rêve , pour l’imaginaire et cette faculté propre à l’homme et qui ne le réduit , ni l’affaiblit : la Poésie.
Un déferlement, un raz de marée  négatif pour agiter dans le sensationnel et faire perdre  tout recul et tout repère .
Le premier repère étant celui des Droits de l’Homme. Qui s’appliquent à tout homme ( ou femme ) victime ou coupable.  Par ce que c’est un principe .
Et non un jouet ou un mot dont on se gargarise en tant que de besoin.
Cette dérive  là nous l’empruntons avec appétit aux moeurs d’outre Atlantique, qui fondent  nombre de  leurs actes sur le règlement de compte habillé de puritanisme.
J’ai personnellement désapprouvé totalement la façon dont  a  été gérée  la    fin de Sadam Hussein. Parce que  les crimes contre l’humanité exigennt des procès et des procédures droits et clairs, sans équivoques , où la personne en tant que telle demeure respectée dan son essence , même si elle a bafouée cette essence.
Comment sinon nous poser en «  justiciers » , au nom des droits fondamentaux, si  nos procédés sont du même style ? Si nous ne savons pas respecter la dignité fondamentale, nous n’avons pas de leçons à donner à ceux qui la bafouent.

Dans l’affaire Strauss-Kahn quels qu’aient  été les faits, il n’était  pas admissible que cet homme , ce père , ait été tendu à la vindicte planétaire – sans jugement- au mépris de tout ce qu’il avait pu être d ‘autre –  au mépris de ce qu’il avait pu faire  de bien- au mépris de ses enfants  ou proches qui n’avaient pas à subir une telle violence morale.

Cette affaire bien sûre renvoie  à la présomption  d’innocence .

Mais elle remet aussi bien des acteurs en question qui servent cette courtisanerie mondialisée et médiatiquement relayée ou fabriquée :
Aujourd’hui puissant et courtisé- demain détruit et mis en pièces- après-demain reconstruit , flatté et flagorné à nouveau .
Le monde politique en sortira encore plus ébranlé et discrédité, rétréci.

Que l’homme ait été coupable, et l’on pouvait  s’étonner  que ses pairs l’aient de si près fréquenté ou adoubé sans en voir  le danger .

Qu’il ne l’ait pas été,  combien de déclarations platement opportunistes pour profiter de l’espace laissé , dénoncent l’empoisonnement  en profondeur de cette vie politique  , de ces appétits qui font perdre toute mesure .

A –t -on bien  vu  qu’en se prêtant à ce jeu du pilori médiatique, c’est aussi la France qu’on a laissé   atteindre ?

Imaginerait t- on un seul instant   Bill ou Hillary Clinton  accusés  de pédophilie  ( c’est  une fiction) sur son enfant  par un femme de ménage maghrébine  de  Belleville , brutalement arrêtés dans leur avion, menottés , emmené entre deux gendarmes à Fleury Mérogis  sous l’œil complaisant des  caméras du monde ?

Ce scénario  est totalement invraisemblable.  Et donc la France et l’Europe , à travers ce scandale ont été éclaboussées.

Ce fut hier Dominque Strauss- Kahn. Ce peut être demain un autre ou une autre pour d’autres raisons ou accusations si nous acceptons de «  jouer ce jeu «  ou de le laisser jouer . Si nous nous ne remontons pas au niveau des principes  . Si nous n’exigeons pas de mettre au sommet de toute  pyramide les Droits de l’Homme et leur application stricte.
Je ressens dans cette dérive d’échelle planétaire un germe totalitaire particulièrement pervers puisqu’il se dissimule dans les plis  d’une soi disant morale et  substitue au droit et aux droits la manipulation  des esprits à travers les nouvelles techniques médiatiques.
Au-delà du cas personnel  elle appelle  une vigilance  et un recul  par rapport à ce potentiel et à sa   banalisation.

Je n’ai pas  abandonné le combat , on le voit. Ni l’espérance malgré tout. Mais je concède un pessimisme à court terme.
À long terme nous nous inscrivons  dans l’histoire de l’humanité et le recul marque une avancée de la  conscience même à travers les moments de crise ou grâce  à eux. Mais  il y a  il est vrai  des phases ascendantes  ou descendantes .

Nous sommes  visiblement dans une de ces dernières.
Qu’adviendra-t-il pour notre pays ?

Pour l’heure les élections de 2012 semblent se présenter dans un chaos jamais atteint.

Je ne  puis que regretter encore et encore qu’un axe Républicain authentiquement humaniste et indépendant  ne se soit constitué en temps utile . Qu’un  groupe à l’Assemblée Nationale , tel que l’avait proposé Dominique de VILLEPIN  à François BAYROU n’ait été formé.

De la montée du Front National à la politique spectacle qui met en avant sa vie privée,  appuyée sur le pouvoir médiatique, quelle alternative aurons nous ? Celle d’un PS divisé qui a déjà tenu les commandes 20 ans et collaboré avec le pouvoir en place?

Ceux qui voudront voir renaître en France autre chose, refonder une société de principes , qui transcende les clivages,  réveille les consciences  , redonne  du sens  à l’action collective ne devraient avoir qu’une urgence : le rassemblement.

Pour une réelle refondation d’une société au service de l’Homme . Pour l’épanouissement de ce principe ,de ce potentiel qu’une civilisation doit faire  fleurir en chacun d’entre  nous.

Parce qu’il faut le ferment de quelques  idéalistes  aventureux  j’ai réussi à obtenir le double encartage :

Je suis à la fois :

Membre du Mouvement Démocrate de François BAYROU
Et de
République Solidaire de Dominique de Villepin dont je m’étais  rapprochée dès la fondation de son Club.


J’espère  de la sorte être un maillon d’un rassemblement qui me paraît aussi urgent qu’indispensable.

Les changements  dépendent de chacun  d’entre nous . De ce que nous pouvons faire même  de façon minime.
Je garde l’espérance car je rencontre beaucoup de gens, qui , en dehors de toute implication politique, pratiquent cette démarche .
Tout simplement une démarche citoyenne  consciente.

18/12/2009

L’odeur de l’argent



L’argent , on le sait, « n’a pas d’odeur » . cette expression banalisée, éculée , peut se décrypter à plusieurs niveaux qui concentrent la problématique de la crise sociétale qui nous confronte.

L’argent devrait être effectivement sans odeur et sans saveur. Intelligente invention pour remplacer le troc il ne devait , ne devrait être qu’un moyen, un outil neutre permettant de faciliter les échanges commerciaux entre les hommes.
Par ses différentes devises ,il s’est bien sur coloré de nationalismes ce qui déjà, lui a donné une lourde charge. Mais bien plus il est devenu dans notre époque le pivot central, la pierre de touche de toute notre organisation sociale, s’est graduellement érigé comme valeur principale, comme référence, comme but et comme moyen confondus, comme science , comme fondement même de notre société. Pour ne pas dire comme religion avec ses dérives intégristes et ses fièvres…
La crise financière qui le frappe nous le confirme, notre mode actuel en est totalement dépendant.

Et dans tous les esprits, que cela soit chez les classes les plus défavorisées ou les plus fortunées, il s’est imposé subrepticement et règne central,dépassant le simple moyen nécessaire, l’outil , pour devenir un but, une référence, une valeur intrinsèque qui définirait l’individu.
Le développement médiatique a participé de son emprise sur nos consciences.
A travers les medias et notamment une certaine presse dite « people » ,qui s’est développée relativement récemment , la mise en valeur des individus et donc l’admiration qui leur est portée, est principalement corollaire de leur niveau de fortune qui s’imbrique si étroitement à leur célébrité qu’il devient difficile d’en faire le départ.
Si bien que graduellement la qualité d’un être tend à s’imposer comme dépendant de sa « surface » financière au détriment de valeurs humaines qui non seulement n’y sont pas liées mais peuvent lui être étrangères .

Constamment la valeur pécuniaire des choses ou des êtres crée un filtre qui influence le jugement sur leur appréciation.
Par les lois du marché , la reconnaissance du talent, notamment dans le domaine artistique, est actuellement le plus souvent liée à la valeur marchande qui a pu être imposée par des techniques de marketing et qui peuvent ne pas refléter la réelle qualité artistique d’une œuvre.

Certes la richesse et le pouvoir ont toujours été liés mais le talent et sa reconnaissance , même par les grands et les princes , n’était pas systématiquement précédé par sa valeur marchande.

De nombreuses familles voient leur nom s’imposer en rapport avec leur degré de fortune qui est censé être lié à l’honorabilité et en tout cas à un poids social qui n’est pas forcément en rapport avec les qualités des individus qui les composent et qui paradoxalement, sur le plan humain , peuvent être dépourvus de qualités qui enrichissent moralement des individus peu fortunés sur le plan financier ( courage , loyauté, générosité, intelligence, talent, capacité d’action etc)
A contrario le manque ou la perte d’argent signe l’exclusion parfois jusque sur le trottoir et cela quelle que puisse être la valeur intérieure de l’individu qu’elle frappe.
Cette sorte de déférence qui s’est graduellement voire subrepticement imposée dans les esprits au regard de la richesse et de l’argent est un symptôme d’une dérive de nos sociétés axées sur « l’argent roi » comme le stigmatise François Bayrou.
Il s’agit d’un renversement de valeur en contradiction avec une aspiration humaniste et démocratique qui devrait au contraire reconnaître la plénitude des qualités humaines indépendamment des critères purement financiers ou marchands.

La crise financière qui bouleverse nos sociétés actuellement s’enracine psychologiquement dans les critères de valeurs de celles-ci qui conditionnent les individus .
Or le développement de la spéculation à outrance, en s’éloignant de la réalité de notre nature et en érigeant l’argent comme but et non plus comme moyen , réussit à provoquer de graves déstabilisations matérielles qui démontrent, tant sur le plan moral que pratique, que cela ne peut être une direction d’équilibre et de justice pour nos sociétés. Mais qu’il s’agit d’une fièvre, d’une dérive, qui entraîne des individus dans une quête virtuelle d’un égoïsme aveugle et qui finit par être dangereuse pour la survie de nos sociétés, de l’homme et enfin de la planète elle-même.
Je tiens d’une source fiable qui a accès à des sphères de pouvoir au Luxembourg que des analyses ont révélé que les eaux du Rhin en aval de la place financière de Frankfurt et après traitement, contenaient encore des taux importants de cocaïne.
Plus récemment la presse a révélé que des acteurs des milieux bancaires ou boursiers étaient soignés pour intoxication à la cocaïne dans les hôpitaux Genevois .
Un professeur d’économie Uruguayen qui connaît bien les milieux financiers aux USA m’a dit que la crise financière avait déclenché des suicides en série dans ses élites qui ne pouvaient faire face à l’effondrement de leur monde et de leur fortune.
Ce qui démontre que l’homme s’est enfermé dans une quête pratiquement pathologique pour un élément à la fois matériel et immatériel qu’il a lui-même chargé d’une énorme force symbolique ( réussite, puissance, bonheur etc) et que les acteurs de ce jeu dangereux vivent dans une telle pression qu’ils doivent avoir recours à des substances hypnotiques pour assumer les manipulations des flux financiers.
Cet emballement de nos sociétés à travers la fièvre de quelques esprits qui contaminent tous les autres et qui s’imposent à notre quotidien prend d’autant plus de poids que nous sommes confrontés à une situation humaine et écologique sans précédent.
A l’heure de la mobilisation contre le réchauffement climatique il faut entendre que tout retard dans la mise en œuvre de mesures réduisant le cO2 va coûter 500 milliards de $ par année perdue.
C’est certes alarmant pour l’économie.
Mais combien de vies humaines, d’espèces en voie de disparition, d’êtres vivants non évaluables « financièrement » risquent-ils d’en être atteints ?
Et comment parviendrons-nous à résoudre une crise qui concerne le vivant sous toutes ses formes, qui dépend de lois subtiles qui ne proviennent pas de cet instrument de notre invention qu’est l’argent ,pour redresser à temps les choses ?
Avec des valeurs humaines immatérielles et universelles que sont : la sagesse, le bon sens, la solidarité, la justice, l’équité, l’écoute.
Des valeurs qui s’imposent préalablement à tout système humains, sociale et donc économique. Des valeurs qui s’imposent à nous par la raison même .
Et qui doivent redonner à l’argent son rôle d’outil sans que son « odeur » enivre jusqu’à la fièvre de la démesure.

Enfin il y a une odeur plus lourde encore à l’argent, celle de « l’argent sale ».
J’ai récemment entendu parler dans un milieu autorisé à Paris de l’argent de la maffia sicilienne qui représente une part non négligeable du PIB d’un des principaux pays d’Europe et qu’on retrouve un peu partout dans nos sociétés où il pèse d’un poids toxique .
Il est évident qu’avec les systèmes d’écrans actuels il doit inévitablement y avoir collusion entre les flux d’argent dits « propres » et ceux provenant de la drogue, du crime ou de tout autre trafic et qui s’infiltrent dans notre tissu social . Et donc que nos économies sont vulnérables à ces flux qui participent du système .

Par ailleurs une bonne part de l’argent qui circule matérialise également l’écart gigantesque qui s’est creusé entre les classes laborieuses et patronales qui étaient de 1 à 10 du temps d’ Henry FORD pour être passé de 1 à 6 à 700 plus récemment . Une véritable régression au profit d’une déification de l’argent concentré de plus en plus dans les mêmes mains et qui
semble une véritable bombe à retardement sociale prête à exploser si la situation continue d’aller dans ce sens.
Avec l’exploitation des pays pauvres par des multinationales tentaculaires, des courses au profit de plus en plus dures où tous les coups semblent permis, le développement de techniques prédatrices et de mainmises qui n’ont rien à voir avec l’idée d’une libre concurrence, l’exploitation brutale des ressources naturelles , l’argent a pris de plus en plus « d’odeur » : celle de la souffrance, de la pauvreté , de l’injustice mais aussi de la faim et de la souillure ou du pillage de notre planète.
Cruel paradoxe alors que les avancées techniques, technologiques, scientifiques pourraient apporter de plus en plus de bien être aux humains , celles-ci ne cessent d’être entravées par une soif de profit déséquilibrée .
Et qui engendre des situations explosives et malsaines car l’injustice ne pourra éternellement s’imposer tout comme l’environnement ne pourra attendre encore pour être enfin géré avec respect et sagesse.

Contre cette odeur de l’argent qui altère toutes nos avancées humaines jusqu’à hypothéquer notre avenir il ne pourra être opposé qu’un retour à des fondements éthiques qui redonnent un équilibre que notre survie même nous impose.

Mais cela implique un changement de paradigme complet pour rétablir cet équilibre que notre planète elle-même nous dicte tant nos sociétés sont orientées et infiltrées par cette suprématie de l’argent comme référence première , tant les esprits à tous niveaux en sont imprégnés.

Il est trouvé normal par exemple dans les couches populaires qu’un footballeur vedette du Real Madrid touche à l’heure l’équivalent du salaire mensuel d’un travailleur qui peut faire un métier physiquement très éprouvant. Le « talent » ainsi rémunéré d’un sportif professionnel pratiquant un sport populaire le propulse dans les réseaux de l’argent, et les sphères dites « people » , bien au-delà de certains chercheurs scientifiques dont les travaux peuvent aboutir à sauver des milliers de vies.
Paradoxe qui ne remet pas le sport en question mais son assujettissement à l’argent .

Dans le même temps la politique elle-même est devenue plus que jamais dépendante de l’argent et l’élection du Président OBAMA , premier Président noir dans l’histoire de l’Amérique s’est faite au prix de la campagne la plus coûteuse des USA .
Il est antinomique qu’une élection démocratique dépende d’importants investissements financiers. Et cela pose obligatoirement des questions quant à la réelle indépendance de tout pouvoir démocratique face au pouvoir qui domine le monde sur le plan matériel mais également psychique : celui de l’argent.

Seul un changement profond dans les consciences permettra de remettre les pendules à l’heure, de remettre l’argent au service de l’homme et non plus l’inverse pour parvenir à cet équilibre social , à cette démocratie mondiale véritable qui s’impose à nous pour trouver de réelles solutions à l’imbrication de crises qui nous confronte.

La planète en nous dictant de nouveaux modes de vies ,qui sont aussi conditions de survie , nous appelle à travers la grave crise environnementale , à nos interroger sur la vraie nature des choses puisqu’elle exige le respect de lois d’équilibres naturels dont nous provenons .
Nous sommes au pied de nous -même.
Notre espèce ,douée de raison, va-t-elle hypothéquer complètement son avenir au non d’un système dans lequel elle s’est elle-même enfermée ou va-t-elle frayer de nouvelles pistes pour construire un monde à l’image de la plénitude des facultés humaines ?

28/06/2009

Patience Démocrate


C’est une fatalité qu’une manifestation de prestige que je prépare draine actuellement tout mon temps et mon énergie.
L’heure il est vrai est au recul.
Et c’est bien le meilleur moyen pour tirer le bilan des expériences.
Pourtant ma réflexion politique demeure active et vigilante.
On assiste pour François BAYROU à une tentative de mise à mort apparemment  minutieusement programmée .
Ces lignes du  site  du Figaro- politique du 11 Juin 2009 dont je laisse toute la responsabilité à leur auteur, Samuel POTIER , semblent assez éclairantes au regard de l’actualité :

« le coup de grâce à Bayrou
Nicolas Sarkozy s'active en coulisses pour lui porter le coup de grâce.  Sa méthode : l'isoler de ses derniers soutiens importants, »
« Nicolas Sarkozy a un plan de rechange pour essayer de tordre le coup à François Bayrou »
« Entre les mauvais sondages et la détermination de Nicolas Sarkozy à l'éliminer, la route s'annonce longue pour François Bayrou (…)  »

Un programme  inquiétant pour la santé d’une démocratie.
Pourquoi un tel acharnement,contre un homme qui incarnerait tous les défauts dont ,avec constance,  on tente de l’affubler depuis 2007 ? Pourquoi pareille stratégie et   pilonnage  médiatique  organisé contre un adversaire de si peu d’envergure ?
Cet acharnement lui-même lui donne un poids, une reconnaissance de ce qu’il incarne quelque chose qui peut déranger.
Le faible score du MoDem aux Européennes même si il fut décevant n’est pas un drame en soi.
La gravité est dans le record  historique de l’abstention, dans ce rendez-vous manqué pour l’Europe.
En refusant de s’impliquer les électeurs, démissionnaires auront aidé à laisser  l’Union Européenne sur les rails d’une voie  qu’ils n’approuvent sans doute pas.
Ce qui démontre que dans les circonstances du monde actuel l’abstention, l’inertie ne peuvent s’identifier à la neutralité. Qu’elles ont un poids et servent in fine des desseins.
Le sursaut écologique serait  en lui-même un  symptôme positif . Mais quel poids réel ont les chiffres avec une si faible participation et face à une majorité si désabusée et découragée qu’elle s’est refusée à participer ?
Peut-on croire en l’avenir de ce rassemblement des Verts constitué d’éléments susceptibles de  s’opposer  autour du célèbre soixante-huitard ?
La poudre aux yeux médiatiques et la politique spectacle voudraient nous faire croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes  alors qu’en France  comme sur toute la planète il se délite.

Si demain les choses vont plus mal en France qui pourra rassembler les déçus du parti socialiste , les gaullistes désemparés , les UMP « d’avant » qui  se sentent déroutés et  tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans les clivages ?

Il faudra bien qu’existe cet espace qui correspond à la vision de François BAYROU d’un grand parti humaniste.

Il est urgent de se garder de conclure.
Et il est urgent de se rappeler que les enjeux de la France sont ceux de l’Europe et  que ceux de l’Europe  s’inscrivent dans un monde  qui ne peut plus être cloisonné.
En fractionnant la vision on crée des myopies et un désinvestissement des citoyens dangereux pour tous.
Plus que jamais l’heure est à la mobilisation des consciences.



23/01/2009

Le grand tournant

DSCN0058.JPG

Sous les nuées sachons mener nos petites barques à bon port.Au loin luit un horizon plus lumineux.

Que 2009 nous aide à l'atteindre - photo Rachel Sun

 

Au seuil de l’An neuf alors que nous souhaitons formuler vœux et espoirs pour des individus et le monde, nous voici confrontés aux plus grandes interrogations.
Entraînées dans une accélération apparemment inéluctable nos sociétés soudain manquent des pas, trébuchent. Les actions humaines tels des boomerangs envoyés sans  discernements nous rattrapent pour nous mettre en demeure  de re-penser , de remettre en question, de repartir sur d’autres bases après avoir réparé les dégâts.
Nous voici au pied du mur , devant ce qui se présente comme un grand tournant de l’histoire humaine qui nous défie pour  que nous sachions y faire face du mieux de nos facultés.
Notre avenir et celui de la planète sont en jeu.
Nous ne pouvons plus «  pactiser », nous satisfaire « d’à peu près », fermer les yeux.
Face à la crise financière et économique mondiale qui engendre des catastrophes en série , avec déjà l’augmentation du chômage chez nous, nous risquons d’être confrontés à de sérieux problèmes sociaux.
Car cernés par le besoin, acculés, bien des acteurs  auparavant sans problèmes risquent d’êtres tentés de rejoindre des organisations mafieuses ou para mafieuses, ne serait-ce que pour survivre ou faire survire leur famille.
Ceci à l’échelle du monde avec plus ou moins de risques selon les pays .
Mais avec un impact qui nous concernera tous car les réseaux  organisés du crime et du vol sauront profiter et prospérer du désarroi de nos sociétés. Avec  en sus le danger d’ une inflation des actions terroristes.
Sur fond de graves déséquilibres écologiques, avec la majorité des humains du globe déjà privés de l’essentiel , tout déséquilibre supplémentaire  pèse d’autant plus lourd, comme une maladie sur un organisme déjà affaibli.
Si nous ne décidons  pas à faire primer l’éthique d’urgence pour l’avènement d’une société juste, démocratique et équilibrée au niveau planétaire nous risquons d’êtres confrontés à un gigantesque chaos mondial.

Ce choix s’impose à nous par la raison même , au-delà de toute considération morale ,comme je l’écrivais en Mars2008

(http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archive/2008/03/22/de-l-abstention-citoyenne-a-la-demission-des-politiques.html)

L’heure est donc venue des bilans et des choix, des remises en questions.
Cela ne peut se faire qu’avec probité et gravité, dans un esprit de  solidarité, avec une vision large et enfin prévoyante.

Or à peine François BAYROU a –t-il émis des vœux pleins de sagesse et de pondération , invitant à prendre un nouveau chemin, que s’alignent sur Internet des sarcasmes anonymes visant à édulcorer ou ridiculiser son message . Réactions visiblement téléguidées par un jeu politique en porte- à -faux. Celui-là  même qu’il faut apprendre à changer car il ne peut déboucher que sur la stérilité.

Ce qui semble irriter particulièrement  ses détracteurs,   c’est  la mise en cause d’un « modèle mondial selon lequel on voulait nous faire vivre » et qui s’est écroulé .
C’est pourtant précisément une analyse critique de ce modèle ,qui vient de démontrer sa caducité,qui s’impose à nous car c’est la direction que nous donnerons à nos sociétés qui est tout l’enjeu des années à venir.
Il est objecté que ce modèle ne nous a pas été imposé par la force puisque nous sommes des sociétés démocratiques.
Outre que nos démocraties ont encore fort à faire pour atteindre leur véritable objectif, il y a bien des moyens d’infléchir leurs directions qui vont du conditionnement des consciences par le biais des médias et de la publicité jusqu’aux méthodes de mainmises économiques par les réseaux tentaculaires des multinationales.
Face à ces arsenaux  de plus en plus puissants le libre-arbitre des citoyens et des politiques est devenu de plus en plus  vulnérable. 
Il est vrai cependant que par une fascination générale pour la primauté de l’argent , de la réussite matérielle par n’importe quel moyen, du luxe  et de l’ostentation , nous nous sommes laissés imposer ce modèle  comme idéal avec plus ou moins de degrés de complicité.
Le développement des magazines dits «  people » en est une démonstration puisque ce type de médias suscite la fascination dans tous les niveaux de la société et prospère de cette admiration  tacite pour la réussite matérielle la plus ostentatoire.
Quarante ans avant le crise financière qui ébranle le monde, des jeunes étudiants éruptifs, impulsif, dépavaient  les rues de Paris ,  en révolte contre «  la société de consommation » qui s’installait et qu’ils pensaient  vouloir refuser.
C’était Mai 68. Irruption historique, poussée de fièvre, premiers sursauts maladroits d’un organisme social en proie au malaise.
Puis les « soixante-huitards » se sont dispersés, partant élever des chèvres en France profonde ou faire la route des Indes en quête de paradis artificiels ou tombant dans les rets d’affairiste de la spiritualité à la carte.
Une grande majorité d’entre eux se sont lancés dans les affaires avec des méthodes beaucoup plus dures et conquérantes que celles des pères qu’ils avaient critiqués et ont activement travaillé, relayés par leurs fils, à construire ce modèle qui s’effondre aujourd’hui.
Effondrement qui vient après celui  d’autres modèles  , qui avaient d’abord séduit  une partie de cette génération, et qui ont également montré leurs impasses, de l’ex-empire soviétique à la Chine .

De nombreuses personnalités intellectuelles qui font figure de précurseurs, avaient depuis longtemps jeté l’alarme sur l’emballement de sociétés mécanisées, déshumanisées, vouées uniquement à  l’argent et la spéculation, sans orientation.

Un nouveau tournant de l’histoire nous confronte donc à la démonstration tangible de la caducité de ce modèle qui  s’est auto asphyxié.

Après l’échec d’autres voies, une nouvelle orientation d’équilibre et de sagesse est à réinventer.
Elle s’impose à nous alors que  nous ne voulions pas apporter à la crise  environnementale toute l’attention que sa gravité appelle déjà depuis des décennies .
Notre vaisseau terre fait eau par de nombreuses voies .
L’humanité doit se relayer aux pompes, colmater au plus vite pour ne pas sombrer dans le désastre.
Un équipage en conflit ou arraisonné par des pirates ,ne pourra agir efficacement dans l’ordre et la solidarité.

Au moment où le monde n’a jamais été aussi complexe, l’enjeu  d’une société humaniste, durable, qui sache concilier le développement de tout le potentiel humain, tout en respectant l’équilibre de son environnement naturel semble vertigineux .
Pourtant, outre que nous n’avons pas le choix,  nous avons aussi développé des techniques ,qui, si elles sont orientées vers ces buts, peuvent nous  donner des moyens d’action considérables.

Ce tournant impressionnant qui s’amorce  peut devenir celui d ‘un sursaut planétaire salutaire.

Cela demande que nous nous impliquions tous .
Seules des sociétés  justes, démocratiques, équilibrées et pacifiques seront en mesure de prendre les bonnes décisions pour le bien commun planétaire .
Cela exige de ne pas, de ne plus rester dans l’attentisme. Mais au contraire d’éveiller   notre vigilance, notre lucidité, notre solidarité.
Chacun d’entre nous, comme agent d’une conscience générale, a son rôle à jouer, dans chaque geste du quotidien pour pousser à la roue dans la direction favorable.
N’oublions pas que le moindre petit grain de sable peut casser le plus grand des rouages.   
Lors de la Conférence Nationale du Mouvement Démocrate d’Octobre 2008, François BAYROU rappelait l’action d’une modeste femme de ménage noire Américaine qui avait soudain refusé de subir la discrimination.Quelques décennies plus tard , le premier Président noir des USA accède à la Maison Blanche. Nous prouvant qu’aucun geste n’est vain, que toute action même symbolique  participe d’un changement.

Il est impératif de retrouver les fondements , la réalité d’une  société démocratique,  à l’échelle de la nation d’abord  et finalement du monde en partant du moindre petit village, microcosme qui doit refléter la macrocosme.
Car, encore une fois, seule une société démocratique, humaniste, à l’échelle de la planète nous permettra de relever les défis qui nous confrontent.
L’exigence et la vigilance citoyenne de France, d’Europe, du monde, sont le dynamisme qui doit permettre de réels changements dans la direction de nos sociétés.

Cette crise  qui survient  comme une remise en question  se présente juste au moment où doit s’ouvrir la campagne pour les élections Européennes.

Comment ne pas y voir une invitation de l'Histoire ?

Alors que l’Amérique affaiblie sombre dans d’inextricables difficultés, de nouvelles puissances avides , parce que  trop longtemps frustrées , sont prêtes à employer sans freins les méthodes mêmes qui conduisent aux catastrophes écologiques et économiques en oubliant les impératifs humains et démocratiques.

Il y a donc une réelle urgence à un grand sursaut des consciences Européennes, qui sachent puiser en elle les ressources que leurs donnent leurs vieilles expériences. Et qui puissent ainsi offrir au monde un pôle de stabilité, d’équilibre , de sagesse d’où s’élabore le modèle de société humaniste  de demain. Celui qui pourra se répandre sur le globe, non en s’imposant mais en rayonnant et en s’adaptant, afin de redonner espoir à l‘humanité.

C’est le voeu qu’il faut former pour que 2009  sache répondre au défi lancé par 2008.

02/12/2008

La longue marche de la conscience humaniste

Même si tant d’encre et d’images ont coulé depuis l’élection du premier Président noir des Etats - Unis, face à un sommet de l’Histoire, il est tentant de vouloir y planter aussi son petit fanion.
Pour qui, comme moi, a passé une partie de son enfance dans une Amérique encore structurée par la ségrégation, l’accession de Barack OBAMA à la Maison Blanche prend un poids inouï.
Quel progrès rapidement tracé dans les consciences pour transcender les préjugés inculqués de génération en génération jusqu’à ce basculement positif .
D’Abraham Lincoln abolissant l’esclavage, au rêve de Martin Luther King devenu martyr de sa lutte non-violente, en passant par tous les gestes symboliques, petits ou grands , anonymes ou célèbres , tous les écrits, toutes les prises de position courageuses, le long chemin d’étape en étape à tracé sa voie avec persévérance pour en arriver à cette élection symbolique.
Le fait est positif en soi , mais il est aussi à prendre comme un encouragement et un espoir qui dit que les luttes ne sont pas vaines, qu’aucun combat n’est inutile.
La mort de Martin Luther King comme celle de Gandhi était pour moi, dans mon adolescence, source de révolte et de désespérance, comme si les hommes de bien étaient inéluctablement voués à la destruction et que ,dans ce monde , les dés étaient pipés.
Même si le prix de leur sang demeure inadmissible et tragique, il est au moins une source d’encouragement de constater que leurs combats, que les combats de tant d’autres, portent finalement des fruits , même s’ils ne sont pas toujours immédiats.
Selon une perception qui n’engage que moi , j’ai vécu la victoire d’OBAMA comme un autre signe fort , générateur d’espoir. Par le fait que celle-ci survient précisément au moment d’une gigantesque crise financière mondiale qui ébranle nos sociétés comme une lame de fond.
Au premier degré, cette crise aura vraisemblablement eu sa part dans la victoire du Sénateur Démocrate de l’Illinois . Mais j’y ai ressenti une sorte de confirmation intime que cette crise était une poussée évolutive, pour un plus grand développement des consciences individuelles, un emmarchement, un basculement vers cette nouvelle ère que beaucoup appellent de leurs vœux ,face à des modèles de sociétés qui débouchent sur de graves impasses sur le plan humain et au niveau de notre environnement planétaire.
Même si son adversaire Mac Cain était réputé nettement plus ouvert que
W .BUSH, la poursuite de la politique des Républicains aurait donné une toute autre tournure aux évènements. C’était craindre la poursuite d’une politique responsable des abus qui ont crée la crise actuelle , c’était craindre que trop de facteurs ne s’enveniment sur la planète dans un climat encore plus tendu par l’avènement du désastre économique. C’était craindre que les situations ne deviennent encore plus complexes .
À l’opposée la victoire d’OBAMA non seulement va donner l’espoir d’un changement, mais elle donne aussi à l’Amérique un tout autre visage face au monde et à sa nouvelle configuration , qui la sort des ornières et des clichés d’un monde Occidental, blanc et impérialiste réveillant les échos des meurtrissures des anciens colonisés, en opposition avec les puissances émergentes du tiers monde.
C’était donc, dans la configuration actuelle, pour beaucoup d’analystes et d’observateurs, la meilleure carte qui puisse se jouer. Et elle a été jouée.
Nous donnant par là une respiration. Et donc une raison d’espérer.
Reste un gigantesque enjeu face auquel un seul homme, si grand soit-il , n’est qu’un grand pion sur l’échiquier.
Or cette crise financière déferle au moment où l’humanité était de plus en plus confrontée aux conséquences de ses agissements sur son environnement et où elle s’activait à prendre des mesures souvent déjà tardives.
Selon un éminent économiste avec qui j’ai récemment discuté au Mouvement Européen , la crise menace ces mesures pour l’environnement ainsi que les activités culturelles.
Pourtant, par son gigantisme et son origine c’est bien notre modèle de société qu’elle remet en question, comme si elle nous mettait au pied du mur pour enfin avoir le courage de changer, le courage de renverser la vapeur, de trouver une voie d’équilibre qui permette l’accomplissement de l’homme, des hommes, sans que cela soit au préjudice d’autres hommes et de la planète.
On s’inquiète du recul de la croissance.
Mais la croissance pour quel sens ?
Nous en sommes venus à trop séparer les phénomènes alors que leur imbrication n’a jamais été aussi complexe, comme un gigantesque « Micado », susceptible de s’effondrer au moindre faux mouvement.
Si la technologie a été tellement désignée comme responsable des dégradation planétaires, n’est-ce pas plutôt les appétits économiques, la course au profit qui l’a orientée vers des voies néfastes ou dangereuses ?
Il n’est donc pas possible, plus possible d’orienter l’économie sans ces impératifs, comme il n’est plus possible de continuer à se désintéresser de ceux à qui il n’est même pas donné une condition humaine digne de ce nom, et qui sont millions sur notre globe.
La nouvelle politique Américaine va s’orienter vers ces facteurs et les valeurs qu’elles impliquent.
Mais pour autant rien ne sera joué car cela va demander des changements considérables de mentalités, que certes les élites intellectuelles de ce grand pays espèrent depuis pas mal de temps, mais qui devront graduellement se répandre dans des modes de vies qui n’y sont pas préparés.
Les Américains sauront-ils passer rapidement de l’ère du gaspillage et du superflu individualiste à l’ère du développement durable et de la conscience planétaire ?
Car ce sont les consciences de chaque citoyen d’Amérique ou du monde qui
sont en jeu pour arriver à trouver une voie d’équilibre humaniste qui redonne du sens à nos sociétés et au progrès technologique.
Nous n’avons jamais eu autant de moyens techniques pour y parvenir et communiquer les informations aux quatre coins du globe.
Mais à l’opposé ces moyens peuvent être retournés pour nuire avec une rapidité et une puissance également unique dans l’histoire de l’humanité.

Cela nous donne la mesure des enjeux, en nous rappelant que chaque combat, chaque geste compte, et que nous ne pouvons pas laisser rogner
les fondements et les valeurs de nos démocraties si nous voulons pouvoir
voir s’instaurer un mode de société plus cohérent.
De la justice à la santé , de la vie sociale à la culture, de la science à l’environnement, le monde n’est fait que d’interrelations que nous ne pouvons négliger. Qui nous imposent une constante vigilance citoyenne et politique.

Face à ces enjeux, le projet Européen, fondé par des vieux peuples expérimentés et qui n’ont pas encore poussé jusqu’à l’impasse le modèle de société à l’Américaine qui a dominé jusqu’à présent , a un rôle majeur à jouer.
Son développement, pourvu qu’il soit réellement en cohérence avec ses valeurs humanistes fondatrices, ne pourra qu’aider l’Amérique et le monde à faire émerger une nouvelle conscience dont notre avenir et celui des générations futures dépend.

03/11/2008

Crise de confiance- crise de conscience

 

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Conférence Nationale du Mouvement Démocrate- Paris - Mutualité

La confiance est un élément fondamental des rapports humains et donc de nos sociétés. Que ce soit au niveau des rapports privés ou familiaux, au niveau de la santé, du travail  de la politique , du commerce ou des affaires elle est une clef de voûte incontournable. Être en confiance c’est pouvoir se fier, ne pas craindre, redouter l’autre et ses comportements ou agissements.
Elément intangible, elle ressort du fort intérieur de la conscience de chaque individu ; elle est aussi d’une grande fragilité.Chaque fois qu’elle se sent trahie ou trompée, elle s’émousse comme un capital qui perdrait peu à peu de son potentiel. Il faut parfois quelques facteurs déclenchants pour qu’elle se fissure et la vigilance éveillée ouvre la brèche vers la défiance.
Une confiance trop souvent trahie peut se tarir  pratiquement et mettre beaucoup de temps à se reconstituer.
Cet élément impalpable et non achetable, inhérent à la nature humaine et à son exigence profonde est bien connu  et savamment exploité du monde du commerce, des affaires et de la politique qui cherche à s’en servir  comme levier pour déclencher des réactions.
Or s’il est envisagé dans un but d’exploitation, la brèche est immanquablement  ouverte vers son abus.
Vient alors en politique le lot des promesses électorales,  des paroles rassurantes, des espoirs affirmés sans garanties, toute une gamme stratégique qui peut aller de la tromperie délibérée aux envolées oratoires authentiques mais sans lendemains pratiques.
On sait que ce qui caractérise le manque d’enthousiasme des français pour la politique et les politiques est un manque de confiance flagrant. De désillusions en déceptions et désabusement, les esprits se replient.
Ce déficit de confiance est grave car il accélère un processus de fragmentation, de rupture sociale au sens profond du terme. Il n’est souvent pas très loin du désespoir quand il n’en franchit pas le pas .C’est à dire du manque d’espérance de foi en l’avenir, en des possibilités de changements.

Ainsi se creuse jour après jour le fossé entre ceux qui gouvernent et ceux qui   sont gouvernés.
Dans ce désenchantement  croissant les faits objectifs ont leur part majeure mais les medias, caisse d’amplification et de résonance , jouent également un rôle considérable de démoralisation générale au double sens du terme.
Dans le monde du commerce ou des affaires la défiance s’est également propagée à vitesse croissante pour arriver à cette gigantesque crise  financière d’ampleur planétaire que François BAYROU considère prioritairement comme une crise morale et qui va engendrer une gigantesque crise de confiance mondiale.
Crise de  confiance en l’avenir,  de confiance dans le modèle de société mais aussi de  confiance en l’homme tout court.

Dans les sociétés traditionnelles  les transactions se  scellaient d’une poignée de main  qui faisait office de contrat inviolable.
Il en était de même dans le monde rural chez nous du temps de  nos grands- parents .
Certes la société s’est complexifiée et les transactions sont d’une tout autre difficulté.
Mais néanmoins derrière les façades de marbre et de verre, dans l’atmosphère  apparemment  aseptisée  du «  business »  selon le modèle anglo-saxon qui s’est imposé, ce qui prédomine trop souvent est un instinct prédateur qui cherche  à utiliser tout l’arsenal juridique ou administratif pour tirer le maximum de l’autre, ( voire l’exploiter ou le dépouiller) ;  cet autre dont la nature de «  prochain » est oubliée  .
Jusqu’à présent cette attitude était considérée comme gagnante, assurant la réussite matérielle et donc respectable et respectée si ce n’est révérée.Le vocabulaire marketing et économique s’est tissé de termes guerriers offensifs qui se sont imposés graduellement aux consciences. Laissant entendre par là qu’il s’agissait bien d’une sorte de guerre sans quartier dont le but était le profit maximum.
Or la crise de 2008 nous révèle qu’on ne peut impunément transgresser les principes.
«  Qui sème  le vent récolte la tempête ».
Poussée au paroxysme , cette attitude qui a évacué les besoins et les droits humains  pour se livrer sans frein à la fièvre spéculatrice a fini par aboutir à une catastrophe générale qui brise et remet en cause le système même qui a été le modèle dominant de   ces dernières décennies et a entraîné  la direction du monde.
Pour  tout esprit à tendance philosophique bien des réflexions s’imposent.
L’aspect général de cette crise, au-delà des raisons techniques que les spécialistes peuvent dégager, n’est-elle pas liée à une forme de complicité tacite du monde politique comme du monde des affaires, qui a laissé se développer une démarche contraire  aux principes humanistes et même au simple bon sens ?
Si la loi du coeur ne peut s’imposer, il est flagrant que la loi de la raison même va obliger à remettre les pendules à l’heure.
On ne peut éternellement  s’enrichir à outrance sur la souffrance et la faim de son prochain sans en payer un jour ou l’autre les conséquences.
On obtient forcément insurrections ou déséquilibres économiques si ce n’est les deux à la fois.
On ne peut évacuer l’homme dans son intégrité et intégralité au profit justement du Profit , transformé  en « science » ,érigé en dogme, jusqu’au fanatisme aveugle, jusqu’au déséquilibre total dont tous  in fine ont à payer les conséquences.
Crise morale, crise de sens qui ne pourra se résoudre avec de simples moyens techniques . Car il faudra  d’abord restaurer la confiance  ,   cette  impalpable valeur humaine que nul ne peut acheter .
Cette immense crise de confiance doit donc déboucher sur une crise de conscience, une crise des consciences, qui sachent en tirer la leçon.
Pour se résoudre durablement elle imposera un retour  aux valeurs fondamentales de la démocratie  qui s'enracinent sur les droits de la personne humaine.
Elle imposera ,  par la nécessité même, les règles d’une société humaniste de justice et de sagesse, si nous ne voulons pas comme le disait Jean LASSALLE lors de la Conférence Nationale du Mouvements Démocrate, qu’elle culmine en une troisième guerre mondiale .
Le défi est devant nous face à un modèle de société qui se fragmente comme la banquise à la débâcle et face aux glaces  des pôles qui fondent sous l’effet du réchauffement climatique.
Nous ne pourrons reconstruire que sur le roc des principes pour créer enfin " un modèle de  société humaniste pour le XXIème siècle "  que François BAYROU invite à élaborer, appellant  les  2000 cadres du MoDem réunis à la Mutualité le 26 Octobre dernier à être « un commando de transformation politique » face à une crise  d’ampleur séculaire  qui va démontrer que l’éthique s’impose à la raison même.

01/09/2008

Le Rêve Humaniste Européen versus « American dream »

Que mes amis Américains fervents admirateurs de Barack Obama ne m’en veuillent pas, mais j’ai peine à croire à l’accession à la Maison  Blanche du sénateur de l’Illinois.
Des marques indélébiles d’une enfance dans l’Amérique de la ségrégation, qui était pourtant celle de Kennedy, en sont la cause :

La croix de feu du Ku Klux Klan  trouant la nuit du Colorado, pas très loin de Denver, flambante menace devant la porte d’un Directeur d’école épris de laïcité,  qui avait cru pouvoir se conformer à la constitution et refuser de faire faire  la prière obligatoire aux élèves de son établissement.
Une expédition à Memphis  près de Dallas (Texas) chez John GRIFFIN auteur du best seller « Black like me » qui avait dû fuir au Mexique après la parution de son livre et dont une effigie avait été pendue  dans cette localité.
Les marques matérielles de la discrimination ponctuant la vie sociale ( bus, toilettes) et la prière obligatoire à genou dans les écoles publiques après le serment d’allégeance à la bannière étoilée en dépit de ma nationalité étrangère.
Tous ces  souvenirs accumulés dans ma mémoire me font craindre qu’il est trop tôt encore dans l’Amérique qui a donné un second mandat à George W .BUSH après son invasion de l’Irak basée sur un mensonge, en violation du droit international et qui a abouti a un enlisement.
Et pis encore, si le destin conduisait Barack OBAMA à la fonction suprême , je craindrais que cela ne soit pas pour longtemps et que des profondeurs les plus intolérantes de ce grand pays une main armée ne se lève et frappe.

Cependant même s’il n’était pas élu, la candidature de cet homme de couleur aura marqué un tournant capital dans l’histoire de l’Amérique, donnant effectivement corps au rêve de Martin Luther KING et aura prodigieusement fait évoluer les consciences.
Mais s’il était élu, en dépit de cette avancée considérable, peut-on espérer des changements radicaux et profonds de la nation la plus puissante du monde ?
Le discours de Denver semble à cet égard assez éclairant.
Taxé de «  populiste et démagogique » par des critiques  de la droite comme de la gauche, il doit nous donner la température des préoccupations premières des électeurs Américains ciblés.
S’il se veut éminemment social , il est en premier lieu national et nationaliste, un hymne à la suprématie Américaine, nation qu’il faut préserver et défendre comme une « terre promise » pour les futurs émigrants du monde.
Terre promise où accomplir « l’American  Dream »  qui en dépit de tournures évangélisatrices ou de références bibliques est essentiellement un rêve de réussite matérielle . La suprématie de l’Amérique dans tous les domaines, y compris culturels, y est affirmée avec ferveur et le reste  des nations du monde  demeure des satellites destinés à graviter autour de l’astre Américain.
Sans caricaturer la démarche d’OBAMA , on peut noter qu’il n’y a pas de référence aux autres nations, de souhait de les voir se développer démocratiquement dans le plein rayonnement de leurs identités et de leurs potentiels.Il faut donc admettre que ce rêve là n’est pas , en dehors d’une certaine élite, inclus dans le rêve de l’électeur démocrate Américain moyen.
Pour lui apparemment  l’Amérique, dans toutes ses facettes, est  un modèle pour le monde et le plus grand accomplissement est de devenir citoyen de cette nation , unie sous son drapeau et sous la bénédiction de Dieu.
« Que Dieu vous bénisse -Que Dieu bénisse les USA » a conclu le sénateur de l’Illinois à Denver. Phrase impensable dans la bouche d’un candidat Français aux présidentielles , et qui ferait ici descendre dans la rue les tenants de la laïcité, croyants et incroyants confondus .
Force est donc de constater une grande différence de sensibilité et de niveau de conscience entre les électeurs Français ou Européens et ceux des USA .
Le premier discours de Nicolas SARKOZY après sa victoire à l’élection Présidentielle vibrait d’élans humanistes destinés à tous les peuples du monde.Il savait qu’il toucherait ainsi les cœurs des électeurs de gauche , de droite ou du centre, y compris ceux qui ne lui avaient pas apporté leurs suffrages.
Le propos ici n’et pas de faire le procès de l’Amérique, grande nation à  qui nous devons tant , qui  a beaucoup à apporter au monde et où il y a beaucoup à prendre. Mais de souhaiter voir s’élever haut et fort ,en réponse à son  rêve centripète, un rêve humaniste Européen qui ne porterait pas en avant la suprématie d’une nation , mais qui souhaiterait aider à voir chacune d’elle  s’accomplir dans ses spécificités les plus  supérieures,  en  une interaction d’échanges pacifiques.
Rêve qui peut sembler utopiste au premier abord mais qui est , en profondeur ,beaucoup plus réaliste qu’il n’y paraît car il travaillerait plus efficacement à la construction de la paix mondiale que les passions de suprématie qui enflamment les peuples jusqu’aux conflits.
C’et surtout en reconnaissant les qualités et les différences des peuples du monde que l’on pourra ouvrir un dialogue planétaire efficace pour la sauvegarde urgente de notre environnement commun, de nos cultures, le développement  primordial de la démocratie, le partage des avancées scientifiques et médicales, le développement de l’humain dans toute sa plénitude qui passe par son respect intégral et la justice sociale.


L’Europe qui se constitue de peuples ayant chacun une histoire, une langue, une culture différentes , bien qu’ en interrelations  et qui a su, après des siècles de sanglants  carnages, développer une profonde aspiration pacifique .

L’Europe qui a vécu la colonisation puis la décolonisation, de gré ou de force, se frottant ainsi pour le pire , et parfois le meilleur ,à d’autres peuples.

Cette Europe, riche de ces  expériences et d’une vielle  culture imprégnée de philosophie, aspirant à la modération et à l’équilibre sans fièvres religieuses.

Cette Europe là a un rôle majeur à jouer pour la Paix du monde et pour  éviter  que les rêves nationalistes  des puissances en place ou émergeantes ne se heurtent dans leur désir de suprématie.


Créons le  « Rêve Humaniste Européen »  pour fédérer autour de valeurs universelles dans une mondialisation non pas déséquilibrante  mais constructive.
Et redonnons ainsi au «  rêve Européen » une dimension qui pourra parler à ses peuples au lieu qu’ils se sentent un éternel « tampon » des grandes puissances, devant ménager leurs alliances et leurs alignements dans la crainte de voir s’enflammer des conflits.
Redonnons ainsi une mission, un sens et une âme au projet Européen au lieu qu’il reste entravé dans un carcan administratif et mercantiliste.

22/06/2008

Pour une Démocratie Européenne


Le «  non » Irlandais a donné lieu  à de nombreux commentaires.  Sur  les raisons profondes de ce «  non » d’une part et sur l’opportunité de soumettre au référendum un texte hyper spécialisé  d’autre part.
Les dirigeants de l’UE ont espéré sortir rapidement de la crise , mais l’échéance est repoussée au mois d’Octobre. Si un nouveau référendum  permettait, en, raison de pressions sur l’Irlande, de retourner la situation, c’est la Démocratie qui en ressortirait atteinte. Et si c’est à nouveau une impasse, les conséquences seront pour l’Europe elle-même.
C’est une situation grave et il est accablant de voir titrer : « l’Europe en panne »
En 2005 c’étaient la France et  la Hollande qui s’opposaient  au projet de Constitution. Trois ans après le peuple d’Irlande  a été catégorique, les Tchèques et les Polonais soulèvent des problèmes tandis que le Royaume Uni n’a pas encore ratifié.

Ce refus et ces atermoiements cristallisent nettement une méfiance et une crainte des peuples d’Europe envers l’institution sensée les rassembler.
J’écrivais dans un récent article (http://conscience-et-democratie.20minutes-blogs.fr/archi... combien ces peuples, forgés par l’Histoire et la souffrance, pouvaient avoir une mission capitale pour l’équilibre du monde , s’ils savent développer et faire rayonner une Conscience Européenne.
Or cette conscience est  latente.
Nous avons en partage notre histoire, notre culture, pratiquement un même rythme de développement par rapport aux progrès technologiques, une même aspiration profonde à la Paix, une conscience environnementale vraisemblablement parmi les plus développées du monde, des habitudes de vies proches.Et nous jouissons  également d’un des climat  les plus démocratique du monde ,dans chacun de nos pays.
Ce sont là des bases essentielles qui devraient  nous permettre de porter au plus haut un idéal de société, un «  modèle humaniste pour le XXI ème siècle » comme le décrit François BAYROU.
Une Irlandaise  me disait récemment que ses compatriotes  se sentaient Européens mais refusaient d’être entravés par les «  diktats » administratifs de Bruxelles.
C’est ce dont beaucoup d’Européens se plaignent, tout comme ils craignent un modèle de développement  qui irait dans le sens d’un ultralibéralisme à l’Américaine.
Il y a donc un divorce latent entre l’aspiration  des peuples Européens et le modèle qui leur est proposé .
Et si ce n’est divorce, il y a une méfiance certaine envers la direction de  l’Europe puisque, à priori, ils repoussent des textes dont ils n’ont pas pris connaissance ou qu’ils n’ont pu appréhender en raison de leur complexité.
Cette attitude est à rapprocher de  l’abstention aux élections nationales et du vote sanction en alternance gauche/droite, non par adhésion aux valeurs proposées, mais par mécontentement d’un état de fait.
Il y a donc une tâche énorme  ,dans laquelle devront  s’engager prioritairement les Démocrates.
Pour que les institutions Européennes réfléchissent  les aspirations et les besoins des peuples d’Europe.
Pour que ces peuples sentent plus intensément le besoin et l’urgence  de bâtir cette Europe forte, indépendante, humaniste et équilibrée.

Ce modèle de Démocratie Européenne qui aura un rôle prépondérant pour l’équilibre d’un monde dont les enjeux  ne permettent plus d’atermoiements.

24/05/2008

Faim , conscience, responsabilités et Démocratie.

Il est toujours délicat de parler de la faim le ventre plein.
Il y a longtemps que le monde  accepte que certains aient de quoi se nourrir et d’autres pas , avec plus ou moins de mauvaise conscience avec plus ou moins d’actions pour y palier.
Mais nous avons franchi un cap avec les « émeutes de la faim », où ceux  qui n’en peuvent plus de dépérir utilisent leurs dernières forces pour crier leur révolte.
Les causes sont d’une grande complexité , de la surpopulation aux dérèglements climatiques  en passant par les changements de méthodes de culture, la spéculations, les monopoles, l’exploitation de l’homme par son semblable sous toutes les latitudes.
Les responsabilités  toutes aussi complexes.
Mais nous sommes désormais au pied du mur pour trouver des solutions à l’échelle planétaire.
Du côté des pays développés le développement à outrance avec le profit comme  but ultime ,  l’éthique et les droits de l’homme complaisamment contournés pour privilégier la spéculation ,   les monopoles  et la main basse  sur les richesses de notre planète par des  multinationales tentaculaires  va se heurter au mur  de la conséquence  des actes , ainsi imbriqués jusqu’au retournement. Jusqu’à ce que ces conséquences obligent des facto à changer de paramètres et donc de méthodes. Ce qui implique un changement de projet de société.
Si les responsabilités sont indéniables   du côté des  pays riches, elles ne sont néanmoins pas les seules.
Le modèle de développement occidental  plaqué sur des sociétés traditionnelles a été autant plus ou moins imposé  qu’avidement  suivi par les pays  pauvres ou émergents. Il a pu souvent accélérer un déséquilibre là où il était sensé apporter le progrès. Et  partout il a développé une fascination pour  un nouveau type de société axée sur la course aux biens de consommation et au profit  , adoptée sans ambages par les futurs grandes puissances qui émergent et qui dans leur hâte à rattraper  l’Occident sont encore plus pressées de contourner les Droits de l’Homme et  les impératifs écologiques.
Un souvenir d’adolescence ne quittera jamais ma mémoire : j’accompagnais ma famille en Inde où nous devions séjourner. Nous avons du aller au port de Madras pour dédouaner une caisse maritime.   L’entrée du port était gardée par des vigiles armés. Les grilles franchies, nous venions de laisser derrière nous les rues grouillantes de cette ville d’Inde du Sud exposant sa révoltante misère  à ciel ouvert sur ses trottoirs. Le taxi s’est alors mis à rouler confortablement sur une épaisse couche de blé qui recouvrait toutes les voies et les docks du port. Arrivés  à un  hangar, nous avons découvert l’origine  de ce phénomène. Il y restait encore un nombre imposant  de sacs  empilés  contenant un blé magnifique  et portant l’inscription : «  Don du peuple des Etats Unis d’Amérique  » .  C’était une aide humanitaire qui attendait en vain  d’être distribuée.
Comment cette céréale avait pu se répandre en une couche de 30 a 40 cm sur les voies de circulation du port demeure un mystère.
Mais plus encore comment les autorités d’un pays qui a  dû son indépendance au combat de Gandhi ont  pu  laisser se développer une telle situation sans cas de conscience alors qu’une énorme partie de la population dépérissait de faim.
Nombres d’aides humanitaires subissent le même type de sort ou  sont détournées pour alimenter des trafics locaux.
Le récent  typhon en Birmanie et le tremblement de terre en Chine  ont  encore rendus criants le problème d’acheminement des aides et des secours face à  l’obstruction des régimes non démocratiques.
Il y a peu Nicolas SARKOZY affirmait qu’il croyait  au capitalisme et à la mondialisation.
Ce à quoi  François BAYROU a répondu qu’il croyait lui à l’humanisme et à la justice.
Ce sont deux concepts  différents.
L’un , fasciné par le modèle Américain qui est pourtant remis en cause de l’intérieur par les élites de ce pays, s’accroche aux anciens paradigmes qui privilégient le profit  à outrance , le développement  subordonné aux  puissances d’argents  en dépit des avertissements qui pointent les excès de ce système et ses dangers.
 L’autre qui privilégie le développement harmonieux de l’homme dans son  environnement et qui  de ce fait n’aura de cesse de  chercher des solutions justes aux gigantesques problèmes  qui défient l’humanité et qui sont arrivés à des stades d’urgence.
Que nous le voulions ou pas nous ne pourrons échapper à ces urgences sous peine d’arriver à  plus ou moins brève échéance à une totale impasse.
Et seule une démocratie humaniste à l’échelle de la planète permettra la mise en place de mesures permettant de résoudre des problèmes qui ne pourront se gérer qu’en commun, par des instances supra nationales.
Du microcosme au macrocosme, les  Démocrates de France et d’ailleurs travaillent chacun à leur échelle et à leur niveau à l’émergence de ce nouveau type de société  qui implique  un développement  des consciences, un développement des responsabilités des  citoyens, de tous les citoyens du globe, pour faire face aux défis de la mondialisation.
Le monde à faim de nourriture physique , le monde à faim  aussi de nourritures morales que sont  la liberté et la justice  , fondements de la Démocratie.










09/05/2008

Pour une Conscience Européenne

De villes en villages, jusqu’au plus reculé des hameaux,notre histoire est écrite dans la pierre sur des édifices grandioses ou les modestes plaques des monuments aux morts ou dans un recoin de montagne où furent abattus des résistants  de la dernière guerre.
Des siècles et des siècles de guerres, de rapines, de conquêtes, de sang et de souffrance, de frontières mouvantes.
Mais aussi des siècles et des siècles d’échanges, de partages de cultures,
d’alliances, de mariages royaux, d’interrelations qui ont crée notre identité.
Celle d’une vieille Europe des cultures et des pouvoirs, de civilisation et de barbarie,  qui  a derrière elle beaucoup de crimes et d’exactions, guerre des religions, inquisition, trafic d’esclaves  ,guerres de conquêtes  et  exploitations coloniales, atrocités des deux dernières guerres mondiales . Bien des « péchés » à notre actif mais qui ont fini par accoucher du miracle : un désir de paix et d’équité  puissamment  partagé  qui a fait de nous aujourd’hui des Européens à part entière partageant leur monnaie, un drapeau, un avenir. Des Européens qui ont  su développer  et transmettre  aux nouvelles générations l’horreur  des  conflits, des souffrances et des dominations. Une horreur telle que lors  de la crise Irakienne de 2003  les populations des pays dont les gouvernements avaient choisi de suivre les Etats Unis dans la voie du conflit étaient opposées à leur dirigeants. On se souvient des banderoles indiquant «  pace » relayées de balcons en balcons en Italie.  Parce que ces populations adhéraient plus à cette nouvelle Conscience Européenne  qui a émergé et dont  ils se sentaient solidaires, qu’aux stratégies  de pouvoir de leurs dirigeants.
C’est cette communauté de peuples  expérimentés, farouchement  attachés à  la Paix qui donne au projet Européen  une dimension prépondérante pour l’équilibre du monde.
Cette dimension brillamment portée devant l’ONU le 14 Février 2003  par le discours historique  de Dominique de Villepin qu’il est bon de rappeler en cette journée de l’Europe :

« Dans ce temple des Nations Unies, nous sommes les gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix.

Et c'est un vieux pays, la France, d'un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'occupation, la barbarie. Un pays qui n'oublie pas et qui sait tout ce qu'il doit aux combattants de la liberté venus d'Amérique et d'ailleurs. Et qui pourtant n'a cessé de se tenir debout face à l'Histoire et devant les hommes. Fidèle à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur. »

Ce vieux continent et ce vieux pays , la France, d’où est parti l’idéal démocratique ,indissociable corollaire de celui de paix.Idéal qui est notre héritage et qu’il nous appartient  d’aider à répandre sous toutes les latitudes pour qu’enfin les droits de l’homme ne soient plus un vain mot.
Ce vieux continent dont les consciences ont pu évoluer au rythme des progrès techniques  a une énorme expérience à faire partager aux peuples émergeants, qui  se laissent  enivrer par les développements technologiques brutalement plaqués sur des sociétés parfois encore archaïques et non démocratiques.
Si nous ne voulons pas que cette course au progrès  et au profit écrase sur son passage les droits humains et  les impératifs de notre environnement, c’est à nous Européens d’être les «  gardiens de cette conscience », les gardiens de l’équilibre du monde.
Nous Européens qui  sommes attachés  à d’autres valeurs que le profit comme but ultime, et qui nous devons de les défendre face aux grandes puissances qui tentent d’imposer leur loi au monde.
Entre une Amérique   conquérante, voire prédatrice, qui commence à s’affaiblir  mais qui refuse de s’engager pour la protection de notre environnement planétaire   et une Chine  bientôt surpuissante qui ne s’embarrasse ni d’écologie ni des Droits de l’Homme, seule la voix de l’Europe , si elle sonne fort, pourra , dans l’équilibre actuel  instable du monde, protéger l’homme et la terre.
Ces peuples d’Europe , forgés par l’Histoire et la souffrance peuvent
avoir une mission capitale pour le monde si ils savent  développer et faire rayonner leur Conscience Européenne .

Il faut construire une Europe forte et pleinement indépendante pour que la Conscience Européenne maintienne l’équilibre du monde et y répande l’humanisme et la Démocratie .
Fêter l’ Europe c’est fêter l’espoir en l’avenir du monde.
 



01/03/2008

De l’outrance verbale à l’outrage à la République

Les récents dérapages verbaux du Chef de l’Etat ont créé une turbulence émotionnelle et médiatique dans l’hexagone et , plus grave, ont fait écho dans les nations étrangères.
Au-delà de l’anecdote, il semblerait que le nouveau Président agisse comme un catalyseur ou un miroir grossissant des tensions de notre société.
Nombre de ses opposants focalisent sur sa personnalité, mais c’est trop oublier qu’il procède d’un consensus.
S’il est seul au sommet de l’Etat, il y a été porté pas ses électeurs et par les élites de son parti qui adhèrent à sa démarche.
C’est peut-être plus encore la façon dont ce dérapage a été légitimé par son environnement qui pose les vrais problèmes :
Ceux d’une banalisation des outrances ou abus verbaux et de ce qu’elle implique. Puisqu’il faudrait les considérer comme « modernes » ou « virils ». À ce stade ne sommes nous pas tous « coupables «  et tous « responsables » ?
Sur la route, dans la rue, à l’école , à la maison , dans le stade de foot et plus grave dans l’arène politique, l’injure est devenue monnaie courante. Ne pas y céder fait  paraître  « ringard ». Ce qui rejoint la conception des proches du Président qui estiment qu’un écart de langage est un gage de modernité.
Il est évident que les insultes qui volent dans notre quotidien étaient impensables  du temps de nos grands-parents. Depuis une quarantaine  d’années il a été admis qu’il fallait se débarrasser de la «  morale bourgeoise de Papa » au nom de la lutte contre l’hypocrisie et la porte a été progressivement ouverte à toute les permissivités.
N’est-ce pas une nouvelle forme d’hypocrisie  d’admettre cette valse d’insultes ou de grossièreté tant qu’elle  se contente de «  voler » et qu’elle  ne devienne scandale que lorsqu’elle est  enregistrée, filmée ou couchée sur le papier ?
À ce qui a été étiqueté de «  morale bourgeoise » , ne serait-il pas temps de substituer le respect des règles démocratiques  qui fondent notre société ?
L’insulte est une forme de violence qui est faite à l’autre, frappé de mépris, de vindicte et de haine.C’est une atteinte  de principe à la dignité de la personne humaine qui peut être plus ou moins grave.
L’art 4 de la déclaration des Droits de l’homme et du Citoyen pose que la liberté consiste à faire ce qui ne  nuit pas à autrui.
La violence, sous toutes ses formes, y compris verbale, nuit à autrui.
Or la violence est devenue le quotidien de nos sociétés modernes. Elle crève les écrans de cinéma ou de télévision et s’actualise dans nos villes et banlieues. Les medias s’y adonnent de manière plus  raffinée, par l’outrance, remplaçant souvent l’information par le sensationnel qui fait violence aux sensibilités. La présomption d’innocence est pratiquement bafouée par les «  traques médiatiques » qui, dans la forme , si ce n’est au fond, finissent par marquer le plus innocent du fer rouge de la suspicion .
L’opposition se manifeste  trop souvent par la violence verbale. Nombre de blogs  se couvrent ainsi d’injures envers le Chef de l’Etat. Si c’est un signe de santé  pour la liberté d’expression, ce n’en est pas un pour notre démocratie car ces excès dégradent l’éventuelle pertinence des critiques formulées.
S’il est bon d’user de la liberté d’expression , il est risqué d’en abuser  au risque de la voir se réduire.
Cela provient de ce que depuis des décennies s’est instauré en France un climat de guerre virtuelle opposant, bloc contre bloc, les deux camps politiques adverses .  Il est normal de considérer « ennemi » tout ce qui n’est pas de son camp . À  l’image de ces tensions  et violences banalisées nos politiques multiplient  les «  dérapages » .
C’est  maintenant au tour du Maire d’une des principales villes de France ,qui a aussi de hautes fonctions dans nos institutions,  de s’être fait piéger par une vidéo  où il égrène  complaisamment des injures envers des citoyennes qui l’ont elle-même insulté. Il y a quelque mois  le Secrétaire Général de l’UMP devait s’excuser de propos insultants  envers une femme  , élue du peuple.
Cette accumulation prouve  qu’ à tous les niveaux  du pouvoir politique il est d’usage de manier l’insulte, tout comme pour le citoyen il est devenu normal d’injurier ses politiques.
En bafouant régulièrement ces principes  de base , c’est la République que nous outrageons.
Ces dérives ne peuvent servir l’idéal démocratique. Or la Démocratie est d’autant plus fragile qu’elle est rare dans le monde .
Ne serait-il pas temps de  retrouver un réel humanisme social qui poserait prioritairement le respect de la personne  et permettrait  d’établir un réel débat démocratique responsable ?
C’est un des enjeux des Démocrates qui, derrière François BAYROU, aspirent à voir porter « à son maximum la conscience et la responsabilité des citoyens » selon les mots de Marc SANGNIER .
Conscience et responsabilité de tous les citoyens jusqu’aux plus hauts responsables.

 
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