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04/07/2008

Promesses et responsabilités

La nouvelle chute de popularité du Chef de l’Etat qui lui donne 33 % d’opinions favorables contre 65 % d’opinions défavorables, avec 81% des Français qui pensent que les choses auront tendance à s’aggraver *, crée un climat bien peu propice à la Présidence de l’Europe par la France.

François BAYROU a opté pour une politique d’indépendance permettant d’approuver  les mesures favorables et de critiquer ce qui paraît néfaste ou contraire.

Certes la morosité ambiante n’est pas du seul fait du gouvernement qui se trouve confronté à des situations internationales imprévues.
Imprévues, mais peut-être moins imprévisibles.

Si le désamour des Français pour leur Présidence ne semble pas prendre en compte ces données extérieures, c’est qu’il prédomine un profond sentiment de déception.

Nombre d’électeurs de Nicolas Sarkozy semblent avoir cru à une sorte de miracle, à un rêve forgé à partir de  promesses qu’ils pensaient voir s’actualiser rapidement.

De nombreux blogs politiques ont pris la peine de recenser ces promesses non tenues qui capitalisent un désenchantement progressif de cet électorat.

La « promesse électorale » est un défaut majeur de la politique.

Elle sape progressivement la confiance et conduit à ce qui m’est souvent apparu comme une démoralisation au double sens du terme de la vie politique. C’est-à-dire à faire perdre le moral aux citoyens et la moralité aux politiques.
L’abus de promesses a donc une double action :
de fait  , par la non- réalisation d’évènements souhaités,  mais elle catalyse également un processus de découragement, de pessimisme, qui vient encore alourdir la situation objective.

Les politiques n’ont pas tous les torts en la matière.
Le citoyen électeur a les siennes qui espère souvent leur transférer  tous ses besoins  et desideratas sans être prêt à s’engager lui-même de manière responsable.
C’est ainsi qu’après avoir souvent  eu tendance à rechercher à travers  le socialisme «  l’Etat Providence », il semble maintenant avoir espéré un « Président Providence », capable de prendre en charge tous les problèmes et d’apporter réponses à tout.

C’est peut-être la raison pour laquelle la 3ème voie présentée par François BAYROU n’a pas encore réussi à rassembler suffisamment de suffrages pour proposer une autre alternative alors qu’elle  s’offrait pourtant aux électeurs lors des présidentielles de 2007.Ces mêmes  électeurs qui maintenant semblent renier leur choix et ont eu loisir de tenter une autre démarche.
Or cette 3ème voie demande aux citoyens une attitude plus mature et plus responsable et ipso facto imposerait aux politiques  plus de rigueur dans le possibilité d’actualiser leur programmes et  propositions.
Mais même s’il y a une sorte de démission citoyenne dans ce désir de croire à tout prix les promesses jetées à profusion, il y a un danger certain à en user. Danger qui engage la responsabilité de celui ou celle qui en use et abuse.
Or de telles responsabilités dans l’instabilité du monde dans lequel nous vivons, dépassent largement les nations.
Alors que l’Europe est en pleine crise, comment une Présidence Française qui a perdu la confiance de la majorité de ses concitoyens pourrait-elle  redonner confiance et volonté aux peuples d’Europe ?
D’une désillusion à l’autre, si  les Européens perdent foi en leur avenir commun et en leur mission comment pourront-ils peser sur l’avenir du monde, essayer de travailler à sa stabilité ?

Par l’enchaînement des causes et des conséquences dans un monde d’interrelations extrêmement  sensible et réactif, les promesses électorales non tenues à un peuple peuvent ainsi peser sur le destin d’autres peuples, voire du monde.
Face à ces enjeux de responsabilités , il est urgent de voir s’établir une politique nouvelle, humaniste, prudente et sage.
Et elle devra s’établir au plus vite pour la Paix des peuples.

 

* Le Figaro 3-07-2008- :  Sondage TNS-Sofres pour le Figaro Magazine 

24/05/2008

Faim , conscience, responsabilités et Démocratie.

Il est toujours délicat de parler de la faim le ventre plein.
Il y a longtemps que le monde  accepte que certains aient de quoi se nourrir et d’autres pas , avec plus ou moins de mauvaise conscience avec plus ou moins d’actions pour y palier.
Mais nous avons franchi un cap avec les « émeutes de la faim », où ceux  qui n’en peuvent plus de dépérir utilisent leurs dernières forces pour crier leur révolte.
Les causes sont d’une grande complexité , de la surpopulation aux dérèglements climatiques  en passant par les changements de méthodes de culture, la spéculations, les monopoles, l’exploitation de l’homme par son semblable sous toutes les latitudes.
Les responsabilités  toutes aussi complexes.
Mais nous sommes désormais au pied du mur pour trouver des solutions à l’échelle planétaire.
Du côté des pays développés le développement à outrance avec le profit comme  but ultime ,  l’éthique et les droits de l’homme complaisamment contournés pour privilégier la spéculation ,   les monopoles  et la main basse  sur les richesses de notre planète par des  multinationales tentaculaires  va se heurter au mur  de la conséquence  des actes , ainsi imbriqués jusqu’au retournement. Jusqu’à ce que ces conséquences obligent des facto à changer de paramètres et donc de méthodes. Ce qui implique un changement de projet de société.
Si les responsabilités sont indéniables   du côté des  pays riches, elles ne sont néanmoins pas les seules.
Le modèle de développement occidental  plaqué sur des sociétés traditionnelles a été autant plus ou moins imposé  qu’avidement  suivi par les pays  pauvres ou émergents. Il a pu souvent accélérer un déséquilibre là où il était sensé apporter le progrès. Et  partout il a développé une fascination pour  un nouveau type de société axée sur la course aux biens de consommation et au profit  , adoptée sans ambages par les futurs grandes puissances qui émergent et qui dans leur hâte à rattraper  l’Occident sont encore plus pressées de contourner les Droits de l’Homme et  les impératifs écologiques.
Un souvenir d’adolescence ne quittera jamais ma mémoire : j’accompagnais ma famille en Inde où nous devions séjourner. Nous avons du aller au port de Madras pour dédouaner une caisse maritime.   L’entrée du port était gardée par des vigiles armés. Les grilles franchies, nous venions de laisser derrière nous les rues grouillantes de cette ville d’Inde du Sud exposant sa révoltante misère  à ciel ouvert sur ses trottoirs. Le taxi s’est alors mis à rouler confortablement sur une épaisse couche de blé qui recouvrait toutes les voies et les docks du port. Arrivés  à un  hangar, nous avons découvert l’origine  de ce phénomène. Il y restait encore un nombre imposant  de sacs  empilés  contenant un blé magnifique  et portant l’inscription : «  Don du peuple des Etats Unis d’Amérique  » .  C’était une aide humanitaire qui attendait en vain  d’être distribuée.
Comment cette céréale avait pu se répandre en une couche de 30 a 40 cm sur les voies de circulation du port demeure un mystère.
Mais plus encore comment les autorités d’un pays qui a  dû son indépendance au combat de Gandhi ont  pu  laisser se développer une telle situation sans cas de conscience alors qu’une énorme partie de la population dépérissait de faim.
Nombres d’aides humanitaires subissent le même type de sort ou  sont détournées pour alimenter des trafics locaux.
Le récent  typhon en Birmanie et le tremblement de terre en Chine  ont  encore rendus criants le problème d’acheminement des aides et des secours face à  l’obstruction des régimes non démocratiques.
Il y a peu Nicolas SARKOZY affirmait qu’il croyait  au capitalisme et à la mondialisation.
Ce à quoi  François BAYROU a répondu qu’il croyait lui à l’humanisme et à la justice.
Ce sont deux concepts  différents.
L’un , fasciné par le modèle Américain qui est pourtant remis en cause de l’intérieur par les élites de ce pays, s’accroche aux anciens paradigmes qui privilégient le profit  à outrance , le développement  subordonné aux  puissances d’argents  en dépit des avertissements qui pointent les excès de ce système et ses dangers.
 L’autre qui privilégie le développement harmonieux de l’homme dans son  environnement et qui  de ce fait n’aura de cesse de  chercher des solutions justes aux gigantesques problèmes  qui défient l’humanité et qui sont arrivés à des stades d’urgence.
Que nous le voulions ou pas nous ne pourrons échapper à ces urgences sous peine d’arriver à  plus ou moins brève échéance à une totale impasse.
Et seule une démocratie humaniste à l’échelle de la planète permettra la mise en place de mesures permettant de résoudre des problèmes qui ne pourront se gérer qu’en commun, par des instances supra nationales.
Du microcosme au macrocosme, les  Démocrates de France et d’ailleurs travaillent chacun à leur échelle et à leur niveau à l’émergence de ce nouveau type de société  qui implique  un développement  des consciences, un développement des responsabilités des  citoyens, de tous les citoyens du globe, pour faire face aux défis de la mondialisation.
Le monde à faim de nourriture physique , le monde à faim  aussi de nourritures morales que sont  la liberté et la justice  , fondements de la Démocratie.










 
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